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« et ponendum curavit ».
Le général Creuly (1) a reconnu le premier qu'il s'agissait d'un flamine. Sa lecture a été reproduite plus tard par de Longuemar.
(( Le flamine, a dit M. Boucher-Leclercq (2), était le prêtre par excellence, le sacrificateur de profession dont le souffle allumait la flamme sur les autels. »
Nous convenons, en efïet, qu'il ne faut pas considérer ce prêtre comme un personnage vulgaire, mais il nous paraît utile d'ajouter cependant que plusieurs flamines n'étaient que des affranchis.
Il n'est peut-être pas sans intérêt de faire remarquer encore que Ciaudius Potitus associe dans un même culte deux divinités d'un ordre tout différent.
On pourrait croire à quelque acte de basse courtisanerie, si l'on ne se souvenait qu'à Rome le culte d'Auguste était le seul réellement officiel, celui devant lequel tout autre s'effaçait.
Nous pensons enfin que les têtes d'aigle qui se voient sur le monument (pl. xx) ne sont là que pour rappeler le symbole même de l'empereur divinisé. Presque tous les dieux de l'Olympe possédaient aussi leur symbole : le chien était le compagnon habituel de Silvain; le corbeau était consacré à Mercure; l'aigle l'était à Jupiter, mais on sait que le père des dieux n'en avait pas le privilège absolu.
Bibliographie: Mangon de la Lande t. vu, p. 99. — De Longuemar, p. 145. — Ane. cal. P., p. 51. — Ledain b., p. 13. — Brouillet, p. 300 (n° 4074). — Ledain. Epigr. rom., p. 9, (et dans Mém, Ant. 0, 1886, p. 149).
(1) On sait que le général Creuly fut un des membres fondateurs de la Société archéologique de Gonstantine.
(2) Les pontifes de l'ancienne Rome, p. 5.
Vase votif de Poitiers.
(Voir pl. XXIV et xxv.)
Le 3 mars 1880, M. Quicherat, parlant des découvertes faites à Poitiers j)ar le R. P. Camille de la Croix, dans un puits comblé (( situé de l'autre côté de la Boivre » , signalait à l'attention de ses collègues de la Société nationale des Antiquaires de France (( une urne de bronze à deux anses sur l'orifice de laquelle était gravée au pointillé une dédicace à Mercure qualifié d'un surnom qui ne s'était pas encore rencontré. »
Il donnait, de cette inscription, la copie ci-après :
DEO • MECVRIO (sic) • ADSMERIO • I • VENIXXAMvslm •
M. Héron de Villefosse citait, à la même époque , trois exemples du nom de Venixxam fournis par des inscriptions de la Pannonie supérieure et concluait de ces citations qu'il fallait lire : liidia) Yenixxam(a) sur l'inscription votive du vase de Poitiers.
D'autre part, le 4 avril de la même année, le Journal Officiel rendait ainsi compte d'une communication faite la veille, à la Sorbonne, par l'auteur de la découverte lui-même, le R. P. Camille de la Croix :
(( Parmi les principales dépouilles conquises pour la Société des Antiquaires de l'Ouest par M. de la Croix, figure un grand vase cle bronze de forme ronde, sans anses, qui porte sur un large rebord l'inscription suivante gravée au pointillé :
(( DEO MECVRIO ADSMERIO • I VENIXXAM • V • S • L • M *
« C'est un ex-voto au dieu Mercure à qui le temple voisin [du lieu de la découverte] était très certainement consacré et dont on lit une deuxième fois le nom écrit à la pointe sur l'une des colonnes de l'édicule qui entoure le puits, DEO MERCVRIO, colonne sur laquelle on voit encore une figure obscène.
(( On doit faire observer que le graveur a oublie la première R du nom de Mercure et qu'il existe un T dans l'intérieur de l'A qui commence l'épithète ajouté au nom de Mercure, dont l'interprétation est encore à trouver.
« L'anse de ce vase est ornée de la figure en relief d'un génie ailé ; de Bacchus tenant un thyrse et une grappe de raisin; de ' deux masques et d'un pedum, comme on en voit sur beaucoup de monuments consacrés à Bacchus. »
L'importance de cette inscription votive explique suffisamment l'intérêt que lui portèrent aussitôt tous les Antiquaires*
Adrien de Longpérier s'en servit, l'année suivante, dans le Journal des Savants, pour appuyer l'attribution qu'il avait faite à Mercure, en 1868 (1), d'un ex-voto, trouvé à Meaux et composé « de deux minimes bases de bronze » sur lesquelles on lisait :
« Deo [Merctirio] Atesmerio. Heusta votum solvit libens merito ».
