LÉON DE LUSIGNAN
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Mausolée de Léon de Lusignan (1).
Lors de la réfection du chœur, le tombeau de ce prince avait été installé sous une arcade pratiquée dans la muraille, à la place précédemment occupée par la statue de Charles de Magny.
Sur une table de marbre noir, on voyait la statue gisante du détunt en marbre blanc, portant la couronne et le manteau royal, tenant un sceptre dans la main
(l) Réel action d’un dessin en noir et en couleurs des Tombeaux de Gaignières (Original Mss.), fol. •). 5 '2 .
Le mausolée a été reproduit dans une planche
en chromolithographie de la Statistique monumentale de Paris. La statue du roi d’Arménie ligure seule dans une estampe de Millin. ( Les Célesltns , pl. XXIII, fig. i; Vangorp deh, Testant sculp.)
droite et des gants dans la main gauche; sa tête reposait sur un coussin; deux lionceaux étaient placés à ses pieds 0).
Le fond de l’arcade était revêtu de marbre jaspé avec encadrement de marbre noir, et sur la voûte interne formée d’incrustations de marbre de diverses couleurs, on voyait deux écussons, sculptés l’un à la tête, l’autre aux pieds de la statue ® .
Le mausolée était encadré par une décoration architecturale en pierre dorée, composée de deux pilastres cannelés posés sur des consoles et soutenant un double entablement surmonté d’un fronton entrecoupé, qui portait un cartouche aux armes du défunt^. Deux têtes de lion et une tête d’ange en bronze doré étaient appliqués au dessus du cintre et aux côtés de l’arcade.
Sur le bord antérieur de la table de marbre noir, cette épitaphe était gravée en lettres dorées :
817.- CY GIST TRES NOBLE ET || EXCELLENT PRINCE, LEON DE LlZINGNEN, QUINT ROY LATIN DU ROYAUME D’ARMENIE, QUI RENDIT l’AME A DlEU A PARIS, LE XXIXe JOUR DE NOVEMBRE, l’aN DE GRACE M CCC III1XX ET XIII. PRIEZ || POUR LU Y.
Armes. Parti de deux traits qui font trois quartiers : au î d’or au lion de gueules, chargé sur l’épaule d’une croisette d’or, qui est d’ Armé nie ; au 2 d’argent à la croix de Jérusalem d’or, qui est de Jérusalem ; au 3 burelé d’argent et d’azur au lion de gueules armé, lampassé et couronné d’or, brochant sur le tout, qui est de Lusignan.
Tèxte d’après l’inscription originale; — Bonfons, fol. 127 v°; — Guilhermv, I. I, p. /107.
Au-dessus de la statue, contre le mur du fond de l’arcade, sur une table de marbre blanc, 011 lisait l’inscription suivante W :
818. — Léo Lusignanus, Armenorum rex novissimus, || ab Otomanis solio
DETURBATUS || ET A CAROLO VI, FrANCORUM REGE, BENIGNISS1ME EXCEPTUS , IPSIUS SUMPTIBUS HOC || IN LOCO REGALITER SEPULTUS FUIT, ANNO DOMINI 1 3 93 .
Texte d’après le dessin ci-contre; — Ms. F1 2,
(1) Guilhermy prétend que «ce tombeau se composait d’un grand socle de marbre noir, recouvert d’une dalle de même matière». (T. 1, p. 487.) Le dessin de Gaignières prouve l’inexactitude de cetle assertion; le grand socle de marbre noir n’existait pas dans le monument primitif; il a dû être ajouté par Lenoir, lorsque le mausolée fut reconstitué au Musée des monuments français.
(2) Le Laboureur, parlant de ces deux écussons, observe que le second n est aussi parly de trois pièces et des mesmes cartiers, mais autrement disposez».
( Les Tombeaux des personnes illustres, p. 10 3.)
Il est facile de constater, d'après le dessin de Gai-
p. 1 4 2 ; — - Piganiol, t. IV, p. 189.
gnières, que les deux écussons étaient identiques.
(3) La statue et la table de marbre furent portées au Dépôt des Petits-Augustins. On lit dans le Journal de Lenoir : «60. Des Céleslins. Une statue couchée, en marbre blanc, représentant Léon de Lusignan , dernier roi de la dynastie de la Petite Arménie, couché sur une tombe de marbre noir.»
Ce tombeau fut classé au Musée sous le n° 65. ( Musée des monuments français, t. Il, p. 88.) Après 1816, on le transporta à Saint-Denis. Il se trouve aujourd’hui dans une chapelle de la nef.
(,1) D’après Piganiol, cette inscription avait été rédigée par le P. Carneau.