‹ Épitaphier du vieux Paris (volume 2)Chapitre 377 sur 421 · SAINT-ÉTIENNE-DU-MONT · texte numérisé non relu

SAINT-ÉTIENNE-DU-MONT

NOTICE HISTORIQUE

Au cours du xiic siècle, lorsque les incursions des Normands dans l’iie de France eurent pris fin, le bourg Sainte-Geneviève, qui ne comprenait guère jusqu’alors que des vignes et des vergers, commença à se peupler.

Comme il n’y avait sur ce vaste territoire dépendant de l’abbaye de Sainte- Geneviève aucune église paroissiale, les nouveaux habitants se trouvèrent tout naturellement rattachés à la petite paroisse que l’abbaye avait déjà créée pour ses nombreux serviteurs et dont elle faisait célébrer les offices par un chanoine dans la crypte de son église, d’abord à l’autel de Notre-Dame, puis à celui de Saint-Jean-l’Évangéliste. En l’année îiào, Geoffroy, chanoine de Sainte-Gene-

(1) Reproductiou d’une estampe de Van der Meulen. (Bibl. nat., Topographie de Paris.) — La vue cavalière de l’église est extraite du plan de Turgot. Le plan topographique dressé d’après celui qui figure dans l'Inventaire général des œuvres d’art

de la Ville de Paris ( t. II ) a été rectifié et complété par M. Hochereau , en vue de rétablir exactement l’état ancien de l’église et de ses annexes, à l’aide du plan publié par Legrand et Landon, dans leur Description de Pai'is.

viève, attribua une dotation spéciale à ce chapelain, dont il se réserva la nomination, sa vie durant W.

Après l’année 1 1A8, lorsque l’abbaye de Sainte-Geneviève eut été réformée et que l’on y eut introduit les chanoines réguliers de Saint- Victor, l’évêque de Paris prétendit que ceux-ci devaient rester soumis à sa juridiction, comme par le passé, et il réclama le droit de nommer le prêtre chargé du service paroissial. Mais l’abbé de Sainte-Geneviève refusa de renoncer aux anciens privilèges de son abbaye, et le différend fut porté devant le pape, Eugène III. Les religieux de Sainte- Geneviève faisaient valoir que leurs serviteurs, qui constituaient la majeure partie des paroissiens, étant exempts de la juridiction épiscopale (2), c’étaient eux seuls qui depuis plus de quarante ans instituaient le curé. Le pape,

par sa bulle du o janvier 1 ibo, paroissiales par l’évêque , mais sans êtr qu’il devait être présenté à son choix par par Adrien IV, le 1 6 décembre 1 i5A^,

(1) crNoverint tam futuri quam présentes quod Gaufridus , ecclesie Apostolorum et Beate Genovefe canonicus , sacerdotem ad assidue serviendum cboro et altari in eadem ecclesia, sicut et très ejusdem ecclesie capellani , Sancti Joliannis scilicet et Sancti Medardi et Beate Genovefe , service debent , pro redemptione anime sue et benefactorum suorum elegerit, et eidem sacerdoti domum ad inbabitandum et ad cetera vite necessaria très arpenuos vinearum et modimn annone, dimidium frumenti et ordei dimidium assignaverit , ita videlicet ut idem sacerdos in altari Beate Marie , quod est in cripta , secundum consuetudinem parrochiarum missas celebret, et prêter hec, singulis sabbatis, de beata Virgine missam solempnem. Predictus vero Gaufridus potestatem eligendi sacerdotem sibi, quoad vixerit, et duobus canonicis post ipsum retinuit. . . Ego Aubericus cancellarius subscripsi, anno In-

carnationis Domini m cxl° . v (Bibl. Sainte-

Geneviève, rnss.; Cartulaire de Sainte-Geneviève, fol. 1 65 ; — B. deLasteyrie, Cartulaire général de Paris, t. I, p. 273.)

(2) Cette exemption avait été accordée aux serviteurs des chanoines par l’évêque de Paris , Galon , en 1107. (R. de Lasteyrie, ibid., t. I, p. 16/1.)

(3) rrEugenius episcopus, servus servornm Dei, venerabili fratri Tebaldo, parisiensi episcopo, salutem et apostolicam benedictionem. Ne oblivionis obscurilas per dissuetudinem bumanis mentibns ingeratur, quod super causarum litigiis judicatnm fuerit vel decisum scripture debet memorie com-

; que le pretre serait investi des fonctions 1 tenu à aucune prestation pécuniaire, et les chanoines (3). Cette décision, confirmée et renouvelée plus tard par Urbain II et

mendari, ut per boc secutura posteritasbabeat quid futuris temporilms evidenter agnoscat. Qualiter igitur controversia que inter te ac fdios noslros canonicos Sancte Genovefe super parrocliia ecclesie Sancti Johannis agitabatur, in noslra fuerit presentia terminata , presentis scripti sérié precepinnis

annotari . Nos igitur super bis tam tuas quam

predictorum fratriun rationes plenarie cognoscentes, fratrum nostrorum communicato consilio, judicavimus quod sacerdos qui debebit eidem parrocbie deservire, sive sit regularis canonicus sive non, a te, frater episcope, curam animarum suscipiat et supradictos parrocbianos ad. mandatum luum liget et solvet. Si vero tu in aliquem ejusdem parrocbie vel in omnes excommunicationis vel interdicti sententiam, emergente causa, promulgaveris, sacerdos, donec ipsa sententia relaxetur, nec excommunicatis nec interdictis divina officia celebrabit. Benedictiones sponsarum, purificationes de partu surgentium, publicas penitentias idem sacerdos non usurpabit. Porro , si predicte capelle sacerdos talis aliquando repertus fuerit qui divina ministrare non debeat, tu illud abbati et fratribus suis nuntiare debebis, et illi, veritate cognita, eo amoto, alium tibi présentent cui animarum curam committas. Qui tamen presbiter tibi nec circatam

nec synodaticum solvet . Datum Laterani , vi

idus januarii. n (Arcli. nat. , L. 228; — Guérard, Cartulaire de Notre-Dame de Paris, t. I, p. 3o.)

(,1) crAdrianus episcopus, servus servorum Dei , venerabili fratri Theobaldo , parisiensi episcopo ,

ÉGLISE PAROISSIALE DE SAINT-ÉTIENNE-DU-MONT

Clément III, ne paraît pas avoir été rigoureusement observée, et l’abbé de Sainte-Geneviève fut d’autant moins disposé à s’y soumettre qu’un rescrit de Célestin III avait renouvelé les immunités précédemment accordées cà l’abbaye par la papauté.

Dans les dernières années du xue siècle, l’évêque de Paris, Eudes de Sully, après avoir vainement insisté à diverses reprises pour obtenir la présentation du curé, interdit aux habitants du bourg, sous peine d’excommunication, de suivre les offices paroissiaux dans l’église de l’abbaye et de recevoir les sacrements d’un prêtre qui n’aurait pas été institué par lui. Mais l’abbé, à son tour, signifia aux paroissiens qu’ils n’avaient à tenir aucun compte de ces injonctions, puisque l’évêque, aux termes des privilèges apostoliques concédés à l’abbaye, ne pouvait les excommunier. Pour régler le différend, les deux parties en appelèrent au pape Innocent III, qui confia l’examen de l’affaire aux abbés de Vezelay et de Saint- Pierre d’Auxerre et au doyen d’Orléans, et sur leur avis, par sa bulle du 2/1 décembre 1201, reconnut le droit de juridiction de l’évêque sur la paroisse du Mont 9). A la suite de cette décision, l’évêque et l’abbé, qui se trouvaient encore en discussion au sujet de la cure de Saiute-Geneviève-des-Ardents, décidèrent de mettre fin à leur querelle par un accord amiable qui fut conclu au mois de juin 1202 (2l En vertu de cette transaction, la paroisse devait être soumise à la

salutem et apostolic.am benedictionem. Quod ecclesias Beate Genevefe, predecessor noster felicis memorie papa Eugenius per regulares canonicos ordinari precipit , sicut ex iilteris ejus agnovimus , non ad hoc fccit neque id intellexit ut lu vel successores tui aliquid de jure tuo quod in eisdem ecclesiis penitus habuisse dinosceris deberes amiltere aut jusliliam ecclesie tue auferri crederet vel imminui, sed ut ipse ecclesie potius ab honestis et religiosis viris quam a lascivis et enormiter conversantibus servirentur. Nos igitur quod ipse super hoc statuit auctoritale sedis apostolice confirmantes omnia jura et rationabiles consuetudines quas in predictis ecclesiis predecessores tui hactenus habuisse noscuntur, tibi tuisque successoribus sine

ulla diminutione voluinus conservari . Datum

Rome, apud Sanctum Pelrum, xvn kalendas januarii.» (Arch. nat. , L. 229.)

(1) frlnnocentius episcopus, servus servorum Dei, venerabili fratri Odoni, parisiensi episcopo, salutem et apostolicam benedictionem. . . Nos. . communicato fratrum consiiio , in ceteris ad possessionem juris episcopalis vel parrochialis in tota parrochia de Monte spectantibus (illis dumlaxat exceptis super quibus pro parte altéra est absolu- 1 1.

tionis prolata sententia), sepedictos abbates et ecclesiam Sancte Genovefe pro parrochia predicla tibi et ecclesie parisiensi per sententiam defînitivam condemnamus. Ex bis tamen que super possessorio in presenti sunl judicio provide deffinita, nuilum tue vel alteri parti circa questionem proprie-

tatis volumus prcjudicium generari . Datum

Anagniæ, ix kalendas januarii, ponlificalus noslri anno iv°.» (Ai'ch. nat., LL. 7, fol. 178; — Félibien, t. V, p. 597.)

(5) rfln nomine sancte et individue ïrinitalis Amen. Hec est forma compositionis et pacis inter dominum Odonern episcopum et ecclesiam parisiensein ex una parte, Joannem abbatem et ecclesiam Sancte Genovefe ex altéra. Super querelis quas dictus episcopus movebat de jure parrochiali in parrochia de Monte et procuralionibus quas in parrochialibus ecclesiis canonicorum de Monte petebal , et contra canonici de Monte adversus episcopum super capella Sancte Genovefe , sila in Civitate parisiensi, dicte partes finaliter ita composuerunt: scilicet quod episcopus habebit omne jus épiscopale seu parrochiale in tota parrochia de Monte, et presbvter qui illi parrochie spirilualia ministrabit ab eo curam recipiet animarum et parrochianos ipsius

IMPRIMERIE NATIONALE

juridiction de l’évêque, qui nommait le curé sur la présentation de l’abbé, et lui remettait les saintes huiles, mais sans pouvoir exiger de lui aucun droit de visite. L’évêque avait aussi la faculté de prononcer l’interdit ou l’excommunication contre les habitants, exception faite toutefois pour vingt des serviteurs résidant dans l’enclos de l’abbaye, et six logés au dehors. Il ne pouvait être bâti aucune nouvelle église dans le bourg sans le consentement réciproque des parties. L’évêque cédait à l’abbaye sa vigne du clos Bruneau, avec cette condition que les futurs habitants seraient rattachés à la paroisse, de même que ceux, du clos Mau voisin, et il la gratifiait en outre des deux domaines de Roissy et de Vauderlant; mais il recevait d’elle en échange l’église de Sainte-Geneviève-des-Ardents avec la prébende de Notre-Dame, dont elle avait joui jusqu’alors. Cet accord fut approuvé par deux bulles d’innocent III, le 8 novembre 1202 et le 26 mars i2o3.