Dix-huit mois plus tard, le 22 novembre 1882, M. Alexandre Bertrand présenta le vase lui-même à la Société nationale des Antiquaires de France (2) :
« Ce vase^ est-il dit dans les comptes rendus de cette Société, porte sur le goulot, au pointillé, une inscription votive ainsi conçue :
(( Il confirme une conjecture de notre éminent et regretté confrère Longpérier qui , en 1876, avait proposé de voir dans le mot ATESMERIO, gravé sur la base d'une statuette détruite faisant partie de la collection Dassy , de Meaux , une épithète de Mercure. Il n'y a plus de doute aujourd'hui ; ATVSMERIVS ou ATESMERIVS était le nom d'une des divinités gauloises que les Romains avaient identifié avec leur Mercure.
« Mais le vase a encore un autre intérêt. Bien que le fond (3) présente ces beaux caractères concentriques, que nous remarquons sur les belles patères signées, il est fabriqué au marteau dans une seule pièce de tôle de bronze, fond et panse. Ce travail devait être d'une grande difficulté et dénote, chez les chaudronniers de répoque à laquelle il appartient, une habileté de main considérable. Le puits cependant [où il a été découvert] paraît ne pas remonter plus haut que le iv^ siècle. »
Enfin, M. Robert Mowat lui a consacré dans son étude: Inscriptions pointillées sur objets votifs en bronze, publiée par le Bulletin monumental en 1882, et reproduite dans la Notice épigraphique qu'il a fait paraître l'année dernière, un assez long article dont nous nous faisons un devoir de citer les points principaux, car ils contiennent le plus complet commentaire de ce très remarquable objet.
(1) Cf. Comptes rendus de l'Acad. des I. et B.-L., 1868, p. 343.
(2) Planches xxiv et xxv, nous donnons les fac-simile de ce vase d'après les dessins originaux du P. de la Croix.
(3) Il faut lire : le goulot.
(M E,RetI liés) D • ATESMERI
HEVSTA • L • M •
DEO MERCVRO (sic) ATVSMERIO
« Un vase, pourvu de deux anses, et découvert en 1880 par le R. P. Camille de la Croix, dans les fouilles qu'il dirigeait sur les hauteurs de la Roche, à Poitiers, porte une inscription qui occupe tout le pourtour de l'orifice :
<( DEO MECVRIO ADSMERIO «I • VENIXXAM vslm
Deo Me[r)curio Adsmerio , I{uUus) Venixxamus l[ibens) merito , ou Venixxam{us) v{olum) s[olvit] l[lbens) m[eHlo).
« Un signe en forme de T est inscrit entre les bras du premier A ; le deuxième A se présente comme un V renversé, sans traverse et sans aucun appendice intérieur.
(( J'ai signalé ces particularités graphiques (1) à l'époque où la découverte du vase venait de tomber dans le domaine public parles communications faites Journal de l'Ouest^ (18 février 1880), au Bulletin monumental (1880, p. 186), et à la Société des Antiquaires de France , et j'ai en même temps proposé d'identifier le Mercure Adsmerius, de Poitiers, avec le dieu Atesmerius de Meaux, dont le nom se lit sur l'un des socles géminés d'un groupe de deux figurines brisées. Sur ce socle on voit un pied muni d'ailerons , attribut caractéristique de Mercure.
« L'identification de Adsmerius avec Atesmerius ne
souffre aucune difficulté, soit que le petit signe en forme de T ait été inscrit après coup dans le A à titre de correction, At{d)smerio, soit que ce signe n'ait aucune valeur phonique, ou, en d'autres termes, que l'on ait simplement affaire à un A de forme particulière, comme on en connaît d'autres exemples, notamment dans une inscription de Poitiers publiée en facsimilé dans le Bulletin monumental (1873, p. 230) (2).
(( Quant au nom propre Venixxamus , il se retrouve dans trois inscriptions d'Igg (Autriche), sous les formes féminines Venixama, Venixema, et sous la forme de genre incertain, sans désinence, Venixiem (3). M. Héron de Villefosse le reconnaît aussi (4) dans une inscription d'Alichamps (Cher) perdue et imparfaitement copiée par Caylus (5). »
Dans un remarquable article qu'il a tout récemment
(1) Dans le Bull. mon. 1880, p. 297, (lettre à M. Léon Palustre datée du 25 mars), et le Bull, Anl. F., 1880. p. 141, (noie lue le 7 avril).
(2) Il s'agit de l'inscription de Julia Maximilla que nous publierons plus tard.