VIRGO
Î.TBRA
OCl-ORRR
NOVKMRER
DEGEMBER
scoRpros
SAGITTARIVS
CAPRICORNU
On connaît les vers latin technique qui rappellent, en un distique, le zodiaque entier :
BXmr A1IS8, TAUBUB, GOpHI, CilfPI», LBO, TttGO, LlBâA, 5C0RPIU8, AKaTOTEHS, CAPBK, AMPHORA, PISCB8.
Vamphora, c'est Yaquarius ; le caper n'est autre que le capricomiui, et Yarcitenens remplace le sagiuarius. On voit qu'ici , comme à Auhiay, l'année commence en janvier ; comme à Aulnay aussi , la première figure pré^ sente ime femme qui vient d'accoucher et un enfant qu'on enveloppe, pendant qu'un villageois, le père sans doute, se coupe flegmatiquement du pain pour reprendre
tes forces que sa femme a perdues. Peut-être sont-ce là deux scènes différentes : il pleut, il fait froid ; le laboureur se repose assis près de son feu. Dans la maison voisine nait un enfant. Cet enfant n'est-il pas Tannée qui commence ? On a voulu y voir le fils d'Isis, ce qui est au moins bizarre, et celui de Marie, ce qui s'expliquerait peut-être mieux. Je tiens pour le premier jour de Tan.
Les poissons n'existent plus à Fenioux. Au troisième signe, on voit un honmie sur sa bêche, et derrière lui un bélier et un ours. Au taureau, c'est un homme à cheval, armé d'une faucille; puis deux enfants, les gémeaux; puis un faucheur et un crabe, juin et le cancer; puis un moissonneur et un lion, juillet. Au mois d'août figurent la vierge et un homme qui s'est couché après la fatigue du jour. La balance, c'est une femme assise. Octobre représente un paysan qui foule la vendange près d'un cep. Novembre a le sagittaire, un guerrier qui lance une flèche. Enfin, pour décembre, sont deux bœufs au repos.
On remarquera la grande similitude des deux zodiaques d'Aulnay et de Fenioux. Ils sont certainement de la même époque, xn« siècle. Les zodiaques de Cognac et de Ghermignac sont moins développés que ces deux-là.
De la même époque que ces zodiaques sont les deux cuves baptismales d'Ars-sur-le-Né et de Brives-sur-Gharente. Celle d'Ars est fort remarquable. Ses quatre faces sont ornées d'animaux symboliques : le hibou, emblème de la prière ; l'aigle de la foi qui s'élève jusqu'à Dieu ; un animal chimérique qui presse sous sa griffe un enfant nu représentant une âme, image de l'homme avant le baptême. Les quatre angles sont formés par des personnages où l'on reconnaît des évêques avec leurs crosse, mitre et chasuble.
Toutefois, je trouve plus belle la cuve de Brives-sur-
Charente. Elle est , comme celle d'Ars, carrée, d'un seul bloc; ses dimensions sont égales. Un côté, qui est voisin du mur, n'a pas été sculpté, et à Ars il a été mutilé. Lequel vaut mieux ? Ces fonts baptismaux sont certaine* ment du xn« siècle; ceux d'Ars sont, selon moi, un peu plus récents. Sur la principale face, à Brives, est Jésus- Christ dans la vesiea piseis : tête ornée d'un nimbe crucifère ; ses deux mains tendues semblent prêtes à recevoir ceux qui viendraient à lui. Les quatre êtres symbolisant les évangélistes l'entourent. De chaque côté, sur deux rangs, sont six apôtres qui se pressent versie maître. D'une part, sur la ligne intermédiaire, on lit :
C'est-à-dire Sanetus ou Saneti Bamabas^ Paulus, Petrus , noms que nous transcrivons en lettres vulgaires et qui ne ressemblent à aucuns caractères d'imprimerie. De l'autre :
wtùfxtua i»t^h fhiiïf
Sanetus ou Saneti Andreasy Jacobus^ Philippus,
Sur une autre face , on voit le Christ dans une gloire elliptique. Il a une croix ou un bâton fort long et penché, le long duquel s'efforcent de monter des âmes qu'il attire de la main , tandis que des démons et des danmés tâchent de les arracher par derrière pour les faire tomber dans le gouffre.
A côté de la cuve baptismale, voici la cloche. Une des plus anciennes du diocèse est bien celle de Balanzac. A la forme des lettres, à la brièveté même de l'inscription, on peut la faire remonter au xii« siècle :
SONVS DOMINI
/( «M* la POfic du Seigneur.
