HÔPITAL
DES ENFANTS-ROUGES
NOTICE HISTORIQUE
Vers l’année i53o , l’attention de François Ier fut appelée sur la grande mortalité des enfants nés à l’Hôtel-Dieu de Paris. Le roi, désireux d’être exactement renseigné sur la situation, prescrivit une enquête à ce sujet par ses lettres du
(1) D’après le plan de Hoyau et de Truschet. — Le plan topographique a été dressé d’après des plans manuscrits conservés aux Archives nationales (IIP section, 3o8 et 8 1 5 ).
Les archives de l’hôpital des Enfants-Rouges, conservées depuis le commencement du siècle dans
le Dépôt de l’assistance publique, ont été brûlées en majeure partie lors de l’incendie du 18 mars 1871. Les pièces qui subsistent actuellement se trouvent dans les fonds de l’Hôtel-Dieu et des Enfanls- Trouvés. L’Inventaire sommaire des documents qui existaient avant 1871 a été publié par M. Bx'ièle.
îô juillet i53i®, et la confia à cinq notables magistrats, Pierre Lizet, premier président du Parlement de Paris, Jean Briçonnet, président de la Chambre des Comptes, Mathieu de Longuejoue, maître des Requêtes de l’Hôtel, Jean Prévôt, président aux Enquêtes, et Antoine Dubourg, lieutenant civil du Prévôt de Paris. Ces commissaires déléguèrent leur tâche à Pierre Carre! , examinateur au Châtelet®, qui se mit à l’œuvre sans retard, et recueillit dès le 26 juillet les dépositions de la prieure, du maître et des religieuses de l’Hôtel-Dieu.
(1) «François, par la grâce de Dieu Roy de France, à nos amez et feaulx conseillers Pierre Lizet, premier president en nostre court de Parlement, Jehan Briçonnet, presid ent en nostre Chambre des Comptes, Mathieu de Longuejoue, maistre des Requestes ordinaires de nostre hostel , Jehan Prévost, president ès Enquestes de nostre Palais, à Paris, et Anthoine Du Bourg, lieutenant civil du Prévost de Paris , salut et dilection. Nous avons esté advertis que en l’Hostel Dieu fondé en nostre bonne ville et cité de Paris , l’un des plus sumptueulx de la Chrestienté entre l’affluence et multitude des pouvres et misérables personnes qui y sont charitablement pour l’honneur et reverence de Dieu, nostre Créateur, hebergez, nourris, allimentez et secourus en leurs malladies , indigences et nécessitez , se tiennent grant nombre de pouvres femmes enseintes, lesquelles y sont receues, traitées, nourries , allimentées et pensées durant le temps de leur gesines, mais après qu’elles sont rellevées elles délaissent les enffans dont elles sont accouchées et relevées, lesquels et plusieurs autres petis qui sont apportez audict Hospital et Hostel Dieu , n’y peuvent estre secourus tant de mamelle que autres choses requises et necessaires à petis enffans, et autrement ne les peuvent secourir les religieuses et servantes dudict Hostel Dieu que de les alayter en petis cornets de lait de vaches ou de chievres et autrement, ainsi qu’elles le peuvent faire, qui n’est traictementni nourrissement tel qu’il est convenable àiceulx pouvres petis enffans, lesquels se meurent presque tous; dont si sur ce n’esloit pourveu, l’ire de Nostre Seigneur pourroit estre provocquée contre nous et nos subjects, pais, terres et seigneuries, jà soit que ce n’est venu à nostre congnoissance jusques à présent; sçavoir vous faisons que nous desirans du tout nostre cueur, désir et affection, ainsi que tousjours avons faict, subvenir aux pouvres indigens et misérables personnes et mesmement à iceulx pouvres enffans qui n’ont sens , raison ne discrétion pour leur puérilité et innocence ,
et obvier que par faulte de secours et traictemens la mort d’eulx ne s’en ensuive, ainsique jà est advenu de plusieurs, comme l’on dict, pour ces causes et autres à ce nous mouvans, deuement informez de vos sens, soufflsances, loyautez , lyatures, expériences, preudhommies et bonnes dilligences, zelle, desh-, affection et devocion que avez de subvenir en tels affaires , vous mandons et commérions par ces présentes que vous ou les trois ou deux de vous qui y pourrez vacquer en l’absence des autres, vous infourmiez bien et deuement de et sur les choses dessusdictes et de tout ce que verrez estre requis et necessaix-e estre informez quant à ce , aussy de l’ordre , voye et maniéré requise et necessaire pour y pourveoir , et ladicle information avec vos advis apportez ou envoyez par devers nous pour y subvenir à nostre pouvoir, en procédant par vous en cest affaire en la meilleure et plus gi-ant dilligence que faire pourrez, car ainsy nous plaist il estre faict. De ce faire vous donnons piain pouvoir, auctorité , commission et mandement especial, mandons et commandons à tous nos justiciei-s, officiers et subjects que à vous, vos commis et depputez en ce faisant obéissent et entendent diligemment. Donné à Fontainebleau, le 1 4e jour de juillet, l’an de grâce i53i et de nostre î-egne le 17e.» ( Archives de l’Assistanee publique.)
Pierre Lizet, premier president en la court de Parlement, Jehan Briçonnet, conseiller dudict seigneur et president en sa Chambre des Comptes, et Jehan Px-evost , aussi conseiller dudict seigneur en sa court de Parlement et pi-esident ès Requestes du Pallais, à îxxaistre Pierre Carrel , examinateur du nombre ancien ordinaire estably par le Roy, nostre sire, ou Chastellet de Paris. Comme nous ayons esté commis par lettres patentes dudict seigneur données à Fontainebleau le i4e jour de juillet dernier passé, pour nous informer sur aucuns faits et articles à piain declairez et mentionnez ès dictes lettres patentes, à laquelle information faire ne pouvions promptement vacquer à cause de l’occupation or-
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Les constatations de l’enquête révélèrent un état de choses plus déplorable encore qu’on ne l’avait soupçonné W. Aussi la reine Marguerite de Navarre, sœur de
dinaire que nous avons en nos estais et offices, à ceste cause est besoin commectre, subdeleguer et depputer aucun bon personnaige, pour vacquer à faire ladicte information; pour ce est il que nous vous mandons et commectons par ces présentes que appellé avec vous pour adjoinct ung notable personnaige, non suspect ne favorable, vous informez bien et dilligemment sur ce que dict est, selon les mémoires et articles que pour ce faire vous envoyons, et ladicte information faicte nous envoyez close et scellée. De ce faire vous donnons pouvoir et mandement et commandons à tous les officiers et justiciers du Roy que à vous en ce faisant soit obéi. Donné à Paris, ce 26e juillet i53i.k (Archives de l’Assistance publique.)
(l) Nous empruntons au rapport de Jean Carel quelques dépositions caractéristiques : «Seur Héla I ne la petite, prieure dudict Hostel Dieu, aagée de soixante six ans ou environ . . . , déposé après serment par elle faict de dire vérité que dès cinquante ans ou environ elle receut l’habit et feist profession oudict Hostel Dieu pour servir les
povres malades . ; au moyen de quoi
elle a sceu et scet pour l’avoir vu et expérimenté que durant son temps y a eu grant multitude de povres jeunes enffans tetans la mamelle, qui ont esté apportez et exposez oudict Hospital et Maison Dieu entrois diverses maniérés, c’est assavoir les ungz quant et quant leurs meres mallades,
I s aultres dont leurs meres gesinoint et accouchoient en icelluy hospital et y deceddoient ou après qu’elles estoient délivrées de leurs enffans et pour la povreté de leurs personnes desnuées de biens temporels les deloissoient oudict Hostel Dieu et les autres enffans estoient bien souvent et quasi de mois en mois ou de septmaine en septmaine exposez et délaissez sur les degrez de deux grandes portes ou entrées d’icelluy Hostel Dieu, tant du costé de devers le parvis Nostre Dame ou eglise de Paris que de l’aultre costé, devers Petit Pont, en povre et piteux estât, aucunes fois gisans sur une petite poignée de feurre et souventes fois sur la dure desdicts degrez, lesquels petis enffans l’on trouvoit à portes ouvrantes dudict Hostel Dieu sur iceulx degrez en grant danger d’estre devorez de pourceaulx ou aultre bestail, et pour la pitié, charité et compassion que lesdicts de l’Hostel Dieu en avoient et ni.