Vers cette époque, lorsque la construction du mur d’enceinte de Philippe Auguste eut enfermé dans la ville la majeure partie du bourg Sainte-Geneviève, la population de la nouvelle paroisse s’accrut rapidement, et il ne fut plus possible, par suite, de continuer la célébration des offices dans la crypte de l’église abbatiale. Sur l’invitation du pape Honorius III h), l’évêque de Paris consentit à ce

parrochie ad mandatum episcopi vel archidiaconi citabit , vocabit , ligabit pariter et solvet ; chrisma et oleum ad opus parrochie al) ecclesia parisiensi recipiet; ad synodum eliam veniet, nec tamen circadam vel sinodaticum reddet; item licebit episcopo et archidiacono in singulos de predicta parrochia et omnes interdicti et excommunicationis ferre sentenliam; quæ si lata fuerit presbyter qui illi parrochie deserviet excommunicatos seu interdictos

de ipsa parrochia non admittet . ; ah hac autem

general itate excepte erunt et ah omni jurisdictione episcopi et archidiaconi viginli persone inter servitores et gartiones infra amhitum canonicorum habitantes, cubantes et levantes, scilicet unus janitor, duo quadrigarii , duo cursores, unus hostellarius, unus carpentarius , unus hortolanus , quatuor in servilio furni, quatuor in servitio coquine, unus sarcinator, unus vigil, unus matricularius , unus intirmarius, et extra septa canonicorum sex servitores, scilicet très escuerii abbatis, unus serviens capicerii ,

unus clausarius vinearum, unustonelarius . ;in

predicta autem parrochia de Monte, neque episcopo sine consensu canonicorum, neque canonicis sine episcopo novam ecclesiam seu capellam edificare licebit, lu augmentum vero predicte parrochie dédit episcopus ad habitandum vineam suam de Brunello, ita ut omnes qui in loco illo habitaverint cum aliis parrochianis de Monte a presbytero parrochie

supradicte divina percipiant sacramenta et ad episcopum et arcbidiaconum pleno jure pertineant; simililer et illi qui habitabunt in clauso quod dicitur Malivicini, si quando illud inhabitari contingat. . . Predicti quoque canonici Sancte Genovefe , ut omnis amoveatur, annuente Domino, materia seditionis et scandali , capellam Sancte Genovefe , sitam in Civilate parisiensi, dederunt episcopo et successoribus ejus in perpetuum, hberam et quietam, nullo sibi in ea jure retento ; prebendam quoque et vicariam , quas predicti canonici in ecclesia Beate Marie parisiensi habebant, predicto episcopo et ejus successoribus quictaverunt, nihil omnino sibi juris in

prebenda predicta seu vicaria reservantes .

Actum anno Incarnati Verbi mccii°, mense junio.» (Arcb. nat., LL. 9, p. 1 4 1 ; — Sauvai, t. I,

(l) « Honorius, episcopus, servus servorum Dei, venerabili fratri, parisiensi episcopo, salutem et apostolicam benedictionem. Dilecti filii abbas et conventus Sancte Genovefe parisiensis nobis bumiliter suppbcarunt ut cum in parrochia eorumdem adeo sit populus augmentatus quod in parrocbiali ecclesia ad audienda divina nequeant convenire, construendi aliam ecclesiam in eadem parrochia et serviendi per canonicos proprios in eadem secundum quod in eorum privilegio conlinetur, sine alieni juris prejudicio, eis licentiam conce-

ÉGLISE PAROISSIALE DE S AINT-ÉTIENNE-D U-MONT

que l’abbé de Sainte-Geneviève fît bâtir une église paroissiale W. Cet édifice fut aussitôt construit sur le côté septentrional de l’église de l’abbaye, dont il ne devait être en réalité qu’une simple dépendance, une sorte de chapelle annexe; il n’avait pas, en effet, de porte spéciale, et l’on y accédait par un passage de communication qui le rattachait à la grande église. Le nouveau bâtiment, achevé en quelques années, était de modestes proportions; aussi fut-il question de l’agrandir dès le siècle suivant^. Mais il semble que l’on dut se borner alors à des réparations peu importantes, et notamment à l’établissement d’un portail au bout de la nef, pour donner à l’église une entrée indépendante.

Ce fut seulement à la fin du xvc siècle que le projet d’agrandissement reçut un commencement d’exécution. Par contrat du 19 février 1Ô92, les marguilliers obtinrent de l’abbaye de Sainte-Geneviève l’autorisation de prolonger le bâti—

dere dignaremur. Nos igitur tibi, qui loci diocesanus existis in hac parte, deferre volentes, fraternitati tue per apostolica scripta mandamus quatinus eisdein postulata concédas, sine juris prejudicio alieni. Datum Laterani, xn kalendas julii , pontificatus nostri anno vi°.» (Arch. nat. , L. 885.)

(1) trOn assure que cette nouvelle eglise fut dédiée sous le titre de Saint Etienne; mais on n’en dit point la raison; peut être que l’evêque et le chapitre donnèrent pour la dédicace quelque fragment de ce qu’on avoit trouvé des reliques du premier martyr dans la vieille basilique de son nom, lorsqu’elle fut démolie en 1 1 9 4 , ou qu’on avait tiré de quelque autel du titre de ce saint qui auroit été détruit dans l’eglise même de Sainte Geneviève. Il est certain qu’avant celte eglise de Saint Etienne, bâtie vers l’an 1225, il n’v en avoit eu aucune de ce nom qui fût située sur la montagne, n (Lebeuf, t. II, p. 396.)

(2) Ce fait est constaté dans un mémoire rédigé en 1617, par les marguilliers de Saint-Etienne, à l’occasion de leurs différends avec l’abbaye :

ffPar un contrat en date du jour de Toussaint 1828 , il appert qu’autrefois l’eglise de Sainct Estienne n’estoit qu’une petite chappelle qui fut agrandie d’un lieu qui estoit vers la chambre du curé par la concession des prédécesseurs de Ste Geneviefve, qui l’ont donné pour bastir une eglise; ce sont les mots : ad usum ecclesiœ inibi construendæ; la nécessité y estant à cause du petit lieu et de l’afïluence du peuple, joint la dévotion qu’avoient les religieux envers saint Estienne, permettent les religieux que le mur de la chambre fasse le pignon de l’eglise et que pour la conserva¬

tion des églises se fasse des esgouts et que les murs se puissent percer et qu’on s’en puisse servir ad salvationern utriusque ecclesiœ.

tfCe qui est fort considérable et bien contraire à l’humeur des religieux qui sont à présent, leurs prédécesseurs chargent et obligent le curé à ne rien prendre des legs et autres choses qui seront données par les paroissiens, l’espace de douze ans entiers, mais laisser telles libéralités pour le bastiment de Teglise de Sainct Estienne.

rr Ce qui est plus, les religieux accordent aux paroissiens la douziesme partie du revenu de la cure pour les entretenemens et réparations de l’eglise et des conduicts et cannaux qui seront faicts pour couder les eaues pluviales, et que toutes et quantes fois qu’il les faudra refaire, autant de fois il soit pris sur ledict revenu le douziesme des frais et de la despense.

trEt encore il est dict que la voulte et le mur qui sont à l’entrée de l’ancienne eglise seront refait ts aux despens du curé et des paroissiens , et c’est ceste voulte d’ogive qui est maintenant debout vers l’aumosnerie, soubz laquelle pourront les paroissiens mettre un bureau et des reliques pour quester la massonnerie.

«Ce qui fait cognoistre que les prédécesseurs des demandeurs estoient plus devotieux qu’eulx,et ce qu’ils en faisoient estoit pourtant à leur prolict à cause que la paroisse estoit auprès de leur maison, de laquelle ils donnoient le curé. ». (Arch. nat., S. 3327.)

(3) rr . . .Lesdicts relligieux, abbé et convent disoient que lesdicts marguilliers leur avoient baillé elpresenté certaine requeste, en leur remonstrant la

ment sur l’emplacement de leur parvis et de prendre du côté de la chapelle de Notre-Dame, dans les dépendances de l’infirmerie de l’abbaye, le terrain nécessaire pour construire des chapelles latérales et une sacristie, à la charge de faire la voûte cl’entrée de l’église Sainte-Geneviève, d’assurer l’écoulement des eaux pluviales et de payer une redevance annuelle de dix livres tournois. Vers la fin de l'année 1/196, le curé, qui jusqu’alors 11’avait eu pour logement qu’une chambre au-dessus de la voûte d’entrée de l’église, fit construire, aux frais de la fabrique, sur le côté gauche du parvis, un modeste presbytère, auquel on ajouta,

grande multitude de peuple estant de présent en ladicle paroisse, laquelle multitude de peuple ne pouvoit entrer en ladicte esglise dudict Sainct Estienne pour ouvr le service divin en ladicte esglise et paroisse, obstant que icelle esglise estoit trop petite, et que leur plaisir feust leur permettre de accroistre icelle esglise et pour icelle accroistre leur bailler partie de leur infirmerie et leur consentir faire construire et ediffier pour le proffict d’icelle esglise dudict Sainct Estienne les ediffices contenus ,

spécifiiez et déclarez en ladicte requeste .

cr Lesquels religieux, abbé et convent, veu par eulx ensemblement ce contenu en ladicte requeste . , promectent, octroyent et accordent

auxdicts marguilliers , pour et au profict d’icelle esglise, œuvre et fabricque dudict Sainct Estienne, qu’ils puissent par eulx et leurs successeurs marguilliers en icelle esglise, accroistre et augmenter leurdicte esglise dudict Sainct Estienne en longueur, aultant que contient de présent leur petite cour ou parvis, qui est devant le portail de ladicte esglise, et transporter leur clocher encommencé, si faire le veulent, au lieu où leur vieil clocher est à présent, et icelluy hausser de trois à quatre thoises de hault et non plus, pour mectre jusques à quatre cloches, et sur icelluy faire un petit pavillon, sans y pouvoir eriger esguille ne pointe, et pareillement pouvoir prendre et avoir iceulx paroissiens et marguilliers, tout au long de leur esglise, du costé de la chappelle Nostre Dame, pour faire et ediffier chappelles, jusques à dix ou unze pieds en leurdicte infirmerie et contre le chœur de ladicte chappelle Nostre Dame en sa largeur, et douze pieds de long

pour faire un petit trésor ou revestiaire . Ceste

permission , octroy et accord fets tant à la charge que iceulx marguilliers seront tenus, ont promis et promectent par eulx et leursdicts successeurs marguilliers d’icelle esglise , œuvre et fabricque dudict Sainct Estienne de faire faire la voulte, portail et porte

de l’entrée par où l’on va du carrefour à Saincte Geneviefve , icelle soustenir, maintenir et entretenir àtousjours, perpétuellement; desquelles portes le chevecier d’icelle esglise et abbaye Saincte Geneviefve en aura une clef pour mectre et sortir hors d’icelle esglise Saincte Geneviefve les pellerins et autres qui viendront en ladicte esglise Saincte Geneviefve de jour et de nuict, et les curez et marguilliers dudict Sainct Estienne en auront aussy chacun une clef, et si ne pourront mectre ou faire mectre en l’allée dessoubs ladicte voulte aulcunes chandellieres pour vendre chandelles de cire, le cierge benist de ladicte parroisse ni aulcuns relicquaires, ne prétendre ou reclamer aulcun droict en ladicte allée, nonobstant le contenu en toutes autres lettres ou octroy à eux fets et à leurs prédécesseurs marguilliers par les prédécesseurs abbez et convent d’icelle abbaye, lesquelles moiennant le contenu en cesdictes présentes sont et demeurent cassées, adnnllées et de nulle valleur; et seront lenuz de tenir et faire vuider touttes les eaues de ladicte esglise Saincte Geneviefve et icelles mectre hors les grosses murailles de ladicte abbaye à leurs despens, de faire une saillie oullre et par dessus leurs carneaux, près leurs vis neufve , de trois pieds au plus, et faire une nouvelle entrée en leur vis sur la grande entrée, si bon semble auxdicts marguilliers, comme parmy dix livres tournois de monnoye courante à présent de rente annuelle et perpétuelle et non racheptahle à tousjours, en ce comprins, desduict et rabattu certaine autre rente que ladicte œuvre et fabricque debvoit à ladicte esglise, abbaye et convent de Saincte Geneviefve, et dix sols parisis aussy d’autre rente que la cure dudict Sainct Estienne debvoit pareillement à ladicte abbaye et convent, dont moiennant icelles dix livres tournois non racheptahle et comme amortie ils sont

et demeurent quictes et deschargez . « (Arch.

nat. , S. 3327; — Sauvai, t. 1, p. 3q4.)

