‹ Épigraphie romaine du Poitou [et] de la SaintongeChapitre 16 sur 217 · PG.ES · texte numérisé non relu

PG.ES

/ / / E LI 0 S EVE R 0 [L et I ; E, V et E liri

/ / / X A ND II 0 PI 0 (N et D ; P et I liés)

I / M ÂVR.VNTO NI NI (.l", Vct R; A,Net T; Net/: .\ et I liés) ////IFILSEPTDI {E et P liés)

1 1 1 EVE R I NE P 0 T {E, V et E ; N et E liés) ,

LI M L X I {L et [ liés)

FINX {I et N liés)

[Im]p(eraiori] Caes[(ari) M{arco\ Aur]clio Severo [A!e]xandro pio \divi\ Miarci) jhirielii] Antoyiini [Ma(jn]i fil[io), Sei)t{imi] diioi S]everi nepot[i).

Lim[onuni), l{eugae) XI ; Fines, X.

A l'empereur César Mai'c Aurèlo Sevére Alexandre, pieux, fils du divin Marc Aurèle Antonin le Grand (Caracalla), petit-fils du divin Septirae Sévère.

Poitiers à 11 lieues (gauloises) ; Ingrandes à 10 lieues.

Sévère Alexandre, créé César en 221, fut assassiné en Germanie, avec sa mère, le 19 mars 235. Il faut donc chercher entre ces dates, extrêmes l'année où fut érigé le milliaire que nous venons de citer.

Bibliographie : — Mangon de la Lande a, t. I, p. 223. — Mangon de la Lande, p. 158. — De Longuemar, p. 137. — Ahbé Lalanne, p. 91. — Ch. Tranchant , ouv. cité, note, p. 50.

Milliaire de Saini-Picrre-les-Eglises.

« Tirée probablement de l'ancien cimetière de Saint-Pierre-les- « Eglises, [cette colonne milliaire] est à l'entrée d'une vigne qui « appartient au citoyen Ledoux, maire de Ci vaux. Il n'y a pas de (i doute qu'elle n'ait été employée comme couverture de sarco- « phage, et il serait difficile de décider si ce qui reste encore « de l'inscription était précédé par des lignes supérieures, ou « s'il n'y a d'autre restitution à faire que celle des caractères « qui commençaient les quatre lignes qu'on y voit aujourd'hui :

VIAVRELO i^RetEliés)

DRO PIO {let Plies)

ONINI-DIVI [Net I; Net I liés)

I V I S a\^ R I {E, VetE liés) « Siauve.

« Il existe encore, près de Chauvigny, un autre cippe hémi- « cylindrique, qui sert également de jambage à la même porte « de cet enclos de vignes dont nous avons parle I . » Dufouk.

(1) Cf. plus haut notre n" 1.

« Colonne milliaire romaine provenant de l'antique cimetière « de Saint-Pierre-les-Eglises, près Chauvigny, où elle avait été « utilisée comme tombeau, aiirès avoir été arrachée du bord de « la voie de Poitiers à Argenton en Berri. Elle servait depuis « longtemps de jambage de porte à l'entrée d'une vigne voisine « de ce cimetière, lorsqu'elle fut donnée, en 1834, par M. « Faulcon, à la Société des Antiquaires de l'Ouest. » Ledain h.

« La seconde colonne, haute de 2™ 15, remonte au règne

« d'Alexandre Sévère (22'2-235.) Son inscription, dont toute la « partie gauche a disparu, est ainsi conçue : — « ... M. Aurelio « — ... dro i)io — ... tonini divi — ... vi Severi. « On peut la '■<■ restituer ainsi: « Im[)eratori Caesari Marco Aurelio Severo c< Alexandro pio, lilio Marci Aurelii Antonini divi, nepoti divi « Severi. »

« En 1834, sur la demande de l'abbé Ch. Auber, alors curé de c( l'église Notre-Dame de Chauvigny, M. P.-R. Faulcon, de cette c( ville, donna [cette] colonne, [et celle d'Antonin que nous « avons citée plus haut], à la Société des Antiquaires de l'Ouest. « Elles sont ])lacées dans son musée et sont mentionnées à la c( série V. D de son catalogue de 1843. )5 Charles Tranchant.

Notre copie prise au musée des Anliijuaires de l'Ouest où le monument se trouve conservé :

\1 A V RE LC [B et E liés; I et L devaient l'être)

DRO PI 0 (/ et P lies)

0 NI NI DIVI (/Y et I; A et 1 liés;

1 V I S aVE R 1 [E, y et E liés)

La pierre a plus de 2 mètres de haut; les lettres, assez grossièrement gravées ont 0'" 00; les liaisons abondent. Toute la partie gauche de l'inscription disparut lorsque le milliaire fut creusé en tombeau.

