ÉLÉGIE
À LA MÉMOIRE DE CHARLES O'REILLYM Dédiée à sa Mére
Charles, Ô Charles bien-aimé!
Vois, le joyeux printemps est éclos sur la terre. Le gazon est tout parfumé,
Tout fleurit même au cimetière:
Au cimetière, où la douleur
Déposa ton cercueil et sa blanche couronne,
Quand tu tombas, à frêle fleur,
Avec les feuilles de l'automne.
Mais depuis qu'un rayon des cieux Dessend sur ton tombeau—doux gage d'espérancel
Brillent-ils encore tes yeux
De leur éclair d'intelligence ?
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sur la terre.
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Lorsque sur ta fosse une fleur
Entr'ouvre sa corolle où le zéphyr se joue, Dis, les roses de la pudeur
Fleurissent-elles sur ta joue ?
Quand un oiseau mélodieux Se pose sur ta croix pour exhaler sa flamme, Le souvenir des jours heureux
S'éveille-t-il en ta belle âme?
Quand pour pleurer notre malheur Les larmes de la nuit mouilleut ta froide pierre, Des pleurs de joie ou de douleur
S'échappent-ils de ta paupière ?
Quand la brise errante du soir T'apporte les parfums des suaves parterres,
De ton cœur, brûlant encensoir,
S'exhale-t-il quelques prières ?
Et lorsque de joie et d'amour
La nature tressaille—harmonieuse lyre— Ta bouche au gracieux contour S'entr'ouvre-t-elle pour sourire ?
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Sur ta froide tombe est-ce en vain Que le soleil répand ses torrents de lumière, L'aube, les perles du matin,
L'ami, l’encens de sa prière ?
Sous les rayons dorés de Mai, Ne fleuriras-tu pas, aux lieux où tu repose, O cœur si pur-—lis parfumé!
Avec les lilas et les roses ?
Dans les étreintes de la mort, Ta grâce, ta beauté se serait donc flétrie, Ainsi que sous les coups du sort
Se fane la fleur de la vie?
Le sombre séjour des tombeaux Ressemble-t-il autant à l’insondable abime De ce lac maudit, dont les flots
S'ouvrirent pour punir le crime ?
L'azur du ciel s'égaie et rit, La rive tout autour de pourpre se nuance;
Mais en ce gouffre tout périt:
Il n’est que mort, deuil et silence!....
Han
in Quels que soient maintenant tes traits ière, Dans le lit du trépas, toi, ma joie et ma gloire! [ls sont encor tout aussi frais
Qu'à ton aurore, en ma mémoire.
Ah! je n'ai pas voulu te voir Tel que la mort t'a fait: froid et pâle cadavre, Plus morne que l'ombre du soir,
Dont le terne regard vous navre.
Non! je te conserve en mon cœur Tel que je t'ai connu: ton œil plein de lumière, Ton front tout riant de candeur,
Tes lèvres ne sachant que plaire!
Quel vide depuis ton départ Dans les rangs de ceux dont tu fus l'ami, le frère! Et quel impitoyable dard
Dans le cœur aimant de ta mère!
O Charles! depuis bien longtemps nce;
Nons n'avons plus senti ton aimable présence!
Ne viendras-tu pas au printemps — : :
DAALERRS Revoir tous tes amis d'enfance ?
Saluer encore une fois La lumière du jour si riante, si belle, Et répondre à la tendre voix
De celle qui toujours t'appelle ?
Ne reviendras-tu pas encor Reprendre tes ébats sur l'herbe reverdie, barcer sur les flots d'or
Au doux bruit de leur mélodie ?
Que le viel duit dune être beau!
Puisqu'il peut retenir captive dans sa sphère, Comme en sa cage un faible oiseaux, Ton âme qui nous est si chère!
verser Oh! viens, pur esprit, apaiser D'un regard nos soupirs, notre douleur amère!
Ange d'amour, viens d'un baiser
Essuyer les pleurs de ta mère! Blucnt
ta glo