Et je n'en estois pas aymé moins tendrement
Ep. xxxvi, v. 50-60: et, dans les Epistres de 1659 : Advis ; Livre Ier, Ep. 1 ; Ep. vu, v. 43 et suiv. ; Ep. xir, v. 65 et suiv. ; Livre III, Ep. x, v. 15 et suiv. ; Livre IV, Ep. xi, v. 25-34.
1. On ne connaît aucune raison précise à ce changement d'attitude de Mazarin à l'égard de Bois-Robert, changement qui, s'étant produit entre le moment de la rentrée en grâces de celui-ci auprès de Richelieu en novembre 1642 (Tallemant, II, 404 : témoignage de l'amitié de Mazarin) et celui où fut écrite la présente épître (fin de 1644 : voy. p. 49, n. 2), semble coïncider avec la mort de Richelieu et l'accession de Mazarin au pouvoir. Peut-être faut-il y voir l'influence de la reine régente, à qui est antipathique tout ce qui lui rappelle Richelieu. Peut-être aussi cette froideur de Mazarin a-t-elle pour cause, ainsi que le suppose Bois-Robert dans le titre de son épître, la retraite volontaire en province que celui-ci s'imposa, en signe de deuil, après la mort de Richelieu.
2. Le Ier octobre 1644, Guy Patin écrit à l'un de ses correspondants : « Nous avons enfin un pape qui est Jo.-Baptista Pamphilius.... Il a pris le nom d'Innocent X.... Il a deux cardinaux qui le gouvernent, scavoir : Spada et Pancirol, qui sont les deux ennemis jurez du cardinal Mazarin, qui a un tel regret de cette promotion qu'il en a pensé estre malade bien fort, en ayant eu un accès de fièvre qui a duré cinquante cinq heures, et pour lequel il a esté saigné deux fois : il est à Fontainebleau avec le Roy, la Reine et toute la cour,... » ; le 21 octobre il écrit : « M. le Cardinal Mazarin est malade à Fontainebleau d'une double tierce... » ; et enfin le 29 octobre : « Le cardinal Mazarin est guéry de sa double tierce,.... ». — D'autre part la correspondance de Mazarin est totalement interrompue depuis le 24 septembre, jour de l'arrivée à Fontainebleau du courrier extraordinaire de Rome (Galettes : 1644, p. 851), jusqu'au 6 octobre, date à laquelle Mazarin, dans une courte lettre au maréchal de Gassion, lui dit que sa maladie, quoique fort diminuée, l'empêche de lui répondre en détail (Copies de Minuties des Lettres françaises de Mgr le Cardinal Mazarin : VII, f° 111 v° :
Aussi-tost, pour le voir, j'ay quitte ma Province », Où, plein d'inquiétude, avec un tel excez Mon esprit, de sa fièvre, a souffert les accez, [atteinte, due, sur les moindres bruicts sentant mon ame J'ay creu cent fois mourir de douleur & de crainte. Enfin j'arrive ici ; j'apprens en arrivant Qu'il est sain lors qu'à peine on le croyoit vivant 2 ; Et la joye, à son tour, qui mon ame transporte, Fait que soir & matin je m'attache à sa porte. Bautru, voici l'endroit qui cause mon tourment : Hense 3 f qui m'avoit veu si bien auprez d'Armand, Me sousrit à l'abord, reconnoist mon visage, 40 Favorise mon zèle & me donne passage ;
Malgré ses compagnons me voila dans la Court. Mais, voulant passer outre, on m'arreste tout court. Cherchant mes vieux amis, je ne voydans la place
34 : Que son mal est cessé, qu'il est sain & vivant. 38 : Hance.
cette lettre n'est ni publiée, ni analysée, ni même mentionnée dans le recueil de Ckéruel) ; deux jours après, il est encore dans le même état, ainsi qu'en témoignent la lettre qu'il écrit le 8 octobre au duc d'Enghien (id.y f° 50 v° : lettre faussement datée du $ par Cbérueîjct celle du même jour au maréchal deTurenne {id., f° 176) ; enfui le 13 octobre il annonce sa convalescence au duc d'Enghien (id., f° 48 v°).
1. Quand Mazarin tomba malade, Bois-Robert était à Rouen (depuis 1634, il est chanoine à la cathédrale de cette ville). Dès qu'il apprit la maladie du ministre, il partit pour Fontainebleau, après avoir, le 2 octobre, donné procuration à un autre chanoine pour le remplacer dans ses fonctions alternatives (Arch. de la Seine-inférieure : G. 4502).
2. Puisque Mazarin va mieux, cette épître date, au plus tôt, du 6 octobre (voy. p. 48, n. 2). Mais, étant donné que Bois-Robert n'a pas quitté Rouen avant le 2 (voy. note 1 ci-dessus), il n'a certainement pu arriver à Fontainebleau avant le 7. Comme, d'autre part, Mazarin, guéri, quittera Fontainebleau le 23 (Galettes : 1644, P« 923)> on peut affirmer que la présente épitre fut écrite entre le 7 et le 23 octobre 1644.
3. Il s'agit d'un suisse, d'un garde de Mazarin : Bois-Robert nous l'apprend vingt vers plus loin. Son nom (ou son prénom) doit sansdoute s'orthographier Hans.
jo
Que des fronds sérieux, pour moy froids comme glace ;
Pas un seul ne me dit : « Tu sois le bien venu » ;
Je parois estranger, je leur suis inconnu,
Et voy que la faveur a changé leurs visages
En trois ou quatre mois, ainsi que leurs courages ».
Bautru, vivois-je ainsi, quand sans empeschement
Tu me voyois passer au cabinet d'Armand ?
Ne m'as-tu pas veu faire office à tout le monde ? [15]
N'ay-je pas, imitant ta bonté sans seconde,
Passé dans ton esprit pour homme généreux
En changeant le destin de tant de malheureux 2 ?
5 5 Mes disgrâces, par toy tant de fois terminées, De ma seule bonté n'estoient-elles pas nées 3 ? Admire cependant comme je suis traitté, Puis qu'un Suisse tout seul me fait civilité. Mais je trouve, après tout, que j'ay tort demepleindre:
60 Si tu m'aimes encor, Bautru, que doy-je craindre ? Pour revoir ce Héros, digne appuy de mon Roy, Ne me suffit-il pas de m'adresser à toy ? Ne crains pas que je butte à rien qui t'importune : Mon esprit est content, j'ay borné ma fortune,
65 Je ne pretens de luy qu'un coup d'œil seulement 4 ;