NOAILLES
[écrite à Paris entre mars 1644 et le 22 juin 1646J 2
Il le loue de sa modestie dans sa faveur, & exagère en passant les inquiétudes & les grimaces de ceux qui sont en faveur 3.
Comte, qui de la Cour fais l'heur & les délices, Qui, par ta courtoisie & par tes bous offices, T'acquiers des serviteurs & des amis puissans, Et qui gagnes les cœurs les moins reconnoissans,
1. Personne, à aucune époque, n'a jamais été réellement comte de Noailles, Noailles étant le nom patronymique d'une famille et non pas le nom d'un comté (voy. La Chenaye-Desbois, Dict. de la nobî.t ou Moreri). A l'époque qui nous occupe, la branche aînée de la famille possède bien un comté, mais c'est le comté d'Ayen. Toutefois, dans
la conversation, dans les lettres, dans les gazettes, etc ou donne
couramment le titre de « comte de Noailles » à l'aîné de la branche ainée de la famille (sans doute parce qu'il s'appelle de Noailles et qu'il est comte), et l'on reporte sur l'aîné de ses fils vivants le titre de comte d'Ayen.
A quel Noailles s'adresse cette épître ? A quelqu'un qui est constamment auprès de Mazarin. Or justement Tallemant nous apprend (VII, 8) que Mazarin eut un capitaine des gardes qui s'appelait c Noailles » : c'est certainement à lui qu'écrit Bois-Robert. Mais quel est le « Noailles » qui fut capitaine des gardes de Mazarin ? Aucun texte imprimé ne nous le dit. Les commentateurs de Tallemant (et