INSCRIPTION SUR UNE BAGUE EN OR
« 38. — Bague byzantine. Le chaton de forme hexagonale présente au contre un monogramme, et sur les faces la légende suivante, malheureusement assez peu lisible :
(1) Pline, xxxiii, 9.
(2) Idem, xxxiv, 17.
(3) Idem, XXXVI, 26.
(4) Roux et Barré, Herculanum et Pompei, Paris, 1870, 'm-k°, t. iv, p. 173.
AHOI . KOGMA(c) . KAI AAMHAN(Og) BOH0E.
Saint Cosme et saint Damien étant les deux patrons de la chirurgie et de la médecine, le monogramme est certainement le nom d'un médecin. On peut le lire trt$2N. Objet de la plus grande rareté. (Catal. de la coll. B. Fillon )
<( Une curieuse bague byzantine, en or, qui faisait partie de la collection Benjamin Fillon {Catalogue^ 1882, n° 38), porte sur les pans du chaton une invocation, en grec, aux saints Cosme et Damien. Le centre du chaton contient, en outre, un monogramme qui servait de cachet et qui paraît renfermer les éléménts du nom tpy^)ûn. C'est le nom du propriétaire de la bague, qui était probablement médecin à en juger par les saints patrons Cosme et Damien sous la protection desquels il se place. Ce qui peut appuyer encore cette hypothèse, c'est que dans l'antiquité, le nom de Tryphon a été porté par plusieurs médecins célèbres (Celse, vi, 5; Galien [édit. Kiihn], t. v, p. 898; t. XII, pp. 784, 843 ; t. xiii, pp. 246, 253, 745; Scribonius Largus, colonne 228, B-D; Caelius Aurelianus, Morb. chron, 1. 1, c. 4, p. 71, édit. Haller), et qu'il dut rester fort en honneur dans la corporation. Sur un cachet découvert à Collanges (Puy-de-Dôme), .... l'ocuhste porte le cognomen Tryfon. »
(H. DE ViLLEFOSSE ET ThÉDENAT.)
Cette bague, dont nous ignorons encore la provenance^ a atteint le prix de 340 francs lors de la vente de la collection Fillon (20 mars 1882). Le nom de son acquéreur ne nous est pas connu non plus.
Bibliographie : Calai, de la collection B. Fillon, n° 34. — Héron de Villefosse et Thédenat, Cachets d'oculistes romains, t. i, in-8°, 1882 (ext. du Bull, mon.), p. 203 (corrections et additions).
U Epigraphie romaine du Poitou et de la Saintonge est formée par les tirages à part des articles que j'ai publiés, du 15 février 1887 au 15 juillet 1889, dans la Revue poitevine et saintongeaise dirigée par M. Berthelé.
Ecrite dès mon arrivée dans le Poitoa où les hasards de la vie militaire m'avaient conduit, ceiiQ Epigraphie, — je lui conserve ce nom bien qu'il soit assez mal choisi, — ne pouvait que contenir de nombreuses lacunes résultant pour la plupart d'une insuffisance de matériaux. Tous ceux qui savent par expérience quelles sont les difficultés que l'on éprouve pour se mettre au courant des productions savantes d'un pays, comprendront, en effet, quelles sont celles que j'ai dû surmonter moi-même pour me familiariser, comme il convenait, avec la bibliographie, qui m'était complètement étrangère dans le principe, des cinq départements dont je me suis occupé.
Cependant^ à côté des additions, que je pourrais appeler prévues parce qu'elles étaient inévitables, il en est d'autres qu'une plus grande connaissance du sujet ne m'eût certainement pas dispensé de faire. Je veux parler de celles qui résultent, les unes, des articles qui ont été publiés parallèlement au mien, les autres^ des découvertes qui ont été faites à Saintes depuis deux ans .
Je sais bien qu'il m'eût au moins été permis de passer sous silence, dans ce qui va suivre, les différents travaux où les pages de ce livre sont citées. Je n'ai pas cru devoir le faire, car j'estime qu'un recueil de documents quelque complet qu'il puisse être, ne saurait jamais pécher par l'excès.
J'ai dit plus haut que le titre que j'avais choisi n'était pas heureux. Je ne le changerai pas cependant, moins pour éviter la substitution d'une feuille nouvelle à la feuille déjà tirée, que parce que V Epigraphie romaine a été citée sous ce titre.
Outre que la division de l'ouvrage est un peu différente de celle que j'ai indiquée en faisant paraître mon premier article, j'ai cru devoir encore en excepter les marques de potiers. J'en ferai l'objet d'un volume distinct qui ne comprendra pas moins de 1200 numéros.
11 me reste à déclarer en terminant que si j'ai pu mener à bonne fin la tâcbe que j'avais entreprise, je le dois surtout aux encouragements précieux que j'ai reçus.
MM. Héron de Villefosse, Allmer et Robert Mowat me les ont particulièrement prodigués. C'est un devoir et un plaisir pour moi que de les en remercier ici de tout cœur.
Je ne manquerai pas non plus d'exprimer ma gratitude à mon excellent ami M. Bertlielé. Sa connaissance approfondie de la bibliographie poitevine m'a toujours été d'un très grand secours.
45 juillet 1889.