‹ Épistres en vers. Éd. critique avec un commentaire tiré de documents pour plupart inédits (volume 2)Chapitre 135 sur 185 · A MONSIEUR ANGOT · texte numérisé non relu

A MONSIEUR ANGOT

Quand tu devrois l'en faire rire,

Que j'ay donné bien des combas

Et que j'ay perdu bien des pas

Avant qu'oser en asseurance

Luy parler de cette ordonnance ;

Car ce visage, que je crains,

Renversoit toujours mes desseins ;

Chez luy ma voix restoit muette

Et n'osoit passer la luette.

A la fin, j'ay fait un effort,

Voyant que je me faisois tort ;

Mais j'offençois bien davantage

Ce franc & généreux courage,

Qui, n'estant pas tel qu'on le peint,

Doit bien plus estre aymé que craint, [162]

Par-ce qu'il est toujours propice

A qui demande avec justice.

ANGOT, qu'il m'a veu de bon œil !

Je te jure que son accœuil

Vaut mieux que toute la finance

Que j'attens de cette Ordonnance.

Conte l'histoire au Président ;

Rends luy mon bon-heur évident,

Affin que rien ne l'embarasse

S'il veut demain nous faire grâce

Et donner à la pension

Une bonne assignation ».

Voy. p. 96, n.

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