MARIE-ANNE DE GAYARDON
La pierre tombale de cette abbesse des Cordelières se trouve actuellement à la Bibliothèque municipale de l’ancienne mairie de Montmartre (1 2h
L’épitaphe est encadrée d’un simple filet et surmontée d’un écusson timbré de la crosse abbatiale et accompagné de deux palmes :
1141. — Dessous cette pierre repose, jusqu’à la resurretion (3), le corps de sœur Marie || Anne Gayardon.
Cette épousé chérie de Dieu a donné dès || son enfance des marques de son
AMOUR POUR II LA RETRAITE; SORTIE D’UNE NOBLE FAMILLE, ELLE || S’ARRACHA DES BRAS DE SES PARENS ET VOLA DANS || LA MAISON DU SEIGNEUR POUR S’Y CONSACRER; ELLE || SÇA VOIT QUE LE ROYAUME DE DlEU ETOIT LE SEUL BIEN QU’ELLE POUVOIT DE¬ SIRER; AUSSI ABANDONNA- || -T-ELLE PARENS, AMIS, RICHESSE ET TOUT CE QUE LE || MONDE A DE PLUS FLATTEUR POUR EMBRASSER [| UNE VIE PENITENTE ET AUSTÈRE.
Toutes ses actions étoient marquées au coin de la justice; sa || régularité
ET SON EXACTITUDE À REMPLIR || SES DEVOIRS ET SES OBLIGATIONS ONT ATTIRÉES ||
(1) La partie inférieure de cette dalle a seule subsisté, avec quelques mots de l’inscription.
(2) Cette pierre fut découverte, en novembre i886, lors des réparations exécutées au carrelage du rez-de-chaussée d’une maison de la rue de Ghartres, n° 7 (quartier de la Goutte-d’Or), où elle avait été utilisée comme foyer de cheminée. Elle fut aussitôt acquise par la Société d' histoire et d’archéologie du xvmc arrondissement trie Vieux Montmartre^ , qui la préserva ainsi d’une destruction certaine, et la lit déposer à l’ancienne mairie de Montmartre, où elle prit place dans la
Bibliothèque municipale. La pierre est parfaitement conservée, mais elle a été quelque peu rognée dans le bas, sans que l’épitaphe ait été d’ailleurs aucunement atteinte.
L’inscription nous a été obligeamment signalée par M. Charles Sellier, architecte, qui en avait déjà lui-même publié le texte dans Paris-Montmartre. (N° du 1 1 décembre 1886.)
(3) Sic. — Celte incorrection et quelques autres que l’on remarquera dans le corps de l’épitaphe montrent avec quelle négligence furent parfois gravées, même au xviu0 siècle , les inscriptions funéraires.
ABBAYE DES CORDELIÈRES DE LOURCINE
SUR ELLE LES REGARDS DE LA COMMUNAUTÉ ET || LU Y DISPUTOIT À L’ENVIE UNE SI NOBLE FERVEUR |j QUI L’ANIMOIT. CHARMÉE DE SON MÉRITE || PARTICULIER, ELLE l’É- LEVA À L’EMPLOI D’ABBESSE, || APRÈS AVOIR REMPLIE DIGNEMENT TOUTES LES AUTRES CHARGES DE SA MAISON. SON GRAND || AMOUR POUR DlEU, SON ZÈLE POUR LES EXER¬ CICES j| SPIRITUELS, SON INTELLIGENCE ET SON JUSTE || DISCERNEMENT POUR LES AF¬ FAIRES TEMPORELLES || LU Y ONT MÉRITÉ DE GOUVERNER CE MONASTÈRE || PENDANT
18 ans. Elle est morte dans ce [| pénible employ, au grand regret de sa communauté, LE 23 JUIN 1748, ÂGÉE DE 82 || ANS, ET DE SA PROFESSION 64. || ReQUIEScat in pace. Amen.
Armes. D’azur au sautoir engrêlé d’argent
Texte d’après l’inscription originale; — Ch. Sellier, Paris-Montmartre, 1886.
Quelques autres inscriptions funéraires du couvent, gravement endommagées, subsistaient encore dans ces dernières années ® :