L'église est probablement de la même époque que le portail. Sur une pierre, évidemment rapportée, se montre l'aigle des Bremond d'Ars, qui furent seigneurs de Balanzac au xvi* siècle (1). Le dessin suivant noue montre, avee les annes de la famille, les armes de ses principales alliances.
C'est-à-dire : Éearteti: au /, parti d'argent à la fatee bandie d'or et de gueutcê de tix piéca, qui est Pont, d futeli en bandet d'or et de gueules, qui est Balanzac; au S, parti de gueules au lion d'or, qui est Albin de Valiergues, et d'or à deux léopardt de gueulet tun lur Caulre, quî est Bouchard dAubeterre ; au 3, dagur semé de fleurs de lys d'argent, à la tour de même, ajourée et maçonnée de sable, qui est £a Tour de Saint-Fort-sur-le-Né , et au t, dargent à dnq couronnes dépinu de sable, 3, i et /, qui est Meaux; d'azur à l'aigle à deux titet dor, Itmguie de gueules, brochant sur le tout, qui est Bremond.
Des deux devises, l'une, m fortuna vibtutem, peut vouloir dire: En toute occasion du courage; la seconde: NOBiuTAs EST viRTus, Signifie certainement : Ce qui fait la ntAlesse, c'est la vertu.
Ce blason D'à pas la simplicité du sceau portant une
(1) Voir notre élude «or TTirofu Fujuier, Nignear de Oduiuc.
fleur de lys fleuronnée avec ces mots : .s. f pétri ber- MONDi en légende > que Pierre de Brémond, gouverneur de Cognac, apposa, en 1281, sur le testament de Guy de Lusignan, ni de celui dont son neveu, aussi exécuteur testamentaire de Guy de Lusignan, Bernard de Bremond, scella la même pièce, et qui, selon la remarque de M. DoUet d'Arcq, dans son ouvrage sur les sceaux conservés aux archives impériales , était d'une forme particulière à l'église de Saintes. Ce deuxième signataire est représenté en costume de moine ; car, avant d'être dans les ordres, il avait été marié et avait eu plusieurs filles « dont l'une reçoit de Guy de Lusignan, par son testament, une rente pro tuo maritagio. Bernard de Bremond est à genoux, aux pieds de la vierge, debout, tenant l'enfant Jésus dans ses bras. Autour de ce sceau ogival, on lit :
s. t BERNARDI BERMONDI.
- Je n'ai pas l'intention de parler ici de cette ancienne-
et illustre faille. Les vers suivants, à défaut d'ouvrages
spéciaux, le Diethnnaire de$ andennei familles du Poitou,
de M. Beauchet-Filleau , ou l'Ouest aux âiroisades, de
M. de Fourmont, et autres, en feraient suffisamment
l'éloge. Ils sont gravés dans l'église de Saint-Macoux
d'Ars, et pourraient l'être dans l'église d'Orlac^ur-Gha-
rente, près de Dompierre, qui a été pieusement, le
25 février 1867, rachetée et va étra rendue au culte par
M. le comte Anatole de Bremond d'Ars, en souvenir de
ses aïeux qui y ont été enterrés :
/(Cl , beaucoup de la nombreuse famiUe des Bremond dorment
dans ce saint temple du repos éternel, eux qu'en Saintonge
surtout^ nul, par l*antique origine ou par les hauts faits, n'a
surpassés m éclat. Leur fidéUti constante envers Dieu et envers
le roi est bien prouvée par toutes ces églises qu'ils ont relevées
de ruines impies, par ces nombreux champs de bataille qu'ils
orU arrosés de leur sang, par ces établissements fondés pour la
misère et la maladie. Et après une vie chrétienne, ils surent.
Dieu m'accorde la même grâce! mourir en chrétiens ^ favorisés
par la douce mère du Christ, que chacun honora toujours d'tin
culie parHetûier H comme êa ehaste mère. Qae leurs dnemdantt itnkmt leur pie el leur mori\ afin qu'iii aieni avec eux pari au bonheur du Ciel. Pour moi , que le Seigneur vienne à mon aiie et exauce ma frière. AùMi 90il-4l.