ont de jouren jour, recepvoient et recepvent iceulx enffans et les recueilloient et recueillent, faisoient et font penser, traicteret alimenter parles officiers et servantes dudict Hostel Dieu et les aulcuns baptiser quand ils n’avoient escripteaulx d’eslre baptisez; et dict que par communes années elle n’en a point veu plus de soixante ou soixante et dix petis enffans, tant de mamelle que d’auitre petit aage, entrans ou aportez par leurs pere et mere par les trois sortes ou maniérés dessusdictes, sinon que neuf ou dix ans, qui fut l’année de la grant peste, elle y en veid de six à sept vingts; et dict que au moyen de ce qu’il y à faulte et indigence de nourrices oudict Hostel Dieu et qu’il n’en y a que une seulle ordonnée de tout tems pour subvenir à donner à teter ou allecter les petis enffans dont les meres sont griefvement malades et tellement qu’elles ne peuvent substanter ne donner la mamelle à leurs enffans, elle en a veu advenir plusieurs inconveniens de mort auxdiets petis enffans qui meurent à faulte de nourriture de mamelle, et ne peuvent ladicte depposante ne aultres relligieuses dudict hospital y pourveoir ne donner ordre à leurdicte nourriture, sinon que leur donner du laict de vache ou de chevre en ung buberon d’estain ou de terre en cornette ou enveloppé de quelque petit drappeau que lesdicts petis enffans sussent par le bout dudict buberon , qui n’est pas nourriture ni subslantacion pour eslever ung jeune enffant, comme seroit et est la mamelle de la mere ou d’une aultre nourrice. . . Plus a dict quelle scet de vray pour l’avoir veu . . . qu’ils ne sçavent où retirer, mectre ou coucher lesdicts pelis enffans sinon au parmy des aultres malades , aulcunes fois dix ou douze en ung lict, tant aux pieds que au chevet, selon la largeur et estandue d’icelluy lict, lesquels à faulte de nourrices, comme il est requis, nécessairement ne font souvent que crier, braire ou plorer, qui est une merveilleuse vexation et tourment aux aultres povres paciens et malades qui désirent repos pour parvenir à convalescence et garison de leurs infirmitez.. . . A l’occasion des nécessitez, souffretés ou indigences desdicts petis enffans. : .qui en brief tems, comme de huict ou quinze jours, prengnentle gros aer et infection de diverses maladies dudict Hostel Dieu, elle en a veu et veoit de jour en jour grande mortalité dont aul-
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François Ier, émue d’une vive pitié, supplia-t-elle le roi de lui accorder sur le fond des amendes et condamnations prononcées pour le fait d’usure une somme de 3,6oo livres qui serait atïectée à l’achat et à l’aménagement d’un hospice spécialement destiné aux pauvres enfants orphelins de l’Hôtel-Dieu. François Ier se rendit à son désir, et, par ses lettres du 3i janvier 1 53516, il chargea Ro-
trement 11’a sceu exprimer le nombre sinon qu’elle dicl qu’ils se montent aulcunes fois plus ou moins comme de cinquante ou soixante par an, par communes années. . .
rrSeur Jehanne Cyrette, soubz prieure dudict Hostel Dieu, aagée de soixante ans ou environ, dict sçavoir pour l’avoir veu que durant son temps y eu grant nombre et multitude de petis en flans, tant de mamelle que autres, en divers aages, de trois, quatre ou cinq ans, qui sont entrez et entrent
de jour en jour oudict Hostel Dieu . , lesquels
enffans on trouve souvent en ouvrant lesdictes portes, les aucuns sur une pongnée de feurre et les autres sans feurre ou foing, enveloppez tellement quellement en piteux et povre estât; les enffans ainsi délaissez devant lesdictes portes ont toujours esté recueillis ou levez par pitié, compassion ou charité par lesdictes religieuses, couchez, allimentez et allectez au moins mal qu'ils pouvoient faire, tant par la nourrice ordinaire dudict Hostel, qui est destinée à subvenir et bailler la mamelle aux petis enffans dont les meres sont en extrémité de maladies et ne leur peuvent donner mamelle ou vont de vie à trespassement, et pour ce que ladicte nourrice n’est soufïisante pour y fournir, lesdictes religieuses pour subvenir et aucunement ayder allectent lesdicts petis enffans en petis pots de terre en forme de buberon, au bout duquel ils enveloppent ung petit drappeau que l’enfant susse et tete, de laict de vache ou de chevre qu’ils mectent dedans ledict buberon . . . Aussy dict qu’il y a de présent grand nombre , comme de cinquante ou soixante , tant garçons que filles, de moyens aages, les ungs de trois, les autres de quatre, les autres de cinq ou de six ans entachez de plusieurs sortes de maladies, les aucuns e thicques , les autres ytropicques , les aultres febricitans, tant de maladies chauldes que aultres fiebvres, couchez en grant nombre oudict Hostel Dieu en ung mesme lict, tant au chevet que aux piés, selon la grandeur des licts, et autrement n’y a ordre ni moyen de les coucher séparément à cause du grant nombre et multitude de malades
qui affleuent de jour en jour oudict Hostel Dieu. . . A l’occasion que lesdicts petis enffans qui sont de divers aages sont contraincls de coucher ès licts et lieux dangereux où sont mors aultres malades de maladies contagieuses, ils preignent souvent les ungs des aultres la maladie de peste ou aultre maladie contagieuse, tellement que neuf ans a ou environ, qui esloit le cours de la grant peste, il y avoit pour lors oudict Hostel Dieu de six h sept vingts enffans, tant de mamelle que autres un peu plus aagez, lesquels au moins la plupart moururent avec grant nombre d’autres malades d’icelluy Hostel Dieu, montansen tout dix huict mil personnes, en moins de quatre mois, ainsy qu’il fut lors trouvé par compte et escript exprès sur ce faict. . .
tr Sœur Claude Gonnote , aagée de quarante ans ou environ, comme elle dict, à présent chevelayne dudict Hostel Dieu, qui est celle qui a la charge des griefs ou exlremes malades, déposé qu’elle en a veu mourir grant nombre aucunes fois plus ou moins, selon que les années estoient dangereuses et disposées à maladies contagieuses, quelle estime monter chascun an, l’un portant l’aultre, de soixante à quatre vingts petis enffans , et le scet pour avoir ensevely et aidé à ensevelir la plus part d’iceulx ; m smes dict que à l’occasion du gros aer pestiféré qui souventes fois crouspit et régné oudict Hostel Dieu, elle a veu mourir par cy devant plusieurs petis enffans de cueur de leur choppelle, aagez de divers aages, comme de dix, douze et quatorze ans, et en y a présent encores deux frappez de peste, du jour d’hier au soir, qui n’ont sceu endurer, souffrir ni résister à l’aer dudict Hostel Dieu , par quoy à plus forte raison les petis enffans de mamelle et aultres tendres enffans qui sont au dessoubz de quatre ou cinq ans y pourroient moins résister. . . » (Archives de l’Assistance publique.)
(l) «François, par la grâce de Dieu Roy de France, à nostre amé et féal conseillier general de nos finances et trésorier de nostre espargne M8 Guillaume Preudhomme, par nous commis à faire la recepte et tenir le compte des deniers provenons des amendes, confiscations et autres
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bert de Beauvais, procureur de la Chambre des Comptes, de l’emploi de la somme mise à la disposition de sa sœurW.
