rchê'jlof)ic fyUnècnnc, l. ii, p
res-de-Luchon, au seuil de la vallée de TArboust*. »
Je crois, comme plusieurs épigraphistes, que le dieu Aherbelst doit figurer dans l'Olympe luchonnais, mais je dois avouer que mes investigations personnelles sur la provenance de ce monument n'ont abouti à aucun résultat précis. Feu M. Dutrey, curé de Saint-Aventin, se rappelait seulement qu'il y avait autrefois, noyé dans la maçonnerie du mur méridional de l'église, un autel dédié à un autre dieu qu'Abellion.
La base de ce cîppe n'existe plus ; la partie inférieure du champ a beaucoup souffert; la dernière ligne n'est plus complète, la formule dédicatoire se trouvait probablement sur le socle. Les lettres h et e de la première ligne sont liées, et les deux n de la quatrième entrelacés. Au sommet de l'autel se voit une cavité destinée à recevoir les libations et les offrandes.
Ceux qui s'occupent de la phonétique remarqueront le datif en e pour i, dans le nom divin Aherbelste. On trouve de même e pour ï ou My dans Baeserte deo, Erge deo y Erce deo, Lahe dem et iM^he nu[mi]ni, Ele deo, Artehe deo et deo Artdhe, tîerauscorritsehe, divinité de la Soûle dont le sanctuaire a été remplacé par une chapelle consacrée à sainte Madeleine.
D'après un linguiste, Aherbelste signifierait bouc dans son radical, et noir dans sa terminaison : dieu des houes noirs. La vallée de l'Arboust a toujours abondé en troupeaux de chèvres et de moutons.
Aux yeux de M. Desjardins' et de M. Luchaire, les noms divins d'Aherbelste et Alardossis ou Alardostus ont indubitablement une physionomie ibéro-euskarienne. a On peut admettre, dit M. Luchaire, l'iden-
). catalogue du Musée de Touloisf, n. 143, p. 63. 1. Géographie de la Gaule romaine, p. 387.
tité de beleXj bels, belst et se prononcer ici, sans témérité, pour Torigine aquitanique. L'adjectif a noir » qui entre si souvent dans la composition des noms d'hommes et de lieux de tous les pays, s'exprime en euskara par beltz fbelch, bels) ou baltz^ suivant les régions... Quant aux radicaux divers qui précèdent belex ou belSj il est plus difficile de les reconnaître avec sûreté. Dans Har belex, [H]arbels, nous verrions volontiers un nom géographique, semblable au nom propre actuel Harribelech[eta\ a les pierres noires », composé de harri, pierre, en labourdin, et du suffixe local eta. Har, en effet, se rencontre fréquemment pour harriAsiXis les noms de lieux du pays basque actuel*. Telle est peut-être aussi, mais ceci à titre de simple supposition, Torigine du nom divin Aher-belste dans lequel aher serait une sorte de redoublement pour ar, comme dans le labourdin ahari a bélier » pour ari. Dans ce cas, le mot Aherbelste^ qui s'est conservé probablement dans le nom de la vallée de YArboust, devrait, comme beaucoup d'autres appellations de divinités topiques, désigner une vallée ou une montagne personnifiée*. »
1. Lnchaire, Les Origines Ungmstiques de V Aquitaine» p. 61. Paris, chez Maisonneofe,
2. Etudes sur les idiomes pyrénéens, p. 78 et 79. Le même antenr a publié an saYant mémoire sur les idiomes de l'ancienne Aquitaine : De Ungua aquitanicùt in-8*. 64 pages. Paris, 1877.