CAUSES DÉBILITANTES
conception, soit pendant la gestation. De nombreux auteurs ont cité l'influence de l'ivresse au moment de la conception (Esquirol, Morel, Lucas, etc.).
La mauvaise hygiène, l'alimentation défectueuse, les maladies infectieuses du père et de la mère à ce moment sont encore des causes prédisposantes.
Toutes ces causes débilitantes peuvent agir de même chez la mère pendant la grossesse. On a incriminé en particulier, en dehors de toute tare névropathique antérieur, les émotions de la mère dans cet état. 11 est permis de se demander si l'état névj'opathique de la mère n'est pas à mettre en ligne de compte dans les cas rapportés à l'appui de cette opinion : il s'agit presque toujours de terreurs provoquées par des causes légères, et hors de proportion avec l'intensité de l'émotion. Quoi qu'il en soit, on ne peut nier que le fœtus ne réagisse fortement sous l'influence des émotions de la mère, pendant la grossesse. J'ai pu constater, chez des hystériques enceintes, que le fœtus prend fait aux mouvements émotionnels de la mère, et il doit nécessairement participer aux mouvements conviilsifs de celle-ci. Or, les recherches de M. Dareslc ont montré par quelles influences lé-
CAUSES rUEnPÉRALES
gères le développement des organes peut être entravé, surtout pendant les premiers temps de la vie embryonnaire. On peut rapprocher de ce fait l'existence si fréquente de troubles mentaux, chez les sujets dont la naissance a été irrégulière.
Au moment de l'accouchement et dans les premières semaines de la vie, on a incriminé certaines causes plus ou moins problématiques, qui seraient capables de produire i'épilepsie chez l'enfant : par exemple, l'application du forceps, un long st^our de la tète dans la cavité pelvienne, l'asphyxie causée par la constriction du cordon. On a aussi accusé certaines fautes d'hygiène, telles que l'habitude de coucher l'enfant sur le môme côté, pouvant déterminer une déformation oblique ovalaire du crâne, l'usage du serre-tète, dans les pays où il est encore employé.
Pendant l'alhiitement, la mauvaise hygiène de la nourrice, les émotions morales, l'alcoolisme surtout seraient capables de créer une prédisposition à I'épilepsie. Nous ne ferons que signaler ces causes sans nous y arrêter, car leur influence est bien souvent difficile à démontrer d'une façon certaine.
HÉRÉDITÉ d'ÉPILEPSIE ACQUISE 91
L'épilepsie acquise des parents peut-c4Ie se transmettre aux descendants ? Certains faits expérimentaux semblent le prouver. Ainsi M. Brown-Séquard a montré que des cobayes, rendus arliOciellement épileptiques, pouvaient donner naissance à des petits qui présentent des convulsions. J'ai observé moi-même un homme devenu épileptique à la suite d'un traumatisme et qui paraissait indemne au point de vue des antécédents. Il guérit d'ailleurs ; mais tandis qu'il était sujet à des attaques convulsives, il eut une Glle qui devint épileptique à l'âge de cinq ans. Il faudrait de nouveaux faits cliniques observés de près, pour montrer qu'une prédisposition n'est pas nécessaire, dans des cas semblables.