ÜRCI VICTOR ABIT, DUM NECE VICTUS OBIT
DUM CAPITUR TUMULO CŒLUM CAPIT, ET NECE RAPTUS HOC RAPIT ET RAPITUR; DUM CAPIT, HIC CAPITUR.
Requiescat in pace.
Bibl. List, de la Ville de Paris, 1 1479, t. II, p. 867; — Piganiol, t. V, p. 1 63.
BERNARD COUDERC.
728. — Hic jacet frater Bernardus Couderc, Carmelita tholosanus, in hoc
CONVENTU PHARMACOPOLA PERITISSJMUS , SUOPTE INGENIO MEDICARUM PLANTARUM ET ARBUSTORUM NOTITIA CLARISSIMUS UTQUE CHARITATE ERGA OMNES STUDIOSIS- SIMUS. OBIIT DIE XVIII FEBRUARII , ANNO M DC LXXXII.
Millin, Carmes de la place Maubert, p. 43.
S. Hochereau del.
J. Sulpis 30.
COUVENT DES C A RM ESDI L LETTES.
Vue de l’ancien couvent des Billettes (Ih
COUVENT
DES CARMES-BILLETTES
NOTICE HISTORIQUE
La fondation du couvent des Billettes, dans le quartier de la Bretonnerie, fut provoquée, à la fin du xme siècle, par un tragique événement que Bonfons rapporte en ces termes : «Un Juif ayant presté de l’argent sur gage à une pauvre mais
(1) Cette vue a été dessinée par M. Hochereau , d’après un plan cavalier du Fief aux Flamands qui est conservé aux Archives nationales. (L. 9B1.)
La façade du nouveau couvent qui, depuis le xviii0 siècle, n’a dû subir que des modifications peu appréciables, a été reproduite dans son état actuel. Le plan de l’édifice est une réduction de celui qui a été publié par M. Albert Lenoir dans la Statistique monumentale de Paris.
(2) L’histoire de ce miracle a été retracée en détail et longuement commentée dans un ouvrage intitulé : Remarques historiques données à l’occasion de la Sainte Hostie miraculeuse , conservée pendant
plus de quatre cens ans dans l’église paroissiale de Saint- Jean en Grève (Paris , 1725 , 2 vol. in- 1 2), qui fut rédigé parle P. Tbéodoric de Saint-René, carme de la maison des Billettes, pour répondre à certaines objections formulées par Basnage dans son Histoire des Juifs. Le P. de Saint-René a complété son travail par la publication des principaux documents historiques concernant les Billettes , tirés d’un ancien cartulaire du prieuré. Ce manuscrit, orné de curieuses miniatures, dut être distrait des Archives du couvent sous la Révolution; il est actuellement conservé à la Bibliothèque nationale. (Fonds lat. , 10981.)
IMPRIMERIE NATIONALE
meschante femme, demeurante à Paris, convint de marché avec cette malheureuse qu’elle luy porteroit le Sainct Sacrement qu’elle recevroit le jour de Pasques. Elle n’y faut; ains allant à l’eglise Sainct Merry, vient à la saincte et sacrée communion, et, comme un second Judas, elle porta l’Hostie au retaillé infidelle, lequel soudain s’acharna à coups de canivet sur le corps précieux de Nostre Seigneur, et, bien qu’il soit impossible, si est-ce que la saincte Hostie jecta du sang, en grand abondance, ce qui n’empescha que le maudit Hebrieu ne la jettast dedans le feu, d’où elle sortit sans nulle lésion et se print à volter à l’entour de sa chambre. Le Juif forcené la print et lança dans une chaudière d’eau toute bouillante, et soudain cette eau fut toute changée en couleur de sang, et aussi tost s’enleva l’Hostie miraculeusement et apparut à clair et visiblement ce qui estoit caché sous le pain , à sçavoir la forme et figure de nostre Seigneur Jésus Christ crucifié, non sans grand estonnement du Juif, qui, sans se convertir, se retira tout esperdu en sa chambre. Ce forfaict si détestable fut descouvert par un fils du Juif qui le dit aux enfans des Chrestiens, ne pensant que cela fût la ruine de son pere; ce qui causa qu’on entra au logis du criminel; l’Hostie trouvée et portée à Sainct Jean en Grève, le Juif fut pris et bruslé tout vif, selon la griefveté de son crime, n
A la suite de ce sacrilège, commis, d’après la tradition, le jour de Pâques, 2 avril 1290, la demeure du Juif Jonathas, qui reçut dès lors le nom de Maison du miracle, avait été confisquée par le roi. Quatre ans plus tard, un bourgeois de Paris, Régnier Flaming, voulut y faire établir une chapelle, en expiation du forfait, et le pape Boniface VIII, auquel il avait fait part de ce dessein, invita, par sa bulle du 17 juillet 1296, l’évêque de Paris à en autoriser l’exécution ù). Pour assurer le service religieux, Régnier Flaming lit venir à Paris des Hospi-
(1) Voici le texte de ce curieux document, où l’on trouve, pour la première fois, la constatation officielle du miracle :
rrBonifacius episcopus, servus servorum Dei, venerabili fratri episcopo parisiens! , salutem et apostolicam benedictionem. Petitio dilecti filii Raynerii Flamingi, ci vis parisiensis, nobis exhibita continebat quod ipse in illo loco civilatis parisiensis, in quo quidam Judei, inventam venerandam Eucharistiam cultello pungentes, eam in ferventi aqua caldarie igni superposite immiserunl, que quidem aqua divino miraculo in sanguinem noscitur fuisse conversa, quandam capellam affectât in bonorem Domini nostri Jesu Cbristi conslruere, ac ei de bonis propriis sufficientes redditus assignare, de quibus capellanus in ea perpetuo serviturus commode valeat sustentari, jure patronatus sui et suis heredibus in capella l'elento. Quare idem ci vis
nobis lmmiliter supplicavit ut apostolici favoris sibi présidium impertiri, per quod hujusmodi suum votum adimplere valeat, dignaremur. Nos igitur, ipsius civis laudabile in bac parte proposition commendantes ac de tua circumspectione plenam in Domino (iduciam obtinentes, fraternitati tue per apostolica scripla mandamus quatenus prefato civi construendi capellam ipsam in loco prædicto, si locus ipse ad eum civem pertineat, alioquin postquam ilium juste acquisierit, dummodo quod offerL duxerit faciendum, aulboritate nostra licenciam largiaris, sine juris prejudicio alieni, jure patronatus in prefata capella sibi et suis heredibus et successoribus inperpetuum reservato. Datum Ananie, i6° kalendas augusli, pontifîcatus nostri anno primo. ’i (Bibl. nat. , Cartulaire des Billettes , p. .3 7; — Le P. de Saint-René , Remarques historiques , t. 11 , p. 1/18.)
