DUFOUR
« Dans la même rue [des Carolus], maison n° 5^ nous avons rencontré une seconde (1) inscription. Celle-ci est â peu près complète et évidemment tumulaire. Les lettres qui la composent ont 3 pouces et demi de hauteur.
FRONI VIV aNIS DIORA NOFILIO PER SI CIVI SVIVE S DE SVO CONSA IT
Lecture « M
PATRONI • VIvaNTIS DIORA
NNO • FILIO PERSIVI .
NTISVIVES DESYOCONSA GRAVIT
Reslilulion D M PATRONI VIVENTIS {nepos)
DIORANNO FILIO PERSICI VIVENTIS {flUus) VIVENS [Hoc monumenlum) DE SVO [sumptu] CONSACRAVIT
« Aux Dieux mânes... Vivens, fils de Persicus Vivens, petit-
(1) Cf. pour la première, notre n° 58.
« fils de Patronus Vivens, a, de ses deniers, consacré ce monu- « ment à son fils Diarannus. » (Mangon de la Lande.)
« Inscription incrustée à l'envers dans le mur d'une cave de la rue des Carolus, sur l'emplacement de l'ancienne enceinte de Poitiers dite des Visigoths. » (De Longuemar, qui reproduit, sans commentaires, la copie donnée par de la Lande.)
« [Il y a, au musée des Antiquaires de l'Ouest, le] moulage du monument funéraire de Petronus qui se trouve engagé dans les fondations de l'enceinte romaine de Poitiers, dans la cave de la maison n° 3 de la rue des Carolus. La partie gauche du monument et de l'inscription manque, la pierre ayant été brisée lors de sa mise en œuvre dans la muraille. Un petit génie est sculpté sur le côté droit. On peut attribuer [ce monument] au n'' ou au m® siècle. » (Ledain, b.)
(( Cette inscription est gravée sur une grande pierre rectangulaire, engagée dans les fondations de l'enceinte gallo-romaine de Poitiers, dans la cave de la maison n° 3 de la rue des Carolus. Elle est encadrée d'une moulure ^
« On pourrait peut-être la restituer de ia manière suivante :
. Dis manibas ■ Petroni Vioeiitis Diorani Pelvono filio Persici Vweniis Vivens de Sao Consacravit.
(' Ou bien encore :
« Petroni Viventis Diorano Petrono filio Persi civi {Caius) Vioens de Sao Consacravit. » (Ledain, Epigr. rom.)
Nous avons vu qu'Allard de la Resnière prétendait que le Génie, dont les membres sont aujourd'hui nuitilés, devait avoir eu de tout temps les pieds et les mains coupés. Siauve s'élève, avec juste raison, contre cette opinion de son devancier. « Il serait absurde, dit-il, de chercher du merveilleux dans une particularité qui n'existe point; » mais il ne donne aucune interprétation de la copie qu'il produit parce qu'il « ne la comprend pas. »
Dufour est un peu moins réservé, sans être très afiîrmatif cependant. Après avoir « amélioré » la copie qu'il donne de l'épitaphe : « J'avoue franchement, dit-il, que je ne puis déterminer le sens véritable du mot^ ou plutôt des mots qui terminent la 3® ligne. Je lis: Aux Dieux mânes... Vivant a dédié, à ses frais, cet autel à Dioranusfils de Trône Vivant. »
Et en note : u Les mots PERSI CIVIS VIVENS, ne signifieraient-ils point : Vivant citoyen (Roxïi^in) fils de Perse ; ou plutôt,, en prenant le mot civis pour l'abréviation de Civilis, nom gaulois : Civilis Vivant, fils de Perse? ))
En résumé, toutes les lectures que nous venons de citer sont très peu plausibles pour la plupart, mais s'il est bien facile de
reconnaître qu'elles ne sauraient en aucune façon convenir, nous croyons aussi , pour notre compte , que l'épitaplie de Petronius est très embarrassante a tous les points de vue.
Ce n'est donc qu'à défaut d'une lecture plus certaine que nous proposerons celle-ci :
Notre copie, (voir pi. lv) :
M ////// RONI • VIVENTIS DIORA (£', Net Tliés) ////// NO • FILIO PERSICI VI ////// SVIVES DE SVO CONSA
////// IT
[D[iis)] m[anibus) Petroni[i) Vicenlis, Diora[ni f{ilii) e.l Diora]no
filio, Persic[o?\' Vi{ous, sibi et, sii>.]s, Vive{n)s de suo consa[crav]U.
Aux dieux Mânes de Petronius Vivens . fils de Dioi'anus, et
à Dioranus Persicus, son fils. De son vivant, Vivens a fait construire (ce tombeau) à ses frais, pour lui-même et pour ses proches.
Le gentilice Petronius n'est pas rare, le cognomen Persicus s'est rencontré de même en différents lieux, mais nous ne connaissons aucun autre exemple du cognomen Vive/is que nous aurions ici par deux fois.
