EPISTRE XXXI
[écrite à Paris, à une date inconnue]
Il le prie d'adviser M. le Président Tubœuf 2 qu'il a veu Monsieur d'Emery \ suivant son ordre.
Angot, ce matin que ma Bille 4 Me deffend d'aller par la ville Parce que je me suis purgé Pour en estre un peu soulagé >', Souffre que ce billet en rime,
Titre : au lieu d'adviser, le texte porte ailleurs. Je me permet* cette indispensable correction d'une faute d'impression.
x. Nicolas Ango (a) (vers 1585-1651) est un Roucnnais ; il est 1 conseiller et secrétaire du roi, maison et couronne de France et de ses finances 1 depuis le 26 février 1644 (Cab. des titres : Carrés d'Ho;ier 27 : foi 206, 207, 209).
2. Jacques Tubeuf (1607 r-1670) est président à la chambre des comptes depuis le 17 novembre 1643 (Galettes: 1643, P- 1024). Il est en outre intendant des finances de France, et surintendant de la maison de la reine régente. Il a près de 40 ans. Par sa mère, Marie Talon, il est cousin germain du célèbre Orner Talon, IIe du nom (1 595-1652),
(a) Et non pas Angot (voy. Cab. des titres : Pièces orig. 68 : 1388, i* 20 : signature du fils de Nicolas Ango).
Où j'ay tres-peu passe la lime, [161
Pour moy demande à ta bonté
Un office plain d'équité.
J'apprends que Messieurs des Finances IO Signent demain les Ordonnances6;
Et, d'autant que ton Président,
Ce digne & fameux Intendant,
M'a dit que si je voulois faire
Assigner celle de mon frère ' ïj II falloit qu'il fust controllé
Par le bon seigneur de Tanlé,
Je te conjure de luy dire,
avocat général au parlement de Paris, l'un des plus grands magistrats du xvne siècle (Cab. des titres: Cab. d'He^ier 325 : 9057, f° 2. — Moreri : X, 28).
3. Michel Particelli (1597 ?-i6so), seigneur d'Emery et de Tanlay, naguère intendant des finances, est, depuis juin 1643, contrôleur général des finances (Galettes: 1643, P- 49^)- Il a près de 50 ans. Bien qu'il soit théoriquement sous les ordres de Nicolas le Bailleul, surintendant des finances, c'est lui qui, en réalité, administre les finances de France (voy. p. 101, note 2, et p. 109, note 2). Il restera célèbre par la taxe des aisés et la remise en vigueur de Yèdit du toise, qui l'ont rendu impopulaire et seront une des causes premières de la Fronde. Il a « l'esprit assez fin », dit Tallemant (IV, 24).
L'un de ses frères, Jean Particelli (et non pas son père, comme le prétend Tallemant: IV, 23), fut autrefois condamné à Lyon, le 9 avril 1620, comme banqueroutier et faussaire {Recueil de plusieurs procex criminels qui ne sont point imprime^: p. 5S9. — Cab. des titres: Carrés d'Hayer 481 : fD 334).