COUVENT DES CARMES-BILLETTES
taliers de la Charité Notre-Dame, que Guy de Joinville venait d’établir à Boucheromont et auxquels il désirait procurer une résidence Paris (1).
Philippe le Bel, par ses lettres patentes du mois de mars 1299, renouvelées au mois de décembre suivant, donna la maison du Juif à ces Hospitaliers^. Ce
(1> Guy de Joinville, seigneur de Dongeux, avait fondé en 1286, à Boucheromont , dans le diocèse de Châlons-sur-Marne, un hôpital pour les malades des deux sexes, et il avait confié le soin de le desservir à des frères hospitaliers. La fondation avait été confirmée par des lettres patentes de Philippe le Bel, du mois de septembre 1286.
Les Hospitaliers, que Guy de Joinville avait dotés de constitutions spéciales, auxquelles ceux-ci avaient ajouté la règle du Tiers-Ordre, formaient une véritable communauté religieuse, sans avoir obtenu l’approbation papale. A la suite de la condamnation prononcée au concile de Vienne, en 1 3 1 1 , contre les Bégards et d’autres prétendus religieux de l'Ordre de Saint- François, ils sollicitèrent l’indulgence du Saint-Siège pour régulariser leur situation. Le pape Clément VI, par ses bulles du 27 juillet i346, les releva des censures qu’ils avaient pu encourir et leur prescrivit d’abandonner leurs anciens statuts et leur costume primitif pour suivre la règle et prendre l’habit de l’Ordre de Saint-Augustin. (Bibl. nat. , Cartulaire des Billettes, 2? partie, p. 1 1 4-i 63. - — Le P. de Saint-René, Remarques historiques , p. 282-265.)
(2) D’après Félibien , Philippe le Bel donna d’abord aux Hospitaliers came maison qu’il avoit en
la rue des Jardins . » et, cinq ans après, ce il
acheta une maison voisine qu’il leur donna pour agrandir le lieu de leur demeure». (T. I, p. 45g.) Cette dernière assertion ne repose sur aucun fondement. La seule donation faite par le roi, en 1299, était celle de la maison du Juif, qu’il avait confisquée après le sacrilège, ainsi que le constate Pacte de la vente faite par Maciot Larchier, de Montlignon, rrd’une meson, si comme elle se comporte et estent en long et en hault et bas, séant à Paris, en la rue des Jardins, tenant à Dreue de Biaumont d’une part et à une meson qui est à présent en la main nostre seigneur le roy, pour la
forfaiture d’un Juif, en la censive des Flamens . ,
Pan de grâce 1291, le vendredi avant Saint Martin d’hiver ». (Arch. nat., L. 980.)
Ce texte infirme l’assertion de Bonfos, d’après laquelle ce le roy Philippes le Bel et madame Jehanne son espouse feirent acheter la maison du
Juif, où ils fondèrent une eglise». (Fol. 106 v°.)
Les lettres patentes de Philippe le Bel , données à Vaucouleurs au mois de décembre 1299, prouvent que c’était bien là la maison dont il gratifia les religieux : ccDomum quam habebamus, sitam Parisiis , in vico de Jardinis, in censiva Johannis Arrodis, oneratam duobus denariis anno quolibet de fundo terre dicto Johanni debitis, et decem solidis augmenti census annui Thome dicti Malleclerc debitis, duas testas in latitudine a parte anteriori et rétro totidem, ac novem testas cum dimidia in longitudine continentem , contiguam ex una parte domui Mathei Britonis et ex alia domui
Guillelmi Britonis . , fratribus Hospitalis Don-
juex, Ordinis Charitatis Beate Marie, pro cultu divini ofTicii et ipsorum inhabitatione, pietatisintuilu, sub predictis censu et onere, conferimus, concedimus perpetuo et donamus tenendam, habendam et perpetuo possidendain, cum omni jure, proprietate et possessione quod et quas inibi habebamus et habere quomodolibet poteramus. » (Arch. nat., LL. M92 , p. 2.; — Du Breul, p. 729.)
D’autre part, il ressort de l’acte d’amortissement, eu date du 29 août i3o2 , que c’était aussi la maison dans laquelle Régnier Flaming avait établi une chapelle : ce A tous ceux qui ces présentes lettres verront, Pierre li Jumiaux, garde de la Prevosté de Paris, salut. Nous faisons asçavoir que, par devers nous personnellement establi en jugement, Jehan Arrode l’ainzné, pannetier de nostre seigneur le roy de France, afferma que les religieux hommes, le maistre et les freres de la Charité Nostre Dame tiennent et poursuivent paisiblement toute admorlie de nostre seigneur le roy, par ses lettres patens, une meson si comme elle se comporte, à toutes ses appartenances et appendances , en laquelle il a estant une chapelle et laquelle est appelée la Meson des Miracles, assize à Paris, en la rue des Jardins, en la censive et seiguourie de la Bretonnerie , que l’on appelle la Terre aux Flamens , si comme il disoit. Laquelle meson dessusdite . le devant dit
Jehan Arrode, pour ce présent en jugement .
de sa bonne volonté., sans nulle fraude, admorlit, et l’ecogneut luy avoir admorti. . . «(Bibl. nat., Cartulaire des Billettes. p. 34; — Du Breul, p. 780.)