Le 2/1 juillet suivant, Denis Picot, auditeur des Comptes, acheta, au nom du président Briçonnet, pour le prix de i,25o livres tournois, un immeuble sis rue Portefoin, près du Temple, appartenant à Simon de Machault, qui devait être affecté à la fondation du nouvel hospice^. Dès ce même mois , en attendant
parties à nous adjugées par les ordonnances et arrests des juges par nous depputez en nostre ville de Paris sur le faictdes usures, salut et dilection. Nous voulions et vous mandons que des deniers provenons desdictes amendes et condemnations qui ont esté ou seront portez ès coffres de nostre Ghastel du Louvre, payez, bailliez et délivriez comptant, en presence de nos amez et feaulx aussi conseilliers et presidens de nos Comptes, Bernard Nicolas et Jehan Briçonnet, chevaliers, et de Robert de Beauvais, la somme de trois mil six cens livres tournois que nous luy avons ordonne'e et ordonnons par ces présentes et voulions par vous estre mise en ses mains, pour icelle convertir, employer et distribuer par l’advis et ordonnance dudict Briçonnet, president de nosdicts Comptes et l’un des gouverneurs de l’Hostel Dieu de nostre ville de Paris, en l’achapt d’une maison et lieu propre à loger et recevoir les pouvres enfans que l’on a accoustumé recepvoir oudict Hostel Dieu, tant ceulx qui y sout nez ou portez mallades que autres, qui chascunjour y arrivent et affleuent, suivant leurs peres et meres par malladie et nécessité contraints eulx rendre oudict Hostel Dieu et n’ayant de quoy pour y vivre et suslenter leursdicts enfans , dont nous avons entendu que ledict Hostel Dieu est ordinairement fort chargé et empesché, et que lesdicts enfans logez et couchez avec les autres personnes mallades , et pour leur jeunesse debilles et facilles à prendre mauvais air plus toust y meurent qu’ils ne feroient en autre lieu séparé. S’il avenoit que ladicte maison ne coustat autant que ladicte maison ne couste , nous voulions que le reste d’icelle soit employé à l’accoustrement et appropriement d’icelle maison ou achapts de lictz, chailiz, couvertures et autres choses necessaires pour lesdicts petis enfans, à la discrétion dudict Briçonnet et par son ordonnance, comme dict est, et en rapportant cesdictes présentes signées de nostre main avec quittance dudict de Beauvais sur ce suffisante seullement. Nous voulions ladicte somme de trois mil six cens livres tournois estre passée et
allouée en la despense de vos comptes et rabatue de vos receptes de ladicte commission par nos amez et feaulx les Gens de nos Comptes, auxquels nous vous mandons ainsi le faire faire, sans que de l’achapt de ladicte maison et autres frais et mises que fera iceliuy de Beauvais de ladicte somme vous soyez tenu faire autrement apparoir, dont nous vous avons rellevé et rellevons de grâce especial par nosdictes présentes, car tel est nostre plaisir, nonobstant quelconques ordonnances, restrinctions , mandemens ou deffenses à ce contraires. Donné à Paris, le dernier jour de janvier, l’an de grâce 1 534 et de nostre régné le ai'.n (Arch. nat., KK. 334 , fol. 2 v°.)
(1) Robert de Beauvais a laissé le détail de l’emploi de cette somme dans un manuscrit qui a pour titre : «Compte particullier et unie que rend M. Robert de Beauvais, procureur de la Chambre des Comptes, commis par le Roy à la distribution de la somme de trois mil vic lib. pour l’achapt d’un logis et faire la despense des enfans tirez de l’Hostel Dieu de Paris, appelez les Enfans de Dieu, autrement les Enfans Rouges , pour les années siv° xxxv, xxxvi, xxxvii, xxxvin et xxxix.» (Ibid.)
Après avoir rappelé les diverses dates indiquées par les historiens pour cette fondation, Jaillot écrivait : «Si nous ne savons pas précisément en quel temps François I, à la sollicitation delà Heine de Navarre, accorda une somme de 3, 600 livres pour cet établissement, on peut, du moins en fixer l’époque à l’année 1 534. L’emplacement qu’il occupe fut acquis moyennant 1,200 livres, le 2 4 juillet 1 534. » (T. III, art. xiv, p. 27.)
Il paraît assez singulier que Jaillot n’ait pas connu la date exacte des lettres patentes publiées ci-dessus, puisqu’elle avait été précédemment indiquée par Du Breul. (P. 744.) Quant à l’acquisition de la maison, elle est de l’année i535, ainsi que le constatent les contrats suivants :
«Par devant Guillaume Nicolas et Henry Goguver, nottaires du Roy nostre sire ou Chastellet de Paris, furent presens en leurs personnes noble homme
que la maison eût été appropriée à sa destination spéciale, les premiers enfants recueillis furent placés en nourrice à la campagne et ils entrèrent seulement dans
et saige, maistre Simon de Machault, conseiller du Roy rostre sire et auditeur en sa Chambre des Comptes, et Loyse Bureau, sa femme, de luy suffisamment auctorisée en cesle partie, lesquels de leur bon gré, sans contraiucle, recognuient et confessèrent avoir vendu, ceddé, transporté et délaissé, vendent, cedent, transportent et délaissent du tout, dès maintenant et à tousjours, promirent et promeetent garentir, délivrer et delfendre en jugement et hors, partout où mestier sera, de tous troubles , dons, douaires, arrerages, ypoteques et autres empeschemens quelconques, à noble homme maistre Denis Picot, aussi conseiller dudict seigneur et auditeur en sadicte Chambre des Comptes, ad ce présent, acheteur et acquesteur pour luy, ses hoirs et ayans cause, ou temps advenir, les maisons, court, puis et jardins, les lieux ainsy qu’ils se comportent, assis à Paris, en la rue de Portefoing, près le Temple, ayant yssue en la Cousture du Temple, où sont à présent demourans Nicolas de La Roche et Mathurin Guillaume, appartenant auxdicts mariez vendeurs, du propre de ladicte Loyse Bureau et par la succession de feu noble homme Mary Bureau, son pere, tenant d’une part en partie à Jehan Poussepin et en autre partie à ladicte rue de Portefoing, d’autre part à une ruelle allant à ladicte Cousture du Temple, aboutissant d'un bout à ladicte Cousture du Temple et d’autre bout aux hoirs de feu Marcelot Descordes, chargée la totalité dudict lieu de soixante quatre sols parisis de cens et rente envers l’eglise ou commanderie dudict Temple ou le grant Prieur d’icelle, de la condition dont est ladicte charge et rente, sans autres charges quelconques, pour en joyr par ledict acheteur, ses hoirs et ayans cause et en faire comme de sa chose. Ceste présente vente, cession et transport faicts à ladicte charge que ledict acheteur sera tenu payer doresenavant et en acquitter lesdicts mariez , vendeurs , et oultre moyennant et parmi la somme de douze cens cinquante livres tournois que pour ce iceulx mariez, vendeurs, en confessèrent avoir eue et receue dudict maistre Denis Picot , acheteur, et à eulx payée, comptée et nombrée, presens lesdicts notaires, en or et monnoye courant à présent , dont ils se sont tenus pour contens et en ont quicté et quictent ledict acheteur, ses hoirs et ayans cause. . .En faisant laquelle vente
lesdicts mariez vendeurs ont baillé audict acheteur, presens les notaires, ung brevet signé Pichon et Pichon, dalté de l’an i5a4, le lundi 18e jour de juillet, contenant l’acquisition faicte par ledict deffunt Mary Bureau de Estienne Chartier et Charron, dictl’Evesque, marchant bourgeois d’Orleans, en leurs noms, et encore ledict Charron, comme procureur de Gillon Chartier, sa femme, et de maistre Jehan Chartier, licentié ès loix, maistre Estienne Brachet, aussi licentié ès loix, advocat en court lave audict Orléans, Françoise Chartier, sa femme, maistre Estienne Gayette, procureur en court d’eglise audict Orléans, Katherine Chartier, sa femme, et Claude Chartier, aussy marchant dudict Orléans, des six parts et portions pur indivis dont les sept font le tout desdicles maisons et lieu dessusdicts, auquel brevet est escripte la saisine de ce prinse par ledict deffuncl Bureau, signée Merlier; item ung aultre brevet signé Chenil et Lefevre, datte de l’an i52Ù, le samedi 1 0' jour de septembre, contenant l’acquisition faicte par ledict deffunct Mary Bureau de maistre Michel Chartier, examinateur du Roy nostre sire au Chastellet de Paris, de la septiesme partie desdicts maison et lieu , au dos duquel est escripte la saisine de ce prinse par ledict deffunct Mary Bureau . . .Faict et passé le samedy 2 4e jour de juillet, l’an 1 535. ^ (Arch.nat., KK. 334, fol. 4 v°.)
«■Noble homme maistre Denis Picot, conseiller du Boy nostre sire et auditeur en sa Chambre des Comptes à Paris , confesse avoir déclaré et déclaré par devant les notaires soubscripts que l’acquisition par luy ce jourd’huy faicte de noble homme maistre Simon de Machault, aussi conseiller dudict seigneur et auditeur en sa Chambre des Comptes, et Loyse Bureau, sa femme, des maisons, court, puis, jardin, les lieux ainsi qu’ils se comportent, assis h Paris, en la rue de Portefoing, près le Temple ... a esté et est des deniers pour et ou prouffit de noble seigneur messire Jehan Brissonnet, chevalier, conseiller du Roy nostre sire et president en sadicte Chambre des Comptes, lequel lui auroit baillé ladicte somme de douze cens cinquante livres tournois pour ce faire. A ceste cause, ledict maistre Denis Picot, en tant que mestier seroit ou est, voullant user de bonne foy, a ceddé, transporté et délaissé et promect garentir de ses faicts
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le nouvel hôpital le 2 décembre i536W. La chapelle que l’on avait bâtie au cours de cette année fut bénie, le 7 avril 1 5 4 5 , par l’évêque de Mégare et dédiée en 1 5 5 1 par l’évêque de Saint-Malo (2).
