‹ Épitaphier du vieux Paris (volume 3)Chapitre 303 sur 386 · LOUIS + JEAN-ARMAND + TIMOLÉON DE COSSÉ-BRISSAC · texte numérisé non relu

LOUIS + JEAN-ARMAND + TIMOLÉON DE COSSÉ-BRISSAC

Le mausolée de la famille de Cossé-Brissac, œuvre du sculpteur Le Hongre^, occupait la troisième arcade de la chapelle.

Lue haute colonne de marbre blanc, cerclée de quatre couronnes ducales, entre lesquelles était répété le chiffre de Louis de Cossé, et terminée par un chapiteau d'ordre corinthien, orné aux angles de quatre aiglettes, portait un entablement carré, surmonté d’un vase de bronze doré, amorti par un cœur enflammé, qui renfermait le cœur de Louis de Cossé. Près de la hase, on voyait deux petits enfants, en marbre blanc, debout et appuyés contre des boucliers ornés de cartouches armoriés.

Ce monument, posé sur un piédestal élevé, en marbre blanc, revêtu de trois grandes tables de marbre noir, était encadré sur trois cotés par une enceinte rectangulaire toute en marbre blanc avec panneaux de marbre noir, qui fermait

(1) Madeleine de Savoie-Tende.

(2) Guillet de Saint-Georges, dans son Eloge d’Etienne Le Hongre, nous apprend que le mausolée avait été commandé à cet artiste par la ma¬

réchale de La Meilleraye, issue de la maison de Cossé-Brissac. ( Mémoires inédits sur la vie et les ouvrages des membres de l’Académie royale, t. I, p. 37o.)

Monument funéraire de Louis, Jean Armand et Timoléon de Cossé-Brissac M.

l’arcade jusqu’à mi-hauteur et dont les pilastres antérieurs, ornés d’arabesques, reposaient sur des socles portant l’écusson des Cossé, timbré de la couronne, enveloppé du manteau ducal et surmonté d’une banderole avec la devise de la famille : Virtute et tempore (2h

(1) Réduction d’un dessin en noir et en couleurs des Tombeaux de Gaignières (Original), fol. a5i.

Ce mausolée a été gravé à l’eau-forte par J. Marot, qui a inséré dans deux cartouches le plan du monument et les armes des Cossé-Brissac. (Bibl. nat., Coll. Clairambault , 1 1 37 , fol. 263 v°.)

La gravure de Marot a été reproduite dans une estampe de Millin ( Les Célestins, pl. XVIII, fig. 2 et 3 ; Biosse sculp. ) , et dans une planche en chromolithographie de la Statistique monumentale de Paris.

(2) Lenoir a noté dans son Journal le transfert de ce monument au Dépôt des Petits-Auguslins :

rr/10. Des Célestins. Deux enfants en marbre blanc, sculptés par Anguier, provenant du tombeau de la famille de Brissac. v — (On a vu que le monument avait été sculpté par Le Hongre.)

*69. Du même lieu. Une colonne en marbre blanc, ornée de chiffres et de couronnes, élevée en l’honneur de la famille de Cossé. Plus un entablement sculpté provenant de la même colonne, et une grande table de marbre noir. »

Les inscriptions suivantes étaient gravées sur les tables de marbre noir fixées au soubassement de la colonne :

Au milieu du piédestal, sous la colonne :

884. — A $ fl. || Ludovico Cossæo, duci Brisaci et Belli Pratuli, j] PARI

FrANCIÆ, Il CUJUS COR HIC SITUM EST, || COR GRATIARUM OMNIUM ET VIRTUTUM SEDES, || QUAS CUM SUMMI IN FI MI QUE AMARENT, j| ETIAM INIMICI VENERABANTUR. SANCTISSIME OBIIT XXVI FEBRUARII , ANNO MDCLXI, || ÆTATIS SUÆ XXXV.

