‹ Épistres en versChapitre 96 sur 177 · Cette date résulte de celle de l'épitre précédente · texte numérisé non relu

Cette date résulte de celle de l'épitre précédente

5. Fhou est ici monosyllabique. D'autres poètes du xvne siècle l'ont ainsi employé : Malherbe (Prédiction de /<: Meuse...), Mainard (^' ode), etc..

Je ris, & je me désespère

Lors que je voy dedans tes Vers

Que tout ton fait va de travers

Par l'aigreur d'un de mes Gendarmes

Qui sçait mal user de ses armes,

Car, quand il se veut prendre à toy,

Certes, il combat contre moy ;

Quiconque à cela se hasarde,

Risque de recevoir nayirde,

Car, en ce cas, le desaveu

Réduit un homme à triste jeu,

Et tel, qui entrant est partie,

Est défendeur à la sortie.

Quoy qu'il en soit, il a mal fait ;

Je tiens ton ouvrage parfait,

Et ta demeure Abatiale

Est une maison sans esgale,

S'il est vray que les Réforme^

A cela se sont conforme^,

Car les bons Pères, d'ordinaire, [ll7]

Trouvent toujours dequoy refaire,

Et jamais rien n'est en bon poinct

Où telles gens ne payent point.

Mais ma pauvre Muse est banie

Par une sotte Compagnie

Qui me vient forcer de finir

Le charme de l'entretenir \

Si faut-il encor que j'èclatte

Contre cette indigente patte

Qui veut saisir au nom du Roy

Ce qui justement est a toy ;

Que je luy chante un peu sa game.

Mais quoy, le respect d'une Dame

l6l RESPONSE

Qui lux touche de parenté ' ;o Garantit ce sot mal rente,

Et le couvre de la censure

Que mérite sa procédure.

Il sçait que, l'ayant pour Amx,

Je ne t'aime pas à demx, 5- Que je te suis fort redevable,

Et qu'enfin ta bonté m'accable2 ,

Et ce Colart mal-avisé

T'a cependant verbalisé.

Si ma bile est peu violente, 60 Qtf'# rende grâce à sa Parente,

Car elle a des charmes si doux [1 1 S]

Qu'ils dissipent tout mon courroux.

Mais désormais je veux mettre ordre

Qu'il n'aura plus che% toy que mordre ; 6S Et croy que, s il na d'aliment

Que celuy de ton bas tintent,

Sa table sera la plus mince

Qui soit eu toute la Province

Et sera pour l'éternité y0 Un portrait de frugalité ;

Je te le dis, je te J'assure,

Je le proleste S: je le jure

Par le beau feu de tes écris,

Par ta faconde qui m'a pris, 7- Par le Burlesque de ta Lire,

Pur ton <rraud talent en Satire.

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