logement, qui était absolument insuffisant pour une communauté, fut accru, au cours du xive siècle, par la donation et l’acquisition de plusieurs maisons voisines W, de telle sorte que les freres purent agrandir la chapelle primitive, édifier un cloître (2) et avoir un cimetière. D’autre part, pour suppléer à l’exiguïté du local, ils utilisèrent comme annexe une maison située dans la rue des Jardins vis-
1 Le 11 novembre 1 3 1 2 , Jean Arrode amortit trois de ces maisons, acquises de i3o8 à i3ia, ffseans à Paris en la rue des Jardins, en la terre, censive et seignorie du devant dit Jehan, joignans à la maison ou hospital, eglise et chapelle devant dits, desquelles trois mesons la première fu feu monsieur Guillaume Le Breton, jadis prestre bénéficier en l’egiise de Saint Jehan en Greve, qui est à présent aile de leur moustier, joignant d’un costé à la meson Aubar Le Lombart, marchant de soie, qui fu Marguerite, fille Jacques Bon Dos, aboutissant par derrière au jardin et manoir de reverent pere en Dieu l’evesque de Biauvez d’un bout, et d’autre bout à la rue dessusdite; la seconde fu Jehan Le Breton, fils de feu Mahieu Le Breton, qui à présent est aile dudit moustier, d’une part joignant d’un costé à la meson desdits religieux qui fu Guillaume de Villepointe, aboutant devant et derrières comme la meson dessusdite; et la tierce fu Guillaume de Villepointe, joignant d’un costé à la meson Robert le Champenois, fils feu Thibaut le Champenois, et de l’autre à ladite aile dudit moustier, aboutant devant et derrière, comme dit est des autres dites mesons ». (Arch. nat. , L. q3o.)
La maison de Guillaume Le Breton fut, plus tard, annexée à l’église et devint la chapelle de Sainte-Anne; celle de Jean Le Breton fut remplacée par le clocher, et celle de Guillaume de Villepointe fut absorbée par le cloître.
Le 6 juillet 1 336 , Jean Rousseau, tisserand et bourgeois de Paris, et Alix, sa femme, donnèrent aux religieux mine maison avec tous ses droits, appartenances et dépendances, si comme tout se comporte, assise à Paris en ladite rue des Jardins, laquelle maison fu jadis Aubert Ges et sa famé, tenant d’une port à ladite eglise ou hospital et d’aullre part à la maison mestre Jacques Rousselot, conseiller de nostre sire le Boy, aboutissant par derrière à l’ostel de l’evesque de Beauvais». (Ibid.)
Au mois de novembre 1887, Jacques Rousselot, archidiacre de Reims, neveu et exécuteur testamentaire de son oncle Raoiü Rousselot, leur donna
cren regard de pitié et aumosne, une maison qui fu feu mestre Raoul Rousselot, jadis evesque de
Laon . , laquelle maison est assise en ladite
rue des Jardins . , jouxte la maison Michel
Cosse d’une part, aboutissant au Chemin royal d’un bout et au jardin de nostre amé et féal conseiller l’evesque de Biauvais de l’autre». (Arch. nat., L. 980.)
Ces deux maisons furent amorties par Philippe de Valois, en juillet 1 336 et en novembre 1337.
D’autres lettres d’amortissement, accordées par le roi, le 17 janvier 1 34g , constatent que «Binet Lemire, changeur et bourgeois de Paris, et sa femme, ont donné aux religieux prieur et freres de la Charité Nostre Dame, de l’Ordre Saint Augustin, demourans en la rue où Dieu fut bouilli à Paris, une maison assise eu ladite rue et tenant auxdits religieux, et avec ce yceulx religieux ont acquis une autre maison, séant en ycelle rue, devant leur eglise». (Ibid.)
Enfin, le 7 novembre i366, les Rillettes furent mis en possession , par sentence du Prévôt de Paris, «d'une maison qui jadis fu Jebanne de Rouen, séant à Paris en ladite rue des Jardins, tenant d’une part à la maison qui fu à bonne femme appelée La Maugiere et est à présent à Jehan de Silly, et d’autre part à la maison qui fu Raoul de Fleury, aboutissant par derrière aux jardins de l’hostel de l’evesque de Beauvais». (Ibid.)
(2) Le cimetière fut béni en 1 3 a 3 par l’évêque de Laon; la chapelle du chapitre et du cloître et trois autels de l’église furent consacrés en i35o par l’évêque de Dragonara. (Arch. nat., L. g3i; — Félibien, t. 111, p. 298.)
(3) Pour accéder plus facilement à cet immeuble , les Billettes avaient demandé qu’il leur fut permis d’établir un passage au-dessus de la rue; ce qui leur fut accordé par lettres patentes de Charles VI , en date du G juillet 1875, dans lesquelles il est dit que tr comme les religieux aient si petit espace de lieu en leur dit lioslel que ils n’y peuvent faire leurs aisemens ni nécessités aucunement, fors seulement en dessous l’eglise dudit liostel, qui n’est
COUVENT DES CARMES-BILLETTES
à-vis de leur église. Les Hospitaliers furent désignés, au cours du xvie siècle, sous le nom populaire de Billettes W.
Le curé de Saint-Jean-en-Grève, sur la paroisse duquel les Hospitaliers étaient établis, n’avait pas admis sans difficulté le développement de leur communauté. Pour mettre fin à ses réclamations, les Hospitaliers durent s’engager à lui payer, par une transaction du 17 octobre 1829^, une rente annuelle et perpétuelle de dix livres parisis, en raison de leur résidence et des aumônes ou donations qu’ils recevaient.
pas chose convenable ni honneste pour ia reverence
de Dieu et du divin service . ; que naguère
ils aient acquis une maison assise de l’autre part de ladite rue, à l’opposite dudit liostel, qui moult leur seroit propre et necessaire pour y aller faire leurs dites nécessités, se il nous plaisoit leur donner sur ce nostre congié et licence que ils y puissent faire une alée de leur dit liostel à ladite maison, en haut et par dessus la dite rue, de cinq ou six pieds ou environ , et si en haut que chevaux et charretes chargés de foing ou d’autre chose périssent bonnement et aisément passer par dessous ». (Arch. nat. , L. g3o.)