Armes. Parti de trois traits et coupé de trois, qui font seize quartiers; au 1 d’or à quatre pals de gueules, qui est d’ Aragon; au 2 d’azur « trois jleurs de lis d'or, au bâton de gueules péri en bande , qui est de Boürdon-Condé ; au 3 d’argent à la guivre d’azur couronnée d’or, ondoyante en pal, engloutissant un enfant de gueules, qui est de Milan- Visconti ; au h de gueules à la croix d’argent, qui est de Savoie ancien; au 5 d’azur semé de Jleurs de lis d’or, au lambel de cinq pendants de gueules, qui est d’ Anjou-Sicile ; au 6 d’hermines plein, qui est de Bretagne ; au 7 d’or à la bande de gueules chargée de trois alérions d’argent, qui est de Lorraine; au 8 d’azur à trois Jleurs de lis d’or, à la bordure cousue de gueules, chargée de huit besants d’argent, qui est d’ Alençon ; au g d’or au gonfanon de gueules frangé de smople, qui est d’ Auvergne ; au 1 0 losangé d’or et de gueules, qui est de Craon; au 1 1 d’or « deux vaches passant de gueules accornées, colletées et données d’azur, l’une sur l’autre, qui est de Béarn; au 12 d’argent « la croix pattée de gueules, cantonnée de quatre aiglettes de sable membrees et becquées de gueules, chargé en cœur (F un écu écartelé de gueules au lion d’or et d’or à trois fasces de sable, qui est de Gonzague moderne; au i3 de gueules à deux fasces d'or, qui est d’ Harcourt ; au iâ d’or à trois jumelles de sable, qui est de Gouffier ; au i5 d’Iiermine à lafasce alésée de gueules , chargée de trois fleurs de lis d'or, qui est d’AciGNÉ ; au 16 d’or à la croix de gueules cantonnée de seize alérions d’azur, qui est de Montmorency ; sur le tout de sable à trois fasces d'or denchées par le bas, qui est de Cossé.

Ms. F1, p. 289; — Lemaire, t. I, p. 43p.

A droite :

885. — Joanni Armando Cossæo, Ludovici fratri, || equiti Sancti Joannis

HlEROSOLIMITANI , QUI, SUMMO MILITENS1UM SUORUM LUCTU,|| TERRIS EREPTUS, || XXII FEBRUARII, ANNO ChRISTI M DC LI , ÆTATIS || SUÆ XXIV, HIC CONDITUS EST.

Ms. F1, p. 290; — Piganiol, t. IV, p. 21 4.

Dans la Notice succincte de 1793, l’un des articles ci-dessus est l’objet d’une mention spéciale :

ftg5. Des Célestins. Un entablement en marbre blanc servant à surmonter la colonne de Brissac.

«Ce monument fut catalogué dans le Musée des monuments français , sous le n° 106.» (T. IV, p. 108.)

La pl. CLXXV (Guyot del.) montre qu’il avait été reconstitué par Lenoir.

La colonne et les deux petits enfants sont maintenant au Musée du Louvre , où on les a replacés dans leur disposition primitive sur un socle de pierre; l’entablement 11’a pas subsisté.

A gauche :

886. — Timoleonti Cossæo, utriusque propatruo, || comiti Brisaci, magis-

TRO PEDITUM, || TRIUM EX EADEM GENTE MARESCALLORUM || FrANCIÆ FILIO, FRATRI, NEPOTI, || SUORUM DELICIIS, HOSTIUM TERRORI, || QUI POST MULTAS VICTORIAS AD JVlU- CIDANUM OCCISUS, || ANNO SALUTIS MDLXIX, ÆTATIS SUÆ XXVI, || HIC SITUS EST.

Ms. F1, p. 289; — Piganiol, t. IV, p. 21 4.

Sur un tableau placé à côté du mausolée, près de la porte de la chapelle, on lisait encore cette inscription :

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