HUGUES LE COQ
A l’extrémité de la galerie, une lame de cuivre rectangulaire fixée à la muraille, près de la cellule E, rappelait la fondation d’un Chartreux faite par Hugues Le Coq. Sur le côté gauche, la Vierge était représentée assise sur un trône et tenant l’enfant Jésus; elle avait devant elle Hugues Le Coq et un Chartreux, tous deux agenouillés, avec saint Hugues auprès d’eux. Le fondateur tenait une banderole portant cette inscription : Toi rememoror et misereor. Sur
IMPRIMERIE NATIONALE
le côté droit, on lisait l’inscription suivante, accompagnée dans le Las de deux écussons :
1060. - L’an de grâce m cccc lxviii, le || vii jour de novembre, venerable
ET || DISCRETTE PERSONNE MAISTRE HUGUES Le || COQ, LICENCIÉ ES DROIS CANON ET CIVIL || ET ARCEDIACRE DE BAULNE, EN L’EGLISE d’OSTUN, || FONDA CESTE CELLE ET UNG RELIGIEULX EN || ICELLE, LEQUEL SERA PERPETUELLEMENT TENU || DE PRIER DlEU TANT POUR LEDICT MAISTRE || HUGUES, SON FONDEUR, COMME SES PERE || ET MERE, AYEUL, AYEULE, FRERES ET SEURS, || NEPVEUS ET NIEPCES ET AUTRES SES || AMIS ET BIEN FACTEURS ; ET A AUSSY || FONDÉ HUICT ANNIVERSAIRES PERPETUELS || ET A ESLEU SA SEPULTURE EN L’EGLISE DE || CEANS. Il TRESPASSA LE XXVI JOUR DU MOIS DE SEP¬ TEMBRE, L’AN DE GRACE M CCCC IIIIXX V. || PRIEZ DlEU POUR L’AME || DE LU Y ET DE TOUS SES || A M Y S TRESPASSEZ. AxMEN.
Tombeaux de Gaignières (Original Mss.), fol. 16 (reproduction figurée); — Bibl. na!., Cabinet des titres, 5i 1, fol. 124; — Millin, Chartreuse de Paris, p. 65.
JEANNE DE CHÀTILEON,
Dans la muraille du cloître se trouvait encastré un ancien bas-relief en plâtre destiné à perpétuer le souvenir de la fondation de Jeanne de Châtillon Comme la sculpture de ce monument s’était dégradée avec le temps, on le recouvrit, en 1713, d’un panneau de bois sur lequel fut exactement reproduit en peinture le sujet du bas-relief
A l’une des extrémités, la Vierge, tenant l’enfant Jésus, était assise sur un trône dans l’encadrement d’une arcade festonnée; la comtesse de Blois, abritée par une autre arcade, se tenait à genoux devant elle avec son patron, saint Jean, à ses côtés; elle présentait à la Vierge une banderole sur laquelle était inscrite cette dédicace :
Vierge mere et pucelle, a ton cher eieus présente xiiii ereres qui prient pour moy ;
Et la réponse :
Mv FILLE, JE PRENDS LE DON QUE TU ME FAIS ET TE RENDS TOUS TES MESFAIS.
Derrière la comtesse, quatorze Chartreux agenouillés se suivaient à la lile, abrités par des arceaux.
La partie supérieure de ce monument était décorée de dix-sept écussons,
(1' L’abbé Lebeuf a publié au sujet de ce monument, dans les Variétés historiques de Boucher d’Argis, une longue notice intitulée : tr Remarques sur une inscription du grand cloître des Chartreux. » (T. I,p. 46-62.)
(2) Ce bas-relief a été reproduit dans une es¬
tampe de Millin. ( Chartreuse de Paris, pl. X; Michel dir.)
(3) rr II y a lieu de croire , observait l’abbé Lebeuf, que ce mot : Rends, est une méprise, pour dire : Bemets, qui étoit sans doute sur l’original, n ( Variétés historiques, t. I, p. 47.)
COUVENT DES CHARTREUX DE VAUVERT
ornés alternativement des armes d’Alençon et de Châtillon; dans la partie inférieure, on lisait l’inscription suivante qui formait trois longues lignes :
1061. — L’an de grâce m dcc xii, cet ancien monument de la pieté de madame Jeanne de Châtillon (1), comtesse de Blois, qui fut accordée a dix ans
ET MARIÉE A DOUZE A MONSIEUR PIERRE DE FRANCE, COMTE D’ALENÇON, FILS DE
saint Louis, fut dressé pour conserver la mémoire d’une fondation qu’elle fit de quatorze Chartreux a Paris, et a été renouvellé conformement a
SON ORIGINAL CI DESSOUS, SUR PLATRE, PAR LES ORDRES DE TRES HAUTS ET TRES ILLUSTRES SEIGNEURS CLAUDE ELZEAR, COMTE DE CHATILLON, ET ALEXIS HENRI, CHEVALIERS DES ORDRES DU Roi , FRERES, POUR EMPECHER QUE LA LONGUEUR DES TEMPS N’ACHEVAT DE LE DETRUIRE ET CONSERVER A LA POSTÉRITÉ LA MEMOIRE D’UNE SI ILLUSTRE PARENTÉ (2).
Armes. Alençon : D’azur semé de fleurs de lis d’or, à la bordure cousue de gueules chargée de huit lésants d’argent.
— Châtillon : De gueules à trois pals de vair, au chef d’or.
Piganiol, t. VII, p. 2/12.
Tombes plates à l’extrémité de la galerie occidentale du cloître, devant la cellule C :