âBRMVNDI HIC IfVLTA HVLTI D£ GENtE SEPVLTI AEDIBVS m SAGRIS AETERNA PACB QVIESGVNT QVA PRASSERTDf IN SAMTONIBVS SEV STEBOIATE L0N60 PVLGHRI3 SEV FAGTIS NON ALTERA CLARIOR EXSTAT QVAM JLLk DEO FVERIT SEBIPER REGIQVE FIDELIS X TOT SAGRILE6IS SVR6ENTIA TEHPLA RVINIS SANGVINE TOT GAHPI FVSO PER SAECLA UADENTES NECNON ET SmVGTAE HISERIS AEGRISQVB TOT AEDES TE8TANTVR IVSTAQ7E PIE QVOD HI SIT lERVNT B VTTA CHRISTI BLANDA GENITRICE FAYl^nTE QASTAM PRAEGIPVO GOLVIT QVAH SEHPER HONORE MATREM QVISQVE SVAH VITAH MORIEHQVE NEPOTES EFFI^GANT TT GVM HIS IN OOELO PAGE FRVANTVR MI FAVSAT DEVS ORANTEUQVE EXAVBIAT AMEN
xxn
Une cloche, fondue en 1277, et qui appartenait à Tancien hôtel de ville de SaintJean-d'Angély, portait en caractères gothiques :
û!^ mtntm sancUta sfoUantam Çonorm Ux <f
Pour que noue ayons une âme sainie, portée au bien; pour que Dieu soit honoré^ et que notre contrée soit diUorée de tous fléaux. ii37*
n faut rapprocher, quoique d'une date postérieure, cette invocation de celle qui se lit encore sur la cloche de Yillarshles-Bois, à 4 kilomètres de Burie. L'église de Villars a p^rdu ses belles voûtes ogivales ; sa porte
romane montre le millésime de 1777, date d'une réparation à l'intérieur. On lit en outre : 1745.
La cloche a ces caractères gothiques :
uotjem ^f0 ti fnAxvu ivhttudionem mefedxxti s tiitttvmifit
L'église est sous le vocable de saint Victorien ; ce qui explique ce : s piioriam. Peut-être faudrait-il lire sanctb vicroRUNE, au vocatif; ce serait alors une prière au patron de l'église: Saint Viefoneo (donnez-nous) un eiprë. . .
La Genétouse, canton de Montguyon, porte le même texte avec quelques fautes :
Cette inscription, qui n'a pas de date, mais qu'on p^ut rapporter au xv« siècle, est assez curieuse. Elle a donné lieu à plusieurs interprétations, et à des divagations plus nonibreuses encore. Fabord, l'archéologue qui l'a le premier citée a travesti les dernières lettres. Dé G^mcmm il a fait liSmtr^t • o • tt • e • nti et dans ces sigles, ainsi ponctués arbitrairement, il est parvenu a découvrir cette phrase : m omnihuê no6m zst uunimm. Œdipe , certainement, était moins fort que l'auteur des Études kiêêoriquts êur farrondiêsemeru de Jonzac. Puis, enchanté de sa pénétration, l'antiquaire a voulu voir dans la phrase « le souvenir, inscrit sur l'airain sacré, d'une des plus belles pages de notre histoire nationale, l'expulsion des Anglais de notre patrie. » Il ajoute que « l'enthousiasme chevaleresque qui s'empara alors de nos pères est parfaitement rendu par ces grands mots : Deo et patries Ubem. » Un autre a voulu voir la patrie céleste dans le patrtœ de la cloche , parce que , selon lui , on était trop
chrétien alors pour mettre sur une cloche autre chose qu'un souhait pieux.
Ces hypothèses sont certainement fausses. D'abord la même formule se trouve en divers lieux et à des dates différentes, en très grand nombre , surtout dans le midi de la France. Nous venons de la constater à Samt^Jeand'Angély en 1277, à Villars en 1422, à la Genétouse vers le même temps. De plus, je Tai lue à Souvigny, dans le Bourbonnais, avec la date de 1360 et de 1454. Peuton croire que, de 1277 à 1454, les vœux de ces localités, si éloignées les unes des autres , aient eu pour objet l'expulsion des Anglais de la Saintonge ? Enfin , des hagiographes, très antérieurs au x* siècle, racontent qu'à la m^ort de sainte Agathe , à Gatane , le 5 février 254 , un ange descendit du ciel, et mit à la tète de la sainte une table où étaient, selon les uns, inscrits ces mots :
MENS SANCTA, HONOR IN IffiUM VOLUNTARIUS ET PATRIiB REDEMPTiO;
et , selon les autres, cette phrase :
MENTEM SANCTAM, SPONTANEAM, DEC HONOREH ET PATRLE UBE- RATIONEM.
