CHAPITRE
MARGUERITE DE CHÀLON.
Devant le degré de l’autel, tombe plate de pierre sans aucune ornementation, portant sur la bordure l’épitaphe suivante, coupée aux angles par les médaillons des Evangélistes et au milieu des côtés par deux écussons h) :
1034. - CY GIST NOBLE DAME MARGUERITE || DE CHALLON, DAME DE THOUCY ET PUYSOIE. FILLE DE MONSEIGNEUR JEHAN DE CHALLON, JADIS CONTE D’AUXERRE II ET
(l) L’abbé Lebeuf a publié, au sujet de cette tombe, un intéressant mémoire dont il convient de transcrire ici les principaux passages :
«■L’on croit communément que cette dame repose dans ce Chapitre. Cependant il y a plusieurs sujets d’en douter. En général , ce ne seroit pas le premier exemple que l’on auroit de défunts inhumés dans une église, tandis que la tombe sous laquelle ils sont dits reposans se trouve dans une autre église .
«La première raison qu’il y a de révoquer en doute la sépulture de Marguerite de Challon dans le Chapitre des Chartreux est qu’il n’y a rien qui en donne le moindre soupçon dans le détail de la dépense faite à ses funérailles, lequel détail se trouve dans un de ces rouleaux de parchemin qui contiennent des accords passés en Parlement. C’est celui qui est daté du 18 mai i38o. En voici les expressions :
rr . Au curé de S. Severin pour son droit de
sépulture et autrement, avec trois francs que payé
lui a ledit messire Loys de Challon, 11 royaux .
rr Au chapelain de S. Severin, un franc .
trAu clerc dudit lieu, vin sols .
rr II paroit par ce détail que c’est le curé de S. Severin qui enterra cette dame comme étant sa paroissienne. Son chapelain ou vicaire fut payé, aussi bien que le clerc de sacristie, pour son assistance aux obsèques . Il n’y a point de rétri¬
bution marquée pour le transport du corps de
cette église en celle des Chartreux .
trLa seconde raison de douter que Marguerite de Challon ait été inhumée aux Chartreux est qu’elle ne paroit dans aucun des Nécrologes de celte maison que j’ai soigneusement parcourus . . .
«La troisième raison de regarder cette sépulture comme une chose douteuse est que l’épitaphe de la tombe est en petit gothique si écarté et qui a les lettres si séparées qu’on diroit qu’elle n'a été gravée qu’au xvie siècle. Ce qui sert encore à appuyer qu’elle n’a été gravée que fort tard après la mort de la défunte, est que dans cette épitaphe on lui attribue des seigneuries, lesquelles de son vivant
étoient possédées par d’autres qu’elle .
or Mais pour quelle raison auroit-on gravé sur une tombe chez les Chartreux le nom et la qualité de Marguerite de Challon ? C’est ce qui reste à deviner et que je n’ose pas entreprendre.
(r 11 me reste aussi à faire observer que ce n’est pas de l’inscription de la tombe telle qu’elle est chez les Chartreux que l’on apprend le jour et l’année de la mort de Marguerite de Challon. Elle se trouve marquée au xi octobre 1878 dans le rouleau, qui est un acte non suspect. » ( Journal historique de Verdun, octobre 1753.)
Cette dernière critique ne paraît pas justifiée, puisque la date donnée par Lebeuf est bien celle qui figure dans le dessin de Gaignières.
de Tonnerre, femme de feu monsieur Jehan de Savoye, |j chevallier, qui tres- PASSA EN SON HOSTEL, A PARIS, LE LUNDI XIe JOUR D’OCTOBRE, l’AN M CCC LXXVIII. Priez pour l’ame de ly.
Armes. Ciialon : D’or à la bande de gueules; alias : De gueules à la bande d’or.
— Savoie- Vavd : De gueules à la croix d’argent, à la bordure du même.
Tombeaux de Gaignières (Oxford), t. III, fol. 106 (reproduction figurée); — Millin, Chartreuse
de Paris, p. 58.