François Ier, par ses lettres patentes du mois de janvier 1 5 3 7 enregis-
audict messire Jehan Brissonnet, présent, ce acceptant, pour luv, ses hoirs et ayans cause, tous droicts de propriété, noms, raisons, actions et autres quelconques qu’il a et peult avoir ès lieux dessusdicts au moyen et à cause de ladicte acquisition. . .Faict et passé le samedi 2 4e jour de juillet, l’an i535.» (Arch. nat. , KK. 334, fol. 6.)
rrMessire Jehan Brissonnet, chevalier, seigneur du Plesseys Bideau, conseiller du Roy nostre sire et president en sa Chambre des Comptes, confesse avoir déclaré et déclaré par devant les notaires soubscripts que la somme de douze cens cinquante livres tournois par lui ce jourd’huy baillée à maistre Denis Picot, auditeur en ladicte Chambre des Comptes pour faire l’acquisition que ledict Picot a faicte de maistre Simon de Machault, auditeur en ladicte Chambre des comptes, et Loyse Bureau, sa femme, des maisons, court, puis et jardin, ainsy qu’ils se comportent, assis à Paris, en la rue de Portefoing, près le Temple, . . . , a esté et faict portion des trois mil six cens livres tournois que le Roy, nostredict seigneur, a ordonné estre mis ès mains de Robert de Beauvais, pour icelle somme convertir, employer et distribuer par l’advis et ordonnance dudict Brissonnet en l’achapt d’une maison et lieu propre à loger et retirer les povres enfans que l’on a accoustumé recepvoir en l’Hostel Dieu de Paris, ainsy que plus amplement le contiennent les lettres patentes du Roy , nostredict seigneur, en datte du derrenier jour de janvier l’an 1 534 ; par quoy, en voullant par ledict Brissonnet user de bonne foy, comme la raison est, en tant que besoing seroit, a faict cession et transport, sans aucune garentie, auxdicts povres enfans, les notaires sousbcripls slipullans et acceptons pour eulx et leurs successeurs povres enfans, suivant le vouloir et ordonnance du Roy, nostredict seigneur, et partant icelluy de Beauvais demeure quicte et deschargé de ladicte somme de douze cent cinquante livres tournois faisant portion d’icelle somme de trois mille six cens livres, comme dict est. . .Faict et passé le samedv 24e jour de juillet, l’an i535.» (Ibid., fol. 7.)
ll) Le compte détaillé de Robert de Beauvais porte en effet la mention d’une somme spéciale :
«pour la nourriture desdicts petiz enfans tant en la ville que aux champs où ils ont esté mis pour estre nourriz et allectez, du jour que l’on les a tirez dudict Hostel Dieu et en attendant que la maison et hospital où de présent ils sont retirez fut acquise et appropriée pour les loger et nourrir. r, (Arch. nat., KK. 334, fol. 2t.)
Dans ce même compte, la première semaine du séjour des enfants dans l’Hôpital est indiquée comme «escheant le samedi 9' jour du mois de décembre i536». (Ibid., fol. 27 v°.)
(2) Sauvai nous apprend que l’on avait eu soin de rappeler dans cette chapelle le souvenir des deux fondateurs de l’hôpital :
«Cette fondation se voit dans une des vitres du chœur où le Roi, Marguerite, reine de France, sa sœur unique, et Briçonnet, sont peints excellemment après le naturel; là, le prince et la princesse caressent des Enfans rouges avec certaines attitudes dignes de leur majesté et de leur âge ; ces enfans sont auprès d’eux qui sautent de joie comme pour témoigner leur reconnaissance, » (T. I, p. 3g4.)
D’autre part, Robert de Beauvais avait noté dans son compte la dépense suivante pour une inscription apposée au dehors de l’Hôpital :
«A ung painctre pour avoir painct contre la muraille de ladicte maison ung epitaphe faisant mention de la fondation que le Roy y a faicte, la somme de vi sols tournois.» (Arch. nat. , KK. 334, fol. 6.)
«François, par la grâce de Dieu Roy de France, à tous presens et à venir salut. Comme nostre très chere et aimée seur unicque, la Royne de Navarre, nous eust par cy devant adverty des grandes paovretez , miseres et calamitez que souffroient et portoient les petits enfans non malades, délaissez de leurs peres et meres malades, estrangers ou morts en l’Hostel Dieu de nostre bonne ville et cité de Paris, à faute que ausdicts petits enf ns après le trespas de leursdicts peres et meres n’estoit pourveu et n’estoient lesdicts petits enfans tirez hors dudict Hostel Dieu ouquel l’air est gros et infect, à l’occasion de quoy ils tomboient en peu de temps après en maladie de laquelle ils mouroient, nostredicle seur nous eust humblement supplié et requis par compassion qu’elle a eu aux
trées au Parlement le ier mars et à la Chambre des Comptes le 6 mars, déclara que l'établissement créé à la requête de sa sœur était de fondation royale et avait pour objet spécial de recevoir les enfants trouvés à l’Hôtel-Dieu , sauf ceux natifs de Paris qui étaient placés à l’Hôpital du Saint-Esprit, et les bâtards dont le chapitre de Notre-Dame avait assuré l’entretien. Ces enfants devaient être vêtus de drap rouge et nommés les Enfants-Dieu; mais, en raison de leur costume, ils furent bientôt désignés sous l’appellation populaire d’Enfants rouges.
Pour assurer des ressources à l’établissement, des lettres missives du 5 décembre 1 5 3 8 , confirmées par divers arrêts du Parlement du 11 décembre suivant et des 17 janvier et 1 1 mars 1 5 3 9 , permirent de faire des quêtes en faveur des Enfants-Dieu dans les églises de Paris. D’autres lettres du 18 janvier 1 5 4 1 confirmèrent les pouvoirs donnés au président Briçonnet comme tuteur, cura-
petits enfans et pour aucunement leur subvenir et aider à les fane vivre, à quoy volontiers et de bon cœur eussions acquiescé et asseuti, et pour achepter maison et logis, pour les retirer dudict Hostel Dieu et leur servir d’hospital, aurions ordonné la somme de trois mille six cens livres tournois, laquelle auroit esté baillée et mise ès mains de Robert de Beauvais, lequel de ladicte somme eust acquis et acbepté une maison en nostre ville de Paris, près du Temple, par ordonnance de nostre amé et féal conseiller et president de nos Comptes à Paris, messire Jean Briçonnet, chevalier, suivant nostre vouloir, en laquelle sont à présent retirez lesdicts petits enfans , et pour ce que en faisant par luy ladicte acquisition de ladicte maison a esté obmis qu’elle seroit et a esté faitte de nos deniers , et par nous et en nostre nom, servant d’hospital pour lesdicts petits enfans, ainsy que a esté et est encore de présent nostre vouloir et intention et que de ladicte maison ayons esté et soyons acquereur et fondateur, sçavoir faisons que nous, ces choses considérées, et à ce que ledict hospital soit dict et réputé de nostre dotation et première fondation, avons déclaré et déclarons que pour l’honneur de Dieu et en charité nous avons donné et aumosné ladicte somme de trois mil six cens livres tournois à la priere et requeste de nostredicte seur et icelle faictbailleret délivrer audict de Beauvais des deniers qui sont par cy devant provenus des amendes taxées à l’encontre de ceux qui ont esté trouvez delinquans au faict d’usure, et ce tant pour convertir et employer pour nous et en nostre nom par ordonnance dudict president Briçonnet en Pacha pt
de la maison que autres choses necessaires ausdicls paovres petits enfans qui ont esté et seront d’ores en avant trouvez dans ledict Hostel Dieu, fors et exceptez ceux qui sont orphelins, natifs et baptizez à Paris et ès fauxbourgs , que l’Hospital du Sainct Esprit doit prendre, selon l’institution et fondation d’iceluy, et les bastards que les doyen, chanoines et chapitre de Paris ont accoustumé de recevoir et faire nourrir pour l’honneur de Dieu, et en outre voulons et nous plaist, de nostre certaine science, pleine puissance et auctorité royale que lesdicts petits enfans soient d’ores en avant vestus et habillez de robbes et vestemens de drap rouge, en signe de charité et perpétuellement nommez les Enfans Dieu; si donnons en mandement par cesdictes présentes à nos amez et féaux conseillers, les gens tenans nostre cour de Parlement, gens de nos Comptes, Prévost de Paris ou son lieutenant et à tous nos autres justiciers et 0 (liciers ou à leurs lieutenans et à chascun d’eux, si comme à luy appartiendra, que ces présentes ils fassent lire, publier et enregistrer ès papiers de leurs cours et juridictions, et le contenu en icelles entretenir, garder et observer selon leur forme et teneur, sans aller ne venir, ni souffrir aller et venir au contraire en aucune maniéré, car tel est nostre plaisir; et afin que ce soit chose ferme et stable à tousjours , nous avons faict mettre nostre scel à ces présentes, sauf en autres choses nostre droict et l’autruy en toutes. Donné à Paris, au mois de janvier, l'an de grâce 1 536 et de nostre régné le 23e. » (Arch. nat., KK. 334, fol. 10; — Félibien, t. HT, p. 616.)