Ge qui signifie, ajoutent-ils, que sainte Agathe eut une ftme sainte, qu'elle s'est offerte volontairement à Dieu et lui a ainsi rendu hommage ; enfin, qu'elle est le salut de Gatane, sa patrie. Aucun de ces écrivains , saint Méthode , archevêque de Gonstantinople , pas plus que Siméon Métaphraste, ne parle des Anglais, dç Charles Vn et de la Saintonge délivrée.
Reste une question. Gomment l'inscription tumulaire de sainte Agathe devint-elle une formule pour les cloches ? La vierge catanienne , on se le rappelle , délivrait ses compatriotes du péril de l'incendie et de la mort que leur apportait l'Etna. Les biographes racontent qu'un tableau qui contenait l'inscription citée avait la propriété d'éteindre les flammes et d'en préserver les habitations. On récitait, le jour de sa fête, une oraison où l'on disait : ' Da... meniem 9anetam sorHri, qmiianeutn tUn honorem iribuere
eju9 preeibusy quœ eUam patriœ Uberaiùmêm obtinuiL Peu à
peu l'usage se sera établi d'invoquer partout contre le terrible fléau, celle qui en gardait la Sicile. Lq pairia Uberaiianem n'est donc qu'une variante de la prière : À fuigure el tempestate Ubera nos^ Domùu.
Traduisons le texte de Villarsrles-Bois :
SaùU Victorien f cuxordez-nout une Ame «atnitf, qui soit volonUurement à Dieu ; faites que Dieu soU honoré , et protiges notre contrée.
Quant à Mantam qu'on trouve parfois, il ne faudait pas y voir, comme quelques-uns, le latin du mot français doehe. Car le mot cloche^ mânta, au xv* siècle signifiait, non pas l'airain sacré, mais une mante, un manteau^ XANTA, abrégé de hântile. « Cappa eameloti, sive la gloche^ quam défera , » lit-on dans le procès-verbal de l'installation solennelle de Guy de Ghâteauneuf , évèque de Périgueux, en 1513, et dans le formulaire de l'entrée des évoques de Saintes. On ne prétendra plus que le prélat était affublé, non pas d'un vêtement appelé cloche j mais bien d'une masse de bronze, pesant 5 ou 600 kilos, en guise de manteau (1).
A la même église de Villars, au-dessus de la plus haute fenêtre de la tourelle qui mène au clocher, est une pierre gravée. Si l'on pouvait y arriver , on parviendrait peutêtre à la lire; mais il n'y a pas d'échelle assez haute, et la fenêtre n'a pas été précisément ouverte pour lire ces caractères hiéroglyphiques. Les gens n'y peuvent atteindre, et les doigts n'en touchent que les derniers signes. Voici ce que j'en ad pu recueillir.
(1) Voir, pour plus de détails, le BulUtin rtligieux dit diocén ââ La RockelU et SaôUtSy 1'* année, pages 219 et 355 ; !• année, pages 135, 188 et 886.
Le son des cloches de Villars, de Saint-Jean et deL a Genétouse , nous a emporté loin de la voie chronologique. Voici Tépitaphe d'Arnaud Et, vingtième abbé de Saint-Liguaire , qui nous y ramène. Elle était dans la chapelle de saint Ferréol.
SVB PEDE DVM SACRAS lACET ARNAVDVS BONVS ABBAS ANNIS TER DENIS GVH PRDCO MILLE DVCENTIS TER BimS SENIS UORrrVR
Le GalUa Christiana, page 1 125, tome II, n'en donne pas davantage, et c'est dommage. Nous avons là un échantillon de vers léonins. Ils sont dif&ciles à traduire. Je les interprète ainsi :
Soua tes pieds, pendant que tu pries , repose Arnaud , t>éfi^ rabk aèbé. C'est Pan iU9 qu'il est mort...
Cet Arnaud est nommé dans une transaction de 1187. On le compte, dans lei BaUothéque de Ctuny, à l'année 1217 et en 1218. Il figure dans le testament de Savary de Mauléon, seigneur de Talmônt. On le voit encore à l'année 1244. Si c'est le même, il devait être fort ftgé.
Saint-Liguaire , ordre de saint Benoît, sur la Sèvre, à 3 kilomètres de Niort, fondé en 961, d'après les chroniques de Maillezais, faisait autrefois partie du diocèse de Saintes.