Il se pourrait aussi qu'il fût préférable de considérer le mot vivens comme l'équivalent de vivus...
Bibliographie: Alhrd, Affiches du Poitou, n°' des 1."). 22 et 29 janvier, et 8 mai's 1781. — Beaumesnil, Rec. manusc. (copie dessinée), p. Gl. — Bibliot. de Poitiers, Inscript, et mon., (ms. sans pagin.). — Siauve, p, 1G9. — Annuaire de Statistique, 1804. — Dufour, p. 3.57. — Mani^on de la Lande, a, t. i, p. .54. — De Longuemar, p. 142. — Ledain, p. 198 et pi, x. — Ledain b, p. 8. — Ledain, Epigr. rom., p. 23 (et dans Mém. Ant. O., 1886, p. 163). — Coll. de dessins de la Soc. des Ant. de l'Ouest, carton 1, (grandes lettres au trait; dessin s. n. d'aut. daté de 1835. On lit au haut de la feuille: « Galeries souterraines de Poitiers, maison de M. Cognac, boulanger, rue des Caro'us ».)
ÉPITAPHE DE G. JULIUS VICTOR, PRÊTRE DE ROME ET d'aUGUSTE.
(( CONNETODVBNO PRvEF RVM
(1) Cf. C. I. L., t. XII, n<" 787, 2128, etc.
« Fragment dont les caractères ont la même forme et la même grandeur que ceux du fragment :
VEGETVS CRETICVS
et paraissent avoir appartenu à la même inscription.
(( Les deux morceaux sont encore scellés dans la partie du mur du jardin de l'hôpital demeurée intacte. »
(Chaudruc de Crazannes.)
(( N° III. VEGETVS CRETICVS (fragment)
N° IV. CONNETO DVBNO • etc.
(( Puisque les caractères se ressemblent, les deux morceaux pourraient bien appartenir à la même épitaphe. Végétas Creticus sera celui qui aura élevé le monument à Conneto Dubno prœfecUis J'ahrum (colonel des ouvriers de l'armée), grade très distingué dans les armées romaines... »
{Lettre de Visconti à Chaudruc de Crazannes.)
<( ONNETODVBNL...
AEFECTO • FABRVM • TRIB . . .
I • AD • CONFLVENTEM C. . .
(( Inscription ayant 4 pieds 2 pouces de long, 1 pied 4 pouces de haut. La lettre de la première ligne a 4 pouces et demi de hauteur; les autres vont en diminuant. » (Jouannet.)
(( Fragment d'une inscription faisant partie d'un édifice en l'honneur de CORNETO DVBNO, provenant des fouilles faites dans les murs de l'hôpital en 1853. » (Abbé Lacurie.)
(( Au musée, un fragment de pierre qui fut trouvé en 1853 dans les fouilles faites pour les murs de l'hôpital général , épais de 20 centimètres, haut de 14, et long de 1 mètre 4G, porte en beaux caractères qui n'ont pas moins, ceux de la première ligne, de 13 centimètres de hauteur, et 9 ceux des deux dei^nières :
« ONNETODVBNI
AEFECTO • FABRVM • TRIB
AD . CONFLVENTEM • C » (Audiat.) (1).
(l) En cataloguant celte iiiscriplion parmi celles qui ont été découvertes, en 1853, dans les fouilles du jardin de l'hôpital, l'abbé Lacurie a commis une indiscutable erreur et fait naître une confusion dans l'esprit de quelques auteurs. Acceptée comme vraie depuis trente-cinq ans, cette tiate inexacte a eu pour conséquence de leur faire supposer que le fragment cité par Chaudruc de Crazannes était complètement distinct de celui que nous possédons aujourd'hui. Eu réalité il est beaucoup plus difficile de se prononcer, et pour en avoir la meilleure des preuves, il suffit
Notre copie (voir pi. xvii) :
ONNETODVBNI
AEFEGTO • FABRVM • TRIB il-AD • CONFLVENTEM C •
En comparant ce texte avec la dédicace impériale , en partie mutilée, que nous avons citée sous le numéro 33, nous avions tout d'abord proposé la restitution suivante (1) :
... C. Julio ConcoNNETODVBNi F. Volt. Cogidubno
pj'AEFEGTO . FABRVM . TRiBwno miUtum, sacerdott Romae
ad aram quae esT ad • gonflventem g. Jul [et Augusti
Mais, depuis cette époque, M. le chanoine Julien-Laferrière a découvert dans les différentes assises du mur du jardin de Tliôpital général, d'autres fragments qui ne laissent aucun doute sur la vraie lecture de cette inscription.
Ils ont même permis de constater que l'on se trouvait en présence d'une épitaphe qui avait été quatre fois reproduite sur le monument funéraire dont elle avait autrefois fait partie.
Dès le mois d'août 1887, il était retiré des fouilles un premier fragment qui se trouvait ainsi conçu (voir pi. xvii) :