JEAN LE CAMUS + MARIE-CATHERINE DU JARDIN
Le tombeau du Lieutenant civil Jean Le Camus se trouvait placé sur le côté gauche du chœur W, dans l’encadrement de la première arcade, richement décorée avec des marbres de diverses couleurs et dont les pieds-droits étaient ornés de trophées de justice accompagnés de palmes enlacées, en bronze doré.
Mausolée de Jean Le Camus W.
(1) Le droit de sépulture dans le chœur avait été concédé à la veuve du Lieutenant civil par un acte du 1" août 1710 : « Moyennant la somme de 9,000 livres, les R. P. Prieur et religieux ont volontairement accordé à feu mondit seigneur le Lieutenant-civil et à madame son épousé le caveau étant sous le chœur fie leur église, entre celui de monsieur de Bercy et de messieurs de Refuge , dans lequel est le corps de mondit seigneur le Lieutenantcivil, pour sa sépulture, celle de madite dame et
de toute leur famille; pour marque de laquelle seront mises aux frais de madite dame Le Camus des epitaphes avec les ornemens convenables, sous l’arcade du cœur, du costé du collateral, car ainsv a esté convenu et accordé entre lesdiles parties.” (Arch. nat. , LL. 1^96; Registre des fondations, p. 95.)
(2) Réduction d’une estampe de Millin. (Les Blancs-Manteaux , pl. II; Lambert del. , Blanchard sculp. )
Ce mausolée, œuvre du sculpteur Simon Mazière, se composait d’un large socle de marbre blanc bordé de marbre noir et orné de consoles en marbre blanc, portant deux colonnes ioniques de même marbre, surmontées d’un entablement de marbre rance, sur lequel était placé un sarcophage de marbre noir soutenu par quatre grilles de lion en bronze doré.
Sur le sarcophage, Jean Le Camus était représenté agenouillé et revêtu de son costume de magistrat, par une statue en marbre blanc de grandeur naturelle; devant lui une autre statue de marbre blanc, figurant un ange à genoux, tenait un livre ouvert^.
L’épitaphe du défunt était gravée en lettres d’or sur une lame de marbre noir, à bordure de marbre blanc, accompagnée de deux cartouches armoriés en
bronze doré, qui se trouvait placée à la
(1) Ce mausolée fut transporté au Musée des monuments français, vers 1792, ainsi que le constate l’article suivant de la Notice succincte de 1 793 :
N° 199. «Des Blancs-Manteaux: Un groupe en marbre blanc, représentant le Lieutenant civil Jean Le Camus, mort en 1710, à genoux devant un génie qui lient un livre ouvert, sculpté par Mazurier, porté sur un cénotaphe de marbre blanc qui portoit aux Feuillans le tombeau de la princesse de Guémenée. 51
La même mention a été reproduite par Lenoir dans le Projet du Catalogue du 1 9 thermidor an 11.
( Archives du Musée, t. H, p. 189.)
Mais, postérieurement à cette date, les deux statues durent être brisées, au Musée même, dans quelque déplacement; celle de l’ange disparut, et il ne subsista que le buste de Le Camus, ainsi que Lenoir l’a constaté dans son Journal :
N° 109. fi Le buste en marbre blanc de M. Le Camus, Lieutenant civil; la figure ayant été brisée,
I on n'a conservé que le buste. r,
Ce buste est aujourd’hui au Musée de Versailles. Lenoir avait utilisé, d’autre part, le cénotaphe en marbre noir du mausolée de Le Camus pour une reconstitution du tombeau de Louvois. ( Notice succincte de 1793, n“ 177.)
C’est évidemment par erreur que M. Bournon indique l’épitaphe de Le Camus comme se trouvant actuellement dans l’église des Blancs- Manteaux. [Additions , t. I, p. 56.) Celte inscription, qui avait été transportée au Musée des monuments français, 11’existe plus. Lorsque Guilhermy la transcrivit, «elle était déjà brisée et mise au rebut dans une des cours de l’ancien couvent des Petits- Augusl ins *.
base du monument, entre les colonnes :
Aucun autre monument funéraire de l'église n’a subsisté, bien que le dernier prieur, Dom Deforis, au moment d’abandonner le couvent, eût réclamé, par la note suivante, que les sépultures fussent respectées : «A l’égard des tombeaux et cercueils qui ont été trouvés dans les cavaux de l’église, comme ancien dépositaire et gardien desdits tombeaux, je demande que les cercueils de toutes les personnes qui ont été ensevelies dans ce lieu soient soigneusement conservés; que si, par la suite des événemens, leur sépulture venoit à être changée, tous les cercueils de plomb où il se trouveroit encore quelque portion de cendre des défunts, soient religieusement ensevelis dans les lieux qu’on leur aurait destinés. Et, quant à ceux de ces cercueils de plomb qui seraient entièrement vuides, si l’on croyoil pouvoir se permettre de les vendre, je requiers que le prix qui proviendrait de la vente desdits cercueils entièrement vides soit employé, selon l’esprit et l’intention de ceux qui y ont été déposés , au soulagement des pauvres nécessiteux , pour le repos des âmes desdits défunts. Je prie monsieur Maugis de vouloir bien annexer le présent acte, qui contient mon dire, à son procèsverbal, comme un témoignage de notre zèle pour le bien publique et de notre attachement pour les familles qui nous ont honorés de leur confiance. A Paris, ce i5 novembre 1790. n (Arcli. nat., S. 3675.)
Les dépouilles mortelles qui étaient restées dans les caveaux de l’église après sa désaffectation furent transférées au grand ossuaire de la Tombe-Issoire, le 22 juin i8o4. (Héricart de Thury, Les Catacombes, p. 206.
619. — D. O. M. || In expectatione judicii || hic jacet || integerrimus dum vi-
VERET JUDEX, j| JoANNES Le CAMUS, || PRIMUM IN SANCTIORE REGIS CONSILIO || LIBEL- LORUM SUPPLICUM MAGISTER, || MOX REGIUS ARVERNORUM PROVINCIÆ PRÆFECTUS, || DEMUM PRÆTOR URBANUS PARISIENSIS, || QUO NOMINE JUS DIXIT CIVIBUS, ANNIS AD QUADRAGINTA. || DUOS HABUIT FRATRES CLARISSIMOS, || ALTERUM EPISCOPUM ET PRIN- CIPEM GRATIANOPOLITANUM , SANCTÆ ROMANÆ ECCLESIÆ CARDIN ALEM ; || ALTERUM SUPREMÆ PARISIENSIS SUBSIDIORU Al CURIÆ PRINCIPEM; || CLARISSIA1US IPSE ET NEUTRI IMPAR, || MAXIMUM SUT DESIDERIUM RELIQUIT || V KALENDAS AUGUSTI M DCC X, ÆTA- TIS LXXIV. Il In HAC ÆDE SACRA, || UBI CORPUS SUUM CONDI VOLUIT, || MONUMENTUM || CONJUGI CARISSIMO ET SIBI || MARIA CATHARINA Du JARDIN || PONI CURAVIT.
Armes. Le Camus : De gueules nu pélican d’argent, avec sa piété de gueules dans son aire; au chef cousu d’azur, chargé d’une jleur de lis d’or.
— Du Jardix : D’azur à la bande d’argent chargée de trois roses de gueules et accompagnée de deux croix de Lorraine d’or.
Piganiol, t. IV, p. 023; — Guilhermy, t. I, p. 383, 384.
NEF