Uépitaphe suivante, gui se lit sur la muraille extérieure au levant de Féglise du Petit -Niort, prés de Mirambeau , est encore plus difficile à comprendre. M. P.-D. Rainguet dans son livre sur Jonzac, page 273, a lu ainsi :
HODiB n mus JULn obut, m mbnba (autkl, tombiau, bt fa» bxtbiisio*
CBAnLLS) SAHCTISSnn HAITIRI KECOHDITUB GAULU BPI8G0PI YICAIIDS f CBUtTS BORB PABCB El, O CHIUTB POTEHB ! HOBTKB BBDBMPTOB 1>0RA Bt
La gravure représente Tinscription d*après une copie qu'avec beaucoup de bienveillance M. Rainguet a mise à ma disposition.
aXFJBPNTéPAft Aie
Au moyen de ces lettres, je lirais volontiers :
Hk II IDu8 JUUI OBIIT IN HonaStebio SancTI MARTIri Robbitvs? GAULIA Episcopi VICaiics f CHRutB, BoNE PARcb AnIma &U8. CHRistE Pbb Sarguinbx Nostbi Rbdemptoris DONA El REQmEM.
L'église du Petit-Niort, succursale depuis 1863, après avoir été curiale , est sous le vocable de saint Hartm .
C'était un prieuré, fondé vers 1040 par Robert de Pons, dépendant de l'abbaye de Salnt-Savinien de Lyon; ce qui m'a porté à inteipréter m m. s s 1 1 maru par m manasterio saneH Martini; d'abord, parce que mm$a est simplement une pierre tombale et non une chapelle, ensuite parce que toute église est appelée monasterium , moûHer, et qu'enfin on nommait encore manasteria les chapelles construites autour de l'église où s'ensevelissaient les corps des morte, avant qu'il fAt permis de les inhumer dans l'église elle-même. Voir Ducange, au mot numasteria. Le êaneOitimi m'a paru risqué; j'ai mis $a$uH en prenant le premier i pour un t incomplet. L'vpiseopi Yicariuê me cause plus de doutes; j'aimerais mieux vceUiiœ Yicariuê, Le reste me parait très probable. Quant à l'Aodtf , je le rejette résolument. J'y verrai très bien Pridie idus qui est latin, tandis que le II idus ne Test pas. Id, la veiUe de$ ide$ de juUUi (14 juillet) nwurui, dam U prieuré de eaiiU MarHn, — ou bien ta' a iU inhumé, dam Végliee de eamt Martin, — Robert? Gaulia^ vicaire de cette église. Christ, dam ta bonté^ pardonne à son âme i O Christ^ notre Rédempteur, par ton sang donne-lui le repos étemel !
C'est sans doute aussi une inscription tumulaire qui est gravée en petites lettres de 1 à 2 centimètres sur le mur extérieur de l'église de Villexavier, canton de Jonzac.
rvOîMÔ-sTHlSîLX
VbO! V\'.
Est-ce latin? est-ce français? Aux premières lettres a
Tair de paraître un commencement de date : L'an hU deux eem dnq. Et puis ? Sont-ce des mof ts qui dormentlà? sont-ce des ouvriers, des donateurs, qui ont construit ou réparé cette partie du monument?
Au xn* siècle, ou au commencement du xm«, appartient le fer à hosties d'OrignoIIe, qui porte en lettres grecques le chrisme :
itsona xpistos
Saint-Maigrin possède un fer semblable que M. Rainguet attribue au même graveur, et c qui doit, dit-il, appartenir aux premières lueurs du xin* siècle. »
A l'extérieur de l'église d' Allas-Bocage, canton de Mirambeau, et dans le mur nord on voit une vaste arcade recouvrant un tombeau. Une inscription s'y trouve où Ton peut avec peine trouver un sens raisonnable.
Voici pourtant comment j'interpréterais cette épitaphe:
ECCLESliE HECTOR JACBT HIC RAM NULFUS ET ACTOR HUJUS iEDIFICH REQUIEM DONET DEUS ILLI
La suivante , écrite sur la même pierre , offre plus de difficultés.
Ce lEiiAN après tant de latin parait étrange. Les cinq lettres qui le précèdent sont inexplicables. Est-ce tertio ? Je lis ainsi 6ur une copie relevée par M. de Richemond.:
HIC JACET RAMNULFUS MBYNARDl CAPELLANUS HUJUS EOCLBSlie
QUI CUBf YIXIT ANNOS DECESSFT MB DOMINICA ANTE ASCEN-
SIONEM DOMINI ANNO DOBUNI HCCLSl
Le euri de cette paroisse repose id; c'est Ramnulfe qui construisit aussi cet édifice. Que Dieu lui donne le repos itemeL
Id repose Ramnulfe de Meynard , chapelain de cette église
qui, après avoir vécu années , mourut le dimanche avant
l'ascension du Seigneur, l'an du Seigneur iiêi
C'est encore une pierre d'église qui porte Tinscription suivante. M. P.-D. Rainguel Ta trouvée à Sousmoulins/ canton de Montendre, sur le contrefort, et il la cite en l'attribuant au xui« siècle, page 336 de ses Etudes historiques, ouvrage si plein de recherches qu'on le désirerait parfait.