Ce projet, cependant, ne paraît pas avoir été mis à exécution, puisque, quelques années après, les religieux sollicitaient l’autorisation de pratiquer un passage sous la rue; ce qui leur fut accordé par des lettres patentes du 29 juin i382 , où l’exiguïté de leur maison était de nouveau constatée :
crQue domus dictorum magislri et fralrum tam parva sit et stricta quod necessaria dicte domus oportet sciluari subter altare vel juxta, super quod cotidie sacramenlum altaris continue celebralur, et de novo dicti magister etfratres quandam domum sitam ex altéra parte vici acquisierint, quatenus nobis placeret gratiose eisdem licenciam concedere construendi facere quandam viam de subtus pavimentum, a dicta domo eorum usque ad aliam portera alterius lateris vici, ut honestius Deo deservire possint. D (Arch. nat., L. 930; — Félibien, t. 111, p. 298.)
Dans une déclaration des biens du couvent faite au xve siècle, il est dit que nia maison à l’ opposite de l’eglise contient deux corps d’hostel, courtille et estable, et est de présent l’infirmerie des religieux n. (Arch. nat., LL. 1491, p. 2.3.)
Jaillot nous apprend que rrcette maison, étant tombée en ruine, fut entièrement démolie au commencement du xvi' siècle; il paroit que l’emplacement quelle occupoit forme aujourd’hui le petit
cul-de-sac qui conduit à une des portes du couvent de Sainte-Croix de la Bretonnerie. » (T. 111, art. xm, p. 18.)
(1) rrLe nom de Billettes fut donné à ces religieux dès les premiers temps de leur établissement
à Paris . Il n’est pas hors de vraisemblance
que ces Hospitaliers qui, dans leur origine, n’étoient ni tout à fait religieux, ni tout à fait séculiers, portassent des billettes sur leurs habits pour se faire distinguer, et que ce fut à celte occasion que le peuple leur donna ce nom. Sauvai insinue qu’il pourroit bien venir d’une espèce de péage qu’on appeloit encore de son temps Billelte , à l’occasion d’un billot de bois qu’on suspendoit à la
porte de la maison où ce péage se pavoit .
J’avoue que cette opinion ne me paroit qu'une conjecture hasardée. » (Jaillot, Ibid., p. 10-12.)
rrUniversis présentes litteras inspectons Oflicialis curie parisiensis salutem in Domino. Notum facimus quod, in nostra, notariororum publicorum et testium infrascriptorum presentia, propter hoc personaliter conslituti, vir venerabilis et discretus Bertrandus Bonifacii, utriusque juris professor, canonicus parisiensis ac curatus parochialis ecclesie Sancti Johannis in Gravia, Parisius, ex una parte,
etreligiosi viri Guillelmus, minister,et . fratres
de Hospitali Caritalis Beate Marie, Tertii Ordinis Sancti Francisci, ut asserunt, commorantes Parisius, in vico Jardinorum, quorum capella seu oratorium contiguum est dicto vico Jardinorum ex una parte et domui episcopi et capituli belvacensis ex alia, et ex alia parte domui Roberti Le Campanois, tabernarii et mercatoris vinorum, et ex alia parte domui Roberti Scriptoris, scampsoris parisiensis, exaltera parte, asseruerunt et confessi sunt ad invicem concordasse , convenisse et composuisse super pluribus questionibus quas ad invicem habuerant in himc modum, videlicet quod dicti minister, procuratores et fratres, pro se et suis suecessoribus et nomine suo ac dicti Ordinis sui, et
Lorsque les frères de la Charité eurent été rattachés à l’Ordre de Saint-Augustin, leur couvent devint un prieuré, sous l’autorité du Général qui résidait à Boucheromont. 11 ne paraît pas que ces religieux aient jamais utilisé leur maison comme hospice (‘h Elle comptait au nombre des collèges de l’Université dont les religieux suivaient les leçons, et le Prévôt de Paris, par une sentence du 25 juin 1662, lui confirma la jouissance de tous les droits et privilèges universitaires.
Vers la fin du xivc siècle, l’église et le couvent des Billettes, par suite de l'exhaussement graduel du quartier, se trouvaient sensiblement au-dessous du niveau de la rue, et il fallut les rebâtir^. Les nouvelles constructions furent édifiées au-dessus des anciennes. L’église, achevée dans les dernières années du xive siècle, fut dédiée et consacrée, le i3 mai 1/108, sous le titre de la Sainte-Trinité, de la Vierge et de Tous les Saints, par Jean de Gonesse, provincial des Guillemites. Cet édifice, de forme rectangulaire et peu étendu, avait sa façade sur la rue des Billettes; il était divisé en deux parties par le sanctuaire et la nef, sur chaque
ratione loci capelles eu oratorii sui predicli et pro oinni jure parochiali quod dictus curatus a dictis religiosis, ratione obtationum aut habitationis et eleemosinarum atiarum largitionis, posset petere
quomodotibet , de consuetudine vel de jure . ,
dabunt dicte parochiali ecclesie Sancti Johannis in Gravia et dicto cnrato et ejus successoribus in per-
petuum . . decem libras parisienses annualim
et renduales, ann nique et perpetui redditus. Acta fuerunt bec Parisiusin curia OÜIcialatus parisiensis, anno Domini 1.329°, indictione 12°, die 17° mensis octobris. - (Arch. nat., L. 93 1 . )
1 Dans plusieurs actes, le couvent est qualifié à la fois de collège et d’hôpital; cette dernière appellation devait être simplement motivée par le titre d Hospitaliers que portaient les religieux.
