DÉFECTUOSITÉS PHYSIQUES
marque si souvent chez les fous [moraux et chez les criminels nés. »
Lci vérité est que les anomalies sont d'autant plus nombreuses et importantes que la maladie s'est déclarée dans un âge moins avancé. On peut ajouter que les épileptiques chez lesquels la maladie semble s'être développée spontanément, c'esl-à-dire sans cause apparente, sont ceux qui présentent, en général, le plus grand nombre de stigmates de dégénérescence et d'anomalies anatomiques ou fonctionnelles.
L'importance de ces anomalies est donc en raison directe de l'intensité de la prédisposition. De là, l'inlérôt de leur étude au point de vue du diagnostic et du pronostic de l'épilepsie.
Déjà les auteurs anciens avaient noté que les déformations, les dr/ectuosités physiques étaienl fréquentes chez les comitiaux. Dumas de Montp^'llier signala l'infériorité de l'angle facial, Solbrig l'étroilesse et la déformation du canal vertébral. Lasègue a étudié avec soin Vasijmélrie crânienne qu'il considérait comme constante chez les vrais épileptiques. Suivant lui, la maladie était le résultat de cette malfornuition, constituée à l'époque de la consolidation osseuse. Il y a beaucoup d'exagération dans cette opinion.
ASYJIKTRIE CRANIENNE
L'asymétrie crânio-faciale est d'une grande fréquence chez les épileptiques ; mais, son absence n'exclut pas le diagnostic d'épilepsie, et d'ailleurs elle n'est pas caractéristique de la maladie, car on l'observe aussi fréquemment chez des individus sains. Quant à savoir si l'épilepsie est la conséquence de cette malformation, ou si toutes deux ne sont pas la conséquence d'un même trouble d'évolution, la question n'est pas tranchée ; et nous nous contenterons de relever la coexistence fréquente du mal comitial avec cette asymétrie. Guéniot et Parrot ont d'ailleurs montré qu'elle pouvait être artificielle, et due à la propulsion latérale du crâne dans le décubitus latéral chez les tout jeunes enfants.
L'asymétrie porte, en général, en même temps sur le crâne et sur la face. La bosse frontale est moins marquée d'un côté, la bosse pariétale est plus petite, l'orbite moins large et moins haut, l'os malaire moins saillant. Le nez est dévié, la musculature de la face est moins développée de ce même côté, et en l'absence de toute paralysie, les plis du visage sont moins marqués. Dans les cas très accentués, le corps du maxillaire inférieur est moins long, les dents sont souvent mal plantées du côté atrophié. On peut observer la forme ogivale de la voùle palatine.