SAINT-ANDRÉ-DES-ARCS
Le cimetière Saini-André-des-Arcs, situé à l’extrémité de la rue du même nom, avait dû être établi peu après la création de la paroisse û). U subsista jusqu’à la fin du xvme siècle (‘2).
Cette nécropole de forme à peu près rectangulaire, qui avait son entrée sur la rue du Cimetière, occupait à l’origine l’emplacement compris entre cette rue, celle de l’Éperon et celle du Battoir. Mais plus tard son étendue avait été notablement réduite par la construction de maisons latérales (3).
(1) Aucun document ne permet de constater avec précision la date de l’établissement du cimetière. Mais on le trouve mentionné pour la première fois dans le Rôle de la taille de Paris sous Philippe le Bel (1290), où figure la mention suivante: «La rue derrière Saint Andry, du coing de la maison Crespin l’Escot jusques à la porte neuve cpii va droict au Cimetiere^. Il fut donc établi durant le xme siècle, et non en 1 35G comme le prétend Joillot.
(2) Un arrêt du Parlement , du 7 juin 1765, avait supprimé tous les cimetières compris dans l’enceinte de la ville et ordonné qu’il n’y pourrait être fait aucune inhumation nouvelle à partir du 1“ janvier 1766. Mais l’opposition du clergé des paroisses arrêta longtemps les effets de celle mesure , qui fut seulement mise à exécution à la tin de l’année 1786. On commença par la suppression des charniers des Innocents, suivie, à bref délai, de celle des autres cimetières parisiens. Cette suppression, en ce qui concerne le cimetière de Saint-André, était pleinement justifiée, ainsi que l’on peut en juger par les constatations des commissaires chargés de l’enquête préliminaire : «Ce cimetière, observent-ils, est entouré de maisons dont la plupart y ont des vues. Quoique plusieurs soient séparées par des cours, presque tous les locataires de ces maisons , à l’exception du curé et de ses prêtres, se plaignent de l’infection que ce cimetière occasionne surtout dans
les grandes chaleurs *. (Procès-verbal du 2 5 avril 1763, Bibl. nat., Coll. Joly de Fleury, 1207, fol. 178.) — Le cimetière de Saint-André ne figure déjà plus sur le plan de Verniquet (1791).
(3) Ces maisons furent construites par la fabrique en 1 5 4 1 ; celles de la rue du Cimetière furent affectées au logement du curé et des prêtres choristes, celles de la rue de l’Eperon furent données à loyer. (Arch. nat., S 3309.) Le passage dans lequel l’abbé Lebeuf a traité du cimetière de Saint-Andrédes-Arcs renferme plusieurs inexactitudes : «Cette église, écrit-il, étant entourée de trois rues et d’un passage public, ne pouvoit avoir un cimetière contigu. Anthoine de Montholon, seigneur de la Plisse, passe pour avoir augmenté l’étendue de celui qu’on voit aujourd’hui et dont la rue porte le nom, en même temps qu’il a donné la maison du curé. On ajoute même que c’est lui qui est représenté sur la tombe qu’on y voit à droite en entrant, laquelle contient en relief la figure d’un prêtre en habits sacerdotaux et chasuble à l’antique avec l’aumusse en tête. Mais , comme cet Antoine de Montholon n’est décédé qu’en 169/1, simple auditeur des comptes, tout y répugne, le temps et l'habillement. Dès lors que c’est un Montholon qui est figuré sur cette tombe, il est naturel de penser qu’elle représente un ecclésiastique du nombre de ses ancêtres et que c’est peut-être Jacques de Montholon, chanoine et grand archidiacre de Chartres, fils du garde des
Deux des épitaphes qui avaient figuré dans ce cimetière sont seules parvenues jusqu’à nous :
CHARLES DU MOULIN (l).
lo7. Duplex sepultique ac loci félicitas:
Molinæus hic in arca jacet sacra,
PoSTHAC NEC HABITURUS, UT NEC HABUIT PAREM ;
Manet ille tantus apud senatum francicum Ut ultimum fere ubique soleat calculum Addere, notarit si uspiam, vel scripserit,
Leges quod ad provinciales, juraque
FrANCICA, REFERRI JUDICANDO DEBEAT;
Feux quod, ipso confidente in publicis Olim actionibus, patroni applicuerint Quæ scripserat, sed longe et hoc beatior Quod christianus, catholicus decesserit(2).
Lemaire, 1. I, p. 365.