‹ Épitaphier du vieux Paris (volume 3)Chapitre 283 sur 386 · MERE DE TANT D’HEROS, DONT L’IMMORTEL HONNEUR · texte numérisé non relu

MERE DE TANT D’HEROS, DONT L’IMMORTEL HONNEUR

Eternise entre tous ce sang de Montmajeur.

Mais quoy! tout ce qu’enclost du hault ciel la courtine, Sentant le coup fatal se voit mettre a ruine;

Les foibles et les forts, les grands et les petits Doivent prendre une fin mortelle, assubjettis.

Et, bien que nous voyons la Parque traiteresse Abattre en sa vigueur une brave jeunesse,

Qui CHERIT LA VERTU, LA BONTÉ, LA RAISON,

Ne couvant dans le cœur aucun fiel ny poison,

Ne daignant moissonner l’inutile vieillesse,

Pour (o grand crevecœur) ravir ceste jeunesse,

C’est pour nous faire voir que, de Dieu favoris,

Ce sont les mieulx aimez et beaucoup plus CHERIS Ceulx qu’il appelle a soy en la fleur de leur aage Pour leur faire habiter l’eternel héritage;

Car ceulx que grisonner il délaissé icy bas,

Au moins si longuement, il ne les aime pas,

Parce qu’il n’y a point un estât de durée Et chose qui puisse estre en ce monde asseurée.

Des bien heureux est donc ce vertueux seigneur Qui repose en ce lieu, ravy en sa verdeur,

En son aage plus fort, bien aymé de son prince,

Honnoré d’un chascun, l’honneur de sa province,

Au profond de son cœur, qui pour l’amour de luy Aura a tout jamais un eternel ennuy,

Rongeant, l’accompagnant, recognoissant la perte D’un personnage tel, non si tost recouverte,

Duquel le corps estant soubs ceste lame enclos Borner l’on ne sçauroit les termes de son los,

Qui surpasse celuy d’un Nestor, PalAmede,

D’un Ulysse et Ajax, d’un gaillard Diomede,

Et de mille autres preux qui vivent aujourd’huy Par encre celebrez, non si dignes de luy,

Duquel le sainct renom luira comme un flambeau Parmy cet univers qui luy sert de tombeau.

Le P. Beurrier, Histoire du monastère, p. /toi; — Le Laboureur, p. i3a.

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