ÉGLISE PAROISSIALE DE SAINT-ETIENNE -DU-MONT. 613

au mois de juillet 1 5o6, une petite maison voisine, dépendant de l’office du greffier de Sainte-Geneviève, que l’abbave cédait pour une somme de cent livres (1b Les travaux d’agrandissement de l’église ne furent entrepris que vers l’année i52o; la construction du chœur, dont les fondations avaient été creusées à cette époque, dura jusqu’en 1 5 3 7 . Le 20 février de cette année, les religieux de Sainte-Geneviève abandonnèrent à la fabrique un nouveau terrain pour l’achèvement de l’église Les autels des chapelles du chevet furent bénits en i5ù 1 par l’évêque de Mégare. La croisée et la nef furent bâties dans la seconde moitié du xvic siècle; le jubé monumental qui devait former la séparation du chœur et de la nef fut seulement commencé en 1601. La lenteur avec laquelle ces travaux

(1) Le contrat de cession du 7 juillet 1 5 06 constate que (desdites parties etoient en procès pour raison de la propriété d’une maison et portion de cour appelée la maison de la Chancellerie, estant joignant le pignon de la grande porte de l’eglise de ladicte abbaie d’une part, et d’autre part au presbvtaire de la cure dudict Sainct Estienne, contenant deux travées ou envb'on , que lesdicts religieux , abbé et convent disoient appartenir à ladicte eglise et abbaie à cause dudict office de chancellerie, et au contraire ledict curé de Sainct Estienne disoit iceulx lieux appartenir à ladicte cure et en avoir joui lui et ses prédécesseurs par tel et si long tems qu’il n’est mémoire du contraire.»

Pour terminer ce différend , les abbé et religieux de Sainte-Geneviève treedent, transportent et délaissent à tousjours audict curé, pour lui et ses successeurs curez de Sainct Estienne, ladicte maison et portion de court appellée la maison de la chancellerie dessus déclarée, moyennant et parmy le prix et somme de cent livres tournois , que lesdicts religieux, abbé et convent en confessèrent et confessent avoir eue et reçeue dudict sieur curé, pour icelle somme estre convertie et employée en l’ediffice d’un autre logis qui sera fait pour ledict office de chancellerie, au lieu et ainsi que devisé sera entre eulx, et laquelle somme de cent livres tournois a esté baillée, comptée et nombrée par ledict curé. . . » (Arch. nat., L. 635; — Sauvai, t. I, p. 397.)

m En échange de cette cession , il était stipulé que lesdicts marguilliers seront tenuz de faire faire leur revestiaire pour l’aisance de ladicte eglise Sainct Estienne au lieu qui jà y a esté ordonné, qui est joignant le Trésor de mesdicts seigneurs les religieulx , du costé de leur infirmerie , et sera icelluy revestiaire voulté à haulleur competente pour au dessus d’icelle voulte praticquer et faire

une chambre, laquelle chambre sera faicte de la grandeur et largeur que le lieu d’icelluy revestiaire pourra porter, et en icelle chambre sera addossé une cheminée le long des voultes et arcs bouttans, et du costé du chevet de ladicte eglise Saincte Geneviefve sera alligé et faict deux bées d’ouverture à deux demy ronds par hault, de la haulteur et largeur que le lieu sera commode pour ce faire, avec deux huysseries, dont l’une desdictes huysseries sera pour monter du Trésor de ladicte eglise Saincte Geneviefve en icelle chambre et Paul Ire huysserie sera pour devaller de la première chambre estant sur le Trésor de ladicte abbaye en ladicte chambre estant sur le revestiaire de ladicte eglise Sainct Estienne, laquelle chambre sera voultée, croisée d’ogives et pendents . . . , laquelle chambre demeurera à tousjours auxdicts religieulx, sans que jamais les marguilliers ne paroissiens presens et advenir dudict Sainct Estienne y puissent rien demander ni prétendre, nonobstant les us et cous-

tûmes de Paris . , moyennant ce que dessus ,

lesdicts religieulx , abbé et convent de Saincte Geneviefve consentent et accordent auxdicts marguilliers et paroissiens monsieur Sainct Estienne qu’ils puissent faire et continuer les ediffices d’icelle eglise Sainct Estienne, ainsy et à l’allignement qu’ils ont commencé jusques à la perfection du cœur et nef d’icelle eglise , et pour ce faire , appliquer et prendre au proffict d’icelle eglise Sainct Estienne le lieu vulgairement appelé la Fonte de ladicte eglise Saincte Geneviefve et faire desmolir tout le bastirnent estant sur ladicte chappelle Sainct Claude et tout ce qui est oultre lesdicts Trésor et chambres estans sur icelluy, pour en cedict lieu faire la croisée de la nef d’icelle eglise Sainct Estienne, en sorte qu’elle ne puisse aucunement estre offusquée. . . » (Arch. nat. . L. 635.)

avaient été poursuivis, s’explique par les modestes ressources dont la paroisse disposait; à diverses reprises, l’êvêque de Paris dut lui permettre d’affecter le produit des quêtes aux dépenses de la construction, et, en 1578 (1), le roi Henri III la gratifia de deux mille écus pour le même objet.

Dans les premières années du xvne siècle, les marguilliers, en vue de faciliter la célébration des offices, décidèrent de faire bâtir, au chevet de l’église, des charniers, où l’on installerait une chapelle pour la communion. L’abbaye de Sainte- Geneviève leur céda à cet etfet,par contrat du 18 décembre i6o5 (2), moyennant

(1) L’Inventaire des titres de la paroisse signale, en effet, une » Lettre du don faict par le Roy Henri IIIe, le 19 may 1678 , à ladicte œuvre et fabrique de S‘ Estienne du Mont de la couppe de seize arpens de bois en la forest de Monlargis, pour la vente d’iceux estre employée au bastiment, avec laquelle est un placet présenté au mesme Roy, le 11 avril i58o, pour changer lesdicts seize arper.s en la moitié à prendre en la forest de Compiègne, ou leur accorder deux mil escus au lieu d’iceulx, au bas duquel est mis de la main du mesme Roy : Accordé. -n (Arch. nat., S. 33527’, fol. 83 v°.)

(2) ff Lesdicts marguilliers et parroissiens de ladicte esglise . auraient présenté requeste

auxdicts sieurs abbé et relligieux tendant à ce qu’il leur pleust pour la commodité et soullagement desdicts parroissiens d’icelle esglise leur donner et bailler ung lieu propre, deppendant de ladicte abbaye et joignant ladicte esglise Sainct Estienne, pour y faire bastir et ediffier des charniers aux despens de ladicte œuvre et fabricque Sainct Estienne, pour y faire la communion .

rt Lesdicts sieurs abbé et relligieux ont baillé, ceddé, quicté et transporté . ..au titre de cens, et rente, du tout, dès maintenant à tousjours, aux marguilliers et parroissiens presens et advenir de

ladicte esglise . , une place faisant partie du

jardin du ch evecier de ladicte abbaye, contenant en largeur huit thoises, [....] pieds, et de longueur quatorze thoises, à prendre icelle place au pillier faisant le milieu delà chappelle Sainct Nicolas, où est le Sépulcre de ladicte esglise Sainct Estienne du Mont, par le dehors d’icelle chappelle, tirant en droicte ligne jusques à la muraille qui fet la séparation du chemin de la tour ou prison d’icelle ahbaye avecq la petitte ruelle qui est entre le mur qui fait la closture de ladicte abbaye et ladicte esglise Sainct Estienne jusques au clocher de ladicte esglise Sainct Estienne, le tout suivant le rapport

de visitation et allignement qui en a esté fet par maistre Mathurin Gaultier, voyer de ladicte abbaye, pour en icelle place faire bastir et ediffier par lesdicts marguilliers et parroissiens de ladicte œuvre et fabrique lesdicts charniers pour faire ladicte communion, le plustost que commodément faire le pourront, et commencer à y faire travailler d’huy en ung an, pour le plus tard, et continuer sans discontinuer jusques à perfection desdicts charniers, pour en jouir par ladicte œuvre et fabricque comme d’un lieu de dévotion pour faire ladicte communion, sans qu’ils y puissent faire aulcuns autres bastimens que lesdits charniers; cest bail, cession et transport fets tant moiennant quinze livres tournois de rente annuelle et perpétuelle, fontiere et de bail d’heritage et cinq sols parisis de cens de seigneurie directe que pour ce lesdicts marguilliers , audict nom , par eulx et leurs successeurs ont promis, seront tenuz et promectent bailler et payer audict sieur chevecier et à ses successeurs audict office de chevecier de ladicte esglise et abbaye, que moyennant la somme de trois cens livres tournois que lesdicts sieur abbé et relligieux en ont confessé et confessent avoir eu et receu desdicts marguilliers, audict nom, par les mains dudict Le Juge, l’un d’iceulx, tenant le compte et recepte de ladicte œuvre et fabrique, qui leur a ladicte somme payé comptant . . . , et encore aux charges cy après déclarées : que lesdicts marguilliers et parroissiens seront tenus entièrement accomplir et garder, assavoir qu’il ne pourront faire aulcune veue sur le jardin dudict chevecier du costé de ladicte abbaye, et qu’ils feront faire ung mur pour servir de closture et faire séparation entre ledict jardin dudict chevecier et le lieu où lesdicts marguilliers veullent faire bastir lesdicts charniers et sur lequel mur il pourront bastir le pignon desdicts charniers; plus qu’ils seront tenuz soustenir les eaues qui tumbent dans le jardin dudict chevecier et les gargouilles par

ÉGLISE PAROISSIALE DE S AIN T -É TIEN NE-DU- MO N T

une rente annuelle de quinze livres tournois, un terrain qui faisait partie du jardin du chevecier, et, le 10 décembre i6o6(l), elle leur abandonna, pour une autre rente de quarante sous, un emplacement destiné à faciliter l’accès de ces charniers. Le 29 novembre précédent, on leur avait permis de percer le gros mur de l’abbaye, du côté de la rue des Prêtres, pour le passage des ouvriers et des matériaux, sous réserve que l’ouverture devrait être bouchée, au plus tard, dans deux ans.

E11 1 607, les marguilliers se préoccupèrent d’achever la construction de l’église et firent commencer les fondements de la façade et du portail. Mais, dès le 20 mars de cette année, l’abbaye de Sainte-Geneviève engagea une procédure pour arrêter ces travaux, sous prétexte qu’ils devaient entraîner la démolition des vieux murs et d’une tourelle qui étaient sa propriété, et elle réclama même la démo¬

lition de la partie antérieure de la nef. Paris; les marguilliers demandèrent qui

lesquelles lesdictes eaues decoullent; item de faire reparer le pavé de la cour dudict chevecier, et aussy que lesdicts marguilliers et parroissiens donneront ordre aux eaues qui tumbent du ciel entre ladicte esglise Saint Estienne et la leur, du costé de la grand nef, attendu la ruyne et endommagement que lesdictes eaues pourroient apporter, et que pour ce faire ils seront tenus faire mectre des dalles de pierre de liaix ou clicquart, qui seront levées du costé du mur de ladicte esglise Saincte Geneviefve , bien cimentées ensemble de tout ce qui y sera necessaire par le dire d’ouvriers , pour empescher que lesdictes eaues ne puissent affleurer lesdicts murs et que lesdictes eaues ne puissent entrer dans la nef de ladicte esgbse Saincte Geneviefve, et de faire reparer le dommage qu’icelles eaues ont fet auxdicls murs, et qu’ils seront tenuz le tout faire faire aux despens de ladicte œuvre et fabricque, auparavant que de pouvoir commencer le bastimentdesdicts charniers; ne pourront lesdicts marguilliers et parroissiens prétendre aulcune chose aux gros murs qui font la closture de ladicte abbaye ni aux tours et tournelles qui sont auxdicts murs , ni y faire aulcune ouverture; lesquels murs de closture, tours et tournelles demeureront en pleine propriété à ladicte abbaye, comme ils ont toujours esté; bien pourront endosser les charniers contre iceulx murs , à la charge que si à cause dudict endossement il advenoit quelque dommage esdicts gros murs, lesdicts marguilliers seront tenuz aux despens de ladicte œuvre et fabricque de les faire reparer.» (Arch. nal. , S. 3397.)

