‹ Episodes. Sites et sonnetsChapitre 19 sur 34 · SPONSALIA · texte numérisé non relu

SPONSALIA

Sur la fête d'un soir d'aromates et d'Anges, Porteurs de glaives d'or et de robes étranges Qui flottent sur le ciel étoilant leurs lents plis Mouillés par la rosée abondante des lis Par qui s'enbaume le silence des vallées, Souffle Taile d'un vol de plumes étalées...

Ce songe d'àme triste et lasse de la cliair

Des corps charmants et des lèvres, par qui l'éclair

Ingénu du baiser propage ses délices,

Et de l'adieu fatal des blondes Bérénices

Dont les charmes sont les sourires enfantins Et leurs parures de joyaux et leurs yeux teints Du fard de quelque mode invincible et barbare Mais dont toujours la Loi cruelle nous sépare ! Ce songe d'une Fête vague dans un soir Empli d'ailes mouvant des parfums d'encensoir Et d'Anges blancs, porteurs de palmes et d'épées, Droits en Tétoilement de leurs robes drapées, En ce cri d'Hosannah s'achève pour jamais...

L'écho vibre de tes paroles et tu mets

Entre mes mains tes mains à qui nul ne résiste

Pour qu'à tes doigts l'anneau d'argent où l'améthyste

Enchâsse son éclat vespéral et fané

Atteste l'éternel amour qui s'est donné

A toi, l'Elue, en ce rite d'Epithalame,

A toi qui veux de mon amour et sais mon âme

Et crois à ce serment qui pleure à tes genoux,

Epris de l'or mystérieux des bandeaux roux

De ton front parfumé d'un miel de chevelure

Où l'arôme des fleurs se mêle à la brûlure

Des blonds soleils sombres au delà de la Mer,

Et de ta bouche lasse encor d'un sort amer

Dont l'emblème à tes pieds séjourne avec ton ombre :

0 soir à quel Destin ta fête nous dénombre !

Les myrtes nuptiaux ont jonché les parvis

Et l'ostensoir s'allume en diamants ravis

Aux trésors déterrés des Grottes prismatiques,

Et sur le haut vitrail planent les vols mystiques,

Courbant les lis frôlés du nu de leurs talons,

Des Anges vêtus d'or, porteurs de glaives longs

Au pommeau rehaussé par des perles bossues

Et de robes qu'un ciel d'Etoiles, aperçues

En leurs scintillements de clartés et d'exils

Et leurs gouttes de feux palpitants et subtils,

Par les trous dont le Temps a criblé les verrières,

Constelle de points d'or et pique de lumières.

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