C'est pourquoy, mon Delgade, en Testât ou je suis
Si quelque sentiment te touche en mes ennuis, Si ta sainte amitié se trouve assez puissante Pour venir consoler une ame languissante, Haste-toy, je te prie, & vien pour mon secours
40 Avant qu'en moy la fièvre ait achevé son cours ; Vien adoucir l'aigreur qui trouble mon courage ; Si tu ne me vois plus le mesme de visage Que n'agueres j'estoy (pour autant qu'en effet La douleur m'a rendu tout maigre & tout défait,
c'est-à-dire huile ou onguent. Ce sens est alors sur le point de disparaître de la langue ; en 1690 il ne figurera plus sur le dictionnaire de Furetière, qui ne donnera pour ce mot que le sens de « Action par laquelle on oint ».
1. Dans les épitres de Bois-Robert, on trouve de fréquentes allusions à sa mauvaise santé, ainsi qu'aux nombreuses cures qu'il fit à Forges-les-Eaux. Voy. : dans les Epistres de 1646 : Ep. ix, v. 114-117; Ep. x, v. 39-46, 85 ; Ep. xxxr, v. 1-4 ; dans les Epistres de 1659 : Livre Ier, Ep. vin, v. 19; Ep. ix ; Livre II, Ep. v.
AU SIEUR DELGADE.
45 Deshonorant mon teint d'un changement extresme), Pense que dans mon cœur je suis tousjours le mesme. Le mesme qui t'offrit son cœur fidellement Pour te le conserver jusques au monument.
A Monsieur JMaynard
i. Cette épitre, qui figure parmi les pièces liminaires précédant Lts Œuvres de Maynard, achevées d'imprimer le 15 juin 1646, paraîtra de nouveau, trente-six jours plus tard, dans Les Epistres du sieur de Bois-Robert-Metel : c'est a la place qu'elle occupe dans ce dernier recueil que je la reproduis plus loin (Tome I", p. 227 : A Monsieur Meiiard).
Sur François Mainapd en 1646, voy. p. 26, note 2.