ÉPITAPHIER DV VIEVX PARIS
ÉGLISE COLLÉGIALE ET PAROISSIALE DE SAINT-ÉTIENNE -DES-GHÉS
HÔPITAL DES ENFANTS-ROUGES
teur et administrateur de la maison, en assimilant ses fonctions à celles des gouverneurs de l’Hôpital du Saint-Esprit en Grève W.
Le 27 mai i54i, par des lettres enregistrées au Parlement le 2 juin suivant^
(1) D’après Jaillot, à peine cet établissement éloit il formé que François I ordonna que ces Enfants Dieu fussent mis dorénavant a l’Hôpital du S. Esprit; l’arrêt du 23 janvier i53g, qui constate celte volonté du Roi, n’en apprend point les motifs.» (T. III, art. xiv, p. 28.)
Le texte de l’arrêt auquel Jaillot fait allusion et qui, d’ailleurs, ne fut suivi d’aucun effet, nous a été conservé par Félibien :
«Du jeudi xxm janvier [ 1 5 3q] , mane. Ce jour le procureur general a dict à la court que le jour d’hier, après disner, le Roy lui commanda dire à ladicte court qu’il voulloit et son plaisir estoit que les enfans nommez les Enfans Dieu, délaissez de leurs peres et meres decedez en l'Hostel Dieu de Paris, fussent mis doresenavant à l’Hospital du Sainct Esprit en ceste ville de Paris et que les aumosnes qui avoient esté faictes et seroient auxdicts enfans fussent appliquées et baillées audict Sainct Esprit. » (T. IV, p. 696.)
(2) crFrançois, par la grâce de Dieu Roy de France, à nos amez et feaulx conseillers les gens de nostre cour de Parlement, de nos Comptes, Prévost de Paris et autres salut et dillection. Comme ainsy soit que dès l’an 1 5 3 A , le derrenier jour de janvier, nous ayons donné à la grande priere et requeste de nostre très chere sœur et unique, la Royne de Navarre, des deniers des condempnations des usures la somme de trois mil six cens livres tournois pour employer en l’achapt d’une maison en nostre bonne ville et cité de Paris pour retirer et loger les povres enffans orphelins estrangers que leurs peres et meres malades, venans à l’Hostel Dieu de Paris pour estre pensez, delaissoient après leur trespas, sans ayde ni secours de personne qui les recueillist et retirast, encores qu’ils fussent sains, à l’occasion de quoy et pour le gros air qui est oudict Hostel Dieu ils mourroient quelque peu de temps après, sans nul excepter, comme nous est apparu par information sur ce faicte par nostre ordonnance , et pour esviter pour l'advenir ledict inconvénient auroit esté ladicte maison acheptée pour retirer tels maniérés d’enfans orphelins, ce qui auroit esté faict jusques icy par personnages auxquels en aurions donné la charge, et pour ce que en faisant ladicte première fondation n’auroit
point esté dict par nous que il n’y auroit en lar'icte maison autres enfans orphelins que ceux qui seroient tirez dudict Hostel Dieu, et que avons esté averty que de ceulx qui en ont esté tirez jusques ici nos bons bourgeois et bourgeoises de Paris en prennent beaucoup tant pour s’en servir que pour apprendre leur mestier et quelquefois en don, quand ils n’ont point d’enfans, pour les nourrir pour l’amour de Dieu , tellement que ledict nombre receu est fort diminué et est pour encores plus doresnavant diminuer, à l’occasion de l’amour que lesdicts bourgeois et bourgeoises leur portent et les demandent pour les raisons dessusdictes ; à ceste cause et pour nourrir ceste charité qui a esté commencée, qui vient de Dieu et non des hommes , et la multiplier tous les jours de plus en plus et croistre le nombre des enfans povres orphelins estrangers qui n’ont biens meubles ny immeubles et leur faire apprendre la loi de Dieu, bonnes mœurs et conditions, qu’ils soient gens de bien pour l’advenir et que Dieu premièrement, nous et la chose puhlicque en puissions estre servi en plusieurs maniérés cy après, avons statué et ordonné, statuons et ordonnons, voulions et nous plaist qu’il soit loisible à celui qui de présent a le gouvernement de ladicte maison et Hospital des Enfans de Dieu et à ses successeurs en ladicte eglise, et affin que charité ne soit oisive, de prendre des enfans orphelins estrangers, povres et indigens, oultre ceulx tirez dudict Hostel Dieu, qui seront des villages en la banlieue de Paris seullement, caries enfans orphelins de ladicte ville et fauxbourgs se recoipvent en l’Hospital du Sainct Esprit de tout temps, et autrement que là où il ne se trouveroit assez d’enfans en ladicte banlieue pour emplir ladicte maison et Hospital des Enfans de Dieu, nous voulions et nous plaist que l’on en puisse prendre par charité des . autres villages prochains de ladicte ville et du diocèse et proche de Paris, et jusques à l’aage de dix ou douze ans et au dessous, et tant que ladicte maison en pourra loger, porter et nourrir, espérant que Nostre Seigneur, qui est charité hiv mesme, leur aidera à vivre et qu’ils seront du fruict à luy , à nous et à la chose puhlicque de nostre royaume comme subjects; et pour ce que nous avons esté adverti que ledict hospital est povre et qu’il n’a revenu
et le lendemain à la Chambre des Comptes, François Ier modifia la destination primitive de la maison, en décidant qu’elle recevrait les orphelins des villages du diocèse de Paris, autant quelle pourrait en loger et que ses fonds lui permettraient d’en entretenir. Pour accroître ses ressources, il autorisa les gouverneurs à faire des quêtes de pain et d’aumônes dans Paris, et les dimanches et jours de fêtes dans les églises des paroisses qui auraient des enfants à l’hôpital. Enfin, par ses lettres du 20 mai i5Ô2, enregistrées le k septembre suivant, il régla définitivement l’organisation administrative de l’établissement en prescrivant qu’il aurait désormais à sa tête, outre le président Briçonnet, quatre administrateurs nommés par le Prévôt des marchands et les échevins de Paris et tenus de prêter serment, comme les gouverneurs de l’Hôtel-Dieu h). Ces nouveaux administrateurs furent installés le 16 septembre (2b
suffisant pour nourrir et alimenter lesdicts enfans, nous voulions et nous plaist qu’il soit loisible aux gouverneurs dudict hospital qui sont et seront cy après de envoyer tous les jours, comme font les Quinze Vings, qui sont de fondation royale comme îedict hospital, parmy ladicte ville de Paris et par les sept quartiers d’icelle, par ordre, tels personnages qu’ils adviseront pour quester et demander le pain pour lesdicts enfans en aumosnes , pour leur vivre, et au lieu des religieux des Rillettes qui seullement par cy devant questoient leur pain pour lapovreté qu’ils avoient, mais de présent et depuis vingt ans ou vingt un ans en ça ne questent plus parce qu’ils sont hors de povreté et ont de quoi vivre; nous voulions aussy et nous plaist qu’il soit loisible audict gouverneur de faire quester les dimanches et les festes par les églises et paroisses des villages dudict diocese desquelles il y aura des enfans orphelins nourris audict hospital, afin que la charité soit réciproque. Si donnons en mandement ànosdicts gens du Parlement, des Comptes et Prévost de Paris et autres qu’il appartiendra que nos presens statuts, ordonnance et déclaration ils fassent lire, publier et enregistrer, iceulx gardent entretiennent et observent , feront entretenir, garder et observer de poinct en poinct, selon leur forme et teneur, car tel est noslre plaisir. Donné à Chastellerault, le 27' jour de may, l’an de grâce i54i et de nostre régné le 27e.»
