‹ Épistres en vers. Éd. critique avec un commentaire tiré de documents pour plupart inédits (volume 2)Chapitre 100 sur 185 · Je n'ai pu identifier ce personnage · texte numérisé non relu

Je n'ai pu identifier ce personnage

2. On verra dans l'épitre suivante (v. 30-32) qu'il s'agit de certains bâtiments de son abbaye de Châtillon que Bois-Robert fait rebâtir ; d'une façon plus précise, ce sont le « manoir abatial et lieux réguliers d'icelle Abbaye » qui sont en reconstruction (Livre des délibérations capitulaires de l'abbaye Nostre Dame de Chastillon sur Seyne : f° 79). Lorsque, l'année précédente, le 5 mai 1643, Bois-Robert vendit « tous les bois tant de haute futaye que taillis dépendant de lad' Abbaye », il se réserva « dixsept arpens assis en la forest de Vilote, destinés pour la construction du manoir abatial et lieux réguliers d'icelle Abbaye. »

Il faut qu'il disne à mes despens.

J'aurois bien de la complaisance

Si je souffrois telle insolence.

Ce trait rude & précipité

Reclame ton authorité.

J'aurois peu le prendre à partie :

Je garde pour ma garantie

Quelque lettre où, jettant son feu,

Il a fait voir qu'il m'aimoit peu ;

Mais, comme sa main subalterne

Cède à la tienne qui gouverne,

Et que je sçay que ton pouvoir

Remet le monde en son devoir,

J'ay creu que, malgré son caprice, 60 Tu me ferois bonne justice.

Outre qu'à sa confusion [1 1 3]

J'ay donné bonne caution,

Mes ouvriers, pour le confondre,

Ont comme moy dequoy respondre ;

Les ouvrages sont fort bien fais,

Nos Moines sont fort satisfais,

Toute la ville l'est de mesme ;

Colart seroit content luy-mesme

Et n'y verrait aucun défaut

S'il avoit eu ce qu'il luy faut ;

C'est le mal, voila l'enclouure ;

Mais, si tu m'aides, je te jur%

Que ce visage de Pedent

N'en tastera que d'une dent ; 7) Il le faut punir par la bourse,

Et, s'il n'a point d'autre ressource Que ce petit droict pour disner, Il le faut faire encor jeusner.

Binaut, surpris de ma venue 80 Qui n'avoir point esté preveue,

M'est venu voir après le mal

Comme Lieutenant General,

Et m'a régalé comme Maire

De brocs qui ne m'ont point Eût taire «. 8> D'abord il m'a touché ce poinct

Et juré qu'il n'y trempoit point ;

Mais, par de civiles paroles, [XI4]

J'ay rendu les siennes frivoles ;

Je sçavois qu'il avoit menti, 9° Car enfin il a consenti ;

Toutefois, te nommant son Maistre,

J'ay dit qu'il en pourra connestre

Si, lors que tu seras ici,

Il te plaist l'ordonner ainsi ; 9* Car à ta prudence exemplaire

J'ay remis toute cette affaire,

A tel si 2, pourtant, que Colart

N'y prétendra jamais de part.

Voila que c'est que d'avoir place I0<> Et crédit en ta bonne grâce :

On parle en toute liberté

Où s'estend ton autborité,

On fait la nicque à la malice,

1. Pendant les années qui nous intéressent, le seul maire de Chàtillon qui soit en même temps lieutenant général est Claude Rémond (1600 ?- 1684), qui, depuis 1630, est conseiller du roi et lieutenant général criminel au bailliage et chancellerie de la Montagne. Au vers 79, il faut par conséquent lire Remond au lieu de Binant.

C'est en 1644 que Claude Rémond est maire de Chàtillon ; c'est donc en cette année que Bois-Robert écrit la présente épître.

2. « Si est quelquefois subst. Je vous ay vendu ce cheval à tel si, à telle condition que je le reprendray si vous y trouvez quelque si, quelque défaut. » (Furetière 1690).

A MONSIEUR . 159

On ne craint aucune injustice ; [°5 Quiconque est appuyé de toy

Est en Bretagne ' un petit Roy.

Fay donc recevoir nos ouvrages

Ou par les fouis ou par les sages ;

Trenches-en comme il te plaira ; [1° Croy que l'Abbé l'approuvera,

Pourveu que Colart se dispense

D'en prendre aucune connoissance.

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