‹ Épistres en versChapitre 118 sur 177 · A MONSIEUR LE BARON DE BAUME. I · texte numérisé non relu

A MONSIEUR LE BARON DE BAUME. I

Comme celuy du fidelle Gineste ;

Qui, tout outré, s'enfuit chez nos voisins

Et de ses pleurs arrose leurs jardins6.

Mais Rossignol sur tout se désespère,

Et sa moitié 7, qui seule veut luy plaire

Et, approuvant cette juste amitié,

Se laisse encore aller à la pitié :

ce He ! quoy, dit-elle, est-il hors du Royaume,

« Ce brave amy, ce cher Baron de Baume ?

c Et ce pays qu'on nomme Venessy 8,

0 Qui le retient, est-il si loing d'icy ?

- Nous l'avons veu passer jusqu'en Espagne,

1 Nous l'avons veu partir chaque Campagne c Cherchant la mort comme un désespéré,

« Et n'avons pas de moitié tant pleuré. [148]

(.- S'il estoit là pour déclarer la guerre

pureté de style. Ou sait qu'il est très lié avec Saint- Arnaud, qui aime faire rimer son nom avec cabaret, bien que Faret soit très sobre (Faret, L'Honnestc-Hommc... : p. 145). Il est âgé de 46 ans.

Huit mois après la présente épître (septembre 1646), Nicolas Faret mourra à Paris (Guichenon, Histoire de Bresse et de Bugey... : p. 38).

4. Claude Favre (1 585-1650), seigneur de Vaugelas et baron de Pérouges, académicien, est âgé de 61 ans ; il est en train de travailler à ses Remarques sur la langue françoise..., pour lesquelles, cinq mois plus tard, il obtiendra un privilège (26 juin 1640), mais qui ne paraîtront que le 8 octobre 1647.

C'est le deuxième fils du célèbre Antoine Favre, successivement sénateur de Savoie, président du conseil du Genevois (1596), président du sénat de Chambéry (1610), gouverneur de la Savoie (1617), et qui, très lettré, fut un des fondateurs de l'Académie florimontane d'Annecy (Révérend. Le président Favre, Vaugelas et leur famille...).

5. A cette époque, il y a des Gineste en Provence, en Languedoc. ce à Paris (Cab. des titres: Pièces orig. 1327: 30037, 30038, 30039). Je n'ai pu découvrir auquel fait allusion Bois-Robert; c'est vraisemblablement au même personnage que s'adresse l'épître xxx.

6. Sans doute les jardins de Thévenin, où tout le voisinage vient -.e promener (voy. p. 235, n. 1, et p. 43, n. 2).

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