L’affaire fut portée devant le Prévôt de 1 fut procédé à une visite d’experts (2), et,

(1) rrll s’est trouvé par l’advis des experts que la

porte et entrée desdicts charniers seroit par trop estroicte et serrée estant faicte entre le Sepulcbre de la chappelle Sainct Nicolas de ladicte eglise Sainct Etienne et le mitan du pilier de ladicte chappelle où est l’autel; qu’il eust convenu oster et entailler ledict pillier pour faire ladicte porte, selon qu’il est spécifié par ledict contract ... ; lesdicts sieurs de Saincte Geneviefve desirans soulager lesdicts marguilliers et parroissiens de tout ce qui leur sera possible pour la commodité et embellissement de ladicte eglise . , baillent, ceddent,

quictent, transportent et délaissent auxdicts marguilliers une place joignante le gros mur desdicts charniers, aboutissant à ladicte chappelle Sainct Nicolas , de cinq pieds de largeur, à prendre par le costé de l’autel de ladicte chappelle, tirant vers la chappelle Saint Claude, et de sept pieds de longueur aussy, à prendre le long du mur neuf desdicts charniers . . . , moyennant quarante sols tournois de rente annuelle et perpétuelle.» (Arch. nat. , S. 33a6.)

(2) Le mémoire qui fut soumis au Prévôt par les marguilliers, à l’occasion de ce différend, rappelle dans quelles conditions s’était effectué l’agrandissement de l’édifice jusqu’à cette époque :

rrL’eglise de Sainct Estienne en sou commencement estoit une petite chappelle qui se voist encores à présent, au devant de laquelle l’on a faicl faire une haulte voulte, que lesdicts reUigieux se sont attribuez par contract du 19e febvrier 1 4 9 1 , laissant aux parroissiens une petite court et ung

sur le rapport de Pierre Chambiges et Claude Vellefaux, une sentence du Prévôt du i 1 juillet 1608, autorisa la fabrique de Saint-Étienne à faire construire

parvis; sur lesquels lieux lesdicts parroissiens ont depuis faict bastir de leurs deniers par eulx et par frere Estienne Contesse, lors curé, en l’an 1/196, cinq ans après ledict premier contract et depuis, ung presbitaire, tel qu’il se veoit à présent, et une petite voulte entre la nouvelle eglise et ledict presbitaire, laquelle pour l’affluence du peuple a esté crue et augmentée de temps en temps, ainsi comme elle se veoit à présent, à la vérité par l’octroi et concession des abbez, prédécesseurs du sieur demandeur, mais du tout imparfaicte et en perd eminent pour n’estre ladicte voulte soustenue d’aulcun pdlier et arcboutant, ce qui occasionna lesdicts marguüliers , en l’an 1 606 , de se retirer par devers M. le deffunct abbé de Saincte Geneviefve, curé de Sainct Estienne, pour luy donner à entendre l’urgente nécessité qu'il y avoit de faire faire ung pillier pour la seuretté et bonté des aultres pilliers et voultes de ladicte eglise, comme leur auroient conseillé les experts, affin d’en avoir son advis; lequel 11e désirant rien moings que le parachèvement de ladicte eglise auroit embrassé et loué l’intention (lesdicts marguüliers , de sorte qu’ils auroient faict creuser les fondemens pour y construire et bastir le pdlier contentieux et prié ledict feu sieur abbé, curé , de mettre la première pierre ; lequel auroit donné advis qu’il vaudroit mieux en prier M. le president d’Andresay, et de faict lesdicts marguüliers l’en auroient supplié; lequel auroit accepté fort librement et mis la première pierre avec l’effigie du Roy et de la Royne faicte en façon d’ovalle d’argent, scellée en piastre dans ladicte pierre, et ledict sieur president ses armoiries en cuivre, aussy scellées en piastre, ce qui auroit esté faict avec solemnité; le Te Deum auroit esté chanté par frere Bourguignon . relligieux de ladicte abbaye et lors vicaire dudict sieur abbé et aultres presbtres de ladicte eglise , avec les orgues et son des cloches , de sorte que lesdicts marguüliers auroient faict eslever ledict pdlier de la haulteur qu’il est; mais pour en empescher par ledict Bourguignon le cours et parachèvement et affin que ladicte petite voulte , qui ne luy sert que de déambulation , ne fust abattue ou partie d’icelle, comme il est requis et necessaire, d auroit, comme il est facile à juger, suscité les autres relligieux pour soubz leurs noms et dudict sieur abbé faire donner l’adjournement en dé¬

nonciation de nouvel œuvre par devant vous, M. le Prévost de Paris, ou M. vostre lieutenant civil, combien que les dessusdicts n’ayent oncques rien entrepris en faisant bastir ledict pdlier, mais suivy les vestiges de l’ancien portail et pris les fondemens tant en ladicte eglise que dans un caveau deppendant du presbitaire, basti soubs ledict parvis et petite court, appartenant à ladite eglise de Sainct Estienne, pour avoir lesdicts presbitaire et petite voulte esté bastis, comme dict est, en l’an 1/196, cinq ans après ledict premier contract du 1 9 febvrier 1/191, par eulx et par ledict feu frere Estienne Contesse, relligieux de ladicte abbaye, curé de Sainct Estienne, des deniers des parroissiens, comme il se justifiera par le traicté faict avec ledict feu Contesse, le 16e septembre audict an, et en sont en possession immemorialle pour avoir toujours entretenu lesdicts presbitaire et voulte de réparations, de sorte que pour ce seul subject se veoit ladicte eglise et les voûtes d’icelle en perd eminent et menacer une ruine totalle si ledict pdlier n’estoit parachevé, ont les deffendeurs eu juste occasion de commencer ledict pdlier, au veu et sceu des sieurs abbez curez , à grands frais et aux despens des parroissiens, joint que le public a interest, qui est préférable au particulier, que le tout soit parachevé, joint aussy que par aultre contract du 20 febvrier 1 536 , faict avec lesdicts marguüliers, ils ont faict obliger lesdicts parroissiens de faire et parfaire les ediffices de ladicte eglise Sainct Estienne du Mont ainsy et aux alignements qui estoient et sont commencez jusques à la perfection du cœur et nef d’icelle eglise , tellement que ayant les deffendeurs soustenu par devant vous, mondict sieur lieutenant civil, les demandeurs n’estre recepvables en leur demande tendant ad ce que tout ce qui avoit esté faict par lesdicts marguüliers ou leur masson pour eulx fut desmol y et remis en tel estât qu’il estoit auparavant le nouvel œuvre , auriez les parties appointé en droict à escripre par advertissement, produire et bailler contredicts et salvations, et cependant ordonné que les lieux seroient veus et visittez aux fins des parties par experts dont elles conviendraient ... ; partant requièrent les demandeurs, suivant ledict jugement, que lesdicts experts ayent à veoir, visiter et faire rapport de ladicte petite chappelle et ancienne eglise, de la

ÉGLISE PAROISSIALE DE SAINT-ÉTIENNE-DU-MONT

le portail conformément aux plans qu’elle avait présentés, et l’alignement pour ce travail fut donné le 18 décembre. L’abbaye, déboutée de ses prétentions, se décida à traiter avec les marguilliers. Par contrat du 6 juillet 1609W, elle leur

haulte voulte qui est devant le petit portail d’icelle , joignant et attenant l’egiise Saincte Geneviefve et les murs de l’aumosnerie dudict lieu , et faire aussy rapport de la porte et de la séparation qu’il y a entre la voulte de ladicte chappelle et ancienne eglise dans la petite voulte qui a depuis esté faicte devant le portail de la nouvelle eglise. . . n (Arch. nat. , S. 3327.)

La visite ordonnée par deux sentences du Prévôt , des 28 mars et 17 mai, eut lieu le 3 juin. Les experts, Pierre Chambiges et Claude Vellefaux, déclarèrent que trie portique de ladicte eglise mérité d’estre faict conformement au plan et desseing de ce faict, qui a esté présenté à M. le Prévost. « (Ibid.)

(1) et . . . Lesdicts sieur abbé, relligieux et convent de Saincte Geneviefve, desirans procurer et favoriser, auitant que faire peuvent , le bien et advancement de ladicte esglise et paroisse Sainct Estienne et ayder au parachèvement et bastiment d’icelle . . . , ont consenti , permis et accordé à iceulx marguilliers et paroissiens, ce acceptans esdiets noms, que pour l’édification et construction du grand portail de ladicte esglise, suivant le desseing et advis qu’ils en ont arresté, par l’advis des experts , et réduire la principale face d’icelluv portail au traict carré sur la largeur de la nef d’icelle esglise, ils pourront prendre sur la rue et place publicque estant de la voyerie et seigneurie de ladicte abbaye jusques à cinq pieds ou environ de place devers la jambe ou pillier de main gauche dudict portail , en entrant , qui iront en diminuant à ung pied près de l’aultre jambe ou pillier de main droicte dudict portail, pour y bastir et construire ung avant corps d’icelluy portail necessaire pour le réduire audict traict carré sur ladicte nef. . .; que lesdicts marguilliers de Sainct Estienne puissent faire abattre et desmolir ung pan de la grosse muraille de l’ancienne closture de ladicte abbaye , qui clost a présent le charnier de ladicte esglise Sainct Estienne et faict un angle ou coulde de retraite finissant au bout et coing de ladicte muraille devers le grand cimetiere d’icelle esglise Sainct Estienne, sur lequel coing est à présent bastie une vieil tourelle de pierre, et que ledict pan de mur soit porté et advancé sur la rue et antien cimetiere de ladicte eglise , m

de présent desmoly et razé, devers le carrefour Saincte Geneviefve, et icelle muraille faire reedi (lier et rebastir sur ledict antien cimetiere, en la sorte et figure, grosseur et espoisseur quelle est à présent ou du moings de trois pieds d’espoisseur, et qu’elle soit tirée en droicte ligne , à prendre près le devant du gros mur de la rue des Prebstres, et en ce faisant sera ledict coulde osté et ladicte muraille continuée en droicte ligne, comme dict est, en montant devers le cimetiere de ladicte esglise Sainct Estienne . . . , conformement et suivant le contenu au rapport de visitation et allignement qui a esté fait par Mathurin Gaullier, maistre masson à Paris et voyer de ladicte abbaye, le 26e jour du mois de juing dernier passé, par luy dellivré auxdictes parties ; sur le bout et coing duquel mur qui sera, ainsy que dict est, recullé et rebasti de nouveau devers ledict grand cimetiere, sera faict et construict une aultre petite tourelle retranchée en cul de lampe, pour mémoire et marque de la seigneurie et propriété desdicts sieurs de Saincte Geneviefve, contre laquelle tourelle seront sculptées et gravées les armoiries de ladicte abbaye, qui sont trois fleurs de lis dans ung écusson avec une crosse traversant ledict escusson , et outre sera apposé contre ladicte tourelle une pierre de marbre dans laquelle sera escript en lettres gravées d’or que le recollement dudict mur a este fet du consentement et par permission desdicts sieurs abbé , relligieux et convent Saincte Geneviefve , pour donner commodité auxdicts paroissiens Sainct Estienne de faire ung passage et entrée au charnier de ladicte esglise, suivant le contenu au présent contract; pourront neantmoings iceulx marguilliers, si bon leur semble, faire bastir et construire ladicte tourelle dès le pied du coing dudict mur, de fonds en comble, et dans icelle praticquer et faire faire une montée de largeur convenable pour servir à aller et monter à des petites chambres qu’ils espèrent faire bastir sur le bout dudict eslargissement , regardant sur la rue, devers leurdict cimetiere , pour y faire le Trésor de ladicte esglise et loger aulcuns de leurs officiers, prebstres et gens d’esglise seullement et non aultres, et ne pourront lesdicts marguilliers prétendre aulcun droit de propriété tant audict mur et tourelle que montée, ains seullement

