‹ Épitaphier du vieux Paris (volume 3)Chapitre 236 sur 386 · VALENTINE BALBIANI · texte numérisé non relu

VALENTINE BALBIANI

Mausolée de Valenline Balbiani (1).

(1) Réduction d’un dessin en noir et en couleurs des Tombeaux de Gaignières(Clairambault) , fol. 87.

On trouve dans le ms. D. , fol. , une esquisse au crayon rouge de ce même dessin.

Une estampe insérée dans l’ouvrage de Bonfons- Rabel reproduit le mausolée de Valenline Balbiani d’une façon à la fois incomplète et inexacte. (Liv. II, fol. io5 v“.) Elle ne présente, en effet, que le cénotaphe, la statue de la défunte et les deux génies qui l’accompagnaient; le bas-relief du sarco¬

phage, le livre que tenait la défunte, le petit chien placé auprès et la partie supérieure du mausolée ne s’y retrouvent pas; de plus, la statue couchée de Valentine est figurée à demi nue.

Comme la description du mausolée donnée par Bonfons concorde entièrement avec la gravure, il paraît vraisemblable que l’estampe de Rabei devait être la reproduction d’un projet primitif de ce monument, auquel Germain Pilon apporta des modifications importantes.

Le chancelier de Birague avait fait élever à la mémoire de sa femme, Valentine Balbiani, un somptueux mausolée, tout en marbre blanc et noir, sculpté par Germain Pilon, qui était adossé à l’un des murs de la chapelle vis-à-vis de l’autel.

Ce monument funéraire, dont la disposition générale avait quelque analogie avec celle d’un autel, se composait d'un large sarcophage de marbre blanc, posé sur un double soubassement de marbre noir et blanc, dont la table supérieure, en marbre noir, portait la statue de la défunte, en marbre blanc. Valentine Balbiani était représentée richement velue et à demi couchée ; elle soutenait sa tête de son bras gauche appuyé sur des coussins, et de sa main droite tenait un livre ouvert, à coté duquel se trouvait un petit chien qui la regardait; aux deux extrémités de la table étaient posés deux petits génies en bronze avec des torches allumées et renversées.

Un bas-relief de marbre blanc, appliqué sur le sarcophage, offrait une autre représentation de la défunte, mais sous la forme d’un cadavre dont la nudité était à peine voilée par les plis d’un linceul.

Au-dessus de la statue, on voyait une plaque rectangulaire de marbre noir sur laquelle était gravée l’épitaphe de Valentine, encadrée par une double bordure de marbre noir et blanc, avec des appliques cintrées dans le haut et dans le bas, et surmontée d’un fronton triangulaire dont le sommet portait une croix de marbre posée sur une tête de mort et deux anges tenant des palmes assis sur les rampants.

Ce petit monument était complété sur les deux côtés d’une ornementation symétrique, composée de statuettes de bronze placées dans des niches encadrées par des pilastres de marbre blanc et noir, avec un entablement surmonté d’une tête de mort soutenant un écusson, celui de gauche aux armes de Birague, celui de droite parti des armes de Birague et de Balbiani. Chacune des statuettes était accompagnée de deux inscriptions en lettres dorées :

V droite, on lisait au-dessus de la niche : Morte n’est toint qui vit au ciel, et au-dessous : Qui bien aime tard oublie; à gauche : Non mortua est quæ in coelisvivit, et : Quod bene ouïs amat vix obliviscitur.

Le couronnement du mausolée était formé par un petit entablement surmonté d’un fronton circulaire en marbre blanc et noir. Trois petits génies en marbre placés, l’un contre l’entablement, les deux autres aux extrémités supérieures du mausolée, soutenaient une large draperie, sculptée et peinte à l’endroit aux armes de Birague et fourrée d’hermine à l’envers, qui se déployait derrière le monument et enveloppait de ses replis sur les deux côtés toute la partie supérieure.

L’épitaphe de Valentine Balbiani était ainsi conçue :

800. — D. O. M. S. - Valentinæ Balbianæ, matronæ clarissimæ atque or-

NATISSIMÆ, CUJUS ANIMA SALUTE ET QUIETE FRUITUR SEMPITERNA , CORPUS RENATUS

PRIEURE DE SAINTE-CATHERINE DU VAL DES ECOLIERS

BiRAGUS, FrANCIÆ CANCELLARIüS, CONIUX PIENTISS1MUS, UXORIS BENE MERITÆ M£- MOR, HIC CONDI CURAVIT.

OBIIT ANNO CHRISTIANÆ SALUTIS MDLXXII, XIII KALENDAS JANUARII. VlXIT AN- NOS LIV, MENSES VI, DIES XX.

Armes. De gueules au dauphin d’urgent couronné d’or.

Ms. R2, j». 62; — Bonfons, fui. 93 v°.

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