(1) « François, par la grâce de Dieu Roy de France, à nos amez et feaulx les gens de nostre court de Parlement à Paris, salut et dilection. . . Pour ce est-il que nous qui desirons que Iedict hospital qui est encores pauvre , viengne à perfec¬
tion et augmentation de biens, pour la nourriture et enlretenement desdicts enfans de Dieu et orphelins et estrangiers, ce qui se fera plus aisément quant il sera régi et gouverné par plusieurs que par ung seul, avons voulu et décrété, voulons et décrétons et nous plaist que nos chers et bien amez les Prévost des marchans et eschevins de nostre bonne ville et cité de Paris eslisent quatre personnaiges avecques Iedict Briçonnet, de ceulx qu’il leur conviendra pour ceste foys et qui seront propres pour ce faire et voisins dudict lieu, et, après le deced d’eulx ou cession de ladicte charge par aucuns d’iceulx, lesdicts Prévost et eschevins en eslisent d’autres comme ils adviseront et les plus prochains dudict hospital qu’ils pourront, pourveu qu’il y en ait aucuns nos officiers, et iceulx esleus vous seront présentez pour en recevoir le serment , comme font les gouverneurs de l’Hostel Dieu, duquel Iedict hospital est esclipse, voulant neantmoins que les gouverneurs dudict hospital se reiglent en leurs négoces et affaires en la forme et maniéré de ceulx du Saint Esperit de noslredicte ville en ce qui ne sera contraire à ce que desjà et par cy devant avons establv et ordonné par nos lettres patentes. . .Donné à Bayonne, le 20' jour de may, l’an de grâce i542 et de nostre régné le 28e. . . ^ (Arch. nat., X14 861 3, fol. 358.)
(2) trDu samedy xvi septembre. Ce jour messire Jean Briçonnet, chevalier, premier president ès Comptes et par le Roy commis à l’administration , régime et gouvernement de l’Hospital des Enfans de Dieu orphelins, près le Temple de ceste ville, est venu en icelle court, lequel, suivant les lettres patentes dudict seigneur, enregistrées en icelle
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Au mois d’octobre 1676, Nicolas Houel, bourgeois de Paris, avait obtenu des lettres patentes, enregistrées au Parlement le 18 décembre W, pour la fondation
court dès le jour de ce présent mois de septembre, a dict que par le Prévost des marchands et eschevins de cette ville et luy, à sa nomination pour ceste fois, auroient esté esleus le seigneur d’Yverny, maistres des Requestes, MM. Michel Tambonneau et Antoine Petremol, maistres des Comptes, et Wast de Marie, seigneur de Vaugien, pour coadjoucleurs avec ledict Briçonnet audict, gouvernement et administration dudict Hospital des Enfans Dieu, lesquels il a présenté à ladicte court pour d’iceux recevoir par elle le serment, comme faisoient les gouverneurs de l’Hostel Dieu de cestedicle ville, duquel ledict Hospital
estoit esclipse . » (Félibien, t. IV, p. 703.)
(l) rrHenry, par la grâce de Dieu Roy de France et de Pologne, à tous presens et advenir: Nos prédécesseurs Roys ont acquis le nom de très Chrestiens pour les bons offices qu’ils ont tousjours faicts envers la saincte Eglise apostolicque et charité qu’ils ont exercé envers les pauvres, pour la nourriture et entretenement desquels ils ont faict plusieurs belles et grandes fondations dont les pauvres ont esté et sont encore chascun jour secouruz; mais d’aultant que les miseres et calamitez ont creu le nombre desdicts pauvres, aussi est ce besoing de leur pourveoir et les secourir de remedes propres au temps, mesme en nostre bonne ville de Paris où ils affluent plus que en nul autre lieu de ce royaume; sur quoy nostre cher et bien amé Nicolas Houel, marchant appoticquaire , espicier et bourgeois de nostre ville de Paris, nous a présenté certaines instructions pour dresser, fonder et dotter une maison de charité en laquelle sera nourry et institué ung bon nombre d’enfans orphelins à pieté, servir et honorer Dieu, aux bonnes lettres et par après en l’art d’appoticquairerie , et où seront préparées, fournies et administrées gratuitement toutes sortes de medicamens et remedes convenables aux pauvres honteulx de nostredicte ville et fauxbourgs de Paris pour estre secouruz en leurs infirmitez et maladies; lesquelles instructions nous aurions renvoiées au trésorier de France à Paris et depuis à nos amez etfeaulx eonseilîiers et presidens en nos courts de Parlement, Chambre des comptes et Generaulx des Aydes à Paris et à nos advocals et procureurs generaulx en nostredicte court de Parlement pour nous donner advis, ce qu’ils ont
faict , après avoir sur ce oui les gouverneurs et commissaires du Bureau des pauvres de la Trinité et Enfans Rouges de nostredicte ville de Paris, et ont trouvé ladicte londation et institution de grand fruict et ulillité pour le secours des pauvres honteulx , affligez de maladies, qui seront gratuitement traictez, pensez et medicamentez en leurs infirmitez; lequel advis ayant esté veu en nostre privé Conseil, auquel nous avons mis cest affaire en deliberation, avons icelle fondation approuvée, auctorisée et omologuée, approuvons, auctorisons et omologuons par ces présentes, et, suivant ledict advis , avons ordonné et ordonnons que ladicte maison de charité sera fondée et instituée en la maison des Enfans Rouges de nostredicte ville de Paris, qui a esté trouvée commode, capable et spacieuse par la visitation qui en a esté faicte, et laquelle se pourra accroistre des places voisines que on y pourra adjouster avec le temps, et là sera nourry et entretenu certain nombre d’enfans orphelins ou autres enfans, nez en loyal mariage, désignez et instituez à pieté et service divin , selon l’ordre qui en sera estably, et aux bonnes leclres , et par après en l’art d’appoticquairerie, et y seront préparées, fournies et administrées gratuitement toutes sortes de medicamens et remedes convenables aux pauvres honteulx de nostredicte ville et fauxbourgs de Paris, en leurs infirmitez et maladies; pour la dotation de laquelle et afin de commencer à icelle establir et inviter à nostre imitation toutes personnes charitables à y aulmosner et eslargir de leurs biens, nous avons donné et aulmosné, donnons et aulmosnons à ladicte fondation tous les deniers qui proviendront de la recherche des comptes des Iloslel Dieu, léproseries, maladreries et confrairies de ce royaume et des malversations commises par les gouverneurs et administrateurs d’icelles, lesquels deniers nous voulons estre employez à ladicte fondation et non ailleurs ni autres elfects, enjoignant à nos procureurs generaulx et autres nos procureurs des juridictions ordinaires de suivre les poursuites desdietes recherches et de faire mectre fesdicts deniers ès mains de ceulx cpii seront ordonnez pour en faire la recepte et despense. Si donnons en mandement à nos amez et feaulx les gens de nostre court de Parlement et Chambre des comptes de Paris que ces présentes ils fassent lire, publier et
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d’une maison de charité, où l’on apprendrait à des orphelins l’art de la pharmacie et où l’on préparerait des médicaments qui seraient distribués gratuitement aux pauvres de Paris. Cette institution devait fonctionner dans l’Hôpital des Enfants- Rouges. Mais le projet ne fut pas mis à exécution dans les conditions prescrites, et, le 2 janvier 1579, 1111 arr<?t du Parlement donna à Nicolas Houel, pour y installer son établissement, l’ancien hôpital deLourcine, alors désert et abandonné, qui devint la maison de la Charité Chrétienne.
L’Hôpital des Enfants-Rouges occupait un vaste emplacement compris entre les rues Portefoin et du Grand-Chantier. La chapelle primitive, qui avait été transformée en église, était régulièrement orientée et s’élevait en bordure sur la rue Portefoin W; au nord se trouvaient les bâtiments affectés aux enfants avec de vastes cours et les logements et jardins des ecclésiastiques. En 1597, le Bureau d’administration avait acquis un terrain du Grand prieur du Temple, rue de la Corderie, sur lequel fut construite une maison que l’on donna en location. Une autre maison, rue de la Corderie, fut achetée le 21 avril 1 6 4 6, et deux autres, sises rue du Grand-Chantier, furent adjugées à l’Hôpital par décret du Châtelet, le 6 juillet 1678. Le modeste revenu de ces immeubles constituait la seule ressource fixe de l’établissement; aussi ne pouvait-il subsister que grâce aux produits des quêtes et aux aumônes; les fondations pieuses, qui assurèrent à Paris l’existence de tant d’institutions religieuses ou charitables, paraissent lui avoir fait presque complètement défaut®.
enregistrer, garder, observer et entretenir de poinct en poinct selon que tel est nostre plaisir, nonobstant quelconques ordonnances et lettres à ce contraires ; et afin que ce soit chose ferme et stable à tousjours, nous avons faict mettre nostre scel auxdictes présentes, sauf en autres choses nostre droict et l’autruy en toutes. Donné à Paris, au mois d’octobre, l’an de grâce 1576, et de nostre régné le 3e. s (Arch. de l’Assistance publique.)