IMPRIMERIE NATIONALE

permit d’empiéter sur le carré de Sainte-Geneviève, autant qu’il serait nécessaire, et de démolir l’ancien mur et sa tourelle, mais à la condition de les faire reconstruire à leurs frais, d’établir devant les deux églises une place de grandeur convenable pour en faciliter l’accès, et de lui rétrocéder, sur l’emplacement de leur ancien cimetière, un terrain égal à celui qu’elle leur octroyait sur la voie publique. Le 2 août 1610, la première pierre de la nouvelle façade fut posée par la reine Marguerite de Valois, qui avait donné 1,000 écus à la fabrique pour sa construction W. En 16 tû, comme le carré de Sainte- Geneviève se trouvait singulièrement rétréci, les marguilliers, conformément à l’obligation qui leur avait été imposée, l’agrandirent par l’annexion cl’une partie de leur grand cimetière, qu’ils venaient de désatfecter avec l’autorisation de l’évêque de Paris (2). Au mois de mars 1616, ils firent commencer, dans le même but, la démolition du presbytère et de ses dépendances; mais les religieux de Sainte-Geneviève protes-

une jouissance perpétuelle et à tousjours, nou subjecte à révocation, dudict bout de mur et tourelle, pour servir aux bastiments desdictes chambrettes ... : sur le retour duquel mur et dans le bout et espace dudict eslargissement devers le cimetière sera fete l'entrée dudict charnier, qui appartiendra à ladicte esglise Sainct Estienne; pourront aussy lesdicts marguilliers, suivant ledict rapport , faire coupper et retrancher une jambe de pied droict qui sert à porter une partie d’une vieille tourelle, laquelle jambe est dans le passage des charniers de ladicte esglise Sainct Estienne, au delà dudict coulde, en y laissant dessoubs de la massonnerie de pierre en consolle pour servir à soustenir ladicte partie de tourelle; touttes lesquelles démolitions et rediffications desdicts murs, tourelle , montée , graveure d’armoiries et table de marbre, ensemble le retranchement dudict pied droit sus mentionné, seront fets aux frais et despens de ladicte fabricque Sainct Estienne; et aussy tost que lesdicts marguilliers esdicts noms auront fet abattre ledict antien mur et fet ledict recullement et eslargissement dessus déclarez , ils seront tenuz d’en continuer la reffection incessamment et sans discontinuer et de faire boucher aux despeus d’icelle fabricque la baye et porte qui naguieres a esté fete et ouverte par la permission desdicts sieurs de Saincte Geneviefve dans le pan dudict antien mur, devers la rue des Prebstres , et semblablement seront tenus lesdicts marguilliers , esdicts noms , au mesme temps qu’ils feront reculler et rebastir lesdicts nouveaux murs dessus déclarez, ouvrir dans leur grand cimetiere, tout à l’opposite, une place de grandeur convenable et competente pour eslargir et facditer

l’advenue et entrée desdictes esglises de Sainct Estienne et Saincte Geneviefve, icelle place faire paver à leurs despens et l’entretenir à l’advenir; seront aussy tenuz lesdicts marguilliers, esdicts noms, en faisant lesdicts recullement et bastiments tant desdicts murs que portail, faire donner telle pente raisonnable à la place de devers icelluy portail pour faire escouller dans ladicte rue les eaux pluvialles en sorte qu’elles ne puissent regorger ni aulcunement entrer en ladicte esglise Saincte Geneviefve; tout ce ipie dessus fet et accordé moiennant que, au lieu desdictes places . . . , montons à vingt sept thoises et demy, iceulx sieur abbé, relligieux et couvent reprendront autant de place en pareille nature de voyrie et droict de Seigneurie sur le fond et terre dudict antien cimetiere de ladicte esglise naguieres desmoli, comme dict est, en descendant de ladicte esglise Sainct Estienne devers ledict carrefour Saincte Geneviefve, lequel ancien cimetiere estoit scitué depuis le coing de ladicte rue des Presbtres, jusques devant le college de l’Ave Maria, séparé de ruelles à l’entour. . . r> (Arch. nat. , S. 332 0-332 7.)

(1) L’inscription qui est au grand portail, observait Lebeuf, marque que la première pierre fut posée par la reine Marguerite." (T. II, p. 397.)

Celte inscription, qui ne subsiste plus actuellement, était ainsi conçue :

Deo favente,

S. StEPHANO DEPRECASTE ET AUSPICIIS

Margaretæ Valesiæ Reginæ

Anno Domini 1610, 2 Aegusti.

() Cf. Félibien, I. V, p. 812.

ÉGLISE PAROISSIALE DE SAINT-ÉTIENNE-DU-MONT

tèrent contre cette mesure comme étant propriétaires de 1 immeuble et intentèrent un nouveau procès à la fabrique. Les marguilliers justifièrent de leurs droits de propriété W et réclamèrent la visite d’experts pour constater la nécessité de l’opération projetée. Les deux experts, Claude Vellefaux et Marin de La Vallée, par leur rapport du i3 mars 1617, approuvèrent la démolition du bâtiment qui fut autorisée par une sentence du Prévôt, en date du 2 1 mars 1618. L’abbaye interjeta appel au Parlement, mais un arrêt du 28 juin 1619 ordonna l’exécution définitive des contrats antérieurement intervenus entre elle et la paroisse. Au cours des années suivantes, on procéda à la pose du perron et des escaliers du portique. En 162Ô, les marguilliers jugèrent nécessaire de surélever leur

clocher^, et l’abbé de Sainte-Geneviève, donna néanmoins son assentiment le 3<

(1) Dans Je mémoire explicatif soumis au Prévôt de Paris, les marguilliers rappelaient que rrla maison qui fut bastie par ledict Contesse , lors curé d’icelle eglise Sainct Estienne du Mont, devant iadicte eglise Sainct Estienne du Mont, est et a tousjours esté appartenant à l’hostel presbiteral d’icelle œuvre et fabricque Sainct Estienne. . . , tellement que ladicte maison leur appartenant à présent, il est permis auxdicts marguilliers de la faire destruire et desmolir pour le parachèvement du portail de ladicte eglise ... La maison et portion de cour appellée la Maison de la chancellerie, estant joignant le pignon de la grande porte de ladicle abbaye d’une part, et d’aultre au presbitere de la cure dudict Sainct Estienne, contenant deux travées, serait et appartiendrait audict curé Sainct Estienne et à ses successeurs , et ce moyennant bon payement qui en aurait esté fait auxdicts relligieux, de façon que icelle maison appartenant à ladicte fabricque il est permis auxdicts marguilliers icelle faire desmolir aussi bien que les murs qui font l’enceinte dudict bastiment dudict presbitere . . . , pour rendre la place dudict presbitere publicque, pour l’entrée et advenue d’icelle eglise Sainct Estienne. . . » (Arch. nat., S. 3326.)

(2) Dans leur rapport, les experts Claude Vellefaux et Marin de La Vallée constatent qu’il est urgent de it rehausser le clocher de plus grande haulteur pour la commodité de ladicte eglise, parceque de présent la sonnerie des cloches est trop basse, qui bruit excessivement en icelle eglise, estonne et ruyne grandement les voultes d’icelle et incommode fort la dévotion du public. » (Arch. nat., S. 3327.)

(3) L’abbé déclare dans le contrat que idesdicts sieurs marguilliers pourront eslever leur tour et

qui était tout d’abord opposé à ce projet, juillet^; le ï 5 janvier 1626 W, il con-

clocher si hault que bon leur semblera, pourveu que les hunes des plus haultes cloches ne soient point pendues plus hault que le feste cime du comble de la nouvelle charpenterie faicte sur la nef de i’eglise, joignant le grand portail de ladicte eglise; mais d’aultant que le vieil comble est beaucoup plus bas que celuy devant dict, en attendant le rellevement d’icelluy est necessaire , et seront tenus lesdicts sieurs marguilliers de fermer les jours qui pourront estre faicts du costé de ladicte abbaye, mesmes la moictyé de ceulx qui seront en la face qui regarde le comble de la croisée d’icelle eglise Sainct Estienne et qui exceddera seullement le comble de leur vieille charpenterie, et seront lesdicts jours massonnés et remplis d’un mur d’un pied d’espoisseur en attendant qu’ils pourront rellever leur ancienne charpenterie de mesme haulteur que celle cy devant dicte, le tout suivant le rapport faict à la requeste desdicts sieurs relligieux abbé et convent par Jehan Girard, maistre masson à Paris , et Louis Gaullier, voyer pour lesdicts sieurs de Ste Geneviefve, le 29e jour de juillet dernier passé, sans innover ne préjudicier aux precedens contracts qui demeurent en leur force et vertu pour le surplus. . . n (Arch. nat., S. 3327.)

(4) Les marguilliers avaient demandé à l’abbé et aux religieux rr qu’il leur pleust leur voulloir accorder et concéder de pouvoir percer et faire faire des fenestres et veues suffisantes dedans le gros mur de ladicte abbaye , qui sort et respond sur la rue des Prestres , sur la place où estoit ci devant l’ancien cimetiere , vis à vis et à l’opposite du carrefour S" Geneviefve , pour donner jour dans l’allée et charniers de ladicte eglise Sainct Estieune, pour apporter une commodité grandement necessaire à

sentit aussi à ce que des fenêtres fussent percées dans le gros mur de l’abbaye, du côté de la rue des Prêtres, pour éclairer l'allée des charniers W. Cette même année, la construction de l’église étant achevée, le premier archevêque de Paris, Jean-François de Gondi, en célébra solennellement la dédicace, le i5 février^.

Le 29 janvier 1627, les marguilliers obtinrent de l’abbaye l’autorisation de fermer la porte de communication avec l’église de Sainte-Geneviève, et ils firent une chapelle de l'ancien passage d’entrée (3b En 1 6 3 1 , ils conclurent un marché pour la fourniture et l’installation des orgues, et, par contrat du 3 1 juillet 1662W,

ladicte eglise Sainct Estienne, sans lesquelles veues ladicte allée demeureroit comme inutile à ladicte eglise et charniers ».

Le consentement leur fut accordé à la condition expresse de tr faire mettre et poser à leur despens, dedans ledict mur, la pierre de marbre qu’ils sont obligez faire mettre , à laquelle sera gravé et escript en lettres d'or en substance que le recidement dudict mur et ouverture de fenestres ont esté faicls par la fabrique Saint Estienne, par la permission et bonne volonté desdicts sieurs relligieux, abbé et couvent de ladicte abbaye . . . » (Arch. nat. , S. 33q6.)

