Voy. p. 68, n
A MONSIEUR DE CAMPAGNO. 1 69
Pourroit passer en Angoulesme,
Et ton oncle *, en gloire éclatant,
Sans doute en seroit mescontent.
Mais Dieux ! où m'emporte mon zèle ?
8o II me fait tourner la cervelle ;
J'ay beu sans doute plus que toy,
Campagno, je m'en aperçoy,
Et je r'appelle ma mémoire [I23]
Accablée à force de boire.
Quoy ! je ne me souvenois pas
De ce grand & friand repas
Que tu nous fis l'autre semaine
Au mesme lieu qui fait ma peine ?
Rien n'y manquoit, en vérité.
C'est aujourd'huy la qualité
Des conviez qui me fait craindre ;
Mais je sçay que, sans te contraindre,
Et libéral & généreux,
Tu feras merveille pour eux ; 9- Ton cœur est plus grand que ta bourse.
Mais ton éternelle ressource
Me descouvre un fonds inconnu
Qui vaut mieux que ton revenu ;
Enfin, de quelque part qu'il vienne, IOo Je sçay que Tellier 2 ny Brienne 3