ANNO MILLES II X P» : PORTALE STRVC FVIT : PER • DA • METVM R • ROLO REGE : LVDOVIC NONO : DE TVSTA DNO DE POVCHIER REGTORE :
Il en donne cette interprétation assez singulière :
AxHO aiLUsuo piraornEsnio fr^geitmo pbdio poitalli stbitctum Fun pbm
DATVK HSTÀLLUM ReVUSROO RoLO» IIGI LUDOTIGO NORO : PB TU8TA DOMIHO DB. . . FOUGBIBB EBGTOU.
L'on iSSi , C8 Y^rm fui achevé pur U$ deniers àt Rév, Kolm, lovl U rùi LntU IX. De Tustê, Sgrii,.., f^mchUr, nctewr {ou citré).
N'ayant pas vu le texte, je ne puis me prononcer. Mais le tkuum metallum Bevermdo Roh me parait anti-épigraphique et barbare. Au moins qu'on traduise : Vargenl donnéàRolon. La dernière ligne me semble devoir être rétablie ainsi : De Tusta^ êgr de Fouchier^ curé. Ce Fouchier serait peut-être la FoucheriOi commune de Fouilloux. Et si Yh de Rolo pouvait se prendre pour un i, je n'hésiterais pas à traduire r. roix)« le révérend Rolon de Rainguet, par Régnante Gregorio, sous le pontificat de Grégoire IX, ce qui concorderait parfaitement avec le règne de Louis JX.
Une tombe de marbre trouvée, le 19 avril 1865, à la Rochelle, Petite-Rue du Temple, dans des fouilles faites à 90 centimètres pour installer des tuyaux destinés à* distribuer de Teau, nous fait passer du xra« siècle au xrv* et peut-être plutôt au xv«. Autour de la pierre déposée au musée, on déchiffre en lettres gothiques cursives :
C^ gist ixttt U||0 gtuiin <0t«.« iwiat ^t txxt ttAwxxu t^Muttnttt
^f^iin tat Mt }ft vit tt ttta^vta U...
tout }ft.ti litn mil t^«««« fvcUt nt
Cy gU frère LouU Guelin est {noHfJ d'Auxerre^ religieux (profes) de {Saint-Jean de) Jérusalem, jadis bourgeois de la Rochelle et Marie Jeanne Grant, — (C)y (gist) damoiselle Marie Guelinej femme de sûre Etienne Chastenier, éehemn de la Rochelle, desquels sont issus plusieurs enfants. Lequel frère
Guelin est allé de vie à trépas le jour de l'an tnil
(quatre cent. . .) Pater noster. Ave Maria.
Aux coins de la tombe sont les quatre animaux, symboles des évangélistes. Au centre est le défunt gravé au trait avec une longue robe, la croix de Malte, aux pieds un lévrier, et cette prière :
En haut, à droite , un écusson portant tin chevron au ehefengresU et soutenu par un chat accroupi comme support. A gauche avec le même chat im écusson au chef engreslé, aux besans fleurdelisés. Cette tombe contenait trois cr&nes et un fragment de squelette.
C'est encore à la Rochelle, en 1859, rue SaintrYon, que fut trouvée la pierre tumulaire qui portait :
isttV itngtidt in dot ïmH
rtir<f de la poussière, frappé du trait cruel de la mort, il gît iddans cet étroit espace.
A Vouvant, en Bas-Poitou, dans la chapelle de la Vierge, un vers latin exprime à peu près la même pensée :
QVONDA PRASaARI SBD NVNC QNIS ATQ ; FAViLLA
Fiers jadis , maitUmant Us sont cendre ef poussière.
A Bar-le-Duc, à Moulins-sur-Allier, dans la cathédrale, au-dessous d'un cadavre horriblement rongé par les vers et effrayant d'aspect , se trouve ce distique :
OUM FORMOSO FVERAM QVI CORPORE PVTRI NVNC SVM TV SIBOU CORPORE LECTOR ERIS.