(1) Plus d’un siècle après , les marguilliers forent autorisés à rabaisser l'une des tourelles qui couronnaient l’ancien mur de l’abbaye : rtPar un acte passé devant BeUanger, notaire au Châtelet de Paris, et son confrère, le 22 août 1751, messieurs les abbé et chanoines regubers de l’abbaye royaîle de S" Geneviève ont consenti que messieurs les curé et marguilliers de ladite eghse et paroisse de S1 Etienne du Mont fassent abaisser de sept piés de hauteur la tourelle qui est sur le mur du charnier de ladite eglise de S* Estienne, vis à vis la chapelle qui est à côté de la nouvelle sacristie qu’ils font construire , en y faisant remettre le couronnement au pourtour, sur la nouvelle hauteur, en sorte qu'il subsiste toujours à l’avenir des vestiges de ladite tourelle, qui a été mise avec les autres sur lesdits murs du charnier pour marque de seigneurie, ainsi qu'il est porté au bail à cens passé devant Simon de Saint Jullien et son confrère, notaires à Paris, le 18 décembre i6o5, à la charge par lesdits sieurs curé et marguilbers de faire redifier ladicte tourelle à la même hauteur qu’elle est à ce jour et d’une autre qui subsiste avec un pareil couronnement sur le même mur du charnier, à la première réquisition desdits sieurs abbé et chanoines réguliers de S10 Geneviève. »

Par un autre acte du i5 novembre suivant, les

abbé et chanoines de Sainte-Geneviève consentent à ce que les curés et marguilliers de Saint-Etiennedu-Mont tr fassent abaisser de sept piés de hauteur la seule tourelle qui subsiste à ce jour sur le mur des charniers de ladite paroisse , vis à vis la quatrième chapelle à gauche de la nef, en entrant dans ladite eglise, et la rendent par cet abaissement pareille à celle énoncée en Pacte de l’autre part», et ce aux mêmes conditions que précédemment. (Arch. nat., S. 3327.)

(2) L’inscription commémorative de la dédicace subsiste actuellement dans l’église. Le texte a été publié par Guilhermy. (T. I, p. 120.)

(3) Une délibération des marguilliers du 2 5 mai 1623 constate qu’il cra esté proposé que la porte allant de ladicte eglise de S1 Estienne à S" Geneviefve, à l’opposite de la chaire du prédicateur, esloit grandement incommode tant pour les prédicateurs que marguilliers de ladicte eglise et qu'il seroit bon de la faire changer et mettre en la chapelle où est à présent le Trésors. (Arch. nat., LL. 704 , fol. 191.)

Les abbé et religieux de Sainte-Geneviève, par Pacte du 29 janvier, tr accordent que ladicte porte estant en ladicte chappelle S‘ Leger soit ostée et bouchée, et icelle faire transporter en ladicte chappelle ou estoientlesdicts fonts baptismaux de ladicte eglise S‘ Estienne, auquel cas il en sera faict une autre de la haulteur et largeur que celle ci dessus; le tout aux frais, despens et dilligence desdicts sieurs marguilliers. . . 1 (Arch. nat., L. 885.)

(1) Par devant Périer et de Saint-Jean, notaires : tries marguilliers de l’œuvre et fabricque Sainct Estienne du Mont, ont baillé, payé, compté, nombré et délivré auxdicts sieurs abbé et relligieux, en la presence des notaires soubssignez, en especes de quart d'escu, au poids et monnoie, le tout bon et ayant cours suivant l’ordonnance, la somme de sept cent quatre vingtz douze livres, dix sols tournois, assavoir sept cens quarante livres tournois

ÉGLISE PAROISSIALE DE SAINT-ÉTIENNE-DU-MONT

ils rachetèrent pour une somme de 792 livres, 10 sous tournois, les rentes dont ils étaient redevables à l’abbaye. En 1660, la chapelle de la Vierge fut restaurée et agrandie; en 1661, des fenêtres furent percées dans la couverture des charniers, pour les éclairer du côté de Sainte-Geneviève, et enfin, en 1755, on procéda à la reconstruction du clocher.

Après avoir démoli le presbytère qui obstruait la façade de l’église, la fabrique avait dû se préoccuper d’assurer un logement au curé. En 1620, elle loua à cet effet une maison sise dans la grande cour de l’abbaye de Sainte-Geneviève et dépendant de l’office de Chancelier de l’Université, qui servit de presbytère durant un siècle. En 17Û7, elle installa le curé dans une maison du carré Sainte-Geneviève, qui lui appartenait et qu’elle avait fait rebâtir W.

L’accord intervenu en 1202, entre l’évêque de Paris et l’abbaye de Sainte-Geneviève, avait été rigoureusement observé durant trois siècles, lorsque, en 1 5 1 1 , Etienne Contesse, le curé de Saint-Etienne, contesta le droit de visite de levêque parce que sa paroisse était située dans l’enclos de l’abbaye, et lui dénia le pouvoir de le citer en vertu de ce droit ou de procéder à son égard par voie de censure ecclésiastique. Le différend fut porté devant le Parlement qui, par son arrêt du 21 juillet 1 5 1 2 , confirma la juridiction spirituelle de l’évêque de Paris (2h

pour le rachapt et extinction du sort principal et admortissement de trente deux livres tournois de rente, en trois parties cy apres déclarées, vendue et constituée par les precedens marguilliers dudict Sainct Estienne du Mont au proffict desdicts sieurs relligieux de Saincte Geneviefve et cinquante deux livres, dix sols tournois, pour tous et chacuns les arrerages desdictes trois parties de rente restant deubs et escheus, de tout le passé jusques à huy. » (Arch. nat. , S. 3327.)

(1) C’était une grande maison , située sur le carré de Sainte-Geneviève, vis-à-vis la porte de l’abbaye, appelée anciennement la Maison Blanche , que Potenciene de Mormorel, veuve de Martin Girard, docteur régent de la Faculté de médecine de Paris, avait léguée à la fabrique par ses testament et codicille des 24 janvier et 6 février 1617. (Arch. nat. , S. 3325.)

(2) trNostre dite cour, par son jugement et ar-

rest . a maintenu et gardé , maintient et garde

lesdites parties respectivement, sçavoir : lesdits abbé et convent en la possession et saisine des droits de liberté, franchise et exemption de la juridiction de l’evesque de Paris et de tous autres evesques, comme immédiatement subgets au Siégé apostolique ; en possession et saisine que l’evesque de Paris ne peut visiter les beux scituez dans le

circuit et enceinte de ladite abbaye et monastère de Saincte Geneviefve, fors et excepté l’eglise parochiale de Sainct Estienne, scituée dans l’enclos et circuit dudit monastère et abbaye , en ce qui concerne seulement la cure des âmes de ladite eglise parochiale; et ledit evesque de Paris en possession et saisine des droits épiscopaux en ladite eglise parochiale de Sainct Estienne du Mont, comme evesque et diocésain d’icelle, en ce qui concerne la cure des âmes ; en possession et saisine de visiter ladite

egbse . et d’exercer toutes autres choses de-

pendantes dudit droit de visitation; en possession et saisine que ledit curé et son vicaire sont tenus de repondre devant ledit evesque et lui obéir sur le fait de la visitation des sacrements en ladite paroisse et ès autres choses concernantes la cure et le gouvernement des âmes; en possession et saisine que ledit curé et son vicaire sont tenus de recevoir avec reverence et obéissance en tel cas requise et accoustumée ledit evesque diocésain , pasteur et supérieur de ladite eglise parochiale ; en possession et saisine de procéder par censures ecclesiastiques contre ledit curé et son vicaire , en cas de contredit ou de

refus de ladite visitation . Donné à Paris, en

nostre Parlement, le xxf jour de juillet, l’an de grâce m d xii. » (Arch. nat., L. 885; — Sauvai, 1. 1. p. 398.)

Au cours du xviic siècle, lorsque les chanoines réguliers de la congrégation de France eurent été introduits à Sainte-Geneviève, ils réclamèrent, comme fondateurs et seigneurs spirituels et temporels de la paroisse, le droit de présider la procession solennelle de la Fête-Dieu et de célébrer les offices paroissiaux le jour des deux fêtes de saint Etienne, et, à diverses reprises, ils n’avaient pas hésité à appuyer leurs prétentions par des voies de fait (1), mais sans triompher néanmoins de la résistance des marguilliers. Ils en appelèrent au Parlement qui leur donna gain de cause par son arrêt du 8 avril 1 6 5 3 . Toutefois, sur l’appel de la fabrique, un autre arrêt du 2 août décida que les élections des marguilliers et la reddition des comptes auraient lieu sans qu’il fût loisible à l’abbé de Sainte-Geneviève ou à ses religieux d’y assister. Enfin un arrêt du û juillet î 6 5 8 interdit à l’abbé d’assister aux processions en habits pontificaux et d’y donner la bénédiction.

L’église paroissiale de Saint-Etienne-du-Mont régulièrement orientée, était limitée au nord parla rue des Prêtres, au midi par l’église de Sainte-Geneviève, à laquelle elle était adossée, à l’est par le bâtiment des charniers et à l’ouest par la place du parvis, que l’on appelait le carré de Sainte-Geneviève. Elle présente la forme d’une croix latine, mais avec cette anomalie, que le chœur et la nef n’étant pas bâtis sur le même alignement n’ont pas le même axe^. Le chœur comprend six travées, dont trois droites et trois circulaires, la croisée deux et la nef

(1) Sauvai nous a laissé un récit détaillé des incidents scandaleux provoqués à cette occasion par les chanoines de Sainte-Geneviève, en 1 638 et 1639. (T. I, p. 388-390.)

(2) tt Ceste egiise de Sainct Estienne du Mont se peut dire la plus belle de Paris pour l’excellence de sa structure magnifique , singulièrement pour son jubé illustré de deux doubles escalbers de pierre, sans pilliers , rare merveille de Part , et d’un portail où l’ouvrage de la sculpture la plus parfaite se void, embelli de trois portes ; au dessus delà grande est escrit :

LAPIS TEMPLÜM DOMINI DESTRUIT , LAPIS ASTROIT.

rr Autour de cette egiise sont de très belles galeries de pierre avec leurs tournées de pilliers de pierre et au bout d’en bas d’icelle, au dessus de la grande porte, sont les orgues, des plus belles de Paris.

tr Depuis quinze ans, la tour de ceste egiise a esté rehaussée; au haut de laquelle est une lanterne où est la cloche de l’horloge fort grosse. Ceste

tour est garnie d’une assez bonne sonnerie qui ne se peut sonner en bransle à cause de la faiblesse de la tour et de la charpenterie.?) (Malingre, p. 168.)

(3) Cette irrégularité paraît devoir s’expliquer par ce fait qu’il s’écoula un assez long intervalle entre la construction du chœur et de la nef. Les marguilliers qui n’avaient pas, dès le principe, la libre disposition du terrain nécessaire se trouvèrent gênés dans l’exécution de leurs plans par le mur d’enceinte de l’abbaye et le mur de l’église de Sainte-Geneviève.

rr Peut-être, observait à ce sujet l’abbé Lebeuf, qu’on donna à l’eglise plus d’etendue du côté de l’occident que l'on ne s’étoit proposé ; ce qui le fait penser est que si l’ouvrage avoit été poussé en droite ligne de la longueur dont il est, il fut venu aboutir d’une maniéré difforme à l’angle du portail de Sainte Geneviève; de sorte que pour éviter ce défaut l’architecte est tombé dans un plus grand, en suivant pour la construction de la nef un alignement différent de celui du chœur; ce qui faict que l’eglise n’est pas droite et paraît tortue. « (T. II , P- 396.)

ÉGLISE PAROISSIALE DE SAINT-ÉTIENNE-DU-MONT

cinq; le côté droit de la nef se termine par une sixième travée en angle, due à la construction oblique de la façade. Un collatéral bordé d’une ceinture de chapelles entoure tout l’édifice.