Toutefois la bulle de Clément VI, du 19 novembre ia 48, pourrait soulever à ce sujet une grave objection , en ce sens qu’elle semble désigner expressément un hôpital. On y lit en effet : «Cum sicut accepimus dilecli filii fratres Hospitalis de Charitate
Beate Marie parisiensis . , redditus sufficientes
non liabeant ex quibus ipsi ac pauperes ad dictum hospitale confluentes commode sustentari valeant.^ (Le P. de Saint-René, Remarques historiques , 1. 11, p. 1 5 2 . )
Mais le P. de Saint-René répond judicieusement à cette objection : rtLe peu d’etendue qu’avoit le couvent des Billettes n’auroit pas permis qu’on
y ait mis des malades . Ce que dit Clement VI
des pauvres signifie seulement que les freres de la
Charité de INotre-Dame, se souvenant de leur origine de Boucheromont, faisoient certains jours de la semaine quelques aumônes, comme on le fait dans plusieurs maisons religieuses et comme on l'a fait jusqu’à présent aux Billettes. d ( Remarques historiques, t. II, p. 28 et i52.)
(3) r Depuis leur etablissement à Paris jusqu’au commencement du xve siècle , la rue des Jardins , à présent la rue des Billettes, etoit tellement changée que leur couvent et eglise etoient comme enterrez . L’ancienne eglise des Billettes , qui est à
présent souterraine et sous l’autre eglise, sert de cimeliere pour la sépulture des religieux et des bienfaicteurs du convent. A côté de ce cimetiere est la chapelle du Miracle, qu’on 0 toujours conservée, et, proche cette chapelle, on voit quelques restes
des anciens cloîtres . Le chapitre ne subsiste
plus; il a été détruit pour bâtir les nouveaux cloîtres. (Ibid., p. 21.)
Guilhermy a constaté de même que Ma chapelle basse, devenue depuis longtemps le lieu de sépulture des religieux et des bienfaiteurs, existe encore au-dessous de l’église ; mais toutes les avenues en ont été soigneusement murées : elle est inaccessible ; on prétend qu’elle garde ses autels et ses tombeaux ■».
Nous avons fait de vaines démarches pour obtenir que cette dernière assertion fût contrôlée. D’après des fouilles ébauchées il y a quelques années, les épitaphes de Papire Masson et de Eudes de Mézeray existeraient encore dans la chapelle souterraine.
COUVENT DES CARMES-BILLETTES
côté de laquelle se trouvaient deux chapelles : à droite, celles de la Vierge ou de Notre-Dame du Mont-Carmel (1) et de Sainte-Radegonde; à gauche, celles de Saint-Joseph^ et de Sainte-Anne^3); une tribune placée au-dessus de la porte d’entrée servait de chœur aux religieux. L’ancienne église, qui avait été conservée, devint une chapelle souterraine. Durant la première moitié du xve siècle, le couvent et le cloître furent reconstruits (4), en utilisant l’emplacement de plusieurs maisons acquises par les Rillettes , qui, depuis deux siècles, avaient notablement accru leurs propriétés et leurs rentes, et qui étaient devenus, en l’année 1 3 8 1 , seigneurs du fief aux Flamands
Au commencement du xvne siècle, la discipline du prieuré s’était singulièrement relâchée : les religieux, réduits à un petit nombre, avaient négligé toute étude et dissipé en majeure partie le temporel de la maison. Poussés par leurs créanciers, ils durent se résoudre, pour mettre un terme à leurs embarras, à céder le couvent à un autre Ordre régulier, et, le 16 novembre 1627, ils conclurent un accord dans ce sens avec les Feuillants du faubourg Saint-Honoré, qui se proposaient d’établir leur noviciat dans l’immeuble des Rillettes. De son côté, le Parlement prescrivit, après plusieurs enquêtes, par un arrêt du 3i mai 1628, la réforme du monastère; le prieur de Sainte-Geneviève et le prieur des
(1) Cette chapelle était affectée à la confrérie des menuisiers. Un acte du 26 août 1 368 constate que tries menuisiers aïans à leurs frais fait lambrisser l’eglise et ordonné les chaires du chœur, les religieux s’obligent à faire les services de leur confrérie, moyennant ivtt de rente que lesdits confrères seront obligés de payer n. (Archives nat. , S. 3719, fol. 2 23 v°.)
(2) Au xvu' siècle, elle fut désignée sous le nom de chapelle de Corbinelli, par suite de la concession qui en avait été faite, le 11 avril 1 634 , à dame Claude Le Moine, femme de messire Pierre de Corbinelli, maître d’hôtel du i'oi. (Ibid., LL. 1^92, p. i4g.)
(3) Les chevaliers de Notre-Dame du Mont-Carmel et de Saint-Lazare tenaient leurs assemblées dans le couvent et ils y avaient le dépôt de leurs archives. (Ibid., L. g3o.)
(4) La reconstruction du cloître est postérieure à 1427, ainsi que cela résulte du document suivant, daté du 29 août de cette année : «Michel de Lalier,
conseiller et maistre des comptes du rov . , de
son conquest avoit droit, et estoit en bonne saisine et possession dès longtemps, à trois livres, dix sept sols , deux deniers de rente , sur une maison en laquelle pendoit anciennement pour enseigne la Fleur de lis, où demeuroit en son vivant feu Robert de La
Queue, jadis sergent à cheval du roy nostre sire, de laquelle estoient et sont détenteurs et proprietaires lesdits religieux, assise à Paris en la rue des Billeltes, tenant d’une part à ladite eglise et d’autre part à Pierre Lalier, aboutissant par derrière aux jardins de l’hostel de Beauvais, en la censive desdits religieux . Nagueres ledit prieur s’estoit
plaint par devers ledit sire Michel, en lui exposant que ladite eglise estoit sans cloistre et que, pour accroislre y celle, retraire lesdits religieux dudit convent de la vie mondaine et les faire tenir solitairement en ladite religion, il avoit affection et voulenlé de construire et faire édifier un cloistre au lieu et place où ladite maison et ses appartenances estoit située, se il plaisoit audit sire Michel descharger ycelle desdits soixante et dix sept sols, deux deniers de rente, et ladite rente transporter et deleisser à ycelle eglise à aumosne.» (Arcli. nat., L. 93i.)
Michel de Lallier consentit à l’abandon de celte rente sons condition que les Billettes devraient célébrer annuellement pour lui deux services religieux.
(5) Le 8 juillet 1 38 1 , les Billettes avaient cédé à Guillaume de Hangest leurs maisons et terres du Mesnil en échange de ce fief, qui fut amorti par Charles VI, au mois de septembre suivant. (Ibid,, LL. 1 49 1 , p. 55 et 93.)
