‹ Épigraphie romaine du Poitou [et] de la SaintongeChapitre 40 sur 217 · PO · texte numérisé non relu

PO

Il est incontestablement fort difficile de restituer avec assez de certitude les lignes qui sont aujourd'hui disparues. Nous sommes en présence d'un texte sûrement relatif à quelque prince de la fin du IIP ou du commencement du IV*^ siècle, mais les qualifications, incomplètes peut-être, qui lui sont données ne peuvent suffire pour nous en ftiire connaître le nom.

(1) Pendant que nous corrigeons les épreuves de celte pnitie de notre travail, (10 décembre 1887), nous recevons un ouvrage de M. Ledain, que nous citons ici pour la première l'ois, mais sur lequel nous aurons souvent l'occasion de revenir encore. Le livre de notre savant confrère porte pour tilre: Kpigrapliie romaine du Poitou. C'est un in-fH" de !)3 images, extrait du volume actuellement sous presse, des Mémoires de lu Société des Antiquaires de l'Ouest (année 1880).

« Au moment où nous terminions ce travail, dit M. Ledain dans sa préface, et « où nous en commencions la lecture à la Société des Anticjuaires de l'Ouest, « (mars 1887), nous avons eu connaissance du premier article d'un recueil sem- « blable, embrassant le l'oitou et !a Saintonge, dont M. le lieutenant Espérandieu « a entrepris la publication dat/s la Revue l'oitecine et Saintonijcaise. Quoique n opérant sur le même lorrain, nous n'avons i)as cru devoir l'abandonner. Quel- " ques-uns considéreront |)eut-étre con'me inutile la publication de deux ouvrages « sur un sujet identique Nous estimons, malgré cela qu'il ne sauraient se nuire. « Notre plan, plus restreint il est vrai que celui de .M. Espérandieu, en diiiere sen- >< siblement. Les commentaires et les inter[)rétatiûns des inscriptions ])ourront « quehjuefois être encoie plus divergents. On n'ignore pas combien sont délicates « les questions épigra])lii(iues. Ia\s éludes de ])lusieurs sur les mêmes textes sont « donc loin d'être inutiles. Les lacunes et erreurs ])Ossibles de l'un de nos deux « recueils seront sans doute (comblées et réparées i)ar les observations de l'autre. a il n'y aura donc pas lutti> entre nous, mais un efl'oit C(uimuui, pour arriver au « même but. >•

Telle est aussi noire pensée, et sur le terrain où nous nous sommes placé, M. Ledain peut êti'e assuré que nous marcherons d'accord avec lui.

Si l'inscription, que nous n'avons pas vue, était réellement rédigée comme l'indique B. Fillon, elle contiendrait une anomalie que nous ne nous expliquerions guère: On sait qu'à partir de Commode le titre d'Augu.stc, pris par tous les empereurs comme cognomen, se trouve généralement [)récédé des surnoms de Plus Félix auxquels Caracalla, et ses successeurs, ajoutèrent celui cVInuictus. Or ici, l'ordre invariable dans lequel se présentent ces divers surnoms n'existerait pas, soit que l'on restituât: [invic\to, felici) Avg'usto), soit que l'on adoptât cettre autre lecture : [Taci]to f[clici) Au(i'usto\ Faudraitil en conclure que le lapicide s'est trompé? Gela nous parait peu probable, et nous préférons croire à quelque faute de transcription. La lettre F doit plus vraisemblablement appartenir à la ligne précédente, où sa place est mieux indiquée, et les deux noms de Tacite ou de Tctricus pourraient entrer indifféremment dans la restitution de la partie mutilée du texte.

Toutefois, si nous remarquons que, sur les milliaires du musée de Niort, l'indication du pontificat de Tacite occupe seule la place correspondante à celle qui lui est assignée dans le fragment de Saint-Pierre-du-Chemin, nous croyons qu'il est possible de s'arrêter d'une façon plus sûre à la restitution qui suit :

imp. Caes.

M. Claudio Tacito pio Y et. invic TO AVG PMPpTR Vot cos il

Ullllll

[Imp\eratori\ Caesari] M arcoj Claudio Tacito, pio] f[el[ici) invic\to, Aug\usto\,p\ontifici\ maximo , patri] patriae, tr ibunicia] po{t\esiate , coinisiuU] II (?)

A l'empereur César Marcus Claudius Tacite, pieux, heureux, invincible, Auj^'uste, souverain pontife, père de la patrie, revêtu de la puissance tribunice, consul pour la seconde fois...

Il est bon de répéter encore cependant, que, comme pour le précédent milliaire, nous ne saurions prétendre accorder à notre restitution le caractère absolu de justesse qu'elle ne peut évidemment pas revêtir.

BiBLiOGRAPmE : B. Fillon, Poitouet Vendée, iY livr., La Cliateigneraie. p. 12. — Couf/n's archcol. de France, 18(34, Paris-Caen, 18G5, in-8", p. 68. — Ledain, Epiyr. rom.. p. 76.

Nous n'indiquerons ici que pour mémoire un autre milliaire sur lequel nous reviendrons plus tard. 11 est encastre dans l'an des murs de la crypte de Saint- Hilaire à Poitiers, et l'inscription qu'il porte se trouve presque complètement cachée par la maçonnerie. Le comité des travaux historiques ayant bien voulu nous autoriser à le l'aire dégager, nous le décrirons dans les Addenda qui terniiueronl notre travail.

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