(1) Une requête présentée, en 1674, par les administrateurs à l’archevêque de Paris signale diverses transformations qu’il fut nécessaire d’opérer à cette époque dans le bâtiment de l’église :
ff Monseigneur l’archevesque de Paris, duc et pair de France, supplient humblement François Briçonnet, seigneur de Millemont et autres lieux, president aux Enquestes, François Fraguier, conseiller en la Grande Chambre du Parlement de Paris, gouverneurs et administrateurs de l’Hospital des Enfans de Dieu, dits Rouges, de cette ville de Paris , disans que la pauvreté dudict hospital estant si grande que l’on a peinne à les faire subsister et norrir, l’on est obligé de se servir d’une place tout
contre l’eglise pour y faire bastir, ce que l’on ne peut faire sans se servir du mur d’un des costez de feglise, sur lequel il est besoing d’exhausser et continuer le mur pour servir à la construction et perfection de ladicte maison à bastir, laquelle aura face sur la rue du Grand Chantier, comme aussi de faire une grande arcade dans le mur de l’autre costé de l’egiise, à la place de deux croisées, pour la construction d’une tribune pour mettre les prestres et petits enfans pour chanter l’ofîice et entendre la messe, et aussi pour par ladicte tribune faire entendre les voix dans l’eglise aux assistans à l’office; comme aussi de faire des feneslres dans le cul de lampe de l’eghse pour y donner la lumière necessaire pour faire l’office et eslargir dans ce lieu les croisées de ladicte eglise; ce que considéré, Monseigneur, il vous plaise accorder aux supplians
la permission de ce que dessus . " (Arch. de
l’Assistance publique. )
(2) La Déclaration des biens du 17 juillet 1753 fournit quelques renseignements sur ces propriétés :
rr Ledit hôpital est detempteur et proprietaire : i° d’un grand emplacement sur lequel sont con-
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Dans ces conditions, le Bureau d’administration s’attachait avec juste raison à réduire le plus possible les charges de la maison, ce qui suscita des contestations avec les administrateurs de l’Hôtel-Dieu. Le 26 juin 16/16, ceux-ci présentèrent une requête au Parlement en vue d’obtenir que l’Hôpital des Enfants-Rouges fût obligé de recevoir sans distinction de sexe, comme l’Hôpital du Saint-Esprit, tous les enfants non malades des pauvres décédés à l’Hôtel-Dieu, tandis que jusqu’alors il 11’avait admis que les garçons. Les gouverneurs des Enfants-Rouges répondirent qu’ils 11’avaient jamais refusé les enfants qui leur étaient présentés dans les conditions prescrites par les lettres de fondation, mais qu’il ne leur était pas possible d’admettre des filles, puisqu’ils n’avaient pas de maison séparée pour les loger, ni de femmes pour les soigner et les instruire. Le 7 mars 16Ô7, le Prévôt des marchands intervint dans l’instance pour appuyer ces conclusions. Un arrêt du Parlement du 7 septembre 1 6 5 5 régla le différend et donna gain de cause aux administrateurs de l’Hôpital, en décidant qu’ils ne recevraient que les enfants mâles: mais ceux de l’Hôtel-Dieu devaient être admis de préférence; ceux des faubourgs et de la banlieue de Paris 11e pouvaient être acceptés que s’il y avait des places disponibles et sous réserve du consentement des administrateurs de l’Hôtel-Dieu, dont l’un des membres devait être adjoint aux gouverneurs de l’Hôpital des Enfants-Rouges.
En 1680, lorsque Louis XIV eut réuni les administrations de l’Hôpital-Général et de l’Hôpital des Enfants-Trouvés, qu’il avait récemment fondés, il prescrivit par une déclaration du 28 mars, enregistrée au Parlement le 12 avril suivant, que l’Hôpital des Enfants-Rouges serait aussi rattaché à celui des Enfants-Trouvés. Cette mesure, qui avait été provoquée par l’insuffisance des revenus de l’établissement W, ne fut cependant pas mise à exécution, et l’Hôpital conserva pendant un
struits l’egiise, plusieurs balimens, cours et enclos dudit hôpital dans lequel est compris un petit batiment actuellement occupé par un charron, faisant le coin de la rue de la Gorderie et de la rue de Beauce , situé en cette ville , partie au bout de la rue Portefoin, en partie sur la rue du Grand- Chantier. . . , tenant d’un côté par ladite rue Portefoin à M. Le Leu , d’autre côté par la rue du Grand- Chantier, dite des Enfants Rouges , aux deux maisons cy-après, par derrière à la rue de la Corderie et à la rue de Beauce et par devant sur lesdites rues Portefoin et du Grand-Chantier; 2° de deux maisons se tenantes l’une l’autre, scizes rue du Grand- Chantier ou des Enfants Rouges, joignantes d’un côté audit emplacement dudit hôpital , d’autre côté à M. de Neuillv, par derrière audit hôpital et audit sieur de Neuilly, et par devant sur ladite rue; 3“ de deux maisons scizes rue de la Corderie, l'une
joignant d’un côté le sieur Dubois, d’autre côté à Mmo de Bretteville, auparavant M“c de Fieubet, par derrière à une maison de religieux du Temple , et par devant sur ladite rue de la Corderie, et l’autre maison tenante d’un côté à ladite dame de Bretteville, d’autre côté audit hôpital par derrière à M. Descoloviard et par devant sur ladite rue de la Gorderie; 4° et d’une maison faisant le coin des rues du Temple et de la Corderie, joignant d’un côté par la rue du Temple au sieur Dauhichon , d’autre côté par la rue de la Corderie au sieur Dubois, par derrière auxdits sieurs Dubois et Daubichon et par devant sur ladite rue du Temple, v (Arch. de l’Assistance publique.)
(1) a Louis, par la grâce de Dieu Roy de France et de Navarre, à tous ceux qui ces présentes lettres verront salut. L’Hospital des Enfans Rouges de nostre bonne ville de Paris ayant esté fondé
siècle encore son organisation distincte; mais, même en réduisant le nombre des enfants qu’il admettait, il ne put arriver à subsister que grâce aux ressources qui lui étaient fournies par l’Hôpital des Enfants-Trouvés et par d’autres institutions charitables de Paris. Par un arrêt du 6 mars iy33, le Parlement avait dû lui confirmer le droit de quête dans les églises de Paris, qui était parfois contesté. Dans la seconde moitié du xvme siècle, les difficultés de la situation ne firent que s’accroître, et le Bureau d administration décida, par une délibération en date du 2 3 mars 1772, qu’il y avait lieu de solliciter des lettres patentes pour régler sur de nouvelles bases le fonctionnement de l’Hôpital M.
parle Roy François I, dès l'année 1 5 36 , pour y élever les pauvres enfans dont les peres et meres etrangers meurent dans ITIostel Dieu de ladite ville, celte pieuse intention n’auroit pas esté exécutée dans la suite et l'on y a reçu seulement quelques enfans , suivant que les administrateurs ont jugé à propos de les choisir, et comme il n’est pas raisonnable que l’Hostel Dieu chargé d’une grande dépense pour les pauvres malades de ladite ville soit encore obligé d’avoir soin des pauvres enfans de cette qualité, ni que l’on les porte à l’Hospital des Enfans Trouvez établi depuis peu d’années en ladite ville et qui se trouve présentement chargé de plus de deux mille trois cens enfans, entre lesquels il y en a un très grand nombre de cette qualité sans qu’ils jouissent des biens destinez à cet effet pour en soutenir partie de la dépense, à ces causes et apres avoir fait mettre cette affaire en deliberation en notre Conseil, de l’avis d’icelui et de notre certaine science, pleine puissance et autorité royale, nous avons joint et uni, joignons et unissons par ces présentes signées de notre main l’administration des Enfans Rouges, fondés en notre bonne ville de Paris, à celle de l’Hospital des Enfans Trouvez pour etre faite dorénavant par les directeurs de l'Hospital general commis pour avoir
la direction des Enfans Trouvez . . à la charge
d’en employer les biens à la nourriture des Enfans orphelins dont les peres et meres étrangers meurent dans l’Hostel Dieu et à celle des autres enfans exposés ou abandonnés , s’il y en avoit de l’este; leur permettons de disposer à cet effet des fonds et revenus desdits biens et de les gouverner en la meme maniéré qu’ils ont promis de gouverner ceux dudit Hospital general et celui des Enfans Trouvez, à la charge de faire acquitter toutes les fondations de services et autres qui se trouveront faites dans ledit Plospilal des Enfans Rouges, ainsi
qu’il a été fait jusqu’à celte heure et qu’il sera réglé, si besoin est, par notre très cher et bien amé cousin, l’archeveque de Paris, et seront les enfans estant audit Hospital des Enfans Rouges transferez à l’Hospital general de Paris, pour y etre instruits, nourris et elevés, ainsi que les autres pauvres
d’icelui . Donné à Saint Germain en Paye, le
23° jour de mars, l’an de grâce 1G80.» (Arch. de l’Assistance publique.)