Minimes de la Place royale, delegués à cet effet, donnèrent, le 28 octobre, aux religieux de nouveaux règlements, auxquels ceux-ci refusèrent d'ailleurs de se soumettre W.
Les Feuillants n ayant pas persiste dans leurs projets, les Carmes réformés de 1 observance de Rennes, établis dans la province ecclésiastique de Tours, qui désiraient se fixer à Paris, s’offrirent pour prendre le couvent en leur lieu et place. Le premier contrat de cession fut annulé le 7 juillet 1 6 3 1 , et un nouveau fut conclu entre les Rillettes et les Carmes le 2/1 juillet. Les Rillettes cédaient aux Carmes le prieuré, le couvent et l’église, avec tous leurs biens et revenus, a la charge d assurer le service religieux, d acquitter les fondations et de payer les dettes. Ils conservaient le droit de résider dans le couvent et d’v être
nourris et entretenus; s ils voulaient se retirer, une pension annuelle devait leur être servie^.
1 Le 22 janvier 1629, les Billetles présentèrent une requête au Parlement, en vue d’être réintégrés dans leurs anciens droits et d’obtenir un supérieur qui ne fût pas de la réforme. (Arch. rial., L. 9 3 1 . )
(2) Voici les considérants et les principales dispositions de ce contrat, qui a été très incomplètement analysé par Sauvai (T. III, Preuves, p. 179):
-•Les prieur et religieux Rillettes, du convent de Paris, [disoient] qu’aiant de longtemps essaié et tascbé par tous moiens honnestes et licites de restablir en leur maison l’observance reguliere selon leur réglé et institut, ils n’auroient pu executer leurs bonnes volontés et parvenir audict restablissement, tant à cause de la decadence de leur Ordre dans le royaume de France qu’à cause des grandes debtes auxquelles leur dict convent de Paris et le peu de revenu temporel qui en despend est obligé et ypotbecqué, selon l’examen qui en a esté faict par auctorité de nos seigneurs de la cour de Parlement, pardevant les commissaires à ce commis et deputtés; en sorte que, pour acquitter lesdictes debtes, il convient vendre et alliener la plus grande et meilleure partie du revenu temporel de leur dict convent, laquelle vente et allienation faicte, il ne leur restera plus de quoy subvenir à l’entretien de leur eglise et convent et des autres lieux qui en dépendent et fondations faictes en icelle eglise, et aussy ne pourront fournir à la nourriture et entretien de
leurs personnes et autres nécessités ordinaires .
Ils auroient jugé ne pouvoir remedier autrement à l’entiere ruine de leur maison et à leurs nécessités présentés et pressantes, sinon en cedant et transportant leur dicte maison de Paris à quelques bons
religieux avec lesquels ils peussent s’unir et vivre le reste de leurs jours et qu’ils les déchargeassent, au moien de ladicte cession et transport, de toutes leurs debtes mobilières et immobilières avec autres conditions qui seroient entr’eulx advisées justes et raisonnables; et après avoir traité de cette affaire parmi eulx et avec plusieurs religieux de divers Ordres, ils auroient estimé ne pouvoir mieux s’accomoder qu’avec les religieux reformez dudict Ordre
des Carmes de la province de Touraine . n
Ils avaient décidé, en conséquence , de leur céder rrl’eglise , prieuré, monastère et convent, appelé des Rillettes , sis en ceste ville de Paris, rue des Billettes, paroisse Sainct Jehan en Oreve, ensemble tous les biens meubles et immeubles appartenons audict prieuré et convent, tant en ceste ville de Paris que partout ailleurs scitués, ainsy qu’ils se
contiennent et comportent . ; ains demeurera
ledict convent des Billettes et tout ce qui en despend auxdicts peres Carmes qui en pourront disposer comme de leur propre, au moien de la présente
cession et transport . ; au moien de quoi, les
dicts peres Carmes seront tenus et obligés faire et celebrer le divin service en ladicte eglise, acquitter et faire les charges et fondations dont lesdicts religieux Billettes sont tenus et obligés, et outre, de payer et acquitter toutes les debtes faictes et crées, par ledict convent et religieux Billettes, jusques à ce jour, et, pour asseurance du paiement desdictes debtes, sera la somme de quinze mil livres deposée par lesdicts peres Carmes ès mains d’un
amy commun dont les paiiies conviendront . ;
et n’entreront lesdicts peres Carmes en possession
COUVENT DES CARMES-BILLETTES
Le même jour, le prieur des Billettes se démit de son titre, et la cession du monastère fut ratifiée par le Général de l’Ordre, le 19 août suivant, et par le Provincial des Carmes, le 26 septembre. Elle fut approuvée le 19 septembre par l’archevêque de Paris, et le 26 septembre par lettres patentes de Louis XIII, vérifiées en Parlement le 8 janvier i632 et par des lettres de surannation du 23 avril 1 6 3 5 , enregistrées à la Chambre des Comptes le 22 mai suivant^.
Comme leurs prédécesseurs, les Carmes furent obligés de conclure avec le curé de Saint-Jean-en-Grève, le 20 février iG32, un accord aux termes duquel ils s’obligeaient à payer la rente annuelle de dix livres due par les Billettes et prenaient en outre l’engagement de ne pas agrandir leur église.
Le pape Urbain VIH prononça la réunion du prieuré des Billettes à l’Ordre des Carmes par sa bulle du 1 2 février i632, que l’Ofïicialité de Paris fulmina le 21 juillet 1 6 3 3 et qui fut confirmée par des lettres patentes du i3 août, enregistrées en Parlement le 2 septembre. Dès le 27 juillet, les Carmes avaient pris possession du couvent, qui conserva néanmoins son appellation primitive, ce qui fit désigner les religieux sous le nom populaire de Carmes-Billettes; ils furent aussi appelés Carmes du Saint-Sacrement.
