AMÉ DE GENEVE
Du coté de l’Evangile, sous une arcade pratiquée dans la muraille et dont la voûte étoilée était décorée de figures de saints tenant des écussons^, se trouvait le mausolée d’Amé de Genève, frère du pape Clément VII.
Il se composait d’un large sarcophage de pierre, sans ornements, recouvert d’une épaisse table de marbre noir, sur laquelle était couchée la statue du défunt, revêtu de son armure, les mains jointes sur la poitrine, la tête casquée soutenue par un coussin et abritée par un dais, et les pieds posés sur un lion (3h
Sur une étroite lame de cuivre qui recouvrait le bord antérieur de la table de
marbre, taillé en biseau, on lisait cette
sa tête avoit été remplacée par une pierre quarrée; il avoit sous ses pieds un lion. » ( Chartreuse de Paris, p. 17.)
L’attribution de Millin est inacceptable. Enguerrand de Marigny avait été d’abord inhumé, il est vrai , dans ta même tombe que son frère Philippe , mais cette tombe se trouvait alors dans la chapelle de Vauvert, non dans la grande église qui était encore en construction.
Lorsque l’église fut achevée, en 1 325 , on y transféra les restes de Philippe de Marigny, devant le maître-autel; mais, à la même époque, Charles de Valois lit porter la dépouille d'Enguerrand dans l'église de la collégiale d’Ecouis; il n’y avait donc aucune raison de placer sa pierre tombale dans le sanctuaire des Chartreux. Le frère d’Enguerrand et de Philippe, dont cette dalle marquait la sépulture, ne pouvait être ni Jean, évêque de Beauvais, qui fut, lui aussi, inhumé dans la collégiale d’Écouis, ni Robert, qui est qualifié, dans un acte de l’année i342. de rrmarescbal du Roy de France ès parties du Languedoc et de Sain longe », mais Pierre, seigneur du Plessis-Tremblay, dit rrLoiseleU. (Le P. Anselme, Histoire généal., t. VI, p. 3 12.)
L’épitaphier du Cabinet des litres constate bien que celte sépulture était celle d’un frère d’Enguerrand, mais sans indiquer lequel. (Fol. 1 1 3 , note.)
épitaphe :
L’effigie de Pierre de Marigny a été reproduite dans une estampe de Millin. ( Chartreuse de Paris, pl. V, fig. 1; Michel dir.)
(1) Cette effigie a été reproduite dans une estampe de Millin. (Ibid., pl. IV, fig. 1 et 2 ; Michel dir.)
'2) L’un des écussons est celui de Genève ; l’autre , d’après la figuration de Gaignières, est : D’or à la bande d’azur accompagnée de deux lionceaux du meme. Il ne nous a pas été possible d'identifier ce blason, qui ne se rapporte à aucune des alliances de la famille de Genève indiquées par le P. Anselme. ( Histoire géncal., t. II, p. 1 55-167.)
rr Cette figure scidptée au xive siècle, observait Millin, n’étoit cependant pas sans beauté: l’armure et les ornements étoient faits avec beaucoup de soin , et l’ensemble de la figure étoit beaucoup mieux que les figures de ces temps ne le sont ordinairement; les mains surtout étoient belles. On l'avoit dorée et coloriée. Il eut été à desirer que cette figure fut conservée tant pour la connoissance du costume que pour celle des diverses époques des arts en France; mais des maçons la brisèrent pour en faire des moellons , quand ils séparèrent l’église de l’intérieur des Chartreux, lorsque ces religieux commencèrent à déloger.» ( Chartreuse de Paris, p. 12.)
COUVENT DES CHARTREUX DE VAUVERT
988. ~ * . Cy gist noble et puissant prince messire Amé de Geneve, qui
TRESPASSA l’an DE GRACE MIL CCC LXIX, LE IIII JOUR DE DECEMBRE.
Armes. Genève : Cinq points d’or équipollés à quatre d’azur.
Texte d’après le dessin ci-dessous: — Bonfons, fol. 79.
Mausolée d’Amé de Genève (1).
(1) Réduction d’un dessin en noir et en couleurs des Tombeaux de Gaignières (Original), fol. 2a5.
JEAN D’ARSOjNVÀL.
Tombe plate de cuivre, contre la muraille, près du mausolée d’Amé, avec Eelligie du défunt revêtu de ses habits pontificaux, mitre, crossé et les mains jointes sur la poitrine, abritée par une niche, et l’épitaphe suivante, gravée en trois sens sur la bordure coupée aux angles par les médaillons des Evangélistes et au milieu des côtés par deux écussons :
989. — [Hic jacet magister] || Johannes de Arsonvalle, lingonensis dioce-
S1S, EPISCOPUS QUONDAM CABILONENSIS ET DOMINI LUDOVICI , KA ROLI SEPTIM1, FRAN- CORUM REGIS, PRIMOGENITI, DALPHINI || VIENNENSIS ET AQUITANIE DUCIS, CONFESSOR, QUI OBIIT PARISIIS, DIE XXVII AUGUSTI, ANNO DOMINI MILLESIMO QUA DRINGENTE- SIMO DECIMO SEXTO. ReQUIESCAT || IN PACE. AMEN.
(l) Réduction d’un dessin en noir et en couleur des Tombeaux de Gaignières (Oxford), t. III, fol. 97 — On retrouve un dessin identique dans la Collection de Gaignières, F. lat. 17025, ire partie, fol. 69.
COUVENT DES CHARTREUX DE VAUVERT
Armes. Tranché d’azur el d’or , à l’étoile à huit rais de l’an en l’autre chargée d’une croisctte de gueules.
Texte d’après le dessin ci-contre; — Millin, Chartreuse de Paris, p. ao.
MICHEL DE CRÉNEY.
Tombe de Michel de Créney1’).
Sa tombe plate se trouvait à côté de celle de Jean d’Arsonval. Elle était formée d’une grande table de pierre sur laquelle une incrustation de marbre blanc offrait la représentation du défunt revêtu du costume sacerdotal, mitré, crossé et les mains jointes sur la poitrine.
Le champ de la dalle était semé de fleurs de lis en marbre noir, et la bor-
(i) Réduction d’un dessin des Tombeaux de Gaignières (Oxford), t. III, fol. 95. — On retrouve un dessin identique dans la Collection de Gaignières, F. lat. 1 70123, fol. 29.
in. 5
IUl»RIMF.IUF. KATIONAI.E.
dure, incrustée en marbre blanc, portait l’épitaphe du défunt coupée aux angles par les médaillons des Evangélistes et au milieu des côtés par deux écussons :
990. — Hic jacet Michael de Creneyo, oriundus Trecis, || episcopus quon-
DAM ECCLESIE A UTISSIODORENSIS ET KAROLI SEXTI, REGIS FRANCORUM, CONFESSOR, QUI OBIIT PARISIUS, IN |] SUA DOMO. OBIIT DIE TERTIA DECIMA MENSIS [| OCTOBRIS,
anno Domini millesimo qu adringentesimo nono. Anima ejus requiescat in pa ce. Amen.
Armes. D’azur à lafasce crénelée de trois pièces d’or, accompagnée en pointe d’une étoile du même. Texte d’après le dessin ci-dessus; — Gallia cliristiana, t. XII, col. 325.