(l) Dans cette délibération, le Bureau rappelait l’insuffisance permanente de ses ressources :
rrSi on considéré les revenus et charges de cet hôpital, voici ce qui en resuite :
ail lui appartient des maisons et des rentes qui produisent de revenus fixes 5,970tt, et il a en revenus casuels provenants tant de la sacristie que du bail des chaises , de quelques aumônes et autres objets 5,4iôtt, i4 s. , ce qui ne compte qu’un revenu de n,384tt,i4 s.
cr Mais la dépense, année commune, depuis 1765, temps auquel le nombre des enfans a été réduit de 80 a Go, monte à 26,629^13 s., en sorte quelle excede la recette de i5,2Ô4tt, 19 s; que cet excédent de dépenses auroit mis l’Hôpital des Enfans Rouges dans une impossibilité absolue de subsister, si le supplément qui lui etoit si necessaire ne lui eut été fourni; mais l’Hôpital des Enfans trouvés qui s’est chargé des liahillemens des enfans , des gages des employés, des frais de la sacristie, de l’entretien des batimens, des besoins journaliers et des dépenses extraordinaires, a fourni chaque année 2,25àM,i5 s. au delà des revenus fixes et casuels dont il a fait la recette; la maison de Scipion fournit le pain, la viande, le vin, la farine, le son, le bois et le charbon montant à io,793tt,i4 s., et le magasin de la Pitié a fourni le sel , le beurre, le fromage, l’huile, les légumes et les autres denrées necessaires montantes à 2,197^ en sorte que
HÔPITAL DES ENEANTS-ROUGES
Louis XV, par ses lettres du mois de mai suivant, enregistrées au Parlement le 5 juin, supprima l’Hôpital des Enfanis-Houges et unit ses biens et revenus à celui des Enfants-Trouvés. Les deux établissements devaient être désormais régis et administrés par les directeurs de l’Hôpital-Général qui étaient autorisés à disposer des terrains, des bâtiments et du mobilier des Enfants-Rouges, sauf à continuer l’acquit des fondations d’après les prescriptions de l’archevêque de Paris W. Quatre ans après, le Bureau d’administration décida de procéder à la vente des immeubles qui avaient appartenu aux Enfants-Rouges. L’ensemble fut distribué en cinq lots dont le principal, comprenant l’ancien hôpital, l’église et une maison attenante, fut cédé, par contrat du 6 août 1777, aux Pères de la Doctrine Chrétienne, résidant à Saint-Julien des Ménétriers, qui avaient obtenu l’autorisation d’effectuer cet achat par lettres patentes du mois de mars précédent (2), enregistrées au Parlement le 19 juillet; les trois autres lots avaient été adjugés le 3i janvier 1776, pour une somme de 62,600 livres, et l’administration de l’Hôpital avait gardé le cinquième lot. Un mandement de l’archevêque de Paris,
ce n’est qu’au moyen de ces ressources étrangères à la fondation des Enfans Rouges et aux dépens des autres maisons que cet hôpital a subsisté jusqu’à ce jour.
«Sur quoi, la matière mise en deliberation , il a été arrêté que quoique le Bureau put croire être suffisamment autorisé par les lettres patentes du 23 mars 1680 et procéder à une suppression et union depuis trop longtemps différée, cependant ne pouvant marquer une attention trop respectueuse sur tout ce qui peut concerner un etablissement qui est de fondation royale, Sa Majesté sera suppliée d’accorder de nouvelles lettres patentes à cet effet. » (Arch. de l’Assistance publique.)
(1) On lit dans le procès-verbal des délibérations du Bureau , à la date du 6 juillet 1772 :
rcM. le Procureur general a présenté au Bureau un exemplaire imprimé des lettres patentes du Roy données à Versailles, au mois de may dernier, registrées au Parlement le 5 juin suivant, portant suppression de l’Hôpital des Enfans Rouges et reunion de ses biens et revenus à celui des Enfans Trouvés, dont lecture ayant été faitte par le greffier du Bureau, M. Josson a dit qu’étant très intéressant à l’Hôpital des Enfans Trouvés de mettre à execution le plus promptement possible lesdites lettres patentes, il s’etoit précédemment donné tous les mouvemens necessaires pour y parvenir; que des soixante enfans qui etoient entretenus dans cet hôpital , quarante six avoient déjà été retirés tant par
leurs parens que par differens maitres de Paris qui s’en etoient chargés; que des quatorze restant actuellement, huit qui etoient necessaires au service divin dévoient aussi etre retirés incessamment, mais que les six autres en bas âge n’avoient d’autres ressources que la commisération du Bureau, qu’à l’egard de la supérieure âgée de soixante et douze ans, des huit sœurs gouvernantes et des autres personnes qui composent l’etat major de cet hôpital , il proposoit au Bureau d’accorder à celles qui ne desiroient pas se retirer dans le monde de les distribuer dans les differentes maisons de l'Hôpital general, soit à titre de reposantes pour celles qui seroient dans ce cas là, soit à y etre employées lorsque l’occasion se presenteroit, comme aussi de donner des marques de contentement de leurs services dans l’Hôpital des Enfans Rouges tant à trois personnes qui se retiroient dans le monde qu’à celles qui seroient placées dans les maisons de l’Hôpital general. n (Arch. de l’Assistance publique.)
(3) D’après le projet de cession arrêté le 1 7 janvier 1776, les Pères de la Doctrine Chrétienne devaient conclure l’achat au prix de 60,000 livres, dont 3o,ooo pour les bâtiments et terrains autres que l’église, et 3o,ooo à titre d’indemnité pour les dépenses que l’Hôpital général avait affectées à la reconstruction et à la décoration de l’église.
Le contrat définitif ayant été signé le 6 août 1777, ces deux sommes furent payées comptant le même jour à l’Administration de l’Hôpital.
en date du icr mai 1778, ordonna d’acquitter les anciennes fondations dans les deux chapelles des Enfants-Trouvés, rue Neuve-Notre-Dame et faubourg Saint- Antoine.
Les Pères de la Doctrine Chrétienne résidèrent dans l’ancien hôpital des Enfants- Rouges jusqu’au moment où la Révolution supprima leur Ordre. L’immeuble fut alors vendu comme propriété nationale, le 2 5 brumaire anv (i5 novembre 179b), et démoli en 1800 pour le prolongement de la rue des Enfants-Rouges jusqu’à celle du Grand-Chantier. Cette rue, absorbée par celle des Archives, a perdu ellemême son nom depuis quelques années, et c’est l’appellation populaire d’un marché voisin qui rappelle seule aujourd’hui dans le quartier du Temple la fondation charitable de François 1er et de sa sœur, la reine Marguerite.
EPITAPHES DE L’EGLISE1'
CHOEUR
BARTHÉLEMY DE CENAMY.
Épitaphe fixée au mur du côté droit, près de la porte de la sacristie :
1448. - D. O. M.- Hic jacet Bartholomæus de Cenamy, Régis consiliarius
ET A SECRETIS, VIR NOBILIS ET ANTIQUÆ PROSAPIÆ, CUJUS INTEGRITAS IN PLERISQUE REBUS PRÆCLARE GESTIS EMICUIT, TUM IN HeNRICI III, HENRICI IV ET LuDOVICI XIII MAGNI PONDERIS AC MOMENTI NEGOTIORUM ADMINISTRATIONE REFULSIT. EjUS FILIA ,
Maria de Cenamy, in perpetuam parentis memoriam hoc posuit. Obiit anno
DoMINI M DCXI, 11° DECEMBR1S , ANNO ÆTATIS LXV°.
Armes. D’or au lion de gueules.
Ms. A2, p. 34o.