En i6û3, les Carmes achetèrent un petit jardin qui se trouvait derrière leur
et jouissance dudict convent des Billettes et de ce qui en despend que, premièrement, ils n’aient actuellement consigne' ladicte somme de quinze mil livres; et, au cas que ladicte somme ne fut suffisante pour l’acquit desdictes debtes, seront tenus lesdicts peres Carmes de fournir le surplus sans diminution des clauses et conditions ci après déclarées; demeureront lesdicts prieur et religieux Billettes, si bon leur semble, en leur dict convent et y seront logés séparément, cbascun en une chambre du costé du cloistre , et d’autant qu’il n’y a chambres suffisantes dudict costé du cloistre, leur en sera fourny jusques au nombre qui sera necessaire pour les loger cbascun séparément et ce du costé de la cour, hors les dortoirs; et 11e pourront faire lesdicts peres Carmes aucuns bastimens qui privent lesdicts religieux Billettes de leurs dicts logemens, et seront lesdicts religieux Billettes nourris, traittés, chauffés, blanchis et sollicités audict convent, tant en santé qu’en maladie, aux despens desdicts peres Carmes , lesquels , outre lesdicles nourriture, traitlement, chauffage, blanchissage, medicamens, sallaires de médecins, chirurgiens et appoticaires et autres frais de maladie, seront tenus de payer annuellement à cbascun des religieux Billettes
la somme de cent livres pour leur vestiaire et audict
prieur la somme de deux cens livres . Et en
cas que lesdicts prieur et religieux Billettes ou aucun d’eulx se retirent dudict convent, soit pour passer en quelque autre Ordre, ou posséder quelque benelîce ou office régulier ou autrement, leur sera paie' à chacun, par lesdicts peres Carmes, la somme de trois cens livres et audict prieur la somme de quatre cens livres pour leur pension et vestiaire, et ce par advance, de quartier en quartier . ; lesquels ou aucun d’iceulx pourront,
quand bon leur semblera, retourner et demeurer en ladicte maison où ils seront reçus par lesdicts peres Carmes, nourris, traittés, chauffés, blanchis et médicamentés comme dict est, pour la somme de deux cens livres en diminution de ladicte somme de trois cens livres, et les cent livres restans seront payées pour leur vestiaire; et leur sera loisible, en sortant de ladicte maison , d’emporter leur animeublement, à la charge que, retournant en ladicte
maison , ils seront tenus de le rapporter . «
(Arch. nat. , LL. 1^92, 2e partie, p. 1-6.)
(I) La plupart des actes relatifs à l’établissement des Carmes réformés à Paris ont été publiés par Félibien. (T. III, p. 299, et V, p. 83 et 90.)
IMPRIMERIE NATIONALE
propriété (1) et, quelques années après, ils firent restaurer leur immeuble. En 17/10, pour remédier à l’insuffisance du local, ils acquirent une maison située sur le côté gauche de l’église^, qui fut presque entièrement reconstruite et qui accrut presque du double les bâtiments du couvent.
Dès le commencement du xvmc siècle, les religieux avaient projeté de rebâtir l’église qui menaçait ruine W. Ils avaient même obtenu, le i5 janvier 1726, un brevet du roi qui les autorisait à la prolonger du côté de leur jardin, et ils comptaient démolir une de leurs maisons, sise rue Sainte- Croix-de-la-Bretonnerie, pour agrandir l’édifice et changer son orientation. Mais l’opposition du curé et de la fabrique de Saint- Jean-en-Grève les empêcha longtemps de mettre leur
projeta exécution^. Enfin, en l’année 1 férend; les Carmes purent réédifier leur
(1) Par contrat du 5 mars j G A3 , les Billeltes acquirent d’Antoine Le Camus, président à la Chambre des Comptes, un jardin d’environ cent quatorze toises , moyennant la somme de 21,000 livres. (Arcli. nat. , L. 980.)
Dans une Déclaration des nouveaux acquêts du 2 3 avril 1 678, les religieux constataient que trieur convent est fort estroit, ce qui les a obligez a donner ladite somme, qui, en vérité, est exorbitante, et que, sans l’extresme nécessité qu’ils en avoient, ils n’en eussent pas voulu donner plus de deux mil livres îi. (Ibid., L. 981.)
(2) Cette maison, qui appartenait aux héritiers mineurs de Guillemeau de Fréval, fut adjugée aux Carmes-Billetles , par décret du Châtelet , le 1 8 mars 1 7 4 1 , pour le prix de 42,000 livres. (Ibid. , L. 980.)
L’arrêt du Conseil du 21 janvier 1788, concernant les biens de mainmorte, interdisait aux religieux d’annexer aucun immeuble à leurs clôtures, sans autorisation préalable, et les Carmes avaient dû solliciter par suite une autorisation qui leur fut accordée par un arrêt du 11 octobre 1740. Dans leur requête, ils faisaient valoir que trieur maison est si petite et si peu logeable, qu’ils n’ont jamais pu y placer une infirmerie; que, lorsqu’ils ont des malades parmy eux, ce qui arrive fréquemment, ils sont obligés de les mettre plusieurs dans la même chambre, que d’ailleurs il ne leur est pas possible de faire aucunes provisions pour leur maison, soit en bois, vin et autres denrées nécessaires à leur consommation, n’ayant aucun endroit pour les renfermer.» (Ibid.)
(3) Un rapport de Jules-Hardouin Mansart, du 22 juin 1742, conslate cr qu’il est à propos de reaire tous les différais édifices ou baslimens sans
755, un accord amiable termina le diféglise sur le même emplacement, mais
pouvoir en rien reserver». (Arch. nat., L. 981.)
4) Le i3 avril 1743, M. de Vintimille, archevêque de Paris, donna aux religieux l’autorisation de rebâtir l’église, mais sans résultat. Dans une requête présentée au Conseil du roi, le 8 janvier 1745, les Carmes déclaraient que rdeureglise tombe en ruine par son ancienneté et qu elle menace d’ecraser par
sa chute les fideles . ; qu’ils en auraient fait
construire une autre depuis longtemps sans la dureté des temps . ; que le péril est devenu im¬
minent et qu’enfin il pourrait arriver quelque malheur, s'il n’y etoit remédié au plus tôt.»
