Le comtat venaissin, où se trouve la baronnie de Beaumes
« Au successeur de l'Apostre sainct Pierre « Sur tant de bruits qu'on fait icy courir,
60 « Je suis d accord qu'il y pourroit mourir ;
« Et sçay de plus qu'il ne fait pas la nicque, « En libertin, au foudre Evangelique ; « Mais, au contraire, il attend dans ce lieu, « En grand repos, les promesses d'un Dieu ;
65 « Et ne voi pas que l'on doive rien craindre
« Ny que pas un ait suject de se plaindre. » Je lui respons que, t'ayant veu parti Pour la Campagne, où Dieu t'a garanti, Nous avons tous espéré qu'en Automne
70 Nous reverrions ton Illustre personne ;
Et, maintenant qu'on en pense jouir Et qu'avec toy l'on croid se resjouir, Une bizarre et fâcheuse advanture T'enlève au loin ; c'est de quoy l'on murmure.
7) Pour toy, cher Baume, estant aimé par tout,
De ton chagrin tu viendras bien à bout : En possédant des qualitez si belles, Tu feras là des amitiés nouvelles, Qui te pourront consoler aisément
80 D'avoir quitté ce Climat si charmant.
Comme Paris, je sçay que la Provence A ses plaisirs, & mesme en abondance ; [149] J'aprens des-ja que le vray Scuderi «
1. Georges de Scudéry (1601-1667) est à Marseille depuis 1} mois (décembre 1644), en qualité de gouverneur du fort de Notre- Dame-de-la-Garde ; il y est avec sa sœur Madeleine ; tous deux y resteront encore un an et demi, jusqu'au 21 août 1647 (Perrier, Scudéry et sa sœur à Marseille... : p. 31 et 83). Depuis deux ans, il a cessé définitivement d'écrire des pièces de théâtre, après en avoir composé seize. Il a 45 ans. Il s'occupe de l'impression de son recueil de poésies