A MONSIEUR LE CONSEILLER FOUCQUET. I
Entre les bons, les francs & les mieux nez,
Car il faut faire honneur à tes aisnez,
Qui n'auroient pas sur toy grand avantage
Si ta puissance égalloit ton courage.
Je t'ay veu faire, & c'en est assez dit ;
Dedans ton poste on a trop de crédit
Et l'on peut trop, pour peu que l'on s'empresse
Et qu'un bon cœur soit secondé d'adresse ;
Le tien est noble, & je suis trop heureux
De l'avoir veu pour moy si généreux.
Tu m'as promis de faire, en mon absence.
Rectifier quelque vieille Ordonnance
Dont nostre Abbé ^ s'est bien voulu charger ;
Si sans péril tu l'y peux engager.
Tu feras bien : c'est pour un pauvre Frère
Qui, chargé d'ans, l'est encor de misère 7,
Et cette charge est toujours sur mes bras.
Mais, après tout, si tu ne le fais pas.
Ta volonté, que j'y voy disposée,
Me tiendra lieu d'Ordonnance Visée.
2. Cette mention se rapporte au moment où Bois-Robert réunit en volume ses épîtres (1659).