Voy. l'Ep. xr
J'applique toute mon estude
A te donner à l'advenir
Des marques de mon souvenir :
15 C'est toute la reconnoissance
Q.ue peut fournir mon impuissance.
Me voici, puis qu'il plaist à Dieu,
Réduit en un si triste lieu
Que ce sera grande avanture 20 Si je n'y fay ma sépulture.
Je suis vers Chaumont arresté,
Au Prieuré de la Ferté,
Scitué sur les rives d'Aube,
Où je me levé devant l'Aube 25 Et travaille jusqu'à la nuict
Sans en recevoir aucun fruict.
Le temps, enfin, a mis par terre
Ce qui m'est resté de la guerre l :
Je n'ay toict, grange, ny pressoir 30 Qui ne tombe, ou qui n'aille choir.
Pour mon four seul, on me demande
Plus que ne me vaut ma Prébende 2,
Et pour mon moulin demeuré J, [6:
Plus que ne vaut mon Prieuré ; 35 L'écluse emporte une partie
Du courant de mon Abbaye •*,
Et le Clergé va, sans pitié,
M'en enlever l'autre moitié,
r. Pour le passage qui suit (v. 29 à 40), voy. l'épître x, v. $1 et suiv..
2. La prébende qu'il touche comme chanoine à la cathédrale de Rouen.