‹ Épistres en vers. Éd. critique avec un commentaire tiré de documents pour plupart inéditsChapitre 79 sur 236 · Principalement Mazarin, alors en exil volontaire · texte numérisé non relu

Principalement Mazarin, alors en exil volontaire

2. Charles de l Aubespine (1580-165 3), marquis de Châteauneuf sur Cher, conseiller d'Etat, abbé de Massay, gouverneur de Touraine, est âgé de 71 ans. Il a déjà été garde des sceaux sous Louis XllI (de 1630 à 1633); mais il fut arrêté en 1633 par ordre de Richelieu et ne sortit de prison qu'en 1643 après la mort de celui-ci (Anselme : VI, 5S8). Nous avons vu plus haut qu'il vient d'être de nouveau garde des sceaux pendant treize mois à la place de Séguier (voy. p. m, n. 2).

Son grand-père, Claude dh l'Aubespine (?-i567), fut secrétaire d'Etat ; et sa grand-mère paternelle, fille de Guillaume Bochethl, secrétaire d'Etat, était nièce du célèbre Jean de Morvillier, évêque

<i^ Il l'a voulu, comme tu le voulus,

Quand dans tes mains les Sceaux ne furent plus ^ ; Mais chaque jour survint nouvel obstacle, Et tu devois accomplir ce miracle.

Je dy miracle & ce n'est pas mal dit,

60 Car, quand je voy qu'avec tout mon crédit,

Quelque mérite, & beaucoup de promesses Dont m'ont flatté nos Dieux & nos Déesses, Dans mon attente enfin je suis vieilly, Privé d'un fruit que d'autres ont cueilly,

65 Je croy qu'il faut, pour finir l'avanture,

Quelque pouvoir qui passe la nature.

J'ay veu pourtant, sans trop m'estre flatté, [83 Que quelques-uns n'ont pas mieux mérité Ce fruit d'honneur dont leur ame est charmée,

70 Et je le dis après la renommée ;

Ils n'ont pas mesme esté plus amoureux De sa beauté, mais ils sont plus heureux. Ne souffre pas qu'ils m'en fassent reproche, Car ils croiront, si sans Sceau je m'approche

75 Du Cabinet d'où pleuvent tes faveurs.

Que mon mérite est au dessous des leurs. Tu sçais de nous faire la difl'erence ; Mais tu sçais mieux que c'est par l'apparence Que le vulgaire & le grand monde aussi

d'Orléans et garde des sceaux (voy. T. 1", p. 150, n. i).

Par sa sœur, il est oncle du marquis de Leuville (à qui fut adressée l'épître III du Livre 111), ainsi que de la sœur de celui-ci, mère du marquis de Villarceaux (à qui sera adressée l'épître vu du Livre III).

I. Sur les démarches que fit naguère Bois-Robert auprès du marquis de Châteauneuf pour être nommé conseiller d'Etat, voy. plus loin : Livre III, Ep. m.

80 Juge des gens ; de là naist mon soucy.

J'ay quelque bien ; je cherche un peu d'estime, Et n'oserois t'en demander qu'en rime ; Je ne puis plus mon mal dissimuler ; Je rougirois s'il m'en falloit parler.

A MONSIEUR LE

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