‹ Épistres en versChapitre 160 sur 177 · Voy. p. 26, n · texte numérisé non relu

Voy. p. 26, n

9. Jean Silhon (15.. }-i66~), académicien, s'est fait connaître, en 163 1, par le premier volume de son Ministre d'Estat, qui eut un

Avec ces grands Judicieux, J'en croy mon oreille & mes yeux.

Ouy, je te dy, sans complaisance, Que, tesmoin de ta suffisance,

15 Je me sens forcé d'avouer

Qu'on ne te peut assez louer.

Ton stile est né dans la Province ; Mais Apollon y fut ton Prince, Et tu n'as pas mal fait ta Cour

20 A ce divin Maistre du jour,

Qui, dessus tes belles matières, A respandu tant de lumières.

J'ay crû que ce n'estoit qu'icy Que l'on pouvoit escrire ainsi ;

25 Que la Cour seule estoit capable

Et de ta grâce inimitable Et des charmes qui m'ont surpris Dans tes admirables escris.

Mais en fin tu me desabuses,

50 Et me fais bien voir que les Muses

Ont droit, comme filles des Dieux, De se faire aimer en tous lieux.

Dedans les tiennes, je descouvre Toute la pureté du Louvre,

55 Et j'y voy, d'un autre costé,

Tant de force & de majesté, Que je crains que la Cour n'envie

succès immense. Il en a publié le second volume en 1642. Depuis cette dernière date, il est secrétaire de Mazarin ; mais le travail énorme qu'il fournit l'a surmené, et, dans quelques semaines (septembre 1646), il va tomber dangereusement malade (Kerviler, Jean de Silbon...). Plus tard, Chapelain dira que ses ouvrages « le font voir un de nos meilleurs écrivains en matières politiques. » ([Camusat], Mélanges de litt... : p. 243).

A MONSIEUR MASCAROX. 259

Le lieu qui t'a donné la vie.

Que fortement ta plume a pris L'air du Climat que tu décris !

Que ton stile est digne de Rome Et du grand cœur de ce grand Homme Qu'à tort un peuple a condamné Et que ta main a couronné !

Ce n'est la Cour ny la Provence Qui t'ont donné tant d'éloquence :

Mascaron, ce thresor exquis Est plus infus qu'il n'est acquis.

Apollon nous fait bien connoistre Qu'il fait bon servir un bon Maistre, Car il t'a tout seul inspiré Ce que nous avons admiré.

BOIS-ROBERT, Abbé de Chastillon.

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