Voy. la note précédente
4. Dans SCS Mémoires, Mademoiselle confirmera elle-même non seulement que la petite vérole ne lui laissa aucune cicatrice, mais encore que cette maladie lui rendit le teint plus pur : « devant j'étois couperosée, et cc\x m'emporta tout. » (J, 235).
5. Deux ans plus tôt, le roi fut atteint de la petite vérole (voy. ci-dessus : Livre I", Ep. vi).
A MADEMOISELLE. 87
Et que jamais ce teint, dont j'admire l'éclat, Ne se monstra si beau, si vif, si délicat : Sa grâce, qui paroist si brillante & si pure, Montre assez les respects qu'eut pour luy la Nature. Puis qu'il n'a point changé, pourquoy le cachiez-
40 Vostre heureuse Maison a bien fait des jaloux [vous ? Quand seule en vos beautez elle eut droit de se plaire, Tandis que nous pleurions leur perte imaginaire. Vous deviez bien. Princesse, au moins desabuser Ceux qu'on a veus pour vous les Astres accuser,
45 Car vous n'ignorez pas, voyant comme on vous ayme, Qu'un tel ressentiment ne va point sans blasphème. Quand avec patience on eust pu l'endurer. Ceux qui contre le Ciel n'ont osé murmurer Pouvoient-ils supporter l'absence de vos charmes
50 Sans pousser des soupirs & sans verser des larmes? Peut-on vivre à la Cour sans vos divins appas? Princesse, qu'y voit-on quand on ne vous voit pas ? Hé quoy ! vous seriez-vous seulement renfermée Pour voir ce qu'en diroit la folle Renommée ? Par tout elle babille inconsidérément ; [58]
Elle est cent fois le jour sujette au changement ; Je la voy pour toute autre incertaine & volage. Mais elle tient pour vous toujours mesme langage : Elle parle à toute heure obligemment de vous,
60 Et le bien qu'elle en dit ne fait point de jaloux ; Elle affecte pour vous de paroistre fidelle. Et semble que vous seule estes bien avec elle. Je puis donc soustenir, Princesse, qu'en effet Vous n'eustes point de mal ; mais vous en avez fait,
^s Et vous pardonnerez sans doute à ma licence
Si vous contez les jours qu'a duré vostre absence.
REQ.UESTE A MESSIEURS