Enfin, le 1 2 décembre 1782, Christophe de Beaumont ayant renouvelé l’autorisation précédemment accordée, les Carmes finirent par triompher de l’opposition du curé et des marguilliers de Sainl-Jean-en-Grève. Dans un mémoire soumis à la fabrique de cette paroisse, ils avaient représenté <•<• la nécessité où ils se trouvaient de reconstruire leur eglise, avec intention de la bastir sur l’ancien sol; ils avoient demandé seullement qu’il leur fût permis d’elever un nouveau chœur derrière le maître autel pour pouvoir par eux y cellebrer l’office divin, l'emplacement duquel chœur serait pris sur la partie de leur jardin et tiendrait lieu et place de l’ancienne tribune construite au dessus de la porte d’entrée de leur eglise où ils se
plaçoient lors pour chanter l’office . . sans qu’il
fut question de leur part de procurer aux laies un plus grand espace de temùn dans leur eglise.»
La reconstruction fut approuvée dans ces conditions par une convention du i5 septembre 1765, mais on imposa aux religieux l’obligation de fermer par des vitraux dormants les arcades des tribunes. Cette clause fut d’ailleurs annulée par une
COUVENT DES CARMES-BILLETTES
avec addition d’un nouveau chœur circulaire construit sur une partie du jardin et de tribunes pour les laïques installées de chaque côté de la nef, au-dessus des arcades; deux chapelles devaient être établies dans le sanctuaire, sur les côtés du maître-autel, et deux autres dans la nef. Le nouvel édifice, bâti sur les dessins du frère Claude, religieux de la maison, fut terminé en 1758 W.
A cette époque, le couvent, limité par la rue des Billettes et, sur les côtés, par des maisons particulières, se composait de deux corps de logis carrés, l’un formant cloître, à droite de l’église, l’autre à gauche, qui étaient reliés entre eux par un passage ménagé dans l’église même, derrière les orgues; à la suite des bâtiments se trouvait un jardin peu étendu (2).
Au début de la Révolution, les Carmes avaient refusé de se soumettre à la suppression des Ordres religieux édictée par l’Assemblée nationale. Le 3i juillet 1791, les commissaires de la Municipalité, chargés de dresser l’inventaire de leurs biens, furent obligés d’employer la force pour pénétrer dans le couvent, et, le lendemain, les religieux protestèrent solennellement, par une délibération capitulaire, contre l’enlèvement de leurs vases sacrés et la profanation de leur église. Vers la fin de cette même année, ils durent abandonner leur maison, le décret du 8 octobre 1790 leur ayant assigné pour résidence le couvent des Carmes déchaussés de la rue de Vaugirard.
L’église et le couvent furent vendus comme propriétés nationales, les 17 avril 1793 et 17 mars 1795. Ils furent rachetés par la ville de Paris le 26 novembre 1808, conformément aux prescriptions d’un décret du 28 juillet. En 1812, l’on attribua l’église aux protestants de la confession d’Augsbourg, qui l’ont toujours conservée depuis. Le bâtiment du cloître^ fut affecté plus tard à une école lancastrienne, transformée en une école communale qui y est installée aujourd’hui encore, et l’aile gauche du couvent est maintenant occupée par un orphelinat de jeunes filles protestantes.
transaction du 3i juillet 1766, aux termes de laquelle les Carmes devaient constituer à la paroisse une rente de cent livres. Ces deux accords furent homologués en Parlement, le 17 janvier 1768. (Arcb. nat., L. 93i.)
(1) Piganiol a sévèrement critiqué l’œuvre du père Claude : cc Le plan de l’église, observe-l-il , est si mal entendu, qu’il fait presque regretter l’autre. Nulle proportion entre sa largeur, sa longueur et sa hauteur; la partie du chœur est une grande ovale beaucoup trop allongée, qui forme un aspect choquant. Quant à l’ordonnance de toutes les autres parties de ce bizarre édifice et de son architecture , elle est sans accord et sans proportion : des pilas¬
tres guindés sur des socles qui sont presque la moitié de l’ordre ; des tribunes portées sur des mulules très maigres, qui se perdent dans le mur. Celle de l’orgue est dans le même genre; le dessin du portail est si pauvre et si dépourvu de génie , qu’il répond parfaitement à la composition du total. * (T. IV, p. 3 1 G. )
(2) D’après le procès-verbal de visite du 2 3 avril 1790, cde jardin est très petit; il régné autour du chœur de l’eglise et n’est, à proprement parler, qu’une cour sablée, plantée de tilleuls, pour faire un couvert.») (Arcb. nat. , S. 3707 .)
(3) Ce cloître est le seul du moyen âge qui subsiste aujourd’hui à Paris.
- -><5. ch —
INDEX ALPHABÉTIQUE
Cailly (Aignan de), 746.
Coignart (Etienne), 747.
— (Jean), 747.
Coürtelery (Henri de), 739.
Flequel (Louis), 744.
Fouciieret (Anne de), 747.
Fraguier (François), 73-2, 733.
Garnier (Jean), 740, 741.
Goujon (Barbe), 786.
— (Guillaume), 736.
Hardy (Pierre), 729.
La Courtille (Simon de), 742.
Lasne (Jean), 787, 738.
Le Clerc (Juvénal), 743.
Le Conte (Jeanne), 782, 788.
Le Masle (Hugues), 745.
Le Sueur (Jeanne), 786.
Lobry (Anne), 761.
— (Marie), 751.
Mandat (L’abbé), 762.
Martin (Marie), 743.
Masson (Papire), 749, 750.
Mézeray (Eudes de), 748.
Nativité (Le R. P. Jacques de la), 75
Potin (Philippe), 780.
Ragueneau (Françoise), 745.
Robert (Jean), 781.
Saint-Paul (Le R. P. Edmond de), 75
Vernon (Jean de), 735.
V ignolet (Jean), 734.
Viole (Hippolyte), 746.
COUVENT DES CARMES-BILLETTES
ÉPITAPHES DU COUVENT
ÉGLISE
CHOEUR
Tombes plates devant le maître-autel :