‹ Épistres en vers. Éd. critique avec un commentaire tiré de documents pour plupart inédits (volume 2)Chapitre 180 sur 185 · Je n'ai pu identifier ce personnage · texte numérisé non relu

Je n'ai pu identifier ce personnage

290 l'adieu de forges

Et le croyez corne un Oracle 640 S'il fait devant vous un miracle ; [25]

Mais je croy qu'il n'en fera pas ;

N'en faites donc point tant de cas.

Adieu, parfaite Présidente ;

Modérer^ cette soif ardente 645 Qui brusle toutes vos humeurs

Et le vôtre & les autres cœurs

Sans autre plus promte allégeance

Que celle que fait l 'espérance.

Espère^ pourtant de guérir ; 6îo Et nous, espérons de mourir

Si vous voulez estre cruelle

Tout autant que vous sere\ belle

Et qu'aurez le teint d'un œillet.

Adieu, la Dame DU TILLET '.

655 Vous que l'on tient tant estimée

De Madame la Renommée,

La belle Dame DE NOUVEAU2,

Dites quel accident nouveau

1. Elisabeth le Bailleul (?-?), mariile depuis un ou deux ans (i) septembre 1643) à Charles Girard (?-i666), seigneur du Thillay (a), président à la chambre des comptes. (Gab. des titres : Pièces orig. 1329 : 30086, f°5 140 et 150). « Elle commença de bonne heure à faire bien de la despense, car, de trois mille louis d'or qu'il luy envoya [avant le mariage], il n'en trouva pas un sou le lendemain de ses nopees. » (Tallemant : V, 401).

C'est l'aînée des filles du président le Bailleul (voy. p. 106, n. 3), et la sœur aînée, par conséquent, de la marquise de Saint-Germaiu- Beaupré à qui Bois-Robert adressera une épitre au début de l'été de 1646 (voy. p. 215).

2. Catherine Girard (?-?), femme de Jérôme de Nouveau (161 3?- 1665), seigneur de Frémont, conseiller au grand conseil, puis grand maître des courriers et surintendant général des postes et relais de France (Cab. des titres : Dossiers bleus 498 : 12899, ^"^)« (< Mme ^e Nouveau est la plus grande folle de France en braverie. Pour un dueil de

(a) Et non pas Tillet, ni Tillay,

Vous fit si visU disparaistre

660 Quand vous ne faisiez que de naistre.

Oui, jaloux de nôtre bonheur,

Nous apporta eelte douleur ?

Esl-ee un effet de la fortune.

Oui, contraire & tres-importune 66 ; Aux plus agréables plaisirs,

Nous a pu causer ces soupirs ?

Belle Dame, alors que j'y pense, \ 26]

C'est quelque mauvaise influence

Oui fit ce malheur uompareil ;

C'est cette Eclipse de Soleil

Dont on meuaçoit nôtre terre \ ;

Voila le sujet de la guerre

Oui vous esloigne de ce lieu :

C'est vous qui nous dites adieu, 67^ Mais un adieu si plein de larmes

Que, lors que je pense aux alarmes

Dont vous étonnâtes les cœurs

Au teins de ces vives douleurs,

Je vois toute joye bannie

Des esprits de la Compagnie ;

Et tout plaisir le fut aussi

Des gens qui restèrent icy.

Et vous, qui vous forcer de boire.

Oui revenci en ma mémoire

six sepmaines, on luy a veû six habits... Une vanité la plus impertinente qu'on ayt jamais veue : Mademoiselle, Mlle fle Chevreuse et moy, disoit-elle, nous donnerons les violons tour à tour. » (Tallemant : VI, 29-50).

Une de ses belles-sœurs, Catherine de Nouveau (1616 ? 1689), est mariée à Charles de Boukdeilles, comte de Matha.

1. Suivant ce qu'entend Dupin par « menacer », il s'agit soit de l'éclipsé du Ier septembre 1644, visible seulement en orient, soit de celle du 21 août 1645, partiellement visible en France.

685 (Mais que dis- je « qui revenez » ?

Un siège si ferme y tenez Que, sans avoir l'ame blessée, Nul objet ne tient tua pensée Tant tome fait vôtre amitié), 690 Vous buve^ trop de la moitié ;

Cessez de vous estre cruelle, Des beautez le parfait modelle ; Vous pouvez exercer vos coups Sur d'autres corps que dessus vous : [27]

695 Tant d'amans, qui sont misérables

Par vos efforts impitoyables, Vous conjurent par tous les Dieux De ne plus habiter ces lieux, D'aller dedans une autre terre 700 Par vos armes faire la guerre :

Vous trouverez tant de sujets Contre qui décocher vos traits ; Espargncz donc vôtre personne, Et soyez à vous -mes me bonne, 705 Et ne buvez plus de ces eaux

Qui ne font qu'augmenter vos maux, Car si vôtre toux continue, M A RI ON, vous estes perdue, Et Vexcez de vos doux appas 710 Me vous peut sauver du trépas.

Adieu donc, aymable inhumaine ; Vivez encor une centaine, Une centaine de six mois ; Adieu donc encor une fois.

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