Les voûtes de l’église sont très élevées; elles reposent sur des piliers ronds à base circulaire que relient entre eux à mi-hauteur des arcs surbaissés, supportant un passage garni d’une balustrade, qui contourne les piliers au-dessus du collatéral par des balcons en encorbellement; des deux côtés, cette galerie s’interrompt au transept. Le chœur est séparé de la nef par un jubé monumental, œuvre du sculpteur Pierre Biard. Ce curieux ouvrage, le seul de son genre qui subsiste actuellement à Paris h), est formé par une arcade très surbaissée qui franchit la croisée et porte une galerie que ferme une balustrade sculptée à jour. Deux escaliers en spirale, artistement ouvragés, dont les rampes suspendues en l’air s’enroulent autour des piliers qui soutiennent l’arcade, permettent d’accéder à cette galerie. Le jubé est complété par deux portes latérales surmontées d’anges en adoration, qui ferment les bas côtés du chœur.

Le pourtour du chœur est décoré des statues des douze apôtres. Dans la nef, au second pilier, est adossée une chaire monumentale en bois, sculptée par Pierre Lestocart, sur les dessins de Laurent de La Hire (2h Le buffet d’orgue qui

(1) Il s’en est fallu de peu. que ce monument ne fût sacrifié au cours du xvme siècle, pour dégager l’intérieur de l’église. On trouve en effet, dans les Registres des délibérations de la fabrique, en 1 7,35, cette singulière indication :

«Une personne de pieté offre de donner gratuitement une somme de 3,ooo livres à la fabrique, pourestre employée à la suppresion du jubé et aux réparations necessaires de ladite eglise et que sans la suppression du jubé on ne donnera pas la somme . . . MM. les curé et marguilliers ont fait voir le jubé par différentes personnes de l’art qu’il n’y auroit aucun inconvénient à supprimer le jubé et qu’il n’y auroit aucun risque pour le batiment de l’eglise.n (Arch. nat. , LL. 708, fol. 68 v°.)

Le ier décembre 1737, une délibération de marguilliers proposa en conséquence la suppression du jubé, après qu’un rapport aurait été fourni à ce sujet par des architectes experts. Il est vrai que l’on avait soin d’observer que «si par l’évenement du rapport il se trouvait qu’il y a aucun inconvénient si leger qu'il fut, on ne supprimera pas le jubé ni les portes collaterales et resteront en leur état actuel.’) (Ibid.)

Le 2 5 mars 17/10, le sieur Hiver insistait auprès des marguilliers pour cette suppression :

« Il faut encore oter le jubé pour découvrir tota¬

lement le haut du chœur servant de couronnement à l’autel qui est très bien doré et ouvert, ce qui découvrira en même temps la chapelle de la Vierge qui est derrière, que vous avez fait decorer avec grande dépense, ce qui inspire de la dévotion à ceux qui y assistent au service divin , qui y est célébré avec grande vénération. Le jubé quoique très bien sculpté ne peut point être conservé ni préféré à la decouverte de la beauté du chœur qui rendra l’eglise beaucoup plus grande et plus majestueuse et sera une des plus belles de Paris, au lieu qu’à présent ce jubé a l’air d’un pont et n’est plus supportable à la vue. L’on ne peut voir la célébration des Saints Mystères que par dessous l’arcade de ce pont , ce qui est indécent . . .

« Il faudra le démonter avec attention, afin de conserver le Christ et les images de la Vierge et de Saint-Jean avec leurs soubassements , et toutes les autres pierres de ce jubé qui sont très bien sculptées , retaillées cimétriquement , serviront pour faire le pied de deux autels de chapelles que l’on peut faire au devant de chaque pillier . ces chapelles cou¬

vriront l’escalier qui monte au jubé qui sera conservé.)) (Arch. nat., L. 635.)

(2) « La chaire du prédicateur est un chef d’œuvre de sculpture en bois. Une grande et belle statue de Samson semble soutenir le corps ou masse de cette

ÉPITAPH IE fl DU VIEUX PARIS.

garnit le fond de la nef, forme une immense boiserie décorée de statues et de bas-reliefs. L’église était décorée de riches verrières, données par divers paroissiens, et possédait une remarquable suite d’anciennes tapisseries représentant le martyre de saint Etienne.

Derrière le maître-autel, l’on avait installé un petit oratoire dédié sous le nom de Jésus ou du Saint-Sacrement.

Les chapelles latérales de l’église étaient au nombre de neuf pour le chœur et de douze pour la nef et se trouvaient réparties ainsi qu’il suit W :

Au rond-point du chevet :

La chapelle de la Vierge.

A droite du chœur :

La chapelle de Saint-Pierre,

— de Saint-Roch,

— de la Conception,

— des Dix-Mille-Martyrs ou de Saint-Côme et Saint-Damien,

— de Saint-Jean-Baptiste.

A gauche du chœur :

La chapelle de Saint-Nicolas,

— de Saint-Claude,

— de Saint-Louis.

Dans la nef, du côté droit :

La chapelle de Sainte-Marie-Madeleine, dite plus tard de Saint-André et communément désignée sous le titre de chapelle de M. le Vicaire,

— - de la Résurrection,

chaire dont le pourtour est orné de plusieurs Vertus assises et qui sont séparées les unes des autres par d’ excellais bas-reliefs dans les panneaux. Sur le dais est un grand ange qui tient deux trompettes pour appeler les fideles. . . Il faut cependant convenir que cette chaire ne mérite pas les éloges excessifs qu’on lui a donnés jusqu’à présent. Toute la sculpture est à la vérité de la plus parfaite exécution et les desseins des bas-reliefs sont d’un très beau et très grand caractère; mais la composition de la chaire est sans génie soit dans sa forme très commune, soit dans ses accompagnemens. A quel propos cette figure de Samson ? Quel rapport a-t-elle au sujet? Un objet aussi frappant par son volume

devoit il y être placé sans raison? De plus ces Vertus sont assez mal assises et semblent prêtes à tomber. Le dais est beaucoup trop lourd et d’un mauvais dessin. n (Piganiol, t. VI, p. 1 13.)

(1) Nous donnons les vocables de ces chapelles d’après les mentions consignées dans les Registres de délibérations et d’après un état de concession des oratoires dressé au xvme siècle. (Arch. nat. , 3327'.)

Quant aux actes de concession , il 11’y avait aucune utilité à les signaler ici , puisque les épitaphes publiées ne se rapportent pas aux familles qui en étaient titulaires, exception faite pour la chapelle de Sainte-Anne concédée à Guillaume le Juge.

ÉGLISE PAROISSIALE DE SAINT-ÉTIENNE-D U-MONT. 625

La chapelle de Sainte-Ursule,

— de Sainte-Anne,

— de Saint-Paul ou de Saint-Thomas.

Du côté gauche :

La chapelle de Saint-Jacques et Saint-Jean-l’Evangéliste,

— de Notre-Dame-de-Pitié,

— de Saint-Léger,

— de Saint-Laurent,

— de Saint-Michel,

— de Saint-Jacques ou des Saints-Innocents,

— de Saint-Joseph.

La chapelle de Saint-Nicolas était aussi appelée la chapelle du Sépulcre, en raison du monument qui la décorait. C’était une œuvre du xvic siècle, qui représentait le Christ sortant du Tombeau, avec les trois Marie à ses côtés, tous de grandeur naturelle, figurés en terre cuite. Lorsque la porte de communication avec l’église de Sainte-Geneviève eut été fermée, on transféra ce mausolée dans l’ancien passage d’entrée transformé en chapelle sous le vocable de Saint-Léger, et c’est là qu’il est encore aujourd’hui.

L’avant-dernière chapelle du chœur, du côté gauche, était occupée par la sacristie, qui, étant devenue insuffisante, fut agrandie en 1 6 8 5 , par l’annexion de la chapelle voisine, dite «de Saint-Louis id1). L’emplacement de la dernière chapelle ne faisait pas partie de l’église; il était occupé par une chapelle latérale de Sainte- Geneviève, restée de tout temps enclavée dans le bâtiment de Saint-Etienne.

En 1729, les Fonts baptismaux qui étaient adossés jusqu’alors au dernier pilier de la nef, furent transférés dans la chapelle de Saint-Joseph, que l’on désigna dès lors sous le nom de chapelle des Fonts.

La façade de l’église est aussi originale par sa forme, qui s’inspire de la Renaissance, que par l’exécution de sa sculpture. La partie médiane, correspondant à la nef, forme un avant-corps à trois étages. Au rez-de-chaussée se trouve le grand portail en plein cintre, encadré par deux couples de colonnes d’ordre composite

(1) Dans leur délibération du 3 juin, les marguilliers constatent que rda sacristie de cette eglise est par trop petite pour le grand nombre de prestres qu’il y a présentement en cette paroisse , de sorte que l’on est obligé aux grandes festes d’aprester les ornemens des officians en la chappelle de S1 Claude , où ils sont contraincts de s’habiller, n’ayant point assez de place dans la sacristie , ce qui est d’une très grande incommodité et peut estre meme domageable ni.

à l’eglise , en ce que les ornemens étant ainsi transportez se trouvent exposez à estre volez , et que la chappelle de Saint Louis de cette eglise, qui est contiguë à la sacristie , estant vacante depuis quelque temps . . . , on pourroit facilement remedier à ces inconveniens enjoignant cette chape'le à la sacristie par une porte de communication daus le mur qui les séparé et la faisant servir de seconde sacristie. » ( Arcli. nat. , CL. 705 , fol. 60.)

IM l'IUMEIlIE kation

qui supportent un entablement complet surmonté d’un fronton triangulaire. Au milieu de la frise, décorée de rinceaux, sur une table rectangulaire de marbre noir, on lit cette inscription :

STEPHANO ARCHIMARTYRO SACRUM.

Le tympan est décoré d’un bas-relief représentant la Résurrection, et des niches ménagées entre les couples de colonnes et surmontées de petits bas-reliefs abritent les statues de sainte Geneviève et de saint Benoît.

Le milieu du premier étage est occupé par une grande rosace, et les côtés par deux niches décorées de statues en bas-relief de l’ange Gabriel et de la Sainte Vierge. Au-dessus, un fronton semi-circulaire porte dans le tympan deux anges assis, qui soutiennent des écussons aux armes de France et de Navarre. Le pignon est ajouré par une rosace ovale encadrée d’un portique à pilastres cannelés, flanqué de deux vases artistement sculptés.

Les parties latérales de la façade n’offrent pour ainsi dire aucune décoration; elles sont percées au rez-de-chaussée de petites portes qui ouvrent sur les bas côtés de l’église, et de fenêtres dans la partie supérieure. Un perron à ennnarchement irrégulier donne accès aux trois portes de l’église.

Le clocher qui s’élève vers l’angle septentrional du portail, un peu en arrière de la façade, repose sur les quatre énormes piliers qui limitent l’avant-dernière travée du collatéral de la nef. Il est formé par une tour carrée percée de longues baies, dans le style gothique au premier étage, et en plein cintre au second, et couronné par une balustrade à jour. Sur la plate-forme se dresse un petit lanternon octogone, auquel aboutit l’escalier tournant installé dans une tourelle latérale.

Sur les voûtes des chapelles, l’on avait ménagé, du côté droit, des logements pour les prêtres, auxquels on accédait par un escalier pratiqué dans un angle de la chapelle delà Conception; le côté gauche était occupé par le Bureau d’assemblée des marguilliers et la salle des archives, qui avaient leur entrée dans la dernière travée de la nef.

Derrière le chevet de l’église se trouvaient les charniers, construits en forme de cloître , où l’on avait installé la chapelle de la Communion, et la cour qu’ils encadraient servait de cimetière. Deux passages pratiqués l’un dans la chapelle de Saint-Nicolas, l’autre dans la chapelle de Saint-Roch, les mettaient en communication avec le chœur de l’église, et ils étaient reliés à la nef par un long passage qui suivait extérieurement le mur septentrional et débouchait dans la chapelle de Sainte-Ursule.

