Cf. Livre II, Ep. viii, v
A M^ L'EVESaUE DE COUTANCES. 201
Il faut pourtant qu'elle cède la place
A la justice, après tant de disgrâce ;
Puisque sans elle il ne peut trionfer,
Je luy veux voir nos monstres étouffer,
Voir enchaisner l'audace & la licence,
Et sur la peine & sur la recompence
Fonder la gloire & la tranquilité
De cet Estât avec solidité.
L'authorité s'est déjà restablie ;
Si la douleur de la voir affoiblie
T'a fait chez toy passer de mauvais jours,
Puisque ce mal enfin a pris son cours.
Goûte les biens que le Ciel nous envoyé.
Et dans ton cœur laisse r'entrer la joye.
Quand je repense à tes travaux passez,
J'ay les cheveux encor tout hérissez ;
Ton moindre mal fut la fièvre cruelle
Que te causa ton chagrin & ton zèle ^ ;
Ayant bravé la mort si fréquemment.
Je te voy vif avec estonnement.
JULE est heureux, il faut que je l'advoue,
Moins des succez dont je voy qu'on le loue
Que de se voir un homme plein de foy, [162]
Ferme, intrépide, & zélé comme toy :
C'est un trésor qui^mesme où tout abonde,
Enrichiroit le plus grand Roy du monde.
I. La fièvre quarte de Claude Auvry dura du mois d'août au milieu d'octobre 1652 (Arch. des aff. étiang. : Mém. et docum. : France 884, f" 168; France 885, f" 508). La présente épitre est donc postérieure à la dernière de ces dates.