‹ Épitaphier du vieux Paris (volume 2)Chapitre 9 sur 421 · TU DEVOTI PATRIS HUJUS · texte numérisé non relu

TU DEVOTI PATRIS HUJUS

Rex glorie, Jesu Christe,

Animam suscipe cujus

Corpus tegit lapis iste.

Armes. D’azur à trois têtes de léopard d’or lampassées de gueules.

Texte d’après le dessin ci-conlre; — Dix Breul, p. 35g.

Au milieu de la dalle, entre les écussons, se dressait une table de marbre noir dont l’une des extrémités était soutenue par deux petits lions de bronze, tandis que l’autre reposait sur la dernière marche du maître-autel^. Cette table portait une statue gisante de cuivre jaune, sculptée en bosse, représentant le défunt revêtu de ses habits pontificaux, la tête mitrée soutenue par un coussin, les mains jointes sur la poitrine et les pieds posés sur un chapeau de cardinal. Sur les cotés de la tête du défunt, deux petits anges de cuivre agenouillés déployaient des phylactères ornés d’inscriptions; à droite: Su habitatio ejus in Sion, et à gauche : In pace fiat locus ejus^.

Une épitaphe en vers léonins se lisait sur la bordure :

Paris, avant l’incendie de 1871. C’est à ce dernier recueil que Berly avait emprunté les textes des inscriptions publiées dans la Topographie historique, Faubourg Saint-Germain. (P. 82-96.)

Ces textes, généralement défectueux, ont été rectifiés pour la plupart, à l’aide des dessins des Tombeaux de Gaignières (Oxford), dans un Supplément épigraphique des Chartreux, que M. Tisserand a imprimé à la suite du travail de Berty (Ibid., p. 99-110), en y joignant une série de planches hors texte qui offrent vingt-six fac-similés de tombes et d’épitaphes d’après les dessins de Gaignières.

Dans le ms. C1, on trouve une collection d’esquisses, assez grossièrement exécutées, qui se réfèrent à la plupart des monuments reproduits dans les Tombeaux de Gaignières. (P. 523-558.)

(1) Le prénom Johannes n’est ici représenté que par la lettre initiale , parce qu’il compte seulement

pour une syllabe dans le vers. La même observation s’applique au troisième vers de l’inscription n° 982.

(2) Dans son testament, le cardinal avait désigné le lieu de sa sépulture et indiqué la disposition de son mausolée :

tr Ego eligo sepulturam meanx in ecclesia fratrum Cartusiensium prioratus Beale Marie Vallis viridis, juxta Parisius, ad quern locum et ad ipsum Ordinem devocionem habeo specialem , et volo quod corpus meum ibidem sepeliatur, directe ante majus altare ejusdem ecclesie, sub tumulo ibidem sumptibus meis de novo faciendo, honeste, sicut decet ad devocionem loci, de métallo cupi’eo; qui turnulus sit aliquantulum elevatus, quasi de altitudine dimidii pedis, ut aplus sit idem tumulus ad flectendunx genua ante majus altare.» (Arch. nat. , M. 88; — Du Breul, p. 36o.)

(3) Psalm. LXXV, vers. 2.

COUVENT DES CHARTREUX DE VAUVERT

982. +.ANNO MILLENO, TER CENTENO TER || UNO SEPTUAGENO, SOEVITUR EX MEMBRIS , SEPTENA LUCE NOVEMBRIS,

J. DE Dormano, PRIMO PRO LEXOVIANO{1)

PrESULE SUSCEPTUS; PATER || HINC BELVACUS ADEPTUS, SUB FRANCO REGE CANCELLA|| VIT DUCE LEGE;

Factus CARDINALIS (2), [un]um FUNDANDO SUB AL1S Intus confratrem; puerorum quem scito patrem Collegii Claustri |j Brunelli. Sit scius astri.

Texte d’après le dessin ci-dessous; — Ms. C1, p. 5 5 9 ; — Du Breul, p. 35g; — Gallia cliristiana, t. IX, col. 853.

-oiu])UUouuu^ pjaunjg

Mausolée de Jean de Dormans

(1) Du Breul et le dessinateur de Gaignières ont lu ici: Pro Jeroniano; celle leçon est inexplicable.

(2) Cet hémistiche était déjà illisible lorsque Du Breul publia le texte de l’épitaphe. Les auteurs du Gallia chrisùana nous paraissent l’avoir restitué un peu arbitrairement en mettant: Fuit cardinalis.

La forme que nous avons cru devoir adopter a , du moins, l’avantage de donner un vers correct.

(3) Réduction d’un dessin en noir et en couleur des Tombeaux de Gaignières (Original), fol. 226. — On retrouve un dessin identique dans la Collection de Gaignières, F. lat. 17031, fol. 1 33.

IXAI.E.

Au xvue siècle, lorsque les Chartreux eurent décidé de déplacer ce mausolée, qui les incommodait pour la célébration des offices, la tombe du cardinal fut transférée dans la chapelle de Sainte-Anne. En 1696, le chancelier Boucherat fit encastrer devant le maître-autel, à la place précédemment occupée par la pierre tombale, une table de marbre noir portant l’inscription suivante, surmontée d’un écusson aux armes des Dormans et accompagnée, dans le bas, d’un autre écusson aux armes des Boucherat, timbré de la couronne et du mortier, entouré des colliers des Ordres du roi et enveloppé du manteau d’hermine, avec deux masses en sautoir et deux léopards pour supports :

983. — Hic jacet || illustrissimus Ecclesiæ princeps, || Johannes de Dor-

MANO, || SANCTÆ ROIYIANÆ ECCLESIÆ CARDINALIS , || EPISCOPUS BELVACENSIS || ET FrAN- CIÆ CANCELLARIUS || DESIGNATUS ANNO M CCC LXIV, || QUI MUNUS SUUxM IN REGIAS MANUS || DEPOSUIT, ANNO MCCCLXXI, FRATRE || EJUS , QUI HIC ETIAM ADJACET, || IN IDEM MUNUS MOX SUFFECTO; || CUI, POST BIENNIUM MORTUO, || SECUNDO CANCELLA¬ RIUS || SUFFECTUS EST, XI JULII M CCC LXXIII, || ET MORTUUS VII NOVEMBRIS || EJUSDEM ANNI (1).

HUJUS CARDINALIS EFFIGIES, DE || METALLO CUPREO, ANTE HIC EXPOSITA , || PRO FA- CILIORI DIVINI CULTUS ET RITUS || CH ARTUSIENSIS , QUIBUS DIUTURNO || IAIPEDIMENTO FUIT, CELEBRATIONE, || TRANSLATA EST ANTE ALTARE || SACELLI SANCTÆ ANNÆ, CON- SENSU, || PIETATE ET RELIGIONE ILLUSTRISSIMI || VIRI DOMINI LUDOVICI BOUCHERAT, || COMITIS DE COMPANS LA VILLE, || REGIORUM ORDINUM COMMENDATORIS || ET FrAN- CIÆ CANCELLARII, NOBILI || FAMILIÆ DE DORMANO AFFINIS, || QUI SUMPTIBUS SUIS HOC MONUMENTO || PARENTA VIT, ANNO DOMINI M DC XCVI.

Armes. Bovciierat : D'azur au coq d'or crclc et barbé de gueules, la patte droite levée.

Tombeaux de Gaignières (Oxford), t. lit, fol. 99 (reproduction figurée) (2); — Ms. G1, p. 56 1 ;

— Piganiol, t. VII, p. 229.

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