‹ Épistres en vers. Éd. critique avec un commentaire tiré de documents pour plupart inédits (volume 2)Chapitre 141 sur 185 · A MME LA MARQUISE DE S. GERMAIN · texte numérisé non relu

A MME LA MARQUISE DE S. GERMAIN

Considérez ce que vous faittes ;

Les lieux que vous embellissez

Valent-ils ceux que vous laissez ?

Pouvez vous, sans ingratitude,

Vous cacher dans la solitude,

Quand ce climat qui vous est doux

Languit & souspire après vous ?

Que l'amour, qui vous accompagne,

Va faire une rude campagne !

Car c'est la pure vérité,

Qu'il souffrira de son costé ;

Ce n'est pas qu'il n'aime vos charmes,

Qui par tout luy fournissent d'armes ;

Mais Paris est un lieu charmant

Qui sans doute est son Elemant ;

Ce Dieu vous estant inutile

Loin de la Cour et de la ville,

Il vous seroit bien obligé

S'il avoit deux mois de congé :

Il feroit cesser mille plaintes,

Rallumant des mesches esteintes

En des yeux qu'il rend nos vainqueurs

Et qui n'en veulent qu'à nos cœurs.

Mais, ô Marquise sans pareille,

Vous nous faittes la sourde oreille, [170]

Car en fin vous ne voulez pa>

Que ce dieu quitte vos appas ;

Vous sçavez bien, en conscience,

Qu'il n'aura nulle impatience

Tant qu'il aura la liberté

D'accompagner vostre Beauté.

MONSIEUR

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