‹ Épistres en vers. Éd. critique avec un commentaire tiré de documents pour plupart inédits (volume 2)Chapitre 88 sur 185 · A MONSIEUR DE CHARLEVAL · texte numérisé non relu

A MONSIEUR DE CHARLEVAL

Car, tandis que tu guerirois,

Dedans mon cœur je nourrirois

Une vaine & folle espérance [97]

D'estre encore en ta souvenance.

Pardonne à mon juste courroux ;

60 Avec raison je suis jaloux ;

Je sçay tes amitiez nouvelles Et connoy qu'elles sont plus belles ; Ouy, ouy, Sarrazin ' & Mainard 2 En ton cœur ont meilleure part ;

65 Tu reçois de ces belles Ames

Des Sonnets & des Epigrames 3 ; Leurs pointes me percent le cœur, Et tu te ris de ma langueur ; Ouy, cœur ingrat, car tu peux croire

70 Que je sçay toute ton Histoire ;

Tu crois aussi certainement Que j'en ay du ressentiment, Et c'est chose encor plus certaine Que tu ne t'en mets guère en peine.

7> Dez que tu guignes le Marez4,

Tu laisses-là mes interests ; Aussi-tost mon objet s'eslongne Comme si j'allois en Polongne ;

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