Voy. p. 26, n
9. Jean Silhon (15.. }-i66j), académicien, s'est fait connaître, en 163 1, par le premier volume de son Ministre d' Estât, qui eut un
Avec ces grands Judicieux, J'en croy mon oreille & mes yeux.
Ouy, je te dy, sans complaisance, Que, tesmoin de ta suffisance,
15 Je me sens forcé d'avouer
Qu'on ne te peut assez louer.
Ton stile est né dans la Province ; Mais Apollon y fut ton Prince, Et tu n'as pas mal fait ta Cour A ce divin Maistre du jour, Qui, dessus tes belles matières, A respandu tant de lumières.
J'ay crû que ce n'estoit qu'icy Que l'on pouvoit escrire ainsi ;
25 Que la Cour seule estoit capable
Et de ta grâce inimitable Et des charmes qui m'ont surpris Dans tes admirables escris.
Mais en fin tu me desabuses,
îo Et me fais bien voir que les Muses
Ont droit, comme filles des Dieux, De se faire aimer en tous lieux.
Dedans les tiennes, je descouvre Toute la pureté du Louvre,
V) Et j'y voy, d'un autre costé,
Tant de force & de majesté, Que je crains que la Cour n'envie
succès immense. Il en a publié le second volume en 1642. Depui> cette dernière date, il est secrétaire de Mazarin ; mais le travail énorme qu'il fournit l'a surmené, et, dans quelques semaines (septembre 1646), il va tomber dangereusement malade (Kerviler, Jean de Silhon...). Plus tard, Chapelain dira que ses ouvrages « le font voir un de nos meilleurs écrivains en matières politiques. » ([Camusat], yfrlangfs de litt... : p. 243).