Siauve pn)[iosa d'abord la restitution suivante qu'il soumit à l'Académie :

Frov. Aquitan. YIAVRELO {R et E liés)

Imp . À leœan DRO PI 0 [I et P liés)

XepoliAntOmm • DIVI [N et I; N et f liés)

l-'ilio dlW SHVERI [E, V el E liés:

« Cimpuéme voie de la province d'A(juitaine, réparée depuis (( Poitiers par l'empereur Alexan(h'e-le-Pieu\, petit fils du divin « Antouin, bis du divin Sévère, -i Puis, mécontent de son œuvre avec juste raison, il s'arrêta définilivcment à cette restitution nouvelle (]ui ne vaut guère mieux :

Vigennae Picta V I A V RE L 0 (R et E liés)

AlcxanB KO PIO [I et P liés)

Ncpotl AntO NINI • D I V I [N ci I ; N et 1 liés)

Filio ^ I V I S a VE RI [E.VctE liés)

« Les Poitevins des rives de la Vienne à Alexandre Sevére-le- « Pieux, petit-fils du divin Antonin, fils du divin Sévère. »

« Les conjectures de cet auteur, — dit Dufour à ce sujet, — « ne nous semblent pas très heureuses. Il n'y a pas de raison « pour ne pas lire tout aussi bien CLINI PICTxWI, les Poitevins « des rives du Clin, ou de telle autre rivière qui arrose leur ter- « ritoire, ([ue VKIENNAE PICTAVI, les Poitevins des rives de la « Vienne »

Comparant ensuite le texte de ce milliaire avec celui d'une colonne découverte en 1748 par Schœpfin, et rapportée par Freret (l), l'historien du Poitou jiropose « la version suivante « qui ne pèche pas, dit-il, contre la chronologie :

di V I A V RE L t 0 Severo {R et E Uéf^j

AlexanDRO PO fd io

Ant 0 NINI D I V I nepoti {N et I ; N et I liés)

dIVISaVERI »

Il conclut en disant « que le second cippe {sic) itinéraire de « Chauvigny fut élevé par les curatores viarum en l'honneur « d'Alexandre Sévère sous lequel ils firent réparer la voie du « Vieux Poitiers, Fines, à Argenton, (2) » et la principale erreur qu'il commet, provient de ce qu'il a fait comme Siauve, et pris pour deux lettres complètes, au commencement de la première ligne, ce qui n'en est même pas une en réalité, c'est-à-dire, les fragments de l'M qui tient lieu du prénom de Marcus.

Mangon de la Lande n'a pas commis la même erreur. Sans être (oui à fait acceptable, la lecture qu'il donne vaut mieux. La voici :

imp. Caes. MAVRELIO Sev. Alexan DRO PIO f. m. aur. anTONINI DIVI nepoti di VI SEVERI « Imperatore Caesare Marco Aurelio Severo Alexandre, « pio, filio Marci Aurelii Antonini divi, nepoti divi « Severi. »

(I) Œuvres, t. XVI, p. 133.

(j2) Nous avons dit plus haut ce ([ue nous pensions de l'identiflcation de ce Fines avec les ruines connues sous le nom de Vieux Poitiers.

Nous croyons, do notre côté, que la restitution suivante serait préférable.

[Imp{e)'atorl) Caes{ari)] M[arco) Aurelio [Sev[ero) Alexan]dro pio

[magni Ant]onini divi [fil[io), di]vi Severi [nepoti Lim{onum)

Fin[es) ....

A l'empereur César Marc Aurèle Sévère Alexandre, pieux, fils du

divin Antonin le Grand, (Caracalla), petit-fils du divin Septirae Sévère

Poitiers à lieues (g-auloises) ; Ingrandes à lieues.

On sait en effet que le surnom de Magnus, pris quelquefois de son vivant par Caracalla qui se croyait très volontiers l'égal d'Alexandre le Grand, lui fut habituellement attribué après sa mort pour le distinguer peut-être de l'empereur Marc Aurèle divinisé comme lui.

Sans doute on peut-être étonné de voir glorilîer ainsi la détestable mémoire d'un prince justement méprisé, mais il ne faut pas oublier que Caracalla était extrêmement sympathi(|ue à l'armée qu'il avait comblée de largesses, et que sous son régne et celui de ses successeurs, la plupart des emplois dans les administrations publiques furent confiés à des soldats libérés. C'était l'armée, du reste, qui avait contraint le Sénat à placer Caracalla au rang des dieux.

Bibliographie : Siaiwe, p. 83 et suiv. — Dufour, p. 177. — Mangon de la Lande a, t. I, p. 222. — Bull. ant. 0. 1834. p. 8. — Ledain b, p. 15. — C'A. Tranchant, ôuv. cité, p. 49.

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