Regarde : j*éUns beau, moi qui pourris id; Et comme moi, lecteur j tu pourriras ainsi.
xxxn
A Jonzac, la chapelle d'une ancienne maladrerie, sur le chemin de Montendre, chapelle dotée, le 8 janvier 1497, par Renaud de Sainte-Maure, seigneur de Jonzac, montre au-dessus de la porte d'entrée les noms suivants qui révèlent des fondateurs de l'antique hospice en 1481 :
fixt htxtt»tùf vïiiot \tk»nnt htlionnt \tk9m \9t»m«in îni IttWU iteUe mitiet I itin ^t gtot^ mil %v c ^Vittc vings tt nng
Ces lettres ont à peu prés quatre centimètres de longueur ; la dernière ligne est sur le linteau de la porte ; celle du milieu est coupée par un écusson dont les armoiries ont disparu. La première suit une membrure en biseau formant accolade. Lisons donc avec M. Rainguet, page 190 :
Par Bertrand Villot^ Jehanne Bettanne^ Jehan Jasmain fut faite cette maiadrerie^ tan H84.
C'est de la construction d'une tour qu'il s'agit maintenant. A La Rochelle, sur une pierre on lisait :
MU» lit maitU }fe Ufiitn htttwn tt lut Unit ctiU tont t39$
Jean Bernon, fils de Nicolas Bemon, d'une famille de riches négociants, dont la généalogie, dressée par Joseph Grassous, notaire, a été imprimée à La Rochelle en 1782, acheva pendant sa mairie la tour de Moreilles. Cette date, pourtant, est contredite par Amos Barbot qui s'exprime ainsi : « En 1360, «ous la mairie de Jehan de Chaillou ou Cheillou, les maire, échevins, acquirent par échange des religieux, abhé et couvent de Notre- Dame de Moureilles, la place et maison qui leur appartenaient, près le temple de S. Sauveur, qui est le lieu où fut commencé à bastir, en 1399, la tour de Moureilles, où est de présent le thrésor et titres de cette ville, et fut toutes fois la dite tour achevée en 1400. » Arcère ajoute, II, 583 : « Cette tour 8'appelle aujourd'hui des Récollets. Elle a trente-sept pieds de diamètre, trois étages voûtés et seize toises de hauteur (1). »
La tour de la Lanterne , en la même ville , est plus récente: « En 1445, dit le même Barbot, sous la mairie de Pierre Brager, seigneur de Montroi et de Brisembourg , fiit commencé d'être bastie la tour du Garrot ou de la Lanterne, » nommée aussi tour du Phare ou des Prêtres; du garrot, machine qui servait à désarmer les
(i) fltflojre de la tilU de La hocMU et du pays i'Avînis.
navires de leurs canons avant leur entrée dans le port, du « gros cierge ou massif flambeau que Ton mettait la nuit, en mauvais temps, pour servir de phare et lumière aux vaisseaux, i» raconte Mervault, et enfin des prêtres qui y furent massacrés en 1793. « En 1468, le maire Jehan Merrichon fit reprendre ce bâtiment et y fit telle diligence que partie de la pointe ou aiguille d'icelle, selon qu'elle est de présent et entièrement la lanterne étant Sur l'escalier pour servir de phare et lumière aux vaisseaux par le feu qui s'y devoit mettre la nuit en mauvais temps, furent faites selon qu'il parait par l'inscription apposée à ses armes, étant au haut de la tour... En 1476, cette tour fut achevée, à laquelle il s'était peu travaillé depuis la mairie du sieur Merrichon. 9
Cette inscription nous a été communiquée par M. Jourdan, juge à La Rochelle, qui Ta relevée et intelligemment restituée :
in |)attt iutt«< ttait iout^
Les trois premières lignes manquent. La quatrième est incomplète. Mais, d'après ce que nous savons, nous pouvons rétablir ainsi :
L'an mU quatre ceiU soisoanie^huii , ou bien Van de tln^ camaUon MIIIIcLXVUl, par les soins et la diligence de noble homme Jehan Merrichon y skur d'FuBÉ, Lâqort^ du BRenit- BerUn, baHU d'Aulnib , fut paracbewée oeite tour.
M. de Richemond, qui transcrit ces lignes, page 126, met le millésime de 1476, date donnée par Barbot. Mais, en 1476, il indique lui-même pour maire Pierre Furgon. Il faut donc admettre la date de 1468. D'autre part, les armes de Jean Merrichon, seigneur de Lagort, Huré, du Breuil-Bertin et des Halles de Poitiers, grand bailli du fief d'Âunis, conseiller intime de Louis XI, député de La Rochelle en 1480 aux États généraux de Tours, étaient, selon Jaillot, d'argent â la panthère passant accolée de gueu--
/e«, aeeompagnie de trùis couronnes ^olmer de sinople. Et il
y a dans la tour un écusson montrant trois vaches superposées. Ce doivent être les armes de quelque autre restaurateur de la tour.
