‹ Épistres en vers. Éd. critique avec un commentaire tiré de documents pour plupart inéditsChapitre 144 sur 236 · Trimestre · texte numérisé non relu

Trimestre

2. Jean Cadeau (?-i672), trésorier général de la maison du roi (db. des titres : Dossiers bleus 147 : 3678). Les trois trésoriers généraux de la maison du roi servent a tour de rôle chacun une année. Les années d'exercice de Jean Cadeau sont 1653. 1656, 1659, 1662,... (L'Estat delà France : 1661, p. 197; 1663, p. 233;...), c'cst-à-dire les mêmes que celles de Nicolas de Uastille.

Comme tant d'autres « officiers » de la cour, Jean Cadeau se ruinera, faute de pouvoir parvenir à se faire rembourifer par le roi les sommes qu'il aura avancées pour le payement des « domestiques » de Sa Majesté {MêUwges Colbert : 115 bis, f»» 759 et 756; 117, f» 316 ; 118, fo 41. Le tout est daté de 1663). Comme compensation, on fera de lui l'un des directeurs des finances, le 20 mars 1665, ^o^s de la réforme des finances (Loret, La Mu^e historique : IV, 327).

A MONSIEUR DE

GUENEGAUT,

Trésorier de l'Epargne \

Il le remercie malgré luy de ses gages d'Aumosnier du Roy.

[écrite en 1654 ou 1657] -

Si tu ne m'es plus complaisant, GUENEGAUT, reprens ton présent ; En un mot, je ne m'en puis taire ; Tu dis pourtant qu'il le faut faire ; Mais, outre que c'est une Loy Dure & rigoureuse pour moy Qui suis généreux & sensible.

Tu veux une chose impossible.

Quand tu me dis qu'il faut celer

1. Claude de Guknégaud, seigneur du Plessis-Belleville depuis 1656 (voy. p. 157, n. i; 2® alinéa),

2. On a vu plus haut (p. 184, n. 2) que les trois trésoriers de l'épargne servent à tour de rôle chacun une année. Les années d'exercice de Claude de Guénégaud, dans la période qui nous occupe, sont : 1654, 1657, 1660 (L'Estat delà France 1661 : p. 196). Par conséquent, d'après la date des épîtres qui la précèdent et la suivent, celle-ci est écrite en 1654 ou 1657.

A MONSIEUR DE GUENEGAUT. 211

Ce bien-fait dont je veux parler, Seulement pour les conséquences, [171]

Tu me dis plus que tu ne penses.

Car dans ton ame tu vois bien Que je n'en feray jamais rien.

Tu n'es pas de ces âmes vaines Qiii donnent à mains toujours pleines Mais qui veulent que le bien-fait Soit connu si tost qu'il est fait; Tu préviens icy ma prière D'une bien plus noble manière ; Tu t'en tais à tes vrais amis ; Tu le caches à tes Commis ; Et ce plaisir fait en cachette, Qui m'est venu de ta main drette, De la gauche est à peine sceu ; Tout seul je m'en suis apperceu ; Mais je n'en fais point un mystère, GUENEGAUT, je ne m'en puis taire.

Si tu crains que quelque jaloux, Visant à mesme but que nous, Ne t'en fasse quelque reproche.

L'argent est encor dans ma poche : Au jaloux je le donneray ; Mais, par ma foy, j'en parleray.

EN VERS

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