‹ Épistres en vers. Éd. critique avec un commentaire tiré de documents pour plupart inédits (volume 2)Chapitre 119 sur 185 · Cf. Ep. m, v. S S · texte numérisé non relu

Cf. Ep. m, v. S S

<s5 Et ce mauvais effet, que j'ose

Tirer d'une si bonne cause,

Devant ce divin jugement

N'a pu passer légèrement.

Cependant tu veux que je croye, 9° Et pour ma gloire & pour ma joye,

Qu'en son cœur je suis restabli

Et qu'il a mis tout en oubli :

Tu dis qu'une légère faute

Ne peut blesser une ame haute ; 95 Que, s'il ne m'a point accordé

Ce que depuis j'ay demandé '

Quoy qu'il le peust en conscience,

Je devois prendre patience,

Et qu'il revenoit aisément ioo Pour ceux qu'il aimoit tendrement.

Cher amy, si j'ose te croire,

Si je puis rentrer dans ma gloire,

Redy luy ce que je t'ay dit :

Que je renonce à son crédit, 105 Que je renonce à la fortune,

Que je n'ay plus Pâme importune,

Que je ne suis plus dans le temps

Des dons & des acquits patens2,

Que je n'ay procez ny querelle, no Que je suis exempt de tutelle, [J44J

1. Sans doute un brevet de conseiller d'Etat : cf. Epislres de 1659 : Livre II, Ep. vi ; Livre III, Ep. ni.

2. « Acquitpatent est un ordre ou mandement du Roy pour faire payer comptant par ses Trésoriers une certaine somme. L'Ordonnance de 1557 deffend aux Trésoriers & Receveurs de payer aucunes sommes en vertu à'acquitspatents ; toutefois ils ont encore lieu quand ils sont en bonne forme... » (Furetière 1690).

Que je n'ay pour mes interests Besoin de cire ny d'arrests, Et que, s'il me fait bon visage, Je n'en veux point d'autre advantage.

A MONSIEUR

Page 1