‹ Épistres en vers. Éd. critique avec un commentaire tiré de documents pour plupart inéditsChapitre 95 sur 236 · A M*^ SEVIN · texte numérisé non relu

A M*^ SEVIN

Tu confondras mes Juges estonnez,

Et ma Partie aura cent pieds de nez.

Parle si haut que tous ils se réveillent,

S'il faut qu'encore après boire ils sommeillent;

3) Car tu sçais bien.que moins tout d'une voix

Que tout d'un somme ils ont jugé mes droits. Et m'ont donné l'Arrcst le plus injuste [104J

Qui soit party de ce Sénat Auguste. Qu'ils puissent dire, en t'oyant raisonner, Que par R. R. s seul homme à condamner, Sans jugement la Cause fut plaidée, Et fut par là follement décidée.

Fay qu'on redonne un Arrest tout nouveau, Qui désormais r'asseure le barreau,

45 Dont les piliers avoient à ma partie,

Non sans raison, manqué de garantie, Crians tout haut qu'il me voloit mon bien Et que sa Cause & luy ne valoient rien. Ton Plaidoyé, qui vivra dans l'Histoire,

,jo Avec mon Droit rétablira la gloire

De la grand'Chambre, & c'est son interest Plus que le mien de changer cet Arrest. Yoy la misère & l'erreur où nous sommes De nous soumettre au jugement des hommes,.

5<; Dont les légers & fragiles esprits •

Par cent moyens peuvent être surpris, Qui, quelque honneur que leur ame professe,. En dépit d'eux témoignent leur foiblesse, Qui, resistans à l'argent, aux amis,

60 Peuvent juger quand ils sont endormis.

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