CHAILLOT
NOTICE HISTORIQUE
Le petit village de Chaillot, situé à l’ouest de Paris, paraît s’être formé vers la fin du xie siècle, d’un démembrement de l’ancien village de Nigeon. Lorscpi’il eut été constitué en paroisse distincte et pourvu d’une église dédiée sous le titre de Saint-Pierre, le roi de France, auquel appartenait le territoire, fit don de cette église au Prieuré de Saint-Martin-des-Champs , probablement dans les premiers temps de la fondation de ce monastère.
Chaillot, dont la population était peu nombreuse, n’avait guère qu’une seule rue bordée de maisons; le reste du village était occupé par des terres labourées, des vignes et des jardins Il fut annexé à Paris, par un arrêt du Conseil du
(1> D’après le plan des environs de Paris en 1 78 1 , par Jean Roussel.
On trouve une petite vue de l’église de Chaillot dans le premier plan de Jouvin de Rochefort (1672) et dans celui de La Caille.
l3) rrLe village de Chaillot n’est éloigné que d'une petite lieue de la cité de Paris, d’où on l’apperçoit
vers le couchant d’été . Sa situation est sur le
haut d’un coteau, d’un aspect fort riant, et d’où l’on apperçoit Paris avec le canal de la rivière de
mois de juillet 1 G 5 9 , et prit dès lors le nom de faubourg de la Conférence W. L’église paroissiale, édifiée à peu près au milieu de la rue de Chaillot^, ne devait être, à l’origine, qu’un modeste oratoire, qui fut rebâti et agrandi dès le xme siècle, et subit plus tard d importantes restaurations jusqu’au milieu du
xviue siècle (3b
La loi du â février 1791 conserva cette église au nombre des paroisses de Paris. Fermée en 1798, elle fut vendue comme propriété nationale, le 8 fructidor an iv (26 août 1796). On la rouvrit au culte, le 9 floréal an xi (29 avril i8o3), et le 2/1 septembre 1821, elle fut rachetée par la ville de Paris W.
Dans son état actuel, l'église reproduit le plan d’un trapèze irrégulier, terminé par une abside en cul-de-four, plus basse et moitié moins large que le bâtiment principal. Elle est orientée au sud-est et a sa façade sur la rue de Chaillot; le chevet et le côté gauche sont entourés d un passage dont une partie est occupée par la sacristie et par le clocher construit en dehors de l’église; le côté droit est adossé à des maisons.
Cette église comprend une grande nef et deux bas-côtés, divisés en cinq tra-
Seine qui partage celte ville. Le nombre des feux marque' clans le Livre de l’Election de 1709 est de 220 feux. Le dénombrement publié en 1745 marque le même nombre. Le Dictionnaire universel de toutes les paroisses du royaume, qui a paru en 1726, et dans lequel on compte par habitons ou
conmmnians, en met 538 . Cliaillot consiste
en une seule rue, qui a près d’un demi-quart de lieue de longueur; tout le commerce qui donne la subsistance à la plus grande partie des habitons, consiste au blanchissage du linge et au labourage des terres. Ce n’est point un des lieux les plus peuplés d’autour de Paris, peut-être à raison des trois communautés religieuses qui y occupent beaucoup de terrain. h (Lebeuf, t. III, p. 44 et 53.)
(1) rfDez le mois de juillet i65g, le Roy, par arrest de son Conseil, avoit érigé en faubourg de Paris, sous le nom de la Conférence, le village de Cliaillot, en vue d’augmenter ses revenus par le changement des tailles en droits d’entrées; mais du reste il avoit voulu qu’en tous autres cas le lieu continuast d’estre regardé comme village. Celte reserve n’empesc.ha pas les maistres et gardes jurez de divers mestiers d’attaquer les ouvriers et marchands de Cliaillot, pour les obliger à prendre des lettres de maistrise. La supérieure elles religieuses de la Visitation de Chaillot, proprietaires de la moyenne et basse justice , et engagistes de la haute, s’adressèrent au Roy pour faire arrester le cours de cette vexation. Il fut déclaré, par arrest du Conseil
du 18 octobre 1707, que, par l’erection du village de la paroisse de Chaillot en faubourg de Paris, le Roy n’avoit point prétendu en assujettir les habitons aux charges et statuts des communautez des arts et mestiers de la Ville, et, en conséquence, deffendu aux maistres et gardes jurez de ces communautez de les troubler dans l’exercice de leurs professions. n (Félibien, t. Il, p. 1 5 a 6. )
Par suite, ainsi que le remarquaient Hurtaut et Magny, Chaillot était tout à la fois un village et un faubourg de Paris. [Dictionnaire historique de Paris, t. IL p. 1 55.)
(2) L’église, écrivait Lebeuf, <vest un bâtiment tout neuf, à la réserve du sanctuaire terminé en demi-cercle sur la pente de la montagne, lequel peut avoir été construit il y a cent ans «. (T. If, p. 45.)
(1) ffVers le milieu de la rue [de Chaillot], à gauche, se trouve la paroisse, sous le titre de Saint- Pierre, dont la cure est à la nomination du prieur de Saint-Martin-des-Cliamps. Le maître-autel est décoré d’un tableau, peint par Lange, représentant saint Pierre délivré de prison. La voûte du chœur se trouvant plus basse que celle de la nef, on a recouvert cette partie surbaissée d’un Jéhovah en sculpture, entouré d’une Gloire qui cache cette difformité.'" (Thiéry, t. I, p. 43.)
Elle fut payée h M“e veuve de Rricourt 38,ooo francs au principal; de plus, une rente perpétuelle sur l’État de 5 3o francs fut attribuée h la fabrique, pour l’acquit des fondations.