De la tour passons au moulin. Sur un moulin d'Ardil* lières, en Aunis, il y a d'abord un écusson: des fasces, une bande et trois molettes d'éperon. C'est celui des 6ou« mard qui portaient : Foêcé d^ argent et de gueules à la basède t
d^azur brœfèani sur le tout et chargée de trois molHtes dPipe^ ron d'or. Au-dessous, ces lignes gothiques :
ixot : thwtUa : qùumwttf : ttnjitt : 0<i^ gnent : }ft : ttwn» :
On peut compléter ainsi^es deux lignes :
L'an de grâce 4508 (fut bâti ce logis ) de noble homme Charles Goumard^ icuyer^ seigneur de céans.
La famille des Goumard, ou Gommard, remonte à Emery Goumard, chevalier, marié vers le xm« siècle ou même le xn% à Sibille de Tonnay-Charente, qui avait une rente de 30 livres à héritage sur la baillie du grand flef d'Aunis. Elle semble avoir formé deux branches ; celle des seigneurs d'Eschillais , près de Tonnay-Gharente, et celle des seigneurs de la Vallée, dePougnes et de Blanzay . De Hugues Goumard, chevalier, seigneur d'Eschillais, mort avant 1398, et de Françoise Herbert, sa femme, naquirent :
!• Jean, mari de Jeanne de Concis, dont ileut Fran* çois, seigneur de Martrou et d'Eschillais, et Julienne, femme, en 1492, de François Bouchard d'Aubeterre, fils de Louis Bouchard, seigneur de Saint-Martin-de-la-
Couldre, père d'un autre François marié en deuxièmes noces à Gabrielle de Lauransanne, dont Suzanne Bouchard, mariée à Gabriel de la Mothe-Fouqûé , le 22 septembre 1556;
2« Charles, chanoine et doyen de l'église cathédrale de Saintes, où il fit construire, en 1529 ou 1530, la chapelle qui s'élève sur leur tombeau, et qui prit de lui le nom de chapelle des Goumards, prieur de Soubise et de Trizay, archidiacre d'Aunis, vicaire général de Tévêque de Saintes, en 1520;
3* Anne, mariée en 1487 à Jacques de Concis, seigneur de Burie, dont le fils, Charles de Concis, seigneur et comte de Burie, chevalier de l'oràre du roi et son lieutenant général au gouvernement de Guienne, se rendit célèbre par sa valeur sous François I" et par sa fidélité à ses souverains. Un fils cadet de François, Jean, fut abbé de Ghastres et de Sordes , prieur de Mortagne , chanoine et archidiacre de Saintes; et son fils aîné donna naissance à François Goumard, seigneur d'Eschillais et de Puyravault, chevalier de Tordre du roi, gentilhomme ordinaire de la chambre des ducs d'Alençon, condamné à mort par le célèbre arrêt, 2 avril 1569, du parlement de Bordeaux, et marié, en secondes noces, à Jeanne du Lion. Leur unique héritière, Charlotte Goumard, dame d'Eschillais, épousa, en 1590, Louis de Belcier, baron de Cozes, conseiller du roi en ses conseils d'État et privé. Là finit la branche des Goumard d'Eschillais ; colle des seigneurs de la Vallée se termina à Guy Goumard, seigneur de Romegoux et de la Vallée, marié à Catherine de la Tour,, dont lafUle unique épousa, en 1598, Geoffroy de Sainte-Maure, seigneur de Mosnae, en lui apportant la terre de Fléac : union de laquelle naquit LouisrLéon de Sainte-Maure de Jonzac, lieutensmt général, gouverneur de Cognac.
On trouve encore un Jean Goumard , seigneur de Pougnes, père de Robert Goumard, seigneur de Pougnes et de la Sausaye, marié à Louise Poussard, dont une fille, Elisab^h Goumard , dame de Pougnes et de la Sausaye ,
épousa, en 1597, François de La Rochefoucauld, seigneur du Parc d'Archiac et de la Rigaudière.
Le caveau de Saint-Pierre, de Saintes, sous la chapelle de la Persévérance, est l'asile dernier de plusieurs personnes du nom de Goumard, comme Tattestent ces lignes tracées sur le mur :