‹ Epigraphie romaine du Poitou & de la SaintongeChapitre 158 sur 190 · INSCRIPTION SUR UNE BAGUE EN OR · texte numérisé non relu

INSCRIPTION SUR UNE BAGUE EN OR

Musée de Nantes,

« Au mois d'août dernier, une taupe amena à la surface du sol d'un champ, dit du Quertds- Pigeon, ensemencé cette année en blé, et situé à un demi kilomètre au nord du Veillon, commune de Saint-Hilaire-de-Talmond (Vendée) , plusieurs pièces couvertes de vert-de-gris. Un jeune domestique du fermier s'en étant aperçu, se mit à piocher dans l'endroit indiqué parla taupe et rencontra bientôt, à 0 m. 15 à peine de profondeur, une telle quantité de ces pièces que lui et son maître en emportèrent un plein bissac et en donnèrent à qui en voulurent, les estimant sans valeur. Deux femmes de Bourgenay, village voisin, la mère et la fille, présentes à la distribution, se mirent un instant après, sans être vues, à creuser la terre au même endroit avec une mauvaise houlette. Au bout d'un instant leur apparut un vase en bronze qu'elles frappèrent à coups redoublés jusqu'à ce qu'elles lui eussent fait une fracture, d'où s'échappèrent des bijoux d'or et d'argent à leurs yeux émerveillés. En ce moment sonnait le Sanctus à^ldi messe à Talmond; saisies d'étonnement et de crainte, convaincues qu'il y avait quelque chose de diabolique dans ce qui leur arrivait , et de dangereux dans leur action (car Satan est propriétaire de tout ce qui est caché depuis une année en terre, et ne se laisse pas impunément ravir ses trésors), elles n'osèrent pousser plus loin leur fouille et s'enfuirent à la hâte, n'emportant qu'une faible portion des objets contenus dans le vase* Le reste fut recueilli quelques heures plus tard par les paysan»

du pays, accourus également au bruit de la découverte pour avoir part au butin. Ce fut alors qu'un second vase en bronze fut trouvé et qu'on put juger de la forme de la cachette où le tout était déposé. C'était une sorte de petit caveau de 1 m. 60 de long sur 1 m. de large et 0 m. 50 d'épaisseur, divisé en deux parties par une légère maçonnerie et ménagé dans l'épaisseur d'un mur d'une antique villa, dont les restes étaient encore apparents au-dessus du sol il y a une trentaine d'années à peine... Les monnaies y étaient par tas, et dans un angle, on avait placé les vases en bronze , dans l'un desquels étaient renfermés les bijoux et quelques pièces d'or. Dans l'autre se trouvaient plusieurs centaines de deniers d'argent, à bon titre, tous antérieurs à la seconde moitié du règne de Septime Sévère... » (B. Fillon.)

Le trésor qui fut ainsi découvert fut gaspillé de la plus déplorable façon. Malgré tous leurs efforts , les antiquaires vendéens ne purent jamais connaître très exactement quels étaient la nature et le nombre des bijoux ou des monnaies qui le composaient. M. L. Audé, qui fut le plus heureux, ne parvint à signaler à Benjamin Fillon que : les deux vases de bronze ; trente et quelques bagues ou anneaux d'or et d'argent ; deux ou trois paires de boucles d'oreille en or (?), une paire de bracelets en argent ; deux styles en argent ; vingt-huit à trente cuillers de même métal ; un collier en or ; huit à dix monnaies en or; vingt-cinq ou trente mille monnaies d'argent ou de billon, et enfin quelques grands bronzes ou médaillons.

Les débris qu'on put sauver de la. destruction sont aujourd'hui conservés aux musées de Nantes et de la Roche-sur- Yon, mais ils ne constituent malheureusement qu'une bien faible partie de la découverte totale.

Entre autres bagues que possède le musée de Nantes, il en est une sur laquelle les trois lettres :

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