Dans le principe, l’église de Saint-Etienne avait sans doute dans ses dépendances immédiates, suivant l’usage des paroisses, un cimetière cpii devait la border sur trois côtés. Lorsque le bourg de Sainte-Geneviève se peupla, il fut nécessaire, pour faciliter les communications avec l’abbaye, de couper ce cimetière en

ÉGLISE PAROISSIALE DE SAINT-ETIENNE-DU-MONT

deux parties par un large passage qui prolongeait le parvis des deux églises de Saint-Etienne et de Sainte-Geneviève jusqu’à la rue des Prêtres; on constitua ainsi deux cimetières distincts, l’un qui contournait le chevet et le flanc septentrional de l’église , vis-à-vis le collège de l’Ave-Maria , l’autre qui bornait au nord le carré de Sainte-Geneviève, entre la rue des Prêtres et la rue des Sept-Yoies. Dans les dernières années du xvie siècle, les travaux de la nef avaient nécessité la suppression du premier, autorisée par l’évêque de Paris, le là juin 1587, et dont il subsista seulement la partie située au chevet, qui fut englobée, en 1606, dans la construction des charniers 6). Vingt années après, lorsque l’agrandissement du parvis eut notablement réduit l’emplacement du cimetière situé sur le Carré, les marguilliers se préoccupèrent d’en établir un autre, et, par contrat du 2qjanvier 1627, ils obtinrent pour cette opération , de l’abbaye de Sainte-Geneviève, la cession d’un

terrain qui bordait le mur du collège de ce collège refusa d’aliéner Remplacement

(!) Le rapport de Doublon et Rolland, commissaires au Châtelet, qui procédèrent à la visite des deux cimetières, le 3o avril 1763, assistés du curé de la paroisse , de l’un des marguilliers et du bedeau, en exécution de l’arrêt du Parlement du 12 mars, fournit à ce sujet les renseignements suivants :

«Ledit cimetiere a deux portes d’entrée sur le carré en face de l’eglise, et entouré de murs de la hauteur de neuf pieds environ, sur trois faces, la quatrième face du côté du Nord est une maison servant aux Ecoles de charité de ladite parroisse , elevée d’un rez de chaussée avec trois etages carrés au-dessus; ladite maison ayant partie de ses vues sur ledit cimetiere; le mur mitoyen séparant le cimetiere d’avec un terrain dépendant d’une maison appartenant au college de Fortet et qui est en face des portes dudit cimetiere, est en péril eminent dans sa plus grande partie.

«Le cimetiere est situé sur le haut de la montagne et est aéré , n’etant borné que par la maison des ecoles, et par le toisé que nous avons fait faire par le sieur Guillaume Bellanger, maistre maçon et entrepreneur de la fabrique demeurant rue Saint- Jean-de-Beauvais , susdite parroisse , pour ce mandé , nous avons reconnu que ledit cimetiere conitent vingt trois toises et demie réduits de long sur six toises aussy reduicts de large et que dans l’angle, à l’extremité qui est du côté du couchant, est une fosse de seize pieds de long sur seize pieds de large que le nommé Picard nous a déclaré estre de la profondeur de seize pieds et peut contenir environ trois cents morts et qu’elle

Lisieux. Mais comme l’administration de dont ils avaient besoin pour percer une

est ouverte depuis deux mois. Ensuite avons remarqué que ladite fosse est couverte de fortes planches. En procédant, M. Régnault, curé de ladite parroisse et ledit maitre Demougeot ont déclaré que le cimetiere est aussy ancien que la parroisse et que perquisition faicte par eux des registres mortuaires , ils n’en ont pas trouvé de plus ancien que celui qu’il nous représentent, qui commence au 18 juillet i632.

rrNous a été déclaré par ledit Picard que aimée commune 011 enterre dans ledit cimetiere environ trois cents personnes . . .

rrNous nous sommes transportés sous les charniers de ladite parroisse, et entré dans un petit cimetiere au derrière de la chappelle de la Vierge, lequel cimetiere nous avons remarqué et observé etre entouré sur trois faces par les charniers isolés des batiments et la quatrième par la chapelle de la Vierge, au derrière du chœur, ou estant en présence de mondit Régnault et dudit maitre Demougeot avons remarqué et observé, d’après le toisé que ledit sieur Bellanger a fait , que ledit cimetiere contient cinq toises et demie de long sur cinq toises réduits de large et qu’en iceluy est une fosse ouverte, que le nommé Picard nous a déclaré pouvoir contenir vingt personnes, et que l’on enterre année commune dans iceluy cimetiere quinze à vingt personnes.

«A été déclaré par mondit sieur curé et ledit maitre Demougeot qu’ils croyent que ledit cimetiere est aussi ancien que l’eglise. * (Bibl. nat. mss. ; Collection Joly de Fleury, 1207, fol. 217.)

voie d’accès, ils furent obligés de renoncer à leur projet, et le contrat de cession fut annulé , le 1 6 février 1 63 1 .

La paroisse, qui eut toujours à sa tète en qualité de curé un chanoine de Sainte-Geneviève, était desservie par une communauté de vingt-quatre prêtres; elle s’étendait sur un vaste périmètre habité en général par une population peu fortunée; aussi sa situation financière fut-elle de tout temps fort embarrassée w.

La loi du k février 1791 conserva l’église de Saint-Etienne au nombre des paroisses de Paris, sous le titre de Sainte-Geneviève et de Saint-Etienne-du-Mont. Mais elle fut fermée deux ans plus tard. Les Théophilanthropes obtinrent, parla loi du 1 1 prairial an ni (29 mai 1796), la jouissance de l’édifice et le placèrent sous l’invocation de la Piété filiale. Un décret du 9 floréal an xi (29 avril i8o3) le rendit au culte catholique, et l’église reprit dès lors sa place parmi les paroisses.

De 1861 à 1868, le bâtiment a été l’objet d’importants travaux, exécutés sous la direction de l’architecte Baltard. La façade a été restaurée; une cour a remplacé le petit cimetière du chevet et les anciens charniers transformés ont été utilisés pour l’établissement de la sacristie et des salles des mariages et des catéchismes.

(1) Dans leur délibération du 29 novembre 1 663, les margnilliers émettent l’avis «que ladicte œuvre emprunte une somme de sept ou huit mil livres pour se libérer des debtes ou au moings des plus pressantes pour empescher les poursuites.» (Arcb. nat. , LL. 705 , fol. 2.)

En 1762, les fiuauces de la paroisse étaient si obérées que l’on ne pouvait songer à reconstruire l’un des murs du grand cimetière qui menaçait ruine. Un mémoire des marguilliers constate que rrla fabrique, avec un revenu déjà épuisé par les charges , venoit d’ éprouver un accident très fâcheux par un incendie arrivé dans l’eglise, au mois de juillet, la nuit du 2 3 au 2 4 1760. Cet incendie qui s’est étendu sur une partie considérable de l’eglise, du côté des Fonts et de l’orgue, occasione une dépense de près de 3o,oooti, comme on peut le constater par les devis qui ont été dressés et par les mémoires des ouvriers qui ont été emploiés à ces réparations.

ff L’orgue est encore en souffrance par l’impuissance où la fabrique se trouve d’en faire la répara¬

tion et demeurant redevable de beaucoup aux ouvriers pour la réparation de cette partie de l’eglise endommagée considérablement, qu'il n’a pas été possible de suspendre et de différer plus longtemps.» (Bibl. nat. mss. ; Collection Joly de Fleury, 1207, fol. 295.)

A cette époque, la fabrique n’avait qu’un revenu de 8,399 livres , 4 sous, pour rentes constituées, et de 4,575 livres provenant de la location de sept maisons , sises rue Galande, carré de Sainte- Geneviève et rue des Sepl-Voies, dont elle était propriétaire.

Dans la Déclaration des biens du 27 février 1790, le curé constate «que sa cure ne jouit d’aucun revenu fixe et que tout son produit consiste en un casuel qui diminue de jour en jour et qui ne peut pas être évalué dans le moment présent à plus de six mille livres ; que la maison qu’il occupe n’apartient point à la cure, qui est dépourvue de presbytère et que sa paroisse consiste en 34,ooo habitants dont les deux tiers ont besoin de secours». (Arcb. nat., S. 3324.)

-XK-

INDEX ALPHABÉTIQUE

Adenet (Jeanne), i4g4.

Allard (Pierre), 1/191.

Badran (Antoine), 1487.

Barbay (Pierre), i46o.

Barzy (Jean), i5oo.

Bénard (Madeleine), 1 484.

Béradlt (Mathias), 1 488.

Bertier (Pierre), i482.

Boucher (Claude), i462.

— (Françoise), i48o.

— (Girarde), i465.

— (Jean), i5o5.

— (Nicolas), 1 463.

— (Philippote), i5o5.

Boursier (Louis), 1478.

Bouttemotte (Bonaventure), i46a.

Bouvet (Jacques), 1478.

— (Marie), 1475.

Brice (Charles), 1474.

— (Étienne), 1473.

— (Jacques), 1473.

— (Marie), 1474.

Brunel (Catherine), 1 466.

Cantivot (Denis), i4g4.

Cappon (Marguerite), i463.

Changy (Catherine), 1 46 1 .

— (Étienne), i46i.

Chevreuse (Pierre), i5o6.

Cottin (Claude), 1472.

Des Hayes (Claude), 1 46g.

Du Chesne (Nicolas), 1 466.

Du Haultois (Marguerite), 1489.

Du Guié (Pierre), 1 484.

Édeline (Jean), 1457.

Feydeau ( Guillaume), 1471.

Fontaine (Antoine), i46i.

Garnier (Jean), 1 4 65.

Gourneau (Gabriel), 1475.

— (Spire), 1475.

Guéroult (Geneviève), i5o6.

Güers (Louise), 1 4g3.

Guyot (Jean), 1 4g3.

Hureau (Françoise), i46i,

Janotin (Françoise), 1487.

La Barre (Louise de), 1487.

— (Marie de) , 1 469.

Labbé (Charles), 1496, 1497.

Laffilé (Simon) , 1 466.

La Porte (Ambroise de), 1607.

— (Maurice de), 1607, i5 Le Clerc (Pâquelte), 1 455 .

Le Fèvre (Nicolas), i5o3.

Léger (Marie), 1473.

Le Juge (Guillaume), i48o.

Le Meneust (François), i5oi.

Le Noir (Jacques), 1 46g.

— (Jean), i46g.

— (Louis), i46g.

Lévêque (Anne), 1472.

Lhéritier (Catherine), i5o8.

Loisel (Marie), i4g4.

Maignard (Anne), 1477.

Malingre (Marie), 1469.

Marle (Léonor de), i486.

Marsile (Théodore), 1602.

Metayer (Anne), 1478.

Mezerettes (Gervais de), i5o4.

Montaigut (Pierre de), 1 4 99.

Morillon (Hugues de), 1.490.

Morin (Jean-Baptiste), 1470.

Nicolas (Pierre), 1479.

Pascal (Biaise), 1 458 , i45g.

— (Gilberte), 1 45 9.

Perrault (Jean), 1 455.

Perrault (Marie), 1 455.

— (Nicolas), i455.

— (Pierre), i455.

Perreau (Jean), i486.

Périer (Biaise), 1 45g.

— (Thomas), 1 48g.

Perret (François), 1476.

Piètre (Simon), i5oç), i5io.

Polemicky (Georges), 1 467.

Pourchot (Edmond), 1 5 1 1 .

Regnard (Robert), 1 483.

Rousselet (Jean), 1 4 g 5 .

Ruelle (Jacques), i464.

Sauzai (Etienne de), 1498.

Seguret (Anne), i4q2.

Sellier (Jacques), 1472.

Tiiognet (Nicolas), 1 485 .

Veillard (Charles), 1477.

— (Claude), 1477.

— (Hugues), 1477.

— (Pierre), 1477 .

Vhuoviecky (Nicolas), 1 468.

ÉPITAPHES DE L